top of page
Naviguez dans
nos rubriques

«Les mots de Taj», Afghan ici réfugié



A Boulogne-sur-Mer, ce dimanche 30 janvier, les bénévoles engagés pour « un accueil digne et humain des réfugiés » organisent la projection d’un film de Dominique Choisy, portrait-parcours de Tajamul Faqiri, arrivé d’Afghanistan en France à 14 ans.


Cet article vous est offert par les humanités, média alter-actif. Pour persévérer, explorer, aller voir plus loin, raconter, votre soutien est très précieux. Abonnements ou souscriptions ICI.


Côte d’Opale. Un joli nom, assurément, qui rend hommage à la lumière si particulière et changeante sur le littoral entre baie de Somme et Boulonnais, et même jusqu’au Calaisis. Le Cap Gris-Nez, l’endroit de France le plus proche de l’Angleterre, sépare et relie les eaux de la Manche à celles de la mer du Nord. D’un côté, il y a Boulogne-sur-mer, de l’autre, il y a Calais, et puis Dunkerque et puis la frontière avec la Belgique.

Calais-Boulogne, soit 35 kilomètres. Une trentaine de minutes par l’autoroute A16. Huit heures à pied. Vers la Côte d’Azur, ça fait encore plus loin, et davantage encore pour arriver jusqu’au Val Roya, dans l’arrière-pays niçois, avec ses reliefs escarpés qui séparent et relient la France et l’Italie. Ces escarpements ne ressemblent pas aux falaises de Douvres qu’on voit par beau temps depuis la Côte d’Opale. Mais on y observe des humanités qui se ressemblent. On y trouve des passeurs de frontières, celles que doivent traverser les migrants. Au-delà des frontières, des habitants ayant sens de l’accueil, pour offrir un refuge hospitalier, loin des discours dominants (Lire ICI, « Face au délit de solidarité »). Le Val Roya a trouvé un héraut de cette cause avec Cédric Herrou. Il y a un lieu de refuge dans une ferme créée avec Emmaüs, il y a l’association Les ami.e.s de la Roya et leur festival des « Passeurs d’humanité ».


Être né quelque part

À Calais, c’est un travail au jour le jour, par exemple à La Ferme des migrants. On en reparlera, comme on reparlera aussi de ceux qui « déménagent », changent de vie pour venir à Calais ou dans la région. Une fois vécue une expérience humaine inespérée, en échange d’un soutien matériel, une ouverture sur la vie, « le vivant » comme on dit depuis qu’on lui court après sans plus pouvoir le rattraper.

Pour certains, côtoyer ces gens « qui n’ont pas la chance d’être nés quelque part » est un privilège autant qu’un devoir, qui se métamorphose en joie, les métamorphose eux-mêmes. De proche en proche, cela finit par se savoir. À Boulogne-sur-Mer par exemple, plus largement dans le Boulonnais, où des habitants se sont engagés avec « POUR UN ACCUEIL DIGNE, HUMAIN DES RÉFUGIÉS » (nom d’un groupe Facebook créé récemment, qui compte déjà 200 membres, dont certains bien loin du Boulonnais).

Un accueil digne et humain des réfugiés qui se débattent dans la géographie décrite plus haut, eux qui sont nés quelque part. Bien sûr, tout être vivant naît quelque part. Les humains eux ont une mémoire particulière, avec le plus souvent un attachement à leur pays natal, entre douceur et cruauté. Une histoire qui nous constitue, tout un chacun.


"Les mots de Taj", bande annonce

Images migrantes

À Boulogne-sur-Mer, on a découvert l’existence d’un film, sorti en novembre 2021. Il raconte l’histoire d’un réfugié en France, de ce qui le relie à son pays, et le voyage qu’il a fait après avoir quitté l’Afghanistan. Pays où la vie n’a jamais été facile, surtout depuis la guerre avec l’ex-Union soviétique, il y a plus de 40 ans. Depuis, ils sont des milliers, Afghans et Afghanes, à avoir fui leur pays, en franchissant tant et tant de frontières. Pour certains, le but ultime est de trouver un travail, de commencer une nouvelle vie en Angleterre.

Tajamul Faqiri a fait le voyage de Kaboul à la France, jeune encore. Scolarisé, il vivait à Amiens. Un stage en classe de troisième à France 3 Picardie a décidé de sa vie. Il a rencontré Dominique Choisy qui y travaillait comme monteur. Tajamul voulait être journaliste. Dominique et Tajamul sont devenus amis, Tajamul est devenu le fils adoptif de Dominique.


Au fil de leur vie commune, des récits échangés et de tout ce qui ne pouvait être dit de la vie à Kaboul, et du voyage, ils ont décidé d’en faire un film. Avec des images et des sons, et des mots :

« Ce qui est étrange, c’est que le voyage, c’est aussi une liberté totale... Tu ne sais rien... Tu ne sais pas quandl es flics vont t’arrêter et t’amener directement en prison. Une fois sorti, tu ne sais pas où tu dois aller. Tu dors où tu veux. »

Ou bien : « Mon objectif, c’était de donner une image de l’histoire de milliers de personnes un peu partout dans le monde : des Afghans, des Pakistanais, des Bengalis, des Syriens, des Libyens, des Iraniens... Je ne peux pas les dire tous, et puis je ne connais pas bien les pays d’Afrique, mais il y a aussi tous les Africains... Nous sommes tellement nombreux, tellement... »

Et encore « Non, en fait, on est obligé, on traverse tout ça pour venir jusqu’ici, pour avoir un espoir, pour ne plus vivre dans la peur, essayer d’avoir malgré tout un avenir. Ceux qui ne nous aiment pas feraient pareil s’ils étaient obligés. Ces gens ne se rendent pas compte de ce qu’ils disent. Peut-être que s’ils nous détestent, c’est simplement qu’ils se détestent eux-mêmes... »

(extraits de l’entretien avec Tajamul Faqiri, dossier de presse).

Les bénévoles engagés pour un accueil digne et humain des réfugiés dans le Boulonnais organisent la projection des Mots de Taj, en présence de Tajamul Faqiri et Dominique Choisy ce dimanche 30 janvier à 16 h 15, au cinéma Megarama Les Stars, à Boulogne-sur-Mer.


Isabelle Favre


VIDEO Entretien vidéo avec Dominique Choisy, réalisateur des Mots de Taj.


200 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page