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Un travail de fourmi. Le chemin tortueux de la paix en Colombie / 05


Près de 100.000 personnes ont été considérées comme disparues lors du conflit armé en Colombie. Spécialement instaurée par l’Accord de Paix de 2016, une Unité de recherche est chargée d’une énorme mission : retrouver la trace de ces disparus. Avec des moyens notoirement insuffisants.


« Tous nos proches disparus nous manquent et tous sont importants. Tous ont tous le droit d'être recherchés, retrouvés et reconnus. Leurs familles ont le droit de refermer ces plaies anciennes et de soulager leur douleur. » Ils et elles sont des milliers de Colombiens qui pourraient dire la même chose que Gladys Ávila, 58 ans, réfugiée en Suède depuis 15 ans. Gladys Ávila ne s’est mais totalement remise de la disparition de son frère, Eduardo, la nuit du 20 avril 1993. Elle avait alors 26 ans, lui 29. Très vite, elle a compris que son cas était loin d’être isolé. En 19098, elle rejoint l'Association des parents de détenus et de disparus, et plus particulièrement un Groupe de travail sur les disparitions forcées. « Les familles que nous rencontrions et qui nous racontaient leurs histoires sont devenues ma famille », confie-t-elle à l’hebdomadaire Semana : « Doña Josefita, une vieille femme qui, chaque soir, gardait une assiette dans le four dans l'espoir que son fils apparaisse pour lui servir un repas. Don Campitos, qui parlait chaque jour à la photo de son fils. María Helena, qui n'a jamais cessé de chercher son mari. Etc. »

Gladys Ávila, elle-même sœur de disparu, a pris la parole. Devenue une « cible militaire », elle a dû s’exiler

en Europe pour échapper aux menaces de mort dont elle-même et ses enfants faisaient l’objet.


Le frère de Gladys avait rejoint un groupe clandestin, le M-19 [Le M-19, Mouvement du 19 avril, fut une organisation de guérilla urbaine issue de la contestation de l’élection présidentielle de 1970, remportée par le conservateur Misael Pastrana, mais marquée par une fraude massive -NdR]. « Il nous parlait sans cesse de sa préoccupation pour les inégalités », ajoute-t-elle, « mais en 1991, il s’était démobilisé parce qu’il voulait profondément la paix. »





Le général Mauricio Santoyo, qui fut chef de la sécurité de l’ex-président Álvaro Uribe, a avoué en 212, devant un tribunal américain, avoir aidé les groupes paramilitaires des Autodéfenses Unies de Colombie et facilité des livraisons de cocaïne aux Etats-Unis. Il a été libéré sous caution, sa famille et lui-même bénéficiant d’une protection des États-Unis. De retour en Colombie en 2019, il a aussitôt été arrêté, accusé de l’assassinat du journaliste Jaime Garzón en 1999.






« En prenant des responsabilités au sein de l'Association des parents de détenus et de disparus, je suis également devenue la cible de menaces », ajoute-t-elle. « En 2000, deux membres de notre association ont disparu : Ángel José Quintero et Claudia Monsalve. À l'époque, j’ai fait des déclarations dans les médias. Nous avons découvert que nous étions mis sur écoute sur ordre du général Mauricio Santoyo, qui était le chef de la sécurité d'Álvaro Uribe. Nous sommes alors devenus une « cible militaire » et les menaces devenaient de plus en plus pressantes. La vie de mes enfants était en jeu. En 2006, nous avons dû quitter le pays tous les trois. »


Comme elle, plus de 400.000 Colombien.ne.s ont dû prendre le chemin de l’exil pour des raisons de sécurité.

Comme elle, des dizaines de milliers de familles pleurent leur disparu, sans avoir jamais pu faire leur deuil.

Dans le cadre de l’Accord de Paix signé en 2016 entre l’État colombien, a été créée une instance spécialement chargée de faire lumière sur cet aspect particulièrement sinistre du conflit armé : l'Unité de recherche des personnes disparues (UBPD). Le chantier est immense : près de 100.000 personnes ont été portées disparues. Pour mener sa mission, les moyens alloués par l’actuel gouvernement colombien sont notoirement insuffisants, selon l’enquête de Verdad abierta. Seules cinq équipes médico-légales travaillent sur le terrain, pour un territoire grand comme 2 fois la France. Autant vider la mer avec une petite cuiller.

Les dernières informations publiées sur le site de l’Unité de recherche témoignent de ce côté dérisoire. Le 1er décembre, dans le département du Nord Santander, trois corps ont été découverts « qui pourraient correspondre à des personnes disparues en février 1987 ». Le même jour, dans la même région, deux autres corps, dont celui d’un mineur, disparus en en 1989, ont été exhumés d’une fosse commune. La veille, deux fosses clandestines ont été découvertes à Tauramena, dans le Casanare. Etc. Un travail de fourmi. Pourtant, chaque charnier mis à jour, chaque corps exhumé et rendu à sa famille, est une victoire contre l’oubli.


Jean-Marc Adolphe


ENQUÊTE DE VERDAD ABIERTA


05 / La recherche des personnes disparues, entre obstacles et mines antipersonnel.


Le nombre de personnes disparues en Colombie pendant les 50 ans de conflit armé est de 98.820. L’Accord de paix a créé une Unité de recherche de ces personnes disparues. Alors que cette entité a dû faire face à deux contraintes : la pandémie de Covid-19 et l'aggravation du conflit armé, les proches des victimes considèrent qu’il faut modifier son organisation interne, renforcer les exigences en matière de prospection et d'exhumation des corps, et agir au-delà des seules demandes de recherche.



L'Unité de recherche des personnes disparues (UBPD) est l'une des composantes du Système intégral de vérité, justice, réparation et non-répétition qui est le plus critiquée pour ses faibles résultats. Les attentes générées par sa création contrastent avec la perception critique de son travail actuel. Différents secteurs espéraient qu'une institution spécialisée dans la recherche des victimes du conflit armé et la récupération des corps, avec un caractère humanitaire et extrajudiciaire, serait plus agile que le Bureau du Procureur, qui conditionne son travail à un processus pénal, mais les résultats contredisent cet objectif. Pablo Cala, défenseur des droits de l'homme de la Fondation Hasta Encontrarlos (Jusqu’à les retrouver)rappelle les fortes attentes suscitées en 2017 par la création de cette entité, mais quatre ans plus tard, il regrette qu'une réponse à la hauteur de ces espoirs n'ait pas été apportée, même si, dit-il, « ce travail a au moins réussi à sensibiliser beaucoup plus la société à la question des personnes disparues ».


Selon l'Unité de recherche des personnes disparues, le nombre de personnes disparues en Colombie à la suite du conflit armé s'élève à 98 820, un chiffre qui reflète plus de 50 ans de guerre au cours desquels ce crime a été utilisé comme un instrument de guerre. Au 30 septembre dernier, avaient été reçues 18.344 demandes de recherche, correspondant à 13.442 personnes. A ce jour, seuls ont été retrouvés 289 corps dans plusieurs régions de Colombie, dont 127 ont pu être remis à leurs familles. Cinq personnes ont été retrouvées en vie et l’Unité de recherche a facilité les retrouvailles avec leurs familles à Arauca, Antioquia, Magdalena et Valle del Cauca, des liens qui avaient été rompus, dans certains cas, depuis plus de 35 ans.

Le travail de l'Unité de recherche des personnes disparues s’appuie sur des contributions volontaires d’organisations ou de personnes qui acceptent de fournir des informations afin de faciliter la recherche. A ce jour, 468 contributions ont été enregistrées : 73 contributions collectives et 395 individuelles. Un résultat obtenu malgré le refus de collaborer de certains acteurs du conflit, notamment paramilitaires. « Il n'y a pas d'incitations légales pour ces personnes à contribuer aux travaux de l’Unité de recherche », a reconnu et regretté le bureau du procureur général dans son troisième rapport au Congrès sur la mise en œuvre de l'accord de paix, publié en août dernier.

Une femme montre l'image d'un membre de sa famille victime d'une disparition forcée lors d'une manifestation à la mémoire des personnes disparues, sur la place Bolivar à Bogota, le 4 novembre 2021.

Photo Mauricio Dueñas Castañeda / EFE.


L'une des principales critiques adressées à cette Unité de recherche porte sur l’insuffisance des équipes existantes pour faire face à l'ampleur du phénomène, outre que ce travail soit centralisé à Bogota. « Ces équipes ne font pas directement de la recherche ou de la récupération de corps », commente Pablo Cala. « Elles collectent des informations, qu’elles transfèrent au niveau central, elles font de la pédagogie, elles établissent des relations avec les proches… » Les équipes médico-légales (seules cinq équipes au lieu des dix-huit prévues) sont en nombre insuffisant pour procéder à la recherche des corps. De plus, l'unité ne peut accéder aux sites qu'avec l'autorisation du propriétaire, et en cas de refus de ce dernier, une action en justice doit être engagée pour en obtenir l'accès. Un processus qui peut prendre des mois.

La participation de contributeurs volontaires s'est révélée être une priorité pour l’Unité de recherche et selon son rapport de cette année, « depuis le début des opérations jusqu'au premier semestre 2021, des conseils et un accompagnement ont été fournis à 4 492 personnes ». Plusieurs victimes considèrent toutefois que les appels à la participation ont été faits en termes de bonne volonté, mais ont le sentiment que l'information ne circule que de manière unidirectionnelle, qu'elles ne sont pas autorisées à accompagner les décisions et que la participation finit par être subordonnée à la volonté des responsables de l'entité. Tout en saluant les efforts de participation, le Bureau du Procureur général « réitère l'importance pour l'entité de définir un mécanisme qui facilite la fourniture d'informations aux familles sur les personnes portées disparues au fur et à mesure que le processus de recherche avance ».

Sebastián Velásquez, porte-parole de la Fédération colombienne des victimes des FARC (FEVCOL), soutient de son côté que son organisation a fourni, en décembre 2020, des informations sur l'existence de douze fosses dans lesquelles se trouveraient des victimes de l'ex-guérilla avec plus de 49 corps, mais « il n'y a eu aucun progrès », affirme-t-il : « Où cherchent-ils les victimes des FARC ? Pour eux, ce n'est pas une priorité ».

Les équipes de l’Union de recherche des personnes disparues au travail.


María José Rodríguez, fille du citoyen uruguayen José Washington Rodríguez Rocca, espérait pour sa part être davantage impliquée dans la recherche de son père, après avoir commencé à fournir, en juillet 2019, des informations permettant de localiser son corps : « la relation avec l'Unité de recherche s'est arrêtée sans raison valable. Il a fallu beaucoup d’insistance pour parvenir à reprendre le dialogue. » Son père, ouvrier à la Fábrica Uruguaya de Neumáticos, faisait partie du Mouvement de libération nationale des Tupamaros [mouvement politique uruguayen, d'extrême gauche, qui prôna l'action directe et la guérilla urbaine dans les années 1960 et 1970 – NdR]. Il a quitté l’Uruguay en 1973, et après avoir traversé plusieurs pays, il est arrivé en Colombie en 1976, où il a rejoint le mouvement de guérilla M-19. En avril 1982, il aurait été tué lors d'un affrontement avec l'armée dans le département de Caquetá. Une mission de recherche a eu lieu en juillet dernier. María José Rodríguez, vivant hors de Colombie, a pu bénéficier d’une aide du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) pour son voyage. La dépouille de son père n’a pas été retrouvée, mais l’Unité de recherche pense avoir identifié l’endroit où il aurait pu être enterré. Elle tient à souligner l'excellent traitement qu'elle a reçu pendant cette phase de prospection, mais ensuite, dit-elle, « le silence est revenu. Depuis le mois de juillet, je n’ai eu aucune nouvelle.»


Une quête d’information entravée


Par ailleurs, les victimes et les organisations qui les représentent considèrent que l'Unité de recherche n'a pas fait un usage réel des mécanismes légaux d'accès aux informations réservées qui lui ont été accordés. En effet, un décret stipule que les réserves concernant l'accès à l'information ne sont pas opposables dans des cas de violations des droits de l'homme et que l'Unité de recherche des personnes disparues est fondée à en demander communication auprès des entités étatiques. Pourtant, sur 308 demandes d'accès à des dossiers faites auprès du Bureau Procureur, l’Unité de recherche n'a pu accéder qu'à 11 d’entre eux. Les victimes espèrent que l'Unité accédera rapidement aux informations qui sont entre les mains de l’armée et des forces de sécurité, afin de pouvoir établir où se trouvent les personnes dont la disparition implique des agents de l'État, principalement dans les décennies 1970 à 1990.

Ces informations seraient utiles, par exemple, pour retrouver le corps de Martha Gisela Restrepo Valencia, une jeune femme née à Cali qui avait rejoint les rangs du M-19 et qui est morte, à l'âge de 19 ans, lors d'une opération des forces armées dans le département du Chocó le 25 avril 1981. La reconstitution de cette attaque, réalisée par la famille de Martha Gisela avec le soutien de la fondation Hasta Encontrarlos, indique qu'au moins 40 jeunes membres de ce groupe de guérilla se déplaçaient entre les municipalités de Lloró et Bagadó et qu'à un moment donné, dans l'Alto Andágueda, ils ont été interceptés par les troupes de l'armée et anéantis.

Rodrigo Restrepo, le frère de Martha Gisela, a lui aussi milité dans les rangs du M-19, mais il est le seul à avoir réussi à rester en vie. Il s’est exilé en septembre 1982. Lorsque le 17 octobre 2015, le gouvernement et les FARC ont annoncé la création de l’Unité de recherche des personnes disparues, la famille Restrepo Valencia y a vu une opportunité inestimable : « Avant cela, il était très difficile d'imaginer que l'on puisse rechercher un combattant disparu. Lorsque cette annonce a été faite, cela a ouvert tous les espoirs ». En décembre 2018, cette famille a commencé à partager avec l'Unité de recherche des informations qu'elle avait recueillies par elle-même. Début 2019, avec la fondation Hasta Encontrarlos, ils ont organisé une visite à l'emplacement présumé des restes de Martha Gisela, avec certains délégués du Conseil communautaire de l’organisation paysanne et populaire de l’Alto Atrato, la zone concernée relevant de leur autorité ancestrale.

L’Unité de recherche des personnes disparues, qui ne s’estimait pas encore prête, a décliné l’invitation à participer à ce travail de prospection. De retour à Bogota, la famille de Martha Gisela a partagé les informations recueillies, et sur cette base, en mars 2020, une enquête a été menée dans une zone de près de deux hectares avec des anthropologues, des topographes et des photographes : « Dans ce type de situation », commente Rodrigo, « la tension est grande, la sensibilité de chacun est exacerbée, à fleur de peau. Nous avons été témoins de l'effort qui a été fait, mais rien n'a été trouvé, et l’Unité de recherche ne nous a pas permis d'enregistrer la procédure. »



La Convention interaméricaine sur la disparition forcée des personnes a établi la disparition forcée comme « la privation de liberté d'une ou plusieurs personnes, sous quelque forme que ce soit, commise par des agents de l'État ou par des personnes ou des groupes de personnes agissant avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'État ». Dans son dernier rapport de recommandations pour la Colombie, publié en mai dernier, le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées rappelle à l'État colombien que son approche de ce crime contre l'humanité n'est pas entièrement conforme aux normes internationales. Et le nombre exact de disparitions forcés varie d’un organisme à un autre (de 24.000 à 120.000 ou plus). Selon Pablo Cala, « cela fait partie de la dette qui existe face à un exercice de banalisation de la responsabilité qu’a eu l'État colombien ». En croisant des informations issues des bases de données du Système intégral pour la paix avec le registre des demandes de recherche dont elle a été saisie, l'Unité de recherche des personnes disparues évalue aujourd’hui le nombre de victimes à 98.820 personnes.


Participation d’ex-guérilleros


Les anciens combattants des FARC sont impliqués de plusieurs manières dans la recherche des disparus. D'une part, parce qu'ils peuvent détenir des informations sur des personnes qui sont mortes sous leur responsabilité, après avoir été recrutées, privées de liberté ou exécutées. D'autre part, parce qu'ils ont connaissance des zones qu'ils contrôlaient. Et aussi, parce qu'ils sont eux-mêmes à la recherche de combattants, d’ex-combattants de parents de guérilleros qui ont été exécutés par l'État colombien ou les paramilitaires.

L'un des rôles joués par les signataires de l'Accord de Paix, dans le cadre de leur processus de réincorporation, est la collecte d'informations sur les personnes disparues dans le cadre de la composante FARC de la Commission de recherche des personnes disparues qui, à travers cinq zones géographiques (Nord-Est, Est, Moyen Magdalena, Sud et Ouest), cherche à couvrir le territoire national. Dans un premier temps, 72 anciens guérilleros signataires de l'accord de paix ont entamé un processus de formation avec le Comité international de la Croix-Rouge. La Commission compte aujourd’hui 101 membres, dont d'anciens combattants des FARC et des habitants de certaines régions qui se sont engagés dans ce processus.

Jusqu'en septembre, dernier, cette Commission a documenté 586 cas possibles de personnes disparues. Ces informations ont été remises à l'Unité de recherche. John León, coordinateur de la Commission, estime que la coordination avec l’Unité de recherche a été positive, même si celle-ci ne dispose pas des ressources nécessaires pour mener à bien ces tâches et doit avoir recours à des mesures de protection pour pouvoir se déplacer dans le pays : « Il y a une série de retards qui suscitent l'inquiétude et mettent en alerte les proches des victimes ».


COVID et mines anti-personnel


Le travail des équipes de l'Unité de recherche des personnes disparues a été affecté par l’expansion du COVID-19, mais pas seulement. Les niveaux de violence et le contrôle territorial des acteurs armés illégaux dans les différentes régions où l'unité de recherche doit effectuer son travail humanitaire, ainsi que l'établissement de la confiance avec les communautés, ont été l'un des obstacles les plus inquiétants. L'ancienne composante des FARC de la Commission de recherche des personnes disparues a ainsi dénoncé le fait que ses membres aient été poursuivis, menacés, harcelés et même attaqués, comme ce fut le cas lors d’une fusillade, le 19 août de cette année à Popayán, dans le Cauca.

Pour compliquer encore la situation, selon le Bureau du Procureur, « la présence de mines antipersonnel et d'engins explosifs dans les territoires met en danger les fonctionnaires qui se déplacent pour mener à bien des actions de localisation, de prospection ou de récupération de corps. »


Cela n’explique pas tout. « L'un des grands problèmes de l'unité de recherche est qu'elle n'a pas de stratégie de recherche claire », estime Diana Arango, directrice d'Equitas, une organisation qui se consacre à la localisation des personnes disparues. Il existe un Plan National de Recherche et 22 plans régionaux de recherche qui sont considérés comme des outils de planification participative permettant la collecte d'informations, la localisation, la prospection, la récupération des corps et leur remise digne dans une région géographique délimitée et différenciée. Toutefois, une note émise fin 2020 par l'Institut Kroc, chargé du suivi de la mise en œuvre de l'Accord de paix, indiquait que l'Unité de recherche des personnes disparues n’avait toujours pas établi de calendrier pour la mise en œuvre ces « plans régionaux de recherche ».

Cette lacune a commencé à être corrigée en juin de cette année, avec 10 réunions avec des victimes et des organisations de la société civile et 16 réunions avec des entités étatiques, au cours desquelles les objectifs, les responsabilités et le calendrier du Plan National de Recherche ont été exposés. À court terme, 1.754 personnes portées disparues dans 20 régions du pays seront recherchées.


Il est clair que la recherche des disparus n'est pas simple, mais « ce n'est pas une tâche qui peut être abordée au cas par cas, car alors on n’en finira jamais », avertit la directrice d'Equitas : « Les plans régionaux ne doivent pas se baser uniquement sur la demande des victimes, mais l'Unité doit enquêter d'office, et c'est à cela que servent l'analyse et le recoupement de différentes bases de données, qui lui permettent d'établir que dans le département d’Antioquia, par exemple, il y a 36.000 personnes qui sont toujours portées disparues à ce jour. »


Alors que le travail de l'Unité de recherche des personnes disparues prend de l'ampleur, les victimes et les organisations qui les représentent attendent de de meilleurs résultats et continuent d’espérer que leurs proches soient retrouvés afin de rendre dignité à leur mémoire et de pouvoir honorer leur vie.


PS – Sollicitée par Verdad Abierta, Luz Marina Monzón, directrice de l'Unité de recherche des personnes disparues, n’a pas daigné donner suite à une demande d’entretien.


Pour lire in extenso l’article de Verdad abierta

En espagnol : ICI

En anglais : ICI


VIDEOS

« Buenaventura, le port des disparus de la violence », reportage AFP, 27 mai 2021. ICI


« Los desaparecidos en Colombia: una realidad que no termina», reportage (en espagnol) du quotidien El País, 12 juillet 2019.


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