top of page
Naviguez dans
nos rubriques

Avec Nike Davies-Okundaye, "la beauté est partout"


SUITE NIGÉRIANE / PORTFOLIO - Reconnue pour son travail sur le textile qui mélange pinceaux, encres et aquarelles, Nike Davies-Okundaye a révolutionné un art vieux de plus de quarante ans : Adire – un tissu teint à l’indigo produit par les femmes Yoruba du sud-ouest du Nigeria qu’elle revisite à travers des techniques nouvelles et traditionnelles. Mais Nike Davies-Okundaye s’illustre aussi dans la peinture. Ses œuvres viennent d’être exposées à la Frieze Art Fair, à Londres. Et un jour en France ?


Cette publication vous est offerte par les humanités, média alter-actif et engageant.

Abandonnez-vous, abondez-vous, abonnez-vous : ICI.


Encore jamais exposée en France (sauf erreur), la Nigériane Nike Davies-Okundaye est pourtant mondialement connue. Voici peu, elle était exposée à la Frieze Art Fair, célèbre foire d’art contemporain londonienne, dans la section Spotlight, consacrée aux femmes artistes pionnières du XXe siècle.


Enfant, Nike Davies-Okundaye a appris les bases de la conception textile auprès de son arrière-grand-mère, détentrice du titre traditionnel d'"Iyalode", qui ne se contentait pas de tisser des tissus, mais fabriquait également les tissus à teinture directe, connus localement sous le nom d'"adire". Elle a ensuite appris l'art de la teinture à l'indigo et de la fabrication d'adire dans école d'art informelle à Osogbo, une ville qui jouxte la dense forêt sacrée d’Osun, à la périphérie de la ville d’Oshogbo, l’une des dernières zones de la forêt primaire qui subsiste au sud du Nigéria, considérée comme la demeure d’Osun, une des divinités du panthéon yoruba.

A gauche : Préparation des couleurs dans l'atelier de Nike Davies-Okundaye. Photo Joanna Lipper.

A droite : façade de la Nike Art Gallery.


Aujourd’hui septuagénaire, "Mama Nike", comme on la surnomme au Nigéria, est à la fois connue pour ses peintures inspirées de la mythologie yoruba, ainsi que pour ses créations de batik et de textiles, qui l'ont amenée à donner des ateliers en Europe et en Amérique du Nord. Elle possède une grande galerie, le Nike Art Centre, sur l'autoroute de Lekki à Lagos, ainsi que trois autres centres culturels à Osogbo, Abuja (la capitale) et Ogidi, sa ville natale. Dans ces centres d'art, elle offre une formation gratuite à de 150 jeunes artistes : lors d'une interview sur CNBC Africa, elle a révélé un jour qu'elle avait formé gratuitement plus de 3.000 jeunes Nigérians !

Plus de 15.000 œuvres d'art, réalisées pour la plupart par d'autres artistes nigérians, occupent la plupart des espaces des quatre étages de son centre d'art de Lagos, laissant relativement peu de place à ses propres œuvres. Elle-même a participé, depuis ses plus de 50 ans de pratique en studio, à une centaine d’expositions personnelles et 36 expositions collectives. Depuis 2012, ses œuvres font partie de la collection du Smithsonian Museum, de la Gallery of African Art et de la British Library, à Londres. Elles s'ajoutent à celles qui se trouvent dans d'autres collections publiques du monde entier et chez des particuliers.

Détentrice de titres prestigieux de chefferie - le Yeye Oba d'Ogidi-Ijumu et le Yeye Tasase d'Osogbo - Nike Davies-Okundaye donne enfin des conférences dans plusieurs universités aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni… sans avoir jamais suivi de formation universitaire.


A 13 ans, son père a voulu la marier à un homme de 60 ans qui avait déjà quatre épouses, confiait-elle dans une interview : « Je savais qu'ils allaient me traiter comme une aide à domicile parce que je n'avais pas d'éducation. Ils m'ont enfermée dans une pièce et j'ai commencé à frapper la porte. Quand ils m'ont demandé quel était le problème, je leur ai dit que j'avais besoin de faire pipi, mais ils m'ont dit que je devais faire pipi dans la pièce. J'ai refusé de le faire. Ils ont ouvert la porte et je suis allé aux toilettes extérieures que nous utilisions à l'époque, mais un garde se tenait à proximité et je lui ai demandé de me laisser un peu d'espace. Dès qu'il m'a donné un peu d'espace, j'ai couru dans la brousse et je me suis échappée. » Près de soixante ans plus tard, on peut dire que ce fut une échappée belle.


Nadia Mevel



PORTFOLIO

"Animal World", œuvre brodée (1968) © Ko Gallery


© Ko Gallery


© Ko Gallery


"Liberal Woman Protest" (1995)


Acrylique au pinceau sur toile, 2004

Série "Feminine Power" (1994)

"Beauty is everywhere" (2013)


PORTRAITS / COIFFURES



VIDEO

Ayomide Oguntoye, « Women Entrepreneurs; The Nigerian Textile/Art Industry with Nike Davies-Okundaye”





167 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page