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Photojournalisme. Que serait l'Alaska sans les avions de brousse ?

Dernière mise à jour : 4 sept. 2022


Les avions de brousse sont ces petits avions que l'on voit dans le ciel, dont on entend d'abord le bourdonnement du moteur avant de l'apercevoir filant à basse altitude. En Alaska comme ailleurs dans le monde, dans de vastes zones isolées et à faible densité de population, les "pilotes de brousse" jouent un rôle essentiel à la survie des habitants. Plus qu'un moyen de transport, c'est un mode de vie, entre les nuages. Une magie que partage Acacia Johnson invitée du festival Visa pour l'image.

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En Alaska ces petits avions de brousse sont un des principaux moyens de déplacement. Ils ravitaillent les villages, font aussi office de taxis pour transporter des personnes. La survie des habitants dépendent de ce moyen de transport, capables d'atterrir n'importe où, sur l'eau, sur les crêtes, sur des terrains accidentés etc. Lauréate de la Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 2021, Acacia Johnson a commencé un projet voici un an, une exploration du territoire alaskien qui n'a fait que débuter.


"Sur les terres accidentées, variées et peu peuplées de l’Alaska, un son est perceptible presque partout: le bourdonnement d’un avion au loin. Seulement 20% de l’Alaska est accessible par la route, et des dizaines de ses villages éloignés, principalement des communautés autochtones, dépendent des avions pour les services essentiels, notamment le courrier et les produits alimentaires, les soins médicaux et le transport d’urgence. Depuis le décollage du premier avion postal en 1924, des petits avions capables d’atterrir sur des pistes courtes ou sur des sols naturels comme la toundra, les glaciers, les plages ou l’eau, jouent un rôle essentiel dans le développement de l’État. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’Alaska est fortement tributaire de l’aviation, tant pour le transport essentiel entre les communautés que pour accéder à des régions sauvages reculées. Pour de nombreux pilotes, voler est devenu un mode de vie, un moyen de se connecter au paysage et les uns aux autres. Tout au long de ma vie en Alaska, voler a eu pour moi une dimension quasi spirituelle. Voler implique une attention particulière à la sécurité et un profond respect pour la terre, la météo et la vie des passagers. Mais bien que le vol en Alaska soit aujourd’hui courant, il est souvent romancé comme une aventure dangereuse. On se souvient encore des débuts de l’aviation de brousse entre les années 1920 et 1950, où les premiers pilotes audacieux volaient sans données météo, sans technologie de navigation ou sans pistes, et qui ont alors pris des risques face à la météo, survécu à de nombreux accidents, se retrouvant souvent seuls dans des régions désertes. Et même si la sécurité de l’aviation moderne a considérablement progressé depuis cette époque, voler en Alaska est encore considéré comme dangereux, et ce malgré les efforts des pilotes professionnels et privés qui consacrent leur carrière à en garantir la sécurité. De la ville d’Anchorage à l’Arctique en passant par le delta du Yukon-Kuskokwim, voici des portraits de pilotes qui appartiennent à la communauté aérienne de l’Alaska depuis des décennies et de personnes qui contribuent à façonner son avenir. Leurs avions dessinent également un portrait vivant de l’histoire de l’Alaska: la plupart des modèles choisis par ces pilotes (tels que le Piper Super Cub ou le De Havilland Beaver) sont utilisés, entretenus et transmis entre générations de pilotes depuis leur première production au milieu du XXe siècle. Comme me l’a dit un pilote: «Tant de choses se sont passées avant l’ère des avions, et il s’en passera tant d’autres après l’ère des avions.» Et alors que l’aviation connaît de rapides bouleversements avec la montée en flèche des assurances, le développement d’avions électriques et la récente autorisation d’utiliser des drones de fret, l’avenir du vol en Alaska est incertain. Mon travail capture une période cruciale dans le temps et raconte l’histoire de pilotes qui relient des communautés éloignées, sauvent des personnes en difficulté, forment et encouragent de nouveaux pilotes, et transportent des personnes vers les régions les plus sauvages de l’État."

Acacia Johnson (texte issu du dossier de presse de Visa pour l'Image).



PORTFOLIO

La piste d’atterrissage de Toksook Bay, face à la mer de Béring gelée. Les 600 villageois sont pour la plupart des autochtones d’Alaska,

de la tribu Nunakauyarmiut. Leur vie dépend de la pêche. Photo Acacia Johnson.


Le brouillard hivernal est tombé sur l’aéroport, marquant la fin de la journée de travail. Leighan Falley, pilote de glacier, a recouvert les ailes de son Otter turbopropulsé. Guide de montagne durant neuf ans sur le mont Denali, elle est désormais pilote le long de la chaîne d’Alaska pour Talkeetna Air Taxi. « L’aviateur moderne n’est plus celui des années 60, 70 ou 80 qui avait des accidents à répétition. Aujourd’hui, nous connaissons mieux les risques et nous avons de meilleurs instruments. ». Photo Acacia Johnson.

Jamie Klaes, pilote et instructeur de vol commercial, qui, entre autres choses,

donne des cours intensifs d'aviation à de jeunes ruraux d'Alaska. Photo Acacia Johnson


"L'hiver dernier, j'ai commencé un nouveau projet photographique sur l'aviation en Alaska. Ayant grandi autour des avions, je savais à quel point l'aviation est essentielle ici, où seulement 20 % de l'État est accessible par la route - mais j'avais aussi le sentiment que l'image du pilote alaskien, et les histoires que nous racontons sur le vol, avaient besoin d'être actualisées. Pourriez-vous faire des photos qui capturent la poésie du vol, ce qu'il signifie pour les gens et pourquoi il est important ? C'était un défi, mais je voulais le relever.

Des mois plus tard, j'ai l'impression de n'avoir fait que commencer le premier chapitre d'un projet beaucoup plus vaste." Acacia Johnson

Acacia Johnson

Acacia Johnson est née à Anchorage, en Alaska.

Diplômée de la Rhode Island School of Design en 2014, elle a passé un an dans l'Arctique canadien, grâce à une bourse Fulbright, où elle s'est découverte une passion pour les paysages et la vie polaire.

Aujourd'hui avec plus de 50 voyages dans l'Arctique et l'Antarctique elle est photographe guide d'expédition, une manière pour elle de faire découvrir et de sensibiliser les gens au changement climatique.

Ses photographies ont été exposées dans le monde entier et font partie des collections du musée d'Anchorage et du Smithsonian Museum of American History. Son travail a été publié dans le National Geographic, The New York Times, TIME et The Guardian, entre autres. En 2020, elle a figuré sur la liste des 30 ans et moins de Forbes pour l'art et le style, et en 2021, elle a reçu la bourse Canon de la Femme Photojournaliste. En 2022, elle a reçu le prix Infinity de l'ICP pour les pratiques documentaires et le photojournalisme.


- "Pilotes de brousse en Alaska", exposition jusqu'au 11 septembre, à Perpignan / festival Visa pour l'Image.


Site internet d'Acacia Johnson : https://www.acaciajohnson.com



Pour suivre

"Les aventuriers de l'Alaska". Extrait de l'émission : DEAD END EXPRESS : LIVRAISONS IMPOSSIBLES, National Geographic Channel. "En Alaska le pilote de brousse doit livrer des médicaments à des personnes isolées. L’Alaska a été colonisée il y a plus d’un siècle mais ses habitants n’occupent qu’1% du territoire. (Texte issu de la description de la vidéo sur YouTube).



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