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Le couple Macron-Attal, comment qu'ils jactent la langue

Dernière mise à jour : 21 juin



Gabriel Attal, à droite, et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, à gauche, au commissariat d'Ermont, dans le Val-d'Oise,

le 10 janvier 2024. Photo Bertrand Guay / AFP


Issu de l'autre journal du dimanche, l'éditorial de notre agitateur clandestin, Tzotzil Trema. "Je suis souverain", "je suis souverain", "je suis souverain"... Qu'y a-t-il derrière le mantra jupitérien ?


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Je ne sais pas, mais vous imaginez ?, un pays dont le Président ne saurait même pas jacter la langue.

Ce pays existe, c’est la France.

Ce président, c’est Emmanuel Macron.


A la Sorbonne, jeudi 25 avril 2024, dans un discours fleuve censé « influer sur l’agenda » de la prochaine Commission européenne, le chef de ses états (d’humeur) a à nouveau invoqué la « souveraineté ». Pour lui, c’est un mantra. Le matin, il se lève et se regarde dans le miroir : "Je suis souverain". Le soir, au coucher, pareil. Souverain en tout et sur tout. Sauf que la « souveraineté », c’est un concept stupide. J’en parlerai une autre fois. Pour l’heure, passons…


Lors de ce même discours, Jupiter (dont on ne sait de quelle cuisse il sort) a appelé de ses vœux une « Europe puissance ». C’est quoi, ce bazar, linguistiquement parlant ? Il aurait fort bien pu souhaiter "une Europe puissante", ou encore vanter la "puissance européenne". Mais une « Europe puissance » ??? D’ici à ce qu’on apprenne que c’est un slogan sorti du chapeau de McKinsey, grassement rémunéré pour doper la communication élyséenne...


A l’étage en-dessous (Matignon), ce n’est guère mieux. Gabriel Attal, le Ken-sémillant Premier ministre, a des idées. On devrait s’en réjouir qu’un Premier ministre ait des idées, mais là, pour lutter contre la violence des jeunes, le jeune de la classe (Ken-Attal) a dégainé, le 18 avril dernier à Viry-Châtillon, un « plan » qui passe par un « sursaut d’autorité ».  Je passe sur l’internat des mesures qui ont été annoncées, tout le monde en a déjà parlé.


Personne ne semble avoir dit à Ken-Gaby que "l’autorité", lorsqu’elle est imposée d’en haut, a fortiori par une autorité que l’on conteste, ça n’a aucune espèce de chance de marcher. C’est comme pisser dans un violon. La véritable autorité ne peut être que librement consentie, ce qui suppose qu’elle soit communément construite. C’est un truc assez simple qu’Emmanuel Macron aurait dû apprendre de Paul Ricoeur, mais sans doute avait-il la tête ailleurs.


Au demeurant, le Méprisant de la République est assez mal placé pour faire la leçon à son chambellan. Car la violence n’est pas que celle "des jeunes", elle est avant tout sociale. En 2008, Jean-Louis Borloo (qui n’est pas un gauchiste invertébré) avait rendu un rapport sur les banlieues, qui contenait des pistes fort intéressantes, lesquelles furent fissa enterrées par… Emmanuel Macron. Et en juin dernier, l’Institut Montaigne (un "think tank" plutôt classé à droite) avait formulé plusieurs propositions pour les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville, proposant de « changer le logiciel sécuritaire pour rétablir l’état de droit et recréer la confiance perdue dans les institutions. » Il paraît que Darmanin a failli faire un infarctus.


La fronde des écoles


Pour revenir sur le terrain de l’éducation nationale, on saluera l’initiative des écoles du Tarn, qualifiée de "fronde" par La Dépêche du Midi. Au départ, c’est encore une idée à la McKinsey. Depuis début février, le ministère de l’Éducation nationale envoie à toutes les écoles primaires de France un colis "spécial JO 2024" avec à l’intérieur, un petit carnet d’environ dix pages sur les Jeux olympiques, accompagné d’une pièce commémorative de deux euros. Problème numéro un : légalement, les enseignants n’ont pas le droit de donner de l’argent aux enfants, fut-ce une pièce commémorative. Ce qui signifie donc que le ministère de l’Éducation nationale ignore les règles qu’il impose à ses agents ! En matière d’autorité, on fait mieux...


Second problème : cette opération de com a coûté près de 16 millions d’euros. En une période de vaches maigres budgétaires, voilà de quoi susciter l’agacement et la révolte des enseignants : « dans une période où le gouvernement annonce des coupes drastiques dans le service public et notamment dans l’éducation nationale, clairement là, ça ne passe pas », confie par exemple Mathieu Moles, co-secrétaire départemental du Tarn de la FSU. « On nous demande de faire des économies partout, de se serrer la ceinture, donc quand on voit de l’argent aussi mal utilisé que ça, ça fait mal au ventre. » Ce syndicaliste aurait préféré que ces seize millions d’euros soient investis dans les écoles, par exemple celles qui ont besoin d’équipement sportifs. Mais ça, ça excède l’intelligence (artificielle) de McKinsey, Gabriel Attal et Emmanuel Macron réunis.


En attendant, les écoles du Tarn ont choisi de renvoyer le "paquet-cadeau" à l'expéditeur. Bravo !


TZOTZIL TREMA, agitateur clandestin


Éditorial issu de l'autre journal du dimanche n° 2, 28 avril 2024 (70 pages), format flip book ou téléchargeable en PDF, ICI : https://www.leshumanites-media.com/post/quel-bastringue-l-autre-journal-du-dimanche-n-2

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