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Vaincre "l’œuf du serpent" ? Chronique post-électorale

Dernière mise à jour : 9 juil.

Place de la République, à Paris, dans la soirée du 7 juillet, après l'annonce du résultat du second tour des élections législatives.

Photo Louise Delmotte / AP


ÉDITORIAL C'était inattendu, voire inespéré. Au second tour d'élections "législ-hâtives" convoquées après la dissolution de l'Assemblée nationale, la gauche rassemblée (plutôt que réunie) a remporté le plus fort contingent de sièges, et le Rassemblement national n'a pas conquis la majorité absolue. A gauche, la liesse a logiquement succédé au soulagement. Il serait toutefois fort imprudent de s'endormir durablement sur les lauriers d'une "victoire" toute relative. Au-delà des slogans et des "programmes" : comment "ouvrir à neuf l'indétermination d'un avenir", comme le disait le philosophe Bernard Stiegler, pour faire époque en se rappelant que "la vie humaine est une existence" non réductible au pouvoir d'achat, et sans perdre de vue que les multiples "fractures territoriales" et autres ressentiments identitaires instrumentalisés par l'extrême droite n'ont pas fini de secréter leur venin.


Me voilà gagné par une forme de "ni-ni". Ni défaitisme, ni liesse.

Le soulagement, bien sûr. Mais ce n’est pas un "ouf !" de ouf (comme peut titrer Libération en Une ). J’aimerais, sans doute, être soulevé, porté sans entrave par l’enthousiasme de la "victoire" d’hier soir. Mais à soi-même, on ne peut se mentir. Cette "victoire", si elle éloigne pour l’heure le pire qui se profilait, n’est pas encore garante du meilleur qu’on puisse imaginer. Un minimum de lucidité impose de ne pas ignorer la sourdine des inquiétudes.

 

Pour l’heure, je ne peux pas "éditoraliser" comme prévu. Il y a trop de fatigue accumulée (que la "victoire" d’hier soir ne dissipe pas d’un coup de baguette magique) ; fatigue à laquelle s’ajoute l’incertitude du sort des humanités (il ne reste plus qu’une dizaine de jours pour savoir si cela peut vraiment continuer…)

 

Au demeurant, ce que je pourrais avoir à dire n’est pas si important que ça. Je n’ai pas encore « atteint mes insécurités définitives » (Roberto Juarroz), mais je n’ai pas besoin d’exister à tout prix, avec des mots pour rien. « Le matériau dont les mots sont faits / et le mortier qui les unit / m’ont peu à peu enseigné / un rythme secret et solitaire » (Roberto Juarroz, encore). Un « rythme secret et solitaire » qui saurait cependant se conjuguer à des constructions collectives.

 

Les mots qui pourront venir (demain, ou sans doute plus tard ?) demandent un temps de décantation.

 

Récolte de betteraves sucrières dans l’Aisne. Photo DR


En attendant, quelques modestes notes.

 

Souvent (dans les publications que je peux commettre sur Facebook), je parle de mon "Amazonie picarde" (concrètement, le département de l’Aisne). Ce n’est pas pour se moquer, ou alors pour se moquer un peu de ceux qui se moquent. Sur les humanités, j’ai constaté que lorsqu’on parle de la vraie Amazonie, ou d’autres lointains, ou encore de peuples autochtones qui sont, en maint endroit, les "gardiens" de notre commune planète (voir ICI), ça intéresse peu. On a beau savoir, au fond, que c’est important, on n’a pas le temps de s’y attarder. Et puis, c’est si loin. L’Aisne, c’est pareil, sauf que c’est plus près. On sait bien que c’est important, et que sans cette part de ruralité (constitutive d’un département comme celui-ci), on n’aurait, par exemple, plus grand chose à manger (sauf à se gaver de produits industriels importés, entre autres, d’une Amazonie déforestée). Or, la « fracture territoriale » est l’une des raisons majeures du vote Rassemblement national. Qu’en disent le rat des villes et le rat des champs ? (Jean de la Fontaine est né par ici…)


Mais il faudrait encore ajouter qu’un territoire, ce n’est pas seulement un territoire physique, géographique ; et aussi parler de territoires mentaux, intimes, où opèrent d’autres fractures. Tellement de dignités fissurées, qui se vengent en focalisant la faute sur des boucs (émissaires)… Comment réparer ces multiples territoires des dignités blessées ?


On se rassure comme on peut. Dans l’Aisne, à moins de 500 voix près, l’extrême droite a raté le grand chelem des cinq circonscriptions. Autour de Saint-Quentin, dans la seconde circonscription, le député sortant, LR, a été réélu ric-rac. Il s’appelle Julien Dive. Ce n’est pas un écolo : en 2020, il était favorable à la réintroduction des insecticides néonicotinoïdes dans la culture des betteraves sucrières (et la betterave, dans les mornes plaines de l’Aisne, ce n’est pas rien !). Mais l’an passé, il a fait partie des 19 députés LR qui ont voté contre la réforme des retraites. Et surtout, il ne fait pas partie des félons ciottistes. Saura-t-il se souvenir qu’il a, de justesse, conservé son siège grâce aux voix de la gauche ?


Jordan Bardella, après l'annonce du résultat des élections législatives. Photo Louise Delmotte / AP


Parmi d’autres motifs de satisfaction, il y a l’échec, dans le Cher, de Pierre Gentillet (lire ICI). Relais de la propagande russe en France, obsédé par une immigration qui menacerait « l’identité française » (au point de mener le combat contre un modeste projet de Centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Bélâbre, dans l’Indre), ce jeune et médiatique idéologue du Rassemblement national est un néo-fasciste décomplexé, l’un des plus explicites, au RN, à rejeter notre "État de droit". Hier, il a été heureusement barré de l’Assemblée nationale : c’est un candidat Horizons, Loïc Kervran, qui a remporté la circonscription, avec plus de 52 % des voix, là aussi grâce aux électeurs de gauche. Pierre Gentillet continuera toutefois de sévir sur des sites d’extrême droite, dans les sphères bolloréennes du Journal du dimanche et de CNews (sauf si l’Arcom venait à retirer à CNews son autorisation de diffusion, ce qui serait franchement une mesure de salubrité publique).


Mais pour un Gentillet écarté de l’Assemblée, d’autres profils aussi inquiétants y font leur entrée. Dans l’article consacré aux "19 lâches de la République" (ICI), on avait notamment pointé l’attitude de la candidate macroniste Émilie Chandler, dans la première circonscription du Val d’Oise. Son maintien au second tour offre la victoire (avec 500 voix d’avance sur le candidat de gauche) à la candidate du Rassemblement national. Et Émilie Chandler ne regrette même pas. « Si je m’étais désistée, le RN l’emportait avec une plus large proportion », a-t-elle déclaré. Ben voyons.

 

La candidate RN à qui elle ouvre ainsi les portes de l’Assemblée, ce n’est pas du menu fretin. Parachutée dans cette circonscription du Val d’Oise, Anne Sicard était la cheffe de cabinet de Marion Maréchal-Le Pen lors des dernières élections européennes. Celle qui se présente comme « enseignante, responsable associative, mère de famille nombreuse » est surtout responsable du fonds de dotation de l’Institut Iliade, qui promeut la pensée de l’idéologue d’extrême droite, ancien de l’OAS, antisémiste et raciste, Dominique Venner (mort en 2013), lequel Institut Iliade forme des générations de jeunes suprémacistes blancs, des héritiers de Génération identitaire (dissous pour son racisme et la violence de ses militants en 2021) aux intégristes d’Academia Christiana…


Dans la plupart des cas, le maintien au second tour de candidats de la majorité présidentielle n’a heureusement pas produit un tel résultat. Par exemple, dans les Yvelines, Nadia Hai a ainsi échoué à "punir" l’ancien ministre Olivier Rousseau, passé à gauche, et dans les Pyrénées atlantiques, le régionaliste basque Peio Dufau, rallié au Nouveau Front Populaire, a été élu avec plus de 36% des voix. Plus généralement, quand on observe les résultats de second tour de ces 19 circonscriptions où se jouaient des triangulaires critiques, on s’aperçoit que dans beaucoup de cas, les candidats de la majorité présidentielle qui s’étaient maintenus font moins bien que leur score du premier tour : c’est dire que certains de leurs électeurs ont su désapprouver la stratégie foireuse du non-désistement pour faire barrage à l’extrême droite.

 

Mais cela ne vaut pas partout. Dans les Alpes-Maritimes, le maintien de Graig Monetti (Horizons) a permis la réélection d’Eric Ciotti, avec 41,04 % des voix ; et dans la 14ème circonscription des Bouches-du-Rhône (Pays d'Aix), le maintien d’Anne-Laurence Petel (qui a refusé de se désister pour un candidat socialiste, même pas LFI) a permis l’élection d’un autre félon ciottiste, Gérault Verny, sympathisant Reconquête et industriel… lyonnais.

 

Même s’ils sont loin d’atteindre la majorité absolue, les députés du Rassemblement national et affidés seront tout de même 143 dans la nouvelle assemblée. Avec, désormais, 2027 en vue. Et une implantation locale, et idéologique, qui ne va pas décroître dans les prochains mois. Alors, chers amis de gauche, la "victoire" d’hier méritait sans doute d’être fêtée, à condition de ne pas déléguer l’espoir au seul résultat d'hier, certes inespéré, et de se donner collectivement les moyens de travailler pour que la "gueule de bois" redoutée ne survienne pas encore plus gravement, plus tard.


David Carradine et Heinz Bennent dans "L’Œuf du serpent", film de Ingmar Bergman (1977)


Si la situation contemporaine n’est pas strictement équivalente à celle des années 1920-1930, je pense quand même, en ce 8 juillet 2024, à un film d’Ingmar Bergman, L’Œuf du serpent, tourné en 1976-1977, sans doute le meilleur film existant sur les ressorts et mécanismes (non horlogers) de montée du fascisme.

 

« Un poison s’est insinué de toutes parts », dit le principal protagoniste du film, Abel Rosenberg (joué par l’immense David Carradine).  Dans une société trouble (et troublée), où « suintent » (selon les mots du narrateur) la dépression et la folie, la misère et le crime ; l’humain, spectateur de son propre malheur et du malheur d’autrui, des personnages qui contrôlent les cerveaux d'autres par l'angoisse, cherche à se libérer, même au prix du plus grand sacrifice, celui de son humanité. Le titre, L’Œuf du serpent, est tiré d’une tirade de Brutus (qui s'apprête à tuer son père adoptif, parce qu'il devine en lui le dictateur en devenir) dans le Jules César de William Shakespeare : « Et, en conséquence, regardons-le comme l'embryon d'un serpent qui, à peine éclos, deviendrait malfaisant par nature, et tuons-le dans l'œuf » ("And therefore think him as a serpent's egg / Which hatch'd, would, as his kind grow mischievous; / And kill him in the shell”).


"Une pensée n’a de sens que si elle a la force d’ouvrir à neuf l’indétermination d’un avenir. Mais il ne peut s’agir de nouveaux modes de vie que si ces vies constituent de nouveaux modes d’existence." (Bernard Stiegler)

L’Œuf du serpent… Voilà peut-être un bon titre pour un éditorial à venir. A ceci près que l’œuf n’a déjà que trop éclos, et que pour pouvoir contrarier le venin de son venin, il va falloir déployer une sacrée pharmacopée, ce pharmakon dont parlait le philosophe Bernard Stiegler. Dans Mécréance et discrédit (1), il écrivait longuement sur « la décadence des démocraties industrielles », et disait notamment :


« Il faut que la société opère une seconde suspension pour que se constitue une époque à proprement parler, ce qui signifie : pour que s’élabore une pensée nouvelle se traduisant dans de nouveaux modes de vie, et, autrement dit, que s’affirme une volonté nouvelle d’avenir, établissant un nouvel ordre -une civilisation, une civilité réinventée. (…) Une pensée n’a de sens que si elle a la force d’ouvrir à neuf l’indétermination d’un avenir. Mais il ne peut s’agir de nouveaux modes de vie que si ces vies constituent de nouveaux modes d’existence : la vie humaine est une existence.

Or, notre situation présente est caractérisée par le fait que cela ne se produit pas, et qu’à la création nécessaire de ces nouveaux modes d’existence s’est substitué un processus adaptatif de survie d’où disparaissent les possibilités mêmes d’exister, rabattues sur de simples modalités de la subsistance. »


Comment s’extirper de ce que Bernard Stiegler nommait « misère symbolique » ? Comment contrarier la stase qui se propage aujourd’hui, et inventer le processus qui fera époque, sans céder à l’injonction de l’innovation permanente ? Ces questions, pourtant essentielles, sont certes moins "sloganesques" que la promesse d’un SMIC à 1.600 euros (dont seront de facto exclus des pans aujourd’hui non salariés de la population). Mais ne pas s’y confronter, c’est s’attendre à ce que le danger d’un fascisme destructeur de « civilité » continue de progresser, jusqu’à atteindre la majorité qui, cette fois-ci, lui a manqué.


Cette extrême droite qui voudrait mettre fin à l’État de droit ; Emmanuel Macron, qui prétendait lui faire rempart, en a été le meilleur allié, pas seulement à cause de l’arrogance et du mépris (de classe) dont il a mainte fois fait preuve. C’est surtout que son idéologie (ni de droite ni de gauche, disait-il) d’une « start-up nation » pensée sur un monde managérial fait d’autant moins époque, au sens d’un devenir partagé, qu’elle laisse en déshérence un nombre croissant de laissés-sur-compte. Et c’est question de considération bien plus que de pouvoir d’achat.


Et à gauche, même rassemblée au forceps ? La question sociale est certes de premier ordre, mais elle n’est pas réductible aux mesures d’un programme qui tenterait de symboliquement réanimer la flamme d’un "front populaire" d’il y a bientôt quatre-vingts ans. Cela non plus ne fait pas époque, en tout cas pas suffisamment pour vaincre, au-delà du "sursaut républicain" d’un second tour d’élections législatives, le nid de serpents d’une crise identitaire qui affecte l’Europe entière.


Embellir la vie, cela tient parfois à peu. Récentes installations artistiques (anonymes)

dans une commune de moins de 250 habitants, au sud de l'Aisne. Photos DR


Se dire qu’il n’y a pas de solution, mais qu’il y a des réponses, et qu’il faut y travailler collectivement. Dans la commune d’Amazonie picarde où je vis (moins de 200 habitants), où il n’y a plus rien qui tienne (ni café, ni commerces, ni services publics), la maire (non encartée politiquement) et son conseil municipal se démènent pour réactiver des moments de rencontre, y compris culturels (récemment, un concert -gratuit- du festival Musique en Omois), et ont fait réaliser (bénévolement) quelques modestes installations artistiques, après avoir commencé à donner des couleurs à certaines bordures de trottoirs. Au ras des pâquerettes, donc : j’entends d’ici les ricanements au festival d’Avignon où la question qui compte, c’est de savoir si Hécube ou pas Hécube, puisque pour Tiago Rodrigues, qui met en scène, dans la prestigieuse carrière Boulbon, la tragédie d’Euripide dont il s’est inspiré est « une puissante matière première qui permet de traiter la question de la représentation au théâtre, de sa dimension publique. » On a le droit d’ironiser un peu, non ? Mais aussi, plus sérieusement, de constater avec Michel Guerrin (dans Le Monde du 6 juillet dernier) que « la culture a déserté la France des bourgs et du périurbain comme la gauche a déserté ces mêmes territoires. Elle a déserté le peuple comme la gauche l’a déserté. (…) La fracture culturelle n’est qu’un ressort parmi d’autres du vote pour le RN. Des actions ont été menées partout hors les grandes villes. (…) Mais on n’imagine pas les budgets en faveur de la culture de proximité qui ont été sabrés pendant des années, notamment pour les maisons des jeunes et de la culture (MJC), lieux de vie et de pratique culturelle. Et puis, plutôt que d’aller sur le terrain du peuple, la France culturelle a cherché à attirer ce dernier sur son propre terrain, dans ses théâtres ou musées, avec ses règles, explique le sociologue Emmanuel Négrier… »

 

Il faut bien l’avouer, pour l’heure, dans ce recoin Amazonie picarde -où il n’y sans doute jamais eu l’ombre d’une MJC à des kilomètres à la ronde (2)-, les initiatives communales que j’évoque n’ont pas encore électoralement changé la donne : au premier tour des élections législatives, l’extrême droite (RN et Reconquête) a culminé à 60% des voix. Mais le « front poétique » qu’évoque Patrick Chamoiseau (ICI) demande le temps nécessaire pour infuser. Du temps, et du travail.

 

C’est le chantier auquel les humanités aimeraient pouvoir se consacrer à l’avenir, si avenir il y a pour un journal-lucioles qui cherche modestement à faire exister une voix buissonnière (3). Sans grande illusion pour tout de suite, car dans les jours qui viennent, le "temps d’antenne" sera sans doute largement occupé par le choix d’un Premier ou d’une Première Ministre -sous réserve que les chamailleries de prééminence et autres désaccords au sein du Nouveau Front Populaire, qui ont déjà commencé à s’exprimer, ne viennent alimenter en bisbilles les médias qui en raffolent ; sous réserve aussi que le narcissique et imprévisible Président de la République ne se mette en tête de phagocyter une nouvelle "grenade dégoupillée". Et puis viennent les Jeux olympiques, les vacances (pour certains), qui vont grandement occuper l’été.

 

Il ne faudrait pourtant pas s’endormir trop longtemps sur les lauriers d’une "victoire" toute relative car pendant ce temps, comme l’écrit le politiste Florent Gougou ce lundi 8 juillet dans une tribune publiée par Le Monde, « les nombreux échecs du RN au second tour ne doivent pas conduire à conclure que le RN a perdu les élections législatives. De fait, l’ensemble de la séquence électorale est très positif pour le parti de Marine Le Pen, avec une forte poussée en voix et un accroissement sans précédent de son nombre de députés. Pour la prochaine législature, le RN pourra s’appuyer sur des ressources financières inédites. Que ce soit pour la partie calculée sur la base des voix au premier tour des législatives ou pour la partie calculée sur la base des sièges obtenus, le RN bénéficiera d’un financement public jamais atteint. Il pourra également poursuivre la formation de son personnel politique avec de nouveaux collaborateurs parlementaires. Et au final, il n’est toujours pas exposé à l’exercice du pouvoir : s’il peut décevoir par ses victoires aléatoires dans des élections à deux tours où le pouvoir national est en jeu, il pourra incarner, aux yeux d’une large partie de l’électorat, une alternative de gouvernement attractive en ce qu’il n’a jamais échoué aux responsabilités. »

 

Et, de grâce, que l’on ne vienne pas accuser de défaitisme la lucidité qui s’impose, et qui réclame des exigences renouvelées, autant civiques que poétiques et intellectuelles.

 

Jean-Marc Adolphe


(1). Bernard Stiegler, Mécréance et discrédit. La décadence des démocraties industrielles, éditions Galilée, collection Débats, 2004.


(2) – Mais où, à une vingtaine de kilomètres de là (à Château-Thierry), un Centre de développement chorégraphique, l’Échangeur, parvient à faire vivre, outre deux festivals de danse -dont l’un destiné au jeune public-, un foisonnant panier d’actions artistiques et culturelles, sur tout le département et même au-delà).


(3) – Pour rappel, n’étant pas éligibles à de possibles aides publiques, puisque nos publications ne permettent pas « d’éclairer le jugement des citoyens », selon le verdict de la commission paritaire des publications de presse, et n’ayant pas réussi à fidéliser plus de 200 abonnés ou souscripteurs, les humanités restent pour l’heure condamnées au bénévolat et à l’indigence de moyens. Pour tenter de lever cette censure qui n’ose dire son nom, sera prochainement lancée une campagne de financement participatif.

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