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Lycées : les raisons de la colère

il y a 10 heures
12 min de lecture

Lors d'une manifestation visant à réclamer davantage de moyens pour l'école, à Lille, le 1er octobre 2026. Photo Jean-François Badias/AP


Les feux devant les lycées font les images du mouvement. Mais derrière les grilles, les élèves parlent aussi de cours non assurés, de bâtiments dégradés et d’un avenir auquel l’école leur demande de croire sans toujours leur donner les moyens de le construire. Michel Strulovici prend cette colère au sérieux, loin des clichés sur une jeunesse simplement violente.

les humanités, ça n'est pas pareil.

Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût : 


Franchement pas sympas, les lycéens. Évidemment chauffés à bloc par « l’extrême gauche », ils ont choisi de mettre le feu aux poudres — et, accessoirement, à quelques poubelles — alors que le pauvre et dévoué Sébastien Lecornu s’échine à tenter de faire passer à l’Assemblée nationale un budget 2027 ratiboisé de 43 milliards d’euros. Alors que les pompiers sont toujours en grève, depuis le 8 septembre, pour réclamer « des moyens, pas des miracles », et que les Gilets jaunes tentent de relancer la flambée, le 17 octobre, fallait-il que la jeunesse — dont on connaît le peu d’empathie pour les pouvoirs en place — vienne rajouter une couche au stress intense que doit déjà éprouver le pauvre Sébastien Lecornu ?


N’a-t-on pas appris à cette jeunesse tête-en-l’air, dans les cours lycéens qu’on lui dispense, le principe de réalité ? Sont-ils à ce point scotchés aux vidéos TikTok ou autres, sur leurs smartphones — pourtant désormais interdits dans les lycées —, au point de ne plus lire les journaux, de ne plus écouter la radio et d’ignorer que notre pays croule sous une dette « kolossale » ? Il faut croire que non : voilà cette jeunesse insouciante, pour ne pas dire irresponsable, qui bat le pavé pour réclamer « des moyens ». Le gros mot !


« Notre route est droite, mais la pente est forte », disait jadis le poète Jean-Pierre Raffarin, auteur de L’Avenir a ses racines (éditions Projet, 1986) et de Je marcherai toujours à l’affectif (Flammarion, 2012). Mais aujourd’hui, écrit Jean-Marc Vittori à la une des Échos, « impossible de savoir si la route est droite, car elle est dans un épais brouillard ». Il n’est pas certain que les LBD et autres lacrymogènes utilisés par les « forces de l’ordre » pour amener les lycéens à oublier leurs revendications et à reprendre leurs chères études parviennent à dissiper ledit brouillard.


À des milliers de kilomètres de là, au Chili, une journée de grève et de manifestations appelée par la Confech a réuni hier, 1er octobre, plus de 20 000 personnes à Santiago, avec des rassemblements dans plusieurs régions. La mobilisation est partie de la présentation du projet de budget 2027 du président d’extrême droite José Antonio Kast, élu en mars sur une promesse d’austérité. Les organisations étudiantes contestent d’éventuelles réductions des crédits de l’enseignement public et supérieur, sous le mot d’ordre : « Ni un peso menos para la educación » (« Pas un peso de moins pour l’éducation »). La répression a été brutale et violente. À Santiago, les Carabineros ont interrompu la progression de la marche, pourtant autorisée, après environ 800 mètres, en utilisant gaz lacrymogènes et canons à eau. Le nombre d’interpellations est encore incertain. En France, dira-t-on, on n’est pas encore gouvernés par l’extrême droite, comme au Chili. Mais lorsque l’on voit certaines photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux, en France même, il est permis d’en douter.


Emmanuel Macron s’est beaucoup inspiré de la répression du mouvement social de 2021 en Colombie, orchestrée par son ami Iván Duque, qui a fait une centaine de morts, notamment parmi la jeunesse de Cali. Il est entendu qu’Emmanuel Macron n’est « ni de droite ni de gauche ». Sauf lorsqu’il s’agit de sortir le LBD.


Ceci dit, il faut saluer et féliciter Emmanuel Macron. En douze ans de gouvernance — si l’on inclut ses deux années au ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique —, la dette française est passée d’environ 2 040 milliards d’euros à 3 595,5 milliards : soit près de 1 560 milliards d’euros supplémentaires. Cela représente environ 24 points de PIB. Ce n’était pas gagné, il y est arrivé — certes aidé par quelques facteurs « extérieurs ». Chapeau, l’artiste !


« Ma cassette ! Ma cassette ! », faisait jadis dire Molière à l’avare Harpagon (1). Aujourd’hui, c’est sur l’air de « Ma dette, ma dette ! » que s’époumonne M. Lecornu. Avouons-le : la dette, c’est un truc génial pour répondre aux revendications de tout poil, vu qu’il n’y a plus de pognon dans les caisses de l’État. Et peu chaut qu’entre 2014 et aujourd’hui, les très grandes fortunes françaises aient connu une hausse spectaculaire de leur patrimoine professionnel, passé d’environ 400 milliards d’euros en 2014 à 1 076 milliards en 2026, soit un bonus de 676 milliards : près de seize fois le montant des « économies » à réaliser, pour lesquelles la populace — lycéens inclus — est vivement invitée à se serrer la ceinture.


Mais il n’y a pas que les sous dans la vie. Dans les revendications lycéennes, on entend autre chose que la seule question du papier hygiénique dans les toilettes — qui est certes importante. Il y a aussi la question du sens, ou, pour le dire de façon plus triviale : « Pourquoi qu’on fait des études ? » Or, si Emmanuel Macron a réussi sur un point — conduire « la dette » à un niveau inédit —, il a échoué sur un point essentiel. On entend dire ici et là que, mis à part la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts, ses deux quinquennats n’auront été marqués par aucun grand projet culturel. C’est faux. Le grand projet culturel de Jupiter aura été de transformer la vieille France en « start-up nation » (2). Force est de constater que cette perspective mirobolante n’a pas fait rêver dans les chaumières incultes, ni davantage dans les lycées sans papier hygiénique.


Tout homme normalement constitué devrait tirer leçon de ses erreurs. Mais M. Macron n’est pas normalement constitué : c’est un être supérieur. Faut-il que les lycéens d’aujourd’hui soient assez bêtes pour ne pas le reconnaître !


Mais là, ils apprennent, autrement. Dans toute l’histoire des mouvements sociaux, les périodes de grève ont été de formidables opportunités de formation — politique, citoyenne, culturelle. En ce moment même, les lycéens engagés dans le mouvement de contestation complètent leur formation en mathématiques — apprendre à se compter —, en français — apprendre à se parler, à argumenter… —, en philosophie — le sens de l’action —, en physique-chimie — fabriquer un cocktail Molotov —, en éducation physique — courir plus vite que les CRS —, en économie — gérer une grève —, etc. Bref, les matières fondamentales.


Si j’étais ministre de l’Éducation nationale, je leur accorderais d’emblée le bac — pour celles et ceux qui sont en terminale —, je supprimerais Parcoursup et je rétablirais un usage conditionnel des smartphones. Et surtout, je lancerais, jusqu’au début juillet, une grande phase d’ateliers autogérés — élèves, enseignants, personnels d’éducation, parents, acteurs de la vie associative et économique, de l’écologie et de la culture, etc. — pour inventer la nécessaire éducation du futur. Mais je ne suis pas ministre de l’Éducation nationale. C’est bien dommage.


Jean-Marc Adolphe


(1) Dans L’Avare, Harpagon s’écrie : « Ô ma chère cassette ! » lorsqu’il croit retrouver la piste de son argent. « Ma cassette ! Ma cassette ! » est une condensation populaire, non la formulation littérale du monologue.


(2) La formule est publiquement fixée le 15 juin 2017, un mois après son élection, dans son discours au salon Viva Technology, à Paris : « Aujourd’hui, la France est en train de devenir la nation des start-up […] I want France to be a “start-up Nation”, meaning both a nation that works with and for the start-ups, but also a nation that thinks and moves like a start-up. » Autrement dit : il ne s’agit pas seulement d’aider les jeunes entreprises innovantes, mais de faire fonctionner l’État et le pays suivant les codes supposés de la start-up — agilité, expérimentation, prise de risque, rapidité et innovation.


« Eh, monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route.

Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. »

— Stendhal, Le Rouge et le Noir


Je voudrais faire mienne une règle de la méthode d’Émile Durkheim : « considérer les faits sociaux comme des choses ». À regarder les feux devant les lycées, on risque de ne voir que les feux. Or les élèves parlent aussi de ce qui se passe derrière les grilles : cours non assurés, classes surchargées, bâtiments mal entretenus. Avant de chercher dans les blocages la seule trace d’une manipulation, prenons leurs revendications au sérieux, sans imiter les « journalistes assis » qui commentent, depuis leur fauteuil, les images dont se nourrit l’audimat.

 

La vétusté des bâtiments n’explique pas, à elle seule, le mouvement lycéen. Elle fait pourtant partie des conditions d’étude que dénoncent les élèves : infiltrations, plafonds endommagés, toilettes dégradées, salles trop chaudes en été ou trop froides en hiver. Un lycée n’est pas seulement un lieu où l’on enseigne ; c’est un lieu où l’on passe ses journées.


L’état des bâtiments varie selon les territoires et les investissements des régions, auxquelles revient la charge des lycées. Dans un rapport publié en septembre 2025, l’Alliance écologique et sociale estimait que 10% du parc scolaire présenterait une vétusté importante et relevait que seuls 14% des établissements répondaient aux normes « bâtiments basse consommation » (1). « Chaque année, c’est le même cinéma, l’Éducation nationale fait mine de découvrir le réchauffement climatique », ironise Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, cité par Reporterre.


Deux tiers des cités scolaires et la moitié des lycées ont été construits avant 1970. Parallèlement à la publication du rapport, une enquête de la FSU, de la CGT Éduc’action et de Sud Éducation avait recueilli près de 9 000 réponses : parmi les personnels répondants, 61% signalaient avoir froid dans leur salle de classe et 95% souffrir de températures trop élevées. Une autre enquête syndicale, menée en 2023-2024 dans le second degré auprès de 633 établissements, relevait des défauts d’aération dans 43% des établissements interrogés.


Ces chiffres donnent la mesure du problème, sans décrire à eux seuls la situation de chaque lycée. Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, le délabrement n’a rien d’abstrait. En mai 2023, après de fortes pluies, des plafonds se sont effondrés et plusieurs salles ont dû fermer ; des personnels ont exercé leur droit de retrait. La région Île-de-France indique avoir lancé à l’été 2026 des travaux de rénovation énergétique de l’établissement, pour un montant de 43 millions d’euros. Mais le chantier ne met pas fin aux difficultés quotidiennes : à la rentrée, quelque 600 élèves suivaient leurs cours dans des préfabriqués, décrits comme étouffants par leurs occupants. À Paul-Éluard, la colère porte donc à la fois sur des dégradations anciennes et sur les conditions dans lesquelles il faut étudier pendant les travaux (2).


Blocus devant le lycée Paul Eluard à Saint-Denis le 29 septembre 2026

Blocus devant le lycée Paul Eluard à Saint-Denis le 29 septembre 2026. Photo Hugo Aymar-Hathham/REA


Dans d’autres établissements, des élèves décrivent des salles surchauffées, des défauts d’isolation ou des sanitaires dégradés. À ces difficultés s’ajoutent, selon les établissements, les absences de professeurs, les classes chargées et parfois le prix de la cantine (3).  Leurs demandes ne se réduisent pas à un inventaire de bâtiments abîmés : elles portent sur les conditions concrètes dans lesquelles l’école leur demande d’apprendre.

L’IPS, thermomètre des inégalités

Les conditions d’étude ne sont pas les mêmes partout. Pour situer les établissements sur le plan social, la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) utilise l’indice de position sociale, ou IPS. Calculé à partir des professions des parents, il résume les conditions économiques et culturelles associées, en moyenne, au milieu familial des élèves. L’IPS d’un lycée est la moyenne des indices de ses élèves : il décrit le public accueilli, non l’état des locaux ni la qualité de l’enseignement.


Ces écarts font écho aux analyses de Pierre Bourdieu sur le « capital culturel » : l'ensemble des ressources (savoirs, compétences linguistiques, pratiques culturelles, codes sociaux, diplômes) que l'on hérite de son milieu familial et qui favorisent la réussite scolaire. Mais l’IPS n’est pas une mesure directe du « capital culturel » de chaque famille : ce serait lui demander plus que ce qu’il peut dire. Il permet de comparer la composition sociale des établissements ; pour comprendre ce que vivent les élèves, il faut aussi regarder les cours assurés ou non, la stabilité des équipes et les conditions matérielles d’apprentissage. (4)

 

Ces facteurs peuvent se cumuler. Une étude de la DEPP sur les enseignants du second degré relève ainsi une ancienneté médiane particulièrement faible dans les communes de l’académie de Créteil, tandis qu’elle est généralement plus élevée sur les façades atlantique et méditerranéenne, notamment en Bretagne. Ce constat territorial ne décrit pas la situation de chaque lycée, mais il rappelle que la continuité des équipes fait aussi partie des conditions dans lesquelles on étudie.

Durkheim à la rescousse

Pour Émile Durkheim, l'anomie est un état de désorganisation sociale où les normes qui régulent les conduites s'effritent, laissant place à la désorientation, à la frustration et, finalement, à la révolte. Dans La Division du travail social (1893), il en fait l'une des « formes pathologiques » de la division du travail : faute de régulation, les individus ne savent plus à quelles règles se conformer.

Appliqué à l'école, le concept prend une résonance particulière. Dans la tradition républicaine, l'institution scolaire transmet des normes communes, prépare à l'insertion professionnelle et promet l'ascension sociale. Que se passe-t-il quand cette promesse est trahie, quand les élèves constatent jour après jour que les professeurs sont absents, les classes surchargées, les bâtiments en ruine, et que l'orientation se joue à la loterie de Parcoursup ?

 

Le mouvement lycéen peut se lire comme l'expression d'une anomie structurelle : les normes scolaires (programmes, examens, diplômes) existent toujours sur le papier, mais les moyens de les appliquer font défaut. On demande aux élèves de réussir le bac, de s'orienter, de s'insérer, sans leur donner les conditions matérielles et symboliques d'y parvenir. Dans les lycées bloqués, ce sont les liens entre élèves et professeurs, entre établissements et administration, entre école et République qui se défont. Blocages et dégradations ne sont alors pas de simples « débordements » : ce sont les symptômes d'un système qui ne tient plus ses promesses.

 

De ce point de vue, la mobilisation lycéenne n'est pas un « réflexe violent », mais la traduction politique d'un sentiment d'abandon.

Une réponse à côté de la plaque

Face au mouvement, le gouvernement a d’abord mis l’accent sur la « sécurisation » des établissements et de leurs abords. Les interpellations se sont multipliées : 440 le 29 septembre, puis 625 le 30, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Les violences sont réelles ; elles ont aussi fait des blessés parmi les élèves et les personnels, et trois enquêtes ont été confiées à l’IGPN après des blessures de lycéens lors de blocages. Mais s’en tenir aux affrontements, c’est risquer de ne plus entendre ce que les élèves réclament.


Il a fallu plusieurs jours pour que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, annonce l’ouverture, le 5 ou le 6 octobre, d’une « plateforme de concertation », suivie d’un « événement de restitution nationale ». Ce jeudi 1er octobre, il a également annoncé qu’il recevrait dès le lendemain les organisations syndicales, les associations de parents d’élèves et les représentants lycéens. Et, dans la soirée, il a fait savoir que le gouvernement retirerait du projet de budget les frais d’inscription envisagés pour les étudiants non boursiers en BTS et en classes préparatoires. Ce recul montre que la mobilisation peut arracher une réponse. Mais observateurs et acteurs du mouvement y voient une mesure cosmétique : rien de concret sur les points centraux des revendications (recrutement de professeurs, réduction des effectifs, rénovation des bâtiments).


Rétablir l’ordre ne suffira pas à rétablir la confiance. On ne peut demander aux lycéens de croire aux promesses de l’école tout en laissant leurs conditions d’étude dépendre à ce point de leur établissement et de leur territoire. C’est cette contradiction que les images de barricades ne doivent pas masquer.


Le mouvement lycéen de septembre-octobre 2026 n'est pas un épisode de « violence juvénile » : c'est une contestation structurée et nationale, ancrée dans la dégradation tangible des conditions d'apprentissage et dans le sentiment d'un abandon par les pouvoirs publics. Portails incendiés, affrontements, interpellations massives sont les symptômes d'années de restrictions budgétaires, de suppressions de postes, de travaux reportés et d'indifférence aux inégalités territoriales.


Il ne s'agit pas de « céder à la violence », mais de reconnaître ce qu'elle révèle. Tant que les causes structurelles (moyens, effectifs, bâtiments, personnels) ne seront pas prises à bras-le-corps, les tensions risquent de persister, bien au-delà des seuls lycées « populaires » comme Paul-Éluard. Reconstruire le lien social, c'est d'abord reconstruire une école qui tient ses promesses, pour tous les élèves, pas seulement pour ceux de Henri-IV.

 

Pierre Bourdieu écrivait en 1966 : « L’égalité formelle qui règle la pratique pédagogique sert en fait de masque et de justification à l’indifférence à l’égard des inégalités réelles devant l’enseignement et devant la culture. »  (5) Soixante ans plus tard, avons-nous fondamentalement changé la donne ?

?


Michel Strulovici


NOTES

(1). L’École bien dans ses murs. Pour une rénovation écologique du bâti scolaire, et sa date de publication, le 5 septembre 2025. Voir  https://www.greenpeace.fr/espace-presse/rapport-lecole-bien-dans-ses-murs-pour-une-renovation-ecologique-du-bati-scolaire/)

(3). Petit inventaire non echaustif : À Nice, des cahiers de doléances décrivent des salles « entre 32 et 35 °C » en été, « aucune salle n'est équipée de clim' », des « traces de moisissure », des murs qui « partent en lambeaux » et des toilettes « sales et sans savon » dans un lycée construit « à la fin des années 50 ». À Sevran (lycée Blaise-Cendrars), élèves et professeurs dénoncent depuis 2024 des « plombs sautant régulièrement, plafonds troués, fenêtres sans rideaux et sans double vitrage ». À Aulnay-sous-Bois (lycée Voillaume), on étudie « en doudoune ». À Troyes (lycée Les Lombards), « il n'y a pas un bâtiment qui ne prenne pas l'eau » et les internes se lavent parfois à l'eau froide).

(4). Hors lycées, dans les réseaux d’éducation prioritaire, qui regroupent écoles et collèges, où  les élèves cumulent des difficultés sociales et scolaires, les enseignants font état de conditions de travail difficiles, avec une population davantage exposée à la pauvreté et aux difficultés familiales, des besoins éducatifs et d'accompagnement plus nombreux, un climat scolaire parfois plus tendu, une plus grande difficulté à stabiliser les équipes, et des bâtiments plus ou moins dégradés, selon le patrimoine local.)

(5). Pierre Bourdieu, "L’école conservatrice. Les inégalités devant l’école et devant la culture", article publié en 1966 dans la Revue française de sociologie


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1 commentaire


yanitz2018
yanitz2018
il y a 7 heures

Primo les revendications des lycéens sont justifiées.

Secundo la répression violentes est injustifiée et tient de la provocation pure et simple.

Tertio LFI essaye, avec ses gros sabots, de récupérer le mouvement des lycéens à son profit.

Et jette de l'huile sur le feu. 

Ces jeunes ne sont pas des naïfs décervelés et ils ont un but : obtenir de meilleurs conditions de travail dans leur lycée.

Et les chaînes d'info racontent n’importe quoi , les lycéens n'en ont rien à faire. 

Et les politiques déblatèrent et la police charge ... comme d'habitude.

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