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A Essaouira, les Guerrières de la Paix. Journée internationale des droits des femmes / 01



Au Maroc, des femmes du monde entier, dont l’avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, sont réunies pour la création d’un Forum mondial des femmes pour les paix. Elles formeront, ce mercredi 8 mars, une chaîne humaine symbolique devant les remparts du port d'Essaouira.


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Ce mercredi 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, une chaîne humaine symbolique "des femmes pour la paix" se formera devant les remparts du port d'Essaouira, traditionnellement lieu de dialogue entre cultures musulmane et juive.

Réunies au Maroc, des femmes du monde entier ont lancé hier un appel international "urgent" pour la paix. Cet appel vient "d'une volonté de créer une chaîne de solidarité entre des femmes du monde entier pour lancer un appel à la paix, à la justice et à l'égalité", explique Hanna Assouline, coprésidente des "Guerrières de la paix", mouvement de femmes juives et musulmanes fondé en France en 2022, à l'origine de cette initiative.

Soutenu par les Nations unies, l'appel se traduira par la création d'un "Forum mondial des femmes pour la paix".

« Je suis heureuse d'être parmi des femmes de différentes cultures et religions dans une ville connue pour sa tolérance et ses valeurs de coexistence », s'est félicitée, depuis Essaouira, l’avocate iranienne Shirin Ebadi, Nobel de la paix 2003.


Le mouvement des Guerrières de la Paix a été créé en France, en 2022, sous l’impulsion de la réalisatrice et militante pour la paix Hanna Assouline, autour de femmes musulmanes et juives qui se sont rassemblées en réaction aux fortes tensions intercommunautaires liées aux répercussions du conflit israélo-palestinien. Ces femmes ont décidé dès le départ de parler d’une seule voix pour rejeter l’assignation identitaire et rassembler des femmes de toutes cultures, croyances, origines pour faire front commun face à toutes les haines qui circulent dans notre société.


Teaser « Les Guerrières de la Paix », de Hanna Assouline et Jessica Bertaux


Hanna Assouline. Après une licence en Histoire (Sociologie et Histoire de l’Afrique), elle passe un Master à l’École Supérieure de Journalisme, et se spécialise dans l’audiovisuel. Elle a participé à différents projets au sein de la société de production Premières Lignes et a été enquêtrice pour l’émission Cash Investigation.

En 2017, elle a travaillé pour l'émission "Envoyé Spécial" sur les attentats du 13 novembre. Elle a collaboré avec Georges-Marc Benhamou et Michael Prazan sur un projet de documentaire sur l’antisémitisme en France. Elle est auteure et co-réalisatrice avec Jessica Bertaux d’un documentaire sur un mouvement de femmes israéliennes et palestiniennes, Les Guerrières de la Paix, diffusé en mai 2019 sur Public Sénat et LCP (voir extrait ICI). Plus récemment, elle a réalisé le documentaire "À notre tour", produit par Gogogo films : dans un contexte où l’on ne cesse de les opposer, un groupe de jeunes juifs et arabes âgés d’une vingtaine d’années, se mobilise pour dépasser les clivages et changer les mentalités. Sur les routes de France, ils partent ensemble à la rencontre de leurs concitoyens pour aborder sans filtres tous les sujets qui fâchent et renouer le dialogue (Voir sur YouTube).


Shirin Ebadi. Photo DR


Shirin Ebadi, née en 1947, est une militante politique iranienne, avocate, ancienne juge et militante des droits humains. Le prix Nobel de la paix lui a été décerné en 2003 pour ses accomplissements en faveur de la défense des droits humains, plus précisément de la démocratie, des droits des femmes et des enfants.


Nommée en 1975 présidente du tribunal 24 de Téhéran, elle devient alors la première femme à exercer cette fonction en Iran. Elle est contrainte de démissionner en 1979, comme toutes les femmes magistrates, à la suite de l'arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeini. Elle reste sans emploi pendant plusieurs années pendant lesquelles elle écrit des livres et articles pour des journaux iraniens. Elle obtient finalement une licence d'avocate en 1992 et rejoint l'ordre des avocats de Téhéran. Elle s'emploie alors à la défense d'une part, des femmes discriminées, d'autre part à la défense des opposants politiques.

En 1995, elle fonde l'organisation iranienne de protection des droits de l’enfant et Mine Clearing Collaboration Association et, en 2002, avec quatre autres avocats iraniens, elle fonde le Centre des défenseurs des droits de l'homme (CDDH), affilié à la Fédération internationale pour les droits humains.

En 1999, Shirin Ebadi représente la famille Ezzat Ebrahiminejad, un jeune étudiant tué au cours de l'attaque de la cité universitaire de Téhéran par la milice (les bassidji). Accusée de diffamation et de déclarations mensongères et incarcérée à la prison d'Evin. Elle est condamnée à cinq ans de prison et l'interdiction d'exercer. Sa peine est annulée par la Cour suprême de la justice islamique, notamment grâce à une mobilisation de l'opinion internationale.


Shirin Ebadi défend également divers cas de maltraitance d'enfants, et contribue à la rédaction d'une loi contre les abus physiques à l'encontre des enfants, qui est adoptée par le parlement iranien en 2002.

En 2006, elle cofonde avec Mairead Maguire, Rigoberta Menchú Tum, Jody Williams, Tawakkol Karman, et Leymah Gbowee, toutes lauréates du Prix Nobel de la paix le Nobel Women's Initiative dans le but de soutenir les groupes de femmes du monde entier dans leurs campagnes en faveur de la justice, de la paix et de l'égalité. La première conférence de cette organisation se tient en 2007 et est consacrée aux femmes, aux conflits et à la sécurité au Moyen-Orient.


En avril 2008, après avoir fait l'objet de nombreuses menaces, la dissuadant notamment de faire des discours à l'étranger, elle décide de s’exiler à Londres, où elle vit depuis 2009. Depuis la victoire d'Hassan Rohani à l'élection présidentielle iranienne de 2013, Shirin Ebadi a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude face aux violations croissantes des droits humains dans son pays.


VIDEO : interview à France 24, sur le soulèvement actuel en Iran (21 novembre 2022)


Des Palestiniennes, des Israéliennes, des Afghanes, des Libériennes, des Iraniennes, participent à Essaouira à la création d'un "Forum mondial des femmes pour la paix". Parmi elles : Huda Abu Arqoub, présidente de l’Alliance for Middle East peace (Palestine), Nurith Hagragh (Women wage peace – Israël), ou encore Jessica Mwiza (Mémoire – Rwanda).


De gauche à droite : Huda Abu Arqoub, manifestation de Women Wage Page en Israel, Jessica Mwiza


Huda Abu Arqoub est directrice de l'Alliance for Middle East Peace, un réseau d'organisations de la société civile œuvrant à la transformation des conflits, au développement et à la coexistence au Moyen-Orient entre Israéliens, Palestiniens, Arabes et Juifs. Palestinienne, elle est également l'une des principales partisanes de Women Wage Peace (WWP).


Women Wage Peace (WWP) a été fondé en Israel à la suite de la guerre de Gaza de 50 jours/opération Bordure protectrice de 2014, Women Wage Peace (WWP) est aujourd’hui le plus grand mouvement de paix populaire en Israël aujourd'hui. « Le WWP permet aux femmes de s'unir et de prendre en main l'avenir de ce petit pays, qu'elles soient de gauche, du centre ou de droite, jeunes ou plus âgées, du centre ou de la périphérie, religieuses ou laïques, juives, arabes, druzes ou bédouines. Le mouvement continue d'affiner sa structure non hiérarchique, répartissant son travail entre des milliers de bénévoles qui servent dans des équipes régionales et/ou spécifiques à une mission, notamment l'engagement gouvernemental, les affaires étrangères, la communication numérique, les projets spéciaux et la stratégie. » Site internet : https://www.womenwagepeace.org.il/en/


Jessica Mwiza. Militante depuis ses 15 ans, cette Franco-Rwandaise place la mémoire du génocide des Tutsi au centre de ses engagements antiracistes. Au sein d’Ibuka France, l’association pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda dont elle est la vice-présidente, Jessica Mwiza lutte à sa manière, tranchante et frontale, contre le révisionnisme et le négationnisme, des poisons qui « assassinent la mémoire » de plus d’un million de morts et des rescapés. Pour débusquer les théories négationnistes, elle épluche les productions abordant l’histoire du génocide, que ce soit des romans, une série Netflix ou un article de presse, et qui se diffusent jusque dans des cercles antiracistes et décoloniaux. « Des génocidaires planqués en Afrique, en Belgique et en France continuent de relayer l’idée selon laquelle des Tutsi ont aussi massacré des Hutu. C’est une bataille sans relâche sur les réseaux sociaux, nous ne devons pas laisser le terrain aux négationnistes. »


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