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«Ce n’était pas un chien, c’était un enfant»


Manifestation en hommage à Santiago Murillo, Ibagué, 2 mai 2021.


Alors que le président colombien, soutenu militairement par la France d’Emmanuel Macron, vient de promulguer une loi pour réprimer davantage encore les mouvements de protestation, le procès du policier qui a tué sans aucune raison le jeune Santiago Murillo, le 1er mai à Ibagué, est en train de s’enliser. Au mépris de la douleur des proches de Santiago.


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Santiago Murillo avait 19 ans. Il vivait à Ibagué, capitale musicale de Colombie, dans le département du Tolima. Le 1er mai dernier, son cœur a été transpercé par une balle policière lors d’une manifestation en plein Paro Nacional (Grève nationale). Il n’avait rien fait de répréhensible. Juste, il était là. Il était là pour demander comme des milliers d’autres jeunes à Cali, Bogota, le droit à l’éducation, le droit à la santé, le droit à la jeunesse. Des revendications bien trop subversives, que le régime narco-corrompu d’Ivan Duque, militairement soutenu par la France d’Emmanuel Macron, a obstinément refusé d’entendre pendant de longues semaines (sur le mouvement social en Colombie, nombreuses publications sur les humanités).

Dès le lendemain de la mort de Santiago Murillo, des milliers de personnes sont sorties dans la rue pour clamer leur émotion et leur indignation. Les habitant.e.s du quartier ont décidé de rebaptiser la « calle 60 », rue Santiago Murillo, du nom du jeune homme abattu. Et la mère de Santiago, Sandra Milena Meneses, avait lancé » cet appel déchirant : « A présent venez me tuer. Mais non, vous m’avez déjà tuée. Santiago était mon fils unique ».


Quelques jours plus tard, trois policiers ont été arrêtés. Un seul, le major Jorge Molano, a été reconnu comme auteur du coup de feu mortel, et placé en détention. Ce salaud a tenté d’incriminer l’un de ses subalternes, un policier de base, Óscar Devia, qui a passé plusieurs mois en prison avant d’être disculpé.

Le procès contre le major Jorge Molano s’est ouvert le 16 septembre dernier, toujours sans accusation du policier. Hier, 27 janvier, l’audience (à laquelle n’ont daigné participer ni le prévenu ni même son avocat) a été suspendue pour la troisième fois consécutive, au mépris de la douleur des proches de Santiago Murillo. « Ils n'ont pas tué un chien, ils ont tué un enfant qui respectait l'autorité, parce que nous lui avons toujours appris cela, et nous n'avons jamais eu à lui apprendre à se méfier de la police », se lamente dans une vidéo la mère de Santiago. Mais face à un État policier, dont le président vient de promulguer une loi dite « de sécurité » pour réprimer davantage encore les manifestations, que vaut la voix d’une femme du peuple ?


Jean-Marc Adolphe, avec Luciana Romero, correspondante des humanités en Colombie.


VIDEO La douleur de Sandra Milena Meneses à l’annonce de la suspension de l’audience contre le policier qui a tué son fils.






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