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Calais : quand des migrants (s’)exposent


Photo Sophie Houillier / association Shanti


« Nous sommes (aussi) des artistes », proclament les murs du café La Betterave, à Calais. Cet intitulé réunit, jusqu’au 30 avril, des œuvres réalisées conjointement par des exilé.e.s et des Calaisien.ne.s dans le cadre d’un projet de l’association Shanti, créée voici un an, qui défend la cause des migrants.


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La Betterave. Un bistro de Calais-nord. Ce lieu alternatif, ambiance « vintage et rock’n roll », accueille jusqu’au samedi 30 avril une exposition sobrement intitulée Nous sommes [aussi] des artistes. Leurs auteurs vivent dans ce qu’on appelé « la jungle ». Venant de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan d’Erythrée, du Soudan ou d’autres pays d’Afrique, ils et elles sont la pâte humaine de l’exil auquel il et elles se sont exposé.e.s.

Mais… « On nous appelle migrant.es, réfugié.es, exilé.es mais bien avant cela nous sommes des femmes, hommes, enfants, parents, grands-parents... Nous exercions des métiers : menuisier.es, avocat.es, cuisinier.es... nous avions des passions. Aujourd'hui, nous et les Calaisien.nes que nous rencontrons chaque jour, voudrions vous montrer que nous sommes aussi des artistes. » Artistes en tant que tels, maîtrisant un art de faire, une technique ou bien ouverts à cette autre dimension qui permet d’aller plus loin que « le quotidien ».


Photo Sophie Houillier / association Shanti


Une douzaine de portraits, pour la plupart de simples dessins au crayon sur un papier blanc. Sur les murs rouge (betterave) du café, les visages ont l’air un peu pâles, mais cela souligne aussi des expressions marquées de nostalgie, ou de colère. Les portraits ont été encadrés : le soin, et le plaisir d’une création personnelle avec une forme et des couleurs choisies et assemblées par chacun donne une allure plus pimpante composant avec le lieu.


Les « Calaisien.nes d'ici et d'ailleurs » ont pu se rencontrer lors d’ateliers d’expression artistique libre mis sur pied à Calais autour du « projet Shanti », et réaliser ensemble cette exposition de portraits sortant des caricatures, faisant ainsi de l'art un vecteur de lien et de rencontre.


Nous sommes [aussi] des artistes s’insère dans un projet sans feu ni lieu, fidèle aux principes des fondateurs de Shanti qui ont aussi conduit une grève de la faim fin 2021 concrétisant encore plus clairement leur engagement (Lire ICI).

Lors d’une première édition, en septembre 2021, des panneaux d'affichage avaient été recouverts de dessins, peintures et poèmes. Quarante et une œuvres, créées par une cinquantaine d’exilés et de Calaisien.nes, faisaient « un pied de nez au statut des migrants » en les rendant visibles dans une exposition éphémère hors les murs, ou plutôt « sur les murs » des rues du centre-ville de Calais.

Pour la seconde édition du « projet Shanti », afin d’être à l’abri des intempéries, un appel a été lancé dans Calais où un tel projet impliquant des « migrants » reste un acte militant. Le café La Betterave a répondu présent pour accueillir l’exposition et organiser, juste avant le vernissage le 30 mars dernier, un atelier « intergénérationnel et interculturel » lors d’un après-midi convivial entre migrants et enfants de Calais.

Et pour permettre à des personnes sans ressources de profiter de cette exposition, d’accueillir ceux qui n’ont pas l’habitude ou les moyens d’entrer dans un café, il est proposé de laisser une « boisson suspendue ».


Isabelle Favre


Exposition visible jusqu’au 30 avril, La Betterave, 17, rue Félix-Cadras à Calais, aux heures d’ouverture (17-22 heures). Entrée gratuite

Page Facebook du Projet Shanti : https://m.facebook.com/projetshanti



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