top of page
Naviguez dans
nos rubriques

Ayo Ayoola-Amale, "une révolution, aube irréelle, demain"


L’information n’est pas seule à informer. La poésie aussi, raconte le monde et ses états, en turbulences et élans, lueurs d’obscurité et étranges lucidités. La poésie ne saurait vivre sans humanités, les humanités ne sauraient vivre sans poésie. Et donc, un.e poète par jour (sauf les jours sans) au sommaire des humanités, journal-lucioles. Aujourd'hui, en ouverture d'une "suite nigériane", Ayo Ayoola-Amale, encore totalement inédite en français.


Cette publication vous est offerte par les humanités, média alter-actif et engageant.

Abandonnez-vous, abondez-vous, abonnez-vous : ICI.



Wild Sages

I got up from sleep I knew not anything.

I knew not a wild weary soul at the soaring hill

of depths and centuries

my feet

humbly climbing its ladders of patterns

would see something no one sees

nor ever make known, and now I walk

wretched. Always.


My soul wistful yet again seeing

pessimism wipe the slate clean of

vanity, for infinite

a revolution, dawn unreal, tomorrow,

the moment, swiftly, presents me undressed.


Belief thy self, not strength, nor horses,

as they rise and retire yet again,

Such as one twinkling, fleeting,

impartial time wings comes,

die away, forever.

I adore coming days yet more

than the yesterday plans

a cowardly soul

frets about shadowy something I was waiting for.


One thing I see, with all my senses

i consume, i own and relish

breeds, louder my soul’s rhythm

now, the now, the now

the tomorrow.


Sages sauvages

Je me suis relevée du sommeil, je ne savais rien.

Je ne savais rien d’une âme sauvage et fatiguée à la cime qui s'élève

des profondeurs et des siècles

mes pieds

grimpant humblement ses paliers en motifs

verraient quelque chose que personne ne voit

ni ne fera jamais connaître, et maintenant je marche

misérable. Toujours.


Mon âme se lamente encore de voir

le pessimisme effacer l'ardoise de

la vanité, pour l'infini

une révolution, aube irréelle, demain,

l'instant, rapidement, me dénude.


Croire en soi, ni force, ni chevaux,

comme un scintillement, fugace,

impartial temps des ailes,

qui s’éteint, pour toujours.


J'adore les jours à venir

plus encore

que les projets d'hier

une âme peureuse

s'inquiète de l'ombre de quelque chose que j'attendais.


Une chose que je vois, avec tous mes sens

je la consomme, je la possède et je savoure

les voix, plus fort le rythme de mon âme

maintenant, le maintenant, le maintenant

le demain.


(traduction pour les humanités : Liz Dembele)


Poète nigériane, Ayo Ayoola-Amale est aussi une militante pour la paix et le désarmement, présidente/fondatrice de la section ghanéenne de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (Women International League for Peace and Freedom, WILPF).

Ses œuvres font souvent appel à la poésie, à des formes d'art, au théâtre, à des bandes dessinées et à la photographie pour construire la paix et développer une nouvelle réflexion sur les questions économiques et de changement social progressif.


Issue de l'ethnie Yoruba, née le 21 mai 1970 à Jos au Nigéria, résidant aujourd’hui au Ghana. Elle est la créatrice de la fondation pour la poésie Splendors Of Dawn (Splendeurs de l'aube). Avec le poète et écrivain nigérian Diego Odoh Okenyodo, elle co-fonde en outre en 2013 le Prix de poésie en Afrique de l'Ouest, dont elle est la directrice. Elle est encore l'organisatrice au Ghana de Cent mille poètes pour le changement.

Bâtisseuse de paix féministe et militante du changement social qui promeut l'éducation inclusive, le développement positif des jeunes et les interventions en faveur de l'équité entre les sexes, Ayo a rejoint le mouvement pour la paix à un très jeune âge et est devenue chef de file des guides pour filles à l'adolescence pour travailler sur des questions de justice sociale, comme la violence contre les femmes et les filles.


VIDEO

"Afrique, musique de ma voix", intervention d'Ayo Ayoola-Amale au festival de poésie de Medellin, en Colombie, mars 2016.


Publication précédente :

Frankétienne, "Je m'envertige" (23 octobre 2022). ICI

46 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Kommentare


bottom of page