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Et maintenant ? Rubrique du rétroviseur, pour aller de l'avant

Dernière mise à jour : 1 déc. 2025

Un bébé tortue albinos parmi d'autres tortues Arrau (Podocnemis expansa) avant leur remise en liberté dans la réserve biologique d'Abufari, à Tapaua, dans l'État d'Amazonas, au Brésil, le lundi 17 novembre 2025. Photo Edmar Barros / AP


En voiture Simone (et Simon). On n'arrête pas de le dire : les humanités, ça n'est pas pareil. La preuve par un regard dans le rétroviseur. En novembre la vendange fut abondante. Mais aussi, le pied sur l'accélérateur, pour aller de l'avant : vers un journalisme du 21ème siècle. On a déjà vingt-cinq ans de retard !

 J-31 : DONS DÉFISCALISABLES JUSQU'AU 31/12/2025  

Compte à rebours : Il nous reste 31 jours pour espérer réunir d'ici le 31 décembre entre 3.500 € et 4.000 €, de façon a améliorer le site et son référencement et pouvoir salarier un.e premier.e journaliste, conditions exigées pour pouvoir espérer (enfin !) de possibles aides publiques en 2026. Depuis le lancement de cette campagne (le 31 octobre), vingt-six donateurs, 2.080 €.

Pour mémoire, nous avons fait le choix d'un site entièrement gratuit, sans publicité, qui ne dépend que de l'engagement de nos lecteurs. Jusqu'au 31/12/2025, les dons sont défiscalisables (à hauteur de 66% du montant du don). Un don de 25 € ne revient ainsi qu'à 8,50 € (17 € pour un don de 50 €, 34 € pour un don de 100 €, 85 € pour un don de 250 €). Dons ou abonnements ICI

 L'IMAGE DU JOUR


En tête de publication. TAPAUA, Brésil (AP) — Des agents environnementaux de l'Institut Chico Mendes au Brésil ont relâché des bébés tortues géantes de l'Amazone dans les eaux de la réserve biologique d'Abufari à Tapaua, dans l'État d'Amazonas, dans le cadre d'un programme de conservation à long terme. La réserve, qui abrite une zone de ponte pour l'espèce dans une zone de protection intégrale, joue un rôle crucial dans la survie de l'espèce de tortue connue sous le nom de podocnemis expansa. Photoreportage ICI

 LES CITATIONS DU JOUR

« Je demandais à un homme pauvre comment il vivait ; il me répondit : “Comme un savon, toujours en diminuant.” » / « Tout le monde voudrait vivre longtemps, mais personne ne voudrait être vieux. » / « Puissiez-vous vivre tous les jours de votre vie. » (Jonathan Swift)

Né il y a exactement 358 ans, le 20 novembre 1667, Joanthan Swift (mort en 1745) est un écrivain, satiriste, essayiste, pamphlétaire politique, poète et ecclésiastique anglo-irlandais, considéré comme le plus grand satiriste en prose de la langue anglaise. Né à Dublin, en Irlande, Swift perd son père peu avant sa naissance et est élevé par des proches après que sa mère l'abandonne en nourrice. Il étudie au Trinity College de Dublin de 1681 à 1688, puis rejoint l'Angleterre comme secrétaire de Sir William Temple, où il fréquente les cercles littéraires et politiques.

Son pamphlet Le Conte du tonneau (1704) raille les fanatismes religieux et la pédanterie moderne, accompagné de La Bataille des livresLes Voyages de Gulliver (1726), son roman le plus célèbre, parodie les récits de voyages pour critiquer la politique anglaise, la société et la nature humaine via des terres fantastiques comme Lilliput. Une modeste proposition (1729) suggère avec ironie de vendre la chair des enfants irlandais pauvres aux riches pour résoudre la misère, dénonçant l'exploitation.

Ordonné prêtre anglican, Joanthan Swift devient doyen de la cathédrale Saint-Patrick à Dublin en 1713, défendant les intérêts irlandais contre les politiques anglaises via des pamphlets comme les Lettres du Drapier (1724). D'abord whig, il rejoint les tories pour leur fidélité à l'Église, dirige leur journal The Examiner, avant de retourner en Irlande après leur chute en 1714.

La verve incisive de Swift cible le fanatisme, le colonialisme et l'irrationalité, influençant la satire tout en militant pour les pauvres irlandais malgré son rôle dans l'establishment. Atteint de troubles mentaux après un AVC en 1742, il lègue sa fortune à un hôpital pour aliénés et meurt en 1745, enterré près de Stella à Saint-Patrick.

Le coup du rétroviseur


Du 1er au 4 novembre

Le 1er novembre, coup d'envoi de nos éphémérides : glaner dans le passé de quoi éclairer notre présent. Comme le disait Luis Buñuel (*), « La vie sans mémoire n’est pas une vie du tout. Notre mémoire est notre cohérence, notre raison, notre sentiment, même notre action. Sans elle, nous ne sommes rien. »​


Et sinon : journal de Madagascar (avec le poète et journaliste Élie Ramanankavana) et d'Ukraine (avec Guillaume Sauzedde, réalisateur de Carnets de Lviv) ; plongée dans la novlangue du poutinisme ; danse avec Israel Galvan...


(*) - Il y a exactement 95 ans, le 30 novembre 1930 au Studio 28, rue Montmartre à Paris : première projection du film L'Âge d'or, de Luis Buñuel et Salvador Dalí, moyen métrage surréaliste, l’une des œuvres fondatrices du cinéma d’avant-garde, qui attaquai de front la bourgeoisie, la morale sexuelle et l’Église catholique, et provoqua l’un des plus grands scandales de l’histoire du cinéma.​ La projection du film déclencha la colère de groupes d’extrême droite qui envahirent la salle, dégradèrent les lieux et attaquèrent le public. Sous la pression politique et religieuse, L’Âge d’Or fut ensuite interdit pendant des décennies en France, devenant un symbole de la censure et de la puissance subversive du surréalisme.​ L’Âge d’Or est aujourd’hui considéré comme un jalon majeur de l’œuvre de Buñuel et du cinéma moderne, annonçant ses futurs films anticléricaux et antibourgeois. Son mélange d’humour noir, de blasphème et d’attaque des institutions en fait une référence incontournable pour comprendre le surréalisme filmique et ses prolongements jusqu’au cinéma politique des années 1960–1970.

Du 4 au 8 novembre

La suite des éphémérides avec pas mal de pépites journalières ; une enquête exclusive sur "les coulisses de l'après-Trump", suivie d'un voyage à Atlanta ; et la transcription / traduction intégrale du discours de Zohran Mamdani élu maire de New York ; une analyse pour comprendre la "génération de Bardella : la suite de notre enquête pionnière sur les déportations d'enfants ukrainiens en Russie...











Du 9 au 14 novembre

Encore et encore, éphémérides ; un entretien exclusif pour comprendre les coulisses et soubassements du mouvement Gen Z à Madagascar ; un suivi conséquent et buissonnier de la COP 30 au Brésil ; les élections au Chili ; un portait XXL d'Akaji Maro, dernière grande figure du Butô japonais ; un festival de cinéma en Périgord, et les mémoires d'une trapéziste d'exception...











Du 15 au 20 novembre

Éphémérides toujours avec, notamment, le centenaire de Maïa Plissetskaïa, danseuse dont les bras voyageaient.

Deux enquêtes exclusives, sur les data centers qui assèchent tout, et le capital-risque, "fentanyl du capitalisme".

Une analyse avant-coureuse sur les prochaines élections municipales ; Et une autre analyse, sur les élections au Chili, à rebours de ce qu'on a pu entendre par ailleurs...







Du 21 au 27 novembre

Incroyable ! Mireille Mathieu et ses 60 ans de carrière se sont invitées au menu de nos éphémérides ; éphémérides par ailleurs en pagaille et en biodiversité..., le danseur de Butô Akaji Maro qui s'incruste et revient en deuxième semaine,


un reportage sur le salon aéronautique de Dubaï,


et un réjouissant entretien avec le directeur du Museo Popular de Siloé, à Cali, en Colombie, qui répare en résistances les fractures d'un ancien bidonville








Du 28 au 30 novembre

C'est encore tout frais : le lancement d'un nouvel hebdo Cultures (désormais chaque samedi), avec des sujets pas trop mainstream qui intéressent couci couça : 10 lecteurs pour s'intéresser à une Biennale de photographie en Guyane, avec un magnifique portfolio. Si peu : parce que la culture, ça n'intéresse pas, ou parce que c'est en Guyane et que loin des yeux loin du cœur ?

Et aussi : un hommage XXL au disparu de la semaine, l'écrivain Claude Louis-Combet, qui écrivait : «  Les mots sont aplatis, cependant que, de degré en degré, monte l'horreur d'écrire. Sans doute faudrait-il, pour continuer ou plutôt pour commencer enfin, dans le creux le plus creux d'une passivité agissante, user des mots qui manquent et qui, toujours ont fait défaut : les murs hors-texte d'une existence sans écoute ni raison ».









Aller de l'avant...

Pour un journalisme du 21ème siècle ?

Improvisation en Facebook live, 30 novembre 2025



EXTRAITS


Éphémérides et audience. « On a commencé il y a environ un mois, en moyenne il y a 100 lecteurs par éphéméride. Sachant que chaque éphéméride demande entre 7 et 10 heures de travail, c'est pas cher payé. Mais bon, c'est comme ça. L'éphéméride qui a le mieux "marché", porte le titre suivant : "Sainte Geneviève contre Bardella". Évidemment, si on met "Bardella" dans le titre, on est sûr, peut-être pas de faire le buzz, mais en tout cas on est sûr que ça va attirer. Je fais une blague sur Facebook sur le livre de Sarkozy, et selon les statistiques facebookiennes, ça a été vu par 65.000 personnes, parce qu'il y a Sarkozy dans le titre. Pareil, si on met Trump ou Poutine dans le titre d’un article… Certes, il faut parler de ces méchants qui nous pompent l'air, mais il n'y a pas que ça dans la vie. Le danger, c'est que ça occupe tout l'espace, et que du coup on n'ait plus le temps de s'informer, par exemple sur un peuple autochtone en Indonésie qui va peut-être disparaître à cause de la France… »


Échouer, réussir, tenter. Comme disait Beckett, on échoue, on échoue à nouveau, et puis on reprend, et puis on échoue à nouveau... J'ai parlé sur Facebook d'un appel à projet auquel on va répondre pour les humanités, après avoir été retoqué l'an dernier, sur deux dossiers d'aide publique par le ministère de la culture, donc madame Rachida Dati, dont on sait l'amour immodéré qu'elle porte à la culture et à la presse. Là, ce n'est pas un appel public, pour tout vous dire ça vient de Google. Bon, on n'est pas spécialement amis, je me suis dégoogolisé de plein de choses, mais Google a lancé il y a déjà quelques années de ça le « JournalismAI Innovation Challenge », en partenariat avec Polis, groupe de réflexion sur le journalisme de la London School of Economics and Political Science. Cet appel à projets, ça va être traité assez vite, il faut déposer le dossier mercredi prochain. Il y a une première pré-sélection qui est communiquée fin décembre, et la réponse définitive fin janvier.

Cet appel à projets ne concerne pas que la France, il concerne la terre entière, sauf la Russie et la Chine. Huit projets vont être retenus, cinq à hauteur de 50.000 euros, et trois à hauteur de 100.000 euros. Huit projets sur la terre entière : autant dire qu'a priori on n'a aucune chance. Mais on va le faire quand même. Jusqu'à hier, je me disais : « on n'est pas grand-chose, donc on va faire profil bas, on ne va pas se prendre pour plus important qu'on est, on va demander 50.000 euros, et déjà si on les a, ce serait formidable. Aujourd'hui, j'ai dit : « non, on va demander 100.000 euros, le maximum, et on va faire peur à Google, comme Louis Buñuel en 1930 faisait peur à la bourgeoisie et au clergé. Faire peur ? Comment ? Juste, on va intriguer, on va inquiéter, Je sais à l'avance comment les autres projets concurrents vont être ficelés. L'appel à projets, cette année, ne porte pas du tout sur « les contenus rédactionnels » (je ne sais pas ce que c’est. Nous, on fait des articles et des publications. Les contenus, c'est autre chose. Il  y en a qui disent : « mais c'est pareil ». Non, justement, c'est pas pareil).

Cette année, ça porte plutôt sur le business, c'est-à-dire comment on peut élargir l'audience, et donc, partant, le modèle économique. Notamment avec des outils issus de l’IA (entre parenthèses, j'ai fait mon premier post Instagram tout à l'heure, en ayant été formé par une lycéenne de 16 ans qui s'appelle Malena). Ces outils sont ce qu'ils sont. On n'est pas là à vénérer la technologie pour la technologie. Je me suis souvenu que l'éditorial fondateur des humanités, en mai 2021, prétendait vouloir inventer un journalisme du XXIe siècle/

Ça paraître prétentieux, mais en fait, non, on le fait déjà ».


Contre la « censure par saturation », faire constellation. C'est quoi le journalisme ? C'est d'abord une qualité d'écriture, une qualité de curiosité et une qualité d'investigation. Et tout le monde en est capable. Je veux dire, il n'est pas nécessaire d'être journaliste pour faire du journalisme. Il y a plein de manières possibles. Il y a du journalisme citoyen, du journalisme participatif, etc. Et justement, pour construire ce projet-là, pour Google, nous on est tout petits, mais comme disait Fassbinder, même les nains ont commencé petits ; donc on va s'associer avec, par exemple, le Museo Popular de Siloé à Cali, en Colombie (voir ICI), on va s'associer avec la Gen Z à Madagascar, on va s’associer avec un Tiers-lieu, Hangart, et la MJC de Técou, dans le Tarn. Et puis, voilà, on va faire constellation. On va faire, pour reprendre le titre d'un ouvrage magnifique d’Édouard Glissant, Poétique de la relation.

Force est de constater que, pour le moment, en France, en tout cas en France française, ça ne passionne pas les foules. Pour plein de raisons. Je crois qu'une des raisons, c'est ce que Bernard Noël appelait (dans La Castration mentale), la « censure par saturation ». Et voilà, on est saturé d'informations, mais pas que d'informations. L'autre jour, sur Facebook, j'ai répondu à un commentaire sur l’article de Michel Strulovici sur la "génération Bardella". Cette personne demandait : "mais enfin, est-ce que les parents parlent à ces jeunes ?" J'ai répondu : "est-ce que les jeunes peuvent parler à leurs parents ?" A l'âge qu'on a, on n'arrête pas de critiquer les jeunes : "ils sont tout le temps sur leur portable", patati patata, et Macron en repasse une couche : il va interdire les portables au lycée. N'importe quoi ! Une stupidité, une méchanceté de plus… Alors, est-ce que les enfants peuvent parler à leurs parents ? Est-ce qu'on n'est pas nous aussi addicts ? Les algorithmes de recommandation, c'est comme la nicotine dans les cigarettes :  c'est de la drogue. Et les parents ne sont pas plus recommandables, de ce point de vue, que leurs enfants.

Et ça produit une censure pas saturation, qui fait qu'en plus, les algorithmes de recommandation, c'est vrai, de tous les réseaux sociaux, vous envoient prioritairement ce que vous aimez déjà, ou ce que les algorithmes supposent que vous aimez déjà. J'ai fait une expérience l'autre jour avec une amie, je lui dis pour rire : "est-ce que ça te dirait de partir dans un mois en vacances au Sri Lanka ?" (pour rire, parce que des vacances, je n'en prends jamais). 30 minutes après, sur Facebook, j'avais trois publicités de voyagistes pour aller au Sri Lanka ! Avec cette amie, on discutait entre nous. Ce n'était même pas une discussion par WhatsApp ou au téléphone. C'est-à-dire que nos appareils sont truffés de puces espionnes qui disent :"ah, il s'intéresse au Sri Lanka, on va lui envoyer des pubs". Et ça entame sérieusement la curiosité parce que, évidemment, si on s'est intéressé par le Sri Lanka, on va voir, mais le temps qu'on va voir ça, on ne va pas voir autre chose. Et comme les journées ne font que 24 heures, parfois moins, eh bien, il y a là une grave amputation de la curiosité…


Audimat. Pour finir, un souvenir, j'avais peut-être l'âge qu’avait Malena, qui m’a formé à Instagram, j'étais au lycée, en première ou en terminale ; chez moi, il n'y avait pas la télé, il n'y avait pas beaucoup de livres, en revanche j’avais un poste de radio que j’avais volé dans une grande surface…  J'ai toujours beaucoup aimé la radio, parce que la radio, ça ouvre un espace. Et puis, on imagine, parce que quand on voit (comme à la télé), on est imaginé par ce qu'on voit, alors qu'avec la voix, avec les récits, on peut se faire soi-même son cinéma, ses images.

Donc, j'avais à peu près l'âge de Malena, et à cette époque, sur France Inter, le week-end, il y avait toute une série d'émissions qui s'appelait "L'Oreille en coin", dont le rédacteur en chef était Jean Amadou. Le dimanche après-midi, il y avait une émission qui était confiée, ou animée, je ne sais pas comment dire, par Paula Jacques. Rien que sa voix me transportait, je n'avais pas besoin de prendre le train ou le bus pour m’évader, j'étais transporté par sa voix. Ce jour-là, c'est l'époque où on commençait tout juste à parler des mesures d'audience des médias, de l'audimat. Paula Jacques commence son émission, je m'en souviens comme si c'était hier, en parlant de l'audimat, et elle dit : "au moment où je fais cette émission, je ne sais pas combien vous êtes à m'écouter. Est-ce que vous êtes 10 ? Est-ce que vous êtes 100 ? Est-ce que vous êtes 10.000 ? Est-ce que vous êtes 100.000 ? Je ne sais pas, mais peu importe. Si parmi vous, il y a une seule personne qui, en ouvrant son transistor, a l'impression d'ouvrir une fenêtre, alors ce que je fais a une raison d'être". Et moi, j'étais là, je dis « oui, c'est moi, c'est moi. Évidemment, elle ne pouvait pas m'entendre. Mais ça, c'est une grande leçon, c'est-à-dire qu'il ne faut jamais écrire pour spéculer, pour espérer avoir du succès. Le succès, ça peut d'ailleurs être une damnation, il y en a qui ne se sont pas remis du succès.

Pareil, je n'ai jamais écrit en fonction d’une "cible", je n'ai pas de cible. Je n'écris pas non plus en rêvant d’être un influenceur qui aurait 3 millions de followers : je m'en fous. Mais je ne m’en fous pas tant que ça, parce que je vois qu’une bonne part de la "communication politique", aujourd’hui, se fait comme ça. Regardez comment Bardella fait campagne. Quand Bardella fait sur TikTok des selfies avec les gens, notamment les jeunes qui viennent à ses meetings, Bardella fait du cinéma, c'est ça qu'il faut comprendre. Il fait du cinéma pauvre, et justement c'est ça qui plaît. C'est pour ça que Sébastien Chenu, peut dire en toute tranquillité, et ce n'est pas une bêtise, il sait ce qu'il dit quand il le dit, qu'il faut arrêter avec les aides du Centre national de la cinématographie, que les films intéressants, c'est ceux qui marchent. Évidemment, tout le petit milieu culturel de gôche pousse des cris d'orfraie, commente sur Facebook à destination des gens qui pensent comme eux. Mais mes voisins, ici en Amazonie Picarde, qui votaient il y a vingt ans communistes et qui votent maintenant RN, ils pensent comme Sébastien Chenu. De toute façon, par ici, il n'y a pas de cinéma ici à côté. Alors, ils se disent : "les subventions au cinéma, ça sert à quoi ? A aider ces privilégiés qu'on va voir après à la télé sur le tapis rouge à Cannes, mais qui n'ont aucune idée des difficultés de la vie quotidienne que nous on a ici, où il n'y a plus de gare, où les usines ont fermé, où la maison de la presse est fermée, etc." Et c'est ça qu'il faut penser. C'est contre ça qu'il faut réagir, et ne pas continuer à se parler entre soi, en se disant que que les Français qui votent RN sous influence C-News Bolloré, ils sont méchants. Il faut, avec humour, avec joie de vivre, opposer autre chose à ces forces mortifères qui sont en France comme partout ailleurs, ou presque partout ailleurs, en Europe et pas seulement, en train de l'emporter. C'est pour ça qu'un nouvel hebdo culturel sur les humanités, c'est important. Ce n'est pas juste pour les humanités, en tant que média, je veux dire, qu'il y ait 10 personnes ou 300 qui lisent, évidemment, je préfère qu'il y en ait 300, mais ça revient au même. Non, c'est pour notre humanité à nous, c'est pour l'humanité qu'on a en commun.

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