« Nous ne sommes pas des souvenirs » : Clarena Fonseca, voix wayuu face à l’effacement de son territoire
- Jean-Marc Adolphe

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Une manifestation de la communauté wayuu de Cachaca III contre un projet d'usine de traitement des eaux usées.
Photo Luca Rodriguez
Dans un entretien exclusif, Clarena Fonseca, leader sociale et militante du peuple Wayúu en Colombie, raconte la résistance culturelle et écologique de sa communauté face à la marginalisation historique, à l’érosion côtière accélérée et à des projets industriels menaçant leur survie. Entre menaces, défis climatiques et lutte pour la reconnaissance, elle fait entendre une voix puissante depuis la péninsule de la Guajira.


CONTEXTE. Dans la région de la Guajira, située à l'extrême nord de la Colombie, les enjeux écologiques sont critiques et menacent directement la survie des communautés autochtones Wayúu. Voici les principaux défis :
1. La crise de l'eau et l'impact de l'extractivisme
L'accès à l'eau est le problème majeur de cette région semi-désertique et désertique.
Pénurie structurelle : L'eau potable est quasi inexistante ; elle est souvent livrée par citernes, mais de manière irrégulière. Creuser le sol à plus de trois mètres de profondeur mène systématiquement à de l'eau salée.
La mine de Cerrejón : Cette mine de charbon à ciel ouvert, l'une des plus grandes au monde, est surnommée « la Mort noire » par les habitants en raison de ses conséquences environnementales. Elle capte d'immenses quantités d'eau et a détourné le río Bruno, qui était la seule rivière pérenne de la région.
Sécheresses extrêmes : La grande sécheresse de 2015 a provoqué une forte mortalité infantile liée à la faim et à la soif.
2. L'érosion côtière massive
Le littoral de La Guajira subit une érosion accélérée qui force certaines familles à l'exil.
Phénomènes combinés : Cette érosion est due à la montée globale du niveau de la mer, mais elle est aggravée par des interventions humaines locales.
Effet des digues : La ville de Riohacha a construit de grandes digues pour protéger ses propres plages, ce qui a modifié les courants marins. Ces courants frappent désormais plus violemment la côte sud, provoquant un retrait des terres sur 172 km.
3. Menaces sur les écosystèmes préservés (Le projet PTAR)
Un projet d'usine de traitement des eaux usées (PTAR) pour la ville de Riohacha représente une menace imminente pour le río Guerrero.
Pollution d'un fleuve sacré : Actuellement, le río Guerrero est l'un des rares cours d'eau dont l'écosystème est encore sain et riche en biodiversité (poissons, crevettes, flamants roses, pélicans).
Impact socio-économique : L'usine déverserait ses trop-pleins d'eaux usées directement dans le fleuve lors des grandes pluies, polluant ainsi les zones de pâturage et les ressources de pêche indispensables aux communautés comme celle de Cachaca III.
4. Changement climatique et événements extrêmes
Le dérèglement climatique accentue des phénomènes déjà violents dans la région.
Inondations : paradoxalement, alors que la région manque d'eau, les périodes de grandes pluies (octobre-novembre) provoquent des inondations sévères dans des villes comme Riohacha.
Fragilité du milieu : La nature dans cette zone est perçue comme une force à la fois bénéfique et terrible, dont la violence est amplifiée par les modifications climatiques actuelles.
Face à ces enjeux, des leaders sociaux comme Clarena Fonseca se mobilisent pour défendre leur territoire, malgré des menaces de mort directes liées à leur opposition aux grands projets industriels. La survie des Wayuu dépend désormais de leur capacité à conjuguer leurs savoirs traditionnels avec des outils modernes (droit, ingénierie, documentation par l'image) pour protéger leurs ressources vitales.

Entretien avec Clarena Fonseca, leader wayúu de Cachaca III
les humanités : Buenos días… ou plutôt amayabia, comme on dit en wayuunaiki. Nous nous parlons grâce à Liliane et Claude Bernhardt, de l’association Crear Escuela (1), qui se trouvent en ce moment avec vous. Depuis quand vous connaissez‑vous ?
Clarena Fonseca : Je connais Liliane et Claude depuis 2010, à peu près. À cette époque, mon dernier fils n’était pas encore né : aujourd’hui il a 15 ans, ce qui veut dire que cela fait une bonne quinzaine d’années que nous nous connaissons. Nancy, ma fille, avait alors 4 ans ; elle en a maintenant 19. Liliane et Claude font partie de la famille : mes enfants les appellent oncle et grand‑père, et lorsqu’ils repartent en France, c’est toujours un arrachement.
Identité et résistance du peuple wayuu
les humanités : En France, on connaît très mal les peuples autochtones de Colombie, et presque pas le peuple wayúu. Comment définiriez‑vous l’identité et la culture de votre peuple ?
Clarena Fonseca : Le peuple wayúu est un peuple d’initiative, de lutte, de force et de résistance. On nous compare souvent à un arbre du désert, le cajón guajiro, qui résiste au vent, au soleil, à la sécheresse, aux températures extrêmes et aux cycles climatiques qui se succèdent chaque année. De la même manière, nous résistons aux changements qui nous affectent sur les plans social, culturel, émotionnel, sanitaire et dans la vie quotidienne.
Nous vivons sur une péninsule où la terre est rude, pleine de difficultés et de défis. Nous avons dû faire face à la désolation, à la marginalisation, à l’invisibilité, alors même que pour les institutions publiques ou privées, nous sommes paradoxalement l’ethnie la plus « visible », souvent montrée comme un peuple qui meurt de soif, de faim ou de manque de soins. Parfois, j’ai le sentiment que nous avons été une mine d’or pour de nombreuses organisations : elles sont venues sur notre territoire pour intervenir, mais en réalité pour en extraire les ressources, pas pour nous permettre un véritable développement.
Une histoire de civilisation imposée
les humanités : On pourrait même parler de 500 ans de résistance, longtemps invisible. Comment vos grands‑parents racontaient‑ils le passé, avant l’arrivée de ce que vous appelez « la civilisation » ?
Clarena Fonseca : D’après ce que me racontait mon grand‑père quand j’avais une dizaine d’années, il y a 70 ou 80 ans, le territoire wayúu était un espace uni, sans poteaux, sans clôtures ni coordonnées, sans limites entre communautés. Chacun pouvait s’installer là où il trouvait de quoi faire vivre ses enfants : l’essentiel, c’était l’harmonie, la fraternité et la paix. On n’y faisait pas de distinction de clans (e’irüpu, nos lignages), ni de « couleur », ni de rang : la liberté était absolue. Tout se réglait par la parole et la compensation, sous l’autorité des anciens. Puis est arrivée ce que j’appelle la « civilisation » : l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, l’introduction d’un autre système de droits et de propriété, les clôtures, les titres de propriété, la privatisation des terres. À partir de là, le territoire a commencé à se fragmenter, les conflits se sont multipliés et, peu à peu, on a vu les morts s’accumuler.
Je dis souvent que nous avons notre propre civilisation, avec une vision du monde différente de la société « occidentale », comme les peuples arhuaco ou kogi. Quand j’emploie ce mot, c’est pour parler de l’entrée d’un autre système, qui transforme notre manière de penser et de vivre. Beaucoup de jeunes se laissent aujourd’hui attirer par Internet et le monde numérique, au point d’oublier leurs propres savoirs et leur langue ; c’est pourquoi nous nous battons pour que l’éducation dans les écoles de nos communautés commence par le wayuunaiki et respecte nos formes de connaissance.
« Dire que nous n’existons pas, c’est nous briser le cœur »
les humanités : La Cour constitutionnelle vient de reconnaître et certifier officiellement le territoire de la ranchería Cachaca III, où vous vivez. Cela signifie qu’avant cette décision, vous habitiez un territoire qui n’existait même pas légalement. Qu’est‑ce que cela provoque quand on vous dit : « vous n’existez pas » ?
Clarena Fonseca : J’ai 49 ans, je suis née sur ce territoire et j’y ai toujours vécu. Imaginez ce que cela signifie d’entendre un fonctionnaire de la Sécurité sociale ou du ministère de l’Intérieur affirmer qu’il ne peut pas y avoir d’école là où nous vivons parce que le territoire « n’existe pas », qu’il n’y a ni Wayúu, ni chair, ni os, comme si nous étions des fantômes. Quand on vous dit cela, on vous brise le cœur, on vous arrache l’âme.
Les institutions qui délivrent les certificats de « communauté reconnue » s’appuient sur des bases de données pour dire si nous existons ou non. Je leur réponds que ce n’est pas un fichier Excel qui détermine l’existence d’un peuple. Pour nous, la véritable « Magna Carta », ce sont le territoire lui‑même, le e’irüku (le lignage) et le cimetière, qui est sacré. Tant que ces trois éléments existent, aucun papier ne peut nier notre réalité.
« Vaincre ou mourir dans la tentative »
les humanités : En Colombie, on vous présente comme lideresa social, leader sociale. Depuis quand avez‑vous commencé à assumer ce rôle, et comment cela s’est‑il produit ?
Clarena Fonseca : Je me bats depuis mes 15 ans. À cet âge‑là, je suivais ma scolarité au collège en ville, j’apprenais l’espagnol et je retournais le week‑end au territoire. Un jour, un parent de mon père, un non‑indigène, lui a demandé un petit bout de terre pour s’installer avec sa famille, et mon père, homme généreux, a accepté. Plus tard, nous avons découvert que ce cousin avait vendu ce terrain à la municipalité : peu à peu, des gens sont arrivés, ils ont défriché, abattu des arbres, commencé à transformer notre territoire en quartier urbain.
Quand j’ai compris, je me suis opposée. L’homme est arrivé armé d’une machette, menaçant de tuer ma mère ; j’ai sauté sur lui, menacé à mon tour de le frapper, puis mes frères ont réagi. La tension était telle qu’un massacre aurait pu se produire. J’ai alors décidé de chercher la Défensoría del Pueblo, l’instance chargée de défendre les droits des peuples autochtones. Au début, personne ne m’écoutait, puis un défenseur national venant de Bogotá est arrivé, et j’ai réussi, en pleurant et en argumentant, à le convaincre de venir sur le territoire.
C’est à ce moment‑là que mon chemin de leader a commencé : d’abord pour défendre la terre de mon père contre une appropriation illégale, puis dans d’autres conflits, toujours liés à des projets imposés sans consultation. J’aime dire que je suis « moitié femme, moitié homme » : j’ai appris la pêche avec mon père dès l’enfance, je manie les bateaux et les filets, et je ne peux pas me comporter comme une poule qu’on pourchasse ; pour nous, la loi wayúu, c’est « vaincre ou mourir dans la tentative ».

La parole, les assemblées et les femmes
les humanités : Vous dites que beaucoup de leaders et de communautés ont peur de parler, par crainte d’être assassinés. Qu’est‑ce que cela signifie, concrètement, d’être une leader dans ces conditions, et quel rôle jouent les femmes dans cette lutte ?
Clarena Fonseca : Dans notre région, il y a près de 280 communautés, mais très peu de personnes osent prendre la parole publiquement. Quand un journaliste arrive pour demander une interview, beaucoup refusent, certains responsables communautaires disent tout de suite non par peur d’apparaître à l’écran et d’être ensuite repérés. Ils me demandent parfois de quel « bois » je suis faite, parce que je me présente toujours à visage découvert. Je leur réponds que c’est le sang que m’ont transmis mes grands‑parents : je ne peux pas reculer.
Être leader ici, ce n’est pas une question de prestige ou de promotion personnelle, c’est un risque de mort permanent. J’ai déjà reçu cinq menaces directes, visant aussi mes enfants. On m’a proposé de l’argent pour acheter mon silence : deux milliards de pesos pour que je cesse mes actions et que je laisse faire certains projets. J’ai refusé et déposé plainte. Cela m’a coûté des années de stress et des problèmes de santé graves, mais je continue parce que je sais que, si nous nous taisons, nous disparaîtrons.
En même temps, on observe aujourd’hui une force extraordinaire des femmes autochtones en Colombie et en Amérique latine. J’ai participé, par exemple, à la « Gran Juntanza Ambiental », une grande rencontre de femmes leaders et activistes à Cali, dans le cadre de la COP16 : parmi plus de 200 femmes, on m’a appelée à intervenir comme panéliste aux côtés du maire, ce qui m’a énormément surprise. Quand je commence à parler en wayuunaiki, je sens que je me transforme, que je me recharge : c’est ma langue qui me donne la force de dire ce que vit mon territoire.
Érosion côtière : demander des comptes à l’État
les humanités : Il y a deux grands axes dans votre lutte actuelle : l’érosion côtière et un projet d’usine de traitement des eaux usées. Commençons par l’érosion : que se passe‑t‑il sur votre côte depuis vingt ans ?
Clarena Fonseca : Depuis une vingtaine d’années, notre territoire est touché par une érosion côtière très forte. Chaque année, la mer avance, des pans entiers de plage disparaissent, des familles ont déjà dû abandonner leurs maisons, des arbres centenaires tombent. Nous avons déposé des dizaines de plaintes, alerté toutes les institutions compétentes, mais longtemps, personne ne nous a pris au sérieux.
Face à ce silence, j’ai décidé de poursuivre l’État en justice pour défaut de protection de notre territoire, au nom de ma communauté et de mon père, autorité traditionnelle, âgé aujourd’hui de 89 ans. C’est la première fois, en Guajira, qu’une communauté wayúu attaque l’État pour un problème d’érosion côtière. J’ai inclus dans la plainte le président Gustavo Petro, la Gestion des risques et d’autres entités nationales. À partir de là, la situation a changé : des médias nationaux sont venus, des journalistes se sont déplacés, et l’État a dû lancer une étude pilote pour analyser les causes de l’érosion et proposer des mesures de mitigation.
Ce ne sera pas une solution définitive, je le sais, mais au moins une reconnaissance du problème. Pour l’instant, c’est l’Institut de recherches marines (INVEMAR) qui mène l’étude, sous contrat de l’unité nationale de Gestion des risques. La première phase s’est terminée en novembre ; la seconde doit commencer en février, et, en tant que demanderesse, je suis informée directement, sans passer par les autorités locales qui, longtemps, ont prétendu que « nous n’existions pas ».

PTAR et Aqualia : défendre le río Guerrero
les humanités : L’autre front de votre combat concerne un projet de station d’épuration, la PTAR, porté notamment par une entreprise européenne, Aqualia. En quoi ce projet menace‑t‑il votre communauté et le río Guerrero ?
Clarena Fonseca : Notre communauté se trouve à huit kilomètres en dehors de la ville de Riohacha. Le projet prévoit de construire une station de traitement des eaux usées de la ville (plus de 360.000 habitants) au bord du río Guerrero, en aval des communautés, et de déverser ses effluents dans la rivière. Pour nous, ce río est une source d’eau douce pour les humains et les animaux, un espace de pêche (poissons, crevettes), un lieu où l’on cueille des plantes médicinales, et surtout un territoire sacré, avec des sites cérémoniels et des cimetières sur les deux rives.
Si cette usine se construit là, le río n’y résistera pas : il se colmatera, l’écosystème s’effondrera, la sécurité alimentaire de 190 communautés sera directement menacée. C’est une violation flagrante du droit à la consultation préalable : seuls deux villages ont été consultés, alors qu’il y en a 190 le long du río. Nous avons porté l’affaire devant la justice colombienne, puis devant le système interaméricain des droits humains, et nous nous préparons à activer l’Accord d’Escazú sur la protection des défenseurs environnementaux (2).
Derrière ce projet, il y a des intérêts économiques considérables : Aqualia, multinationale espagnole des services d’eau (3), est impliquée dans les études, avec un financement de la Banque mondiale, pour un contrat de trente ans. Le terrain de huit hectares a déjà été acheté, alors même qu’il n’y a pas de licence environnementale en due forme. Quand la directrice du projet m’a proposé, lors d’une réunion, deux milliards de pesos pour que je me taise, j’ai compris d’où venaient les menaces de mort reçues après le dépôt de notre recours. Je lui ai répondu que seule ma mort lui permettrait de réaliser son projet.
Menaces et espoir
les humanités : Vous avez mentionné plusieurs menaces de mort contre vous et votre famille. Comment vivez‑vous avec ce danger permanent, et qu’est‑ce qui vous donne encore la force de continuer ?
Clarena Fonseca : Les menaces viennent par téléphone, à des heures où je suis avec mon père ou mes enfants : on me dit de laisser les gens travailler, sinon « ce sera contre toi ou contre tes enfants ». Après la dernière menace, j’ai dû me rendre en urgence à Bogotá pour déposer plainte auprès du Parquet général et demander des mesures de protection. La Unidad Nacional de Protección m’a même proposé de m’exfiltrer et de me cacher dans un endroit sûr, mais j’ai refusé : si je me cache, qui défendra mon territoire ?
Aujourd’hui, malgré ces cinq menaces, je n’ai pas de garde du corps. Je dis parfois en riant que je suis ma propre « garde du dos », mais au fond, la peur est là, avec ses conséquences sur la santé : j’ai traversé une année entière de maladie, sans diagnostic clair. Pourtant, la certitude que ma lutte ne concerne pas seulement mes enfants, mais aussi ceux qui ne sont pas encore nés, me pousse à continuer. Nous, les Wayúu, ne sommes pas des souvenirs : nous sommes une présence vivante et nous n’allons pas abandonner notre territoire.
Propos recueillis par Jean-Marc Adolphe,
le 22 janvier 2026
NOTES
(1). Crear escuela Crear escuela / Faire école est une association de solidarité internationale basée à Toulouse, créée par Liliane et Claude Bernhardt pour travailler avec des communautés de Colombie, en particulier le peuple wayúu de La Guajira. L’association naît au début des années 2010, après la découverte de la communauté de la Cachaca III (Cachaca 3) en Guajira et de la situation de son école, quasi dépourvue de moyens. Elle est déclarée en France (Toulouse) comme association de solidarité internationale, avec une activité régulière de conférences, projections, interventions publiques pour faire connaître la situation en Colombie. https://www.crear-escuela.fr/
(2). L’accord d’Escazú est un traité régional sur l’environnement et les droits humains pour l’Amérique latine et les Caraïbes, adopté à Escazú (Costa Rica) le 4 mars 2018 et entré en vigueur en 2021. Il garantit trois grands « droits d’accès » en matière environnementale : l'accès à l’information (documents, données, études environnementales) ; la participation du public aux décisions (projets, politiques, lois) ; l'accès à la justice (recours effectifs en cas de violation ou de dommages). Son objectif, énoncé à l’article 1, est de permettre la mise en œuvre pleine et effective de ces droits afin de protéger le droit de chaque personne – générations présentes et futures – à vivre dans un environnement sain et au développement durable. C’est le premier traité au monde qui contient des dispositions explicites pour protéger les défenseurs de l’environnement et des droits de la terre (souvent autochtones ou paysans) dans une région où ils sont particulièrement ciblés. Lire sur les humanités : "Michel Prieur, 40 ans de combats pour un droit de l’environnement", publié le 14 septembre 2022 (ICI)
(3). Aqualia est une multinationale espagnole spécialisée dans la gestion de l’eau, très présente en Amérique latine et aujourd’hui opératrice des services d’eau et d’assainissement à Riohacha, en Guajira. Son activité principale est la gestion des services municipaux d’eau et d’assainissement : captage, potabilisation, distribution, collecte et traitement des eaux usées, parfois en concession de longue durée (20–30 ans) avec les collectivités. Elle développe et exploite aussi des usines de traitement des eaux usées (PTAR/WWTP), des usines de dessalement et des projets de réutilisation des eaux traitées, notamment en Espagne, en Europe centrale, au Moyen‑Orient et en Amérique latine. En Amérique latine, Aqualia est particulièrement active au Mexique, en Colombie, au Pérou, en Équateur, avec des concessions d’eau urbaine et des projets de stations d’épuration. En Colombie, Aqualia gère aujourd’hui le « cycle intégral de l’eau » dans plusieurs départements et municipalités, y compris Bogota (projet de station d’épuration de Salitre) et, depuis juillet 2023, Riohacha, capitale de La Guajira.
A lire également, sur les humanités : entretien avec Liliane et Claude Bernhardt, de l'association Crear escuela (ICI). Par ailleurs, dans notre autre journal du dimanche, du 25 janvier 2026, nous avons publié une sélection de poèmes wayúu de Vito Apushana (ICI et ci-dessous en PDF)
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