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Percée historique de la gauche en Colombie


Gustavo Petro à l'annonce des résultats des élections colombiennes, le 13 mars 2022


En Colombie, les élections législative et sénatoriale ont marqué une cinglante défaite pour le parti de l'ex-président Alvaro Uribe, et de l'actuel président Ivan Duque, grand ami d'Emmanuel Macron, auteur d'une brutale répression du mouvement social du printemps dernier, avec plus de 80 morts. Les sondages donnent le candidat de gauche, Gustavo Petro, conforté à la tête du "Pacte historique", probable vainqueur de la prochaine élection présidentielle. Avec lui : Francia Márquez, militante afro-colombienne des droits humains et de l'environnement.


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Ce dimanche en Colombie était marqué par une triple élection : législative, sénatoriale, et aussi désignation des candidats pour chacune des coalitions qui seront en lice à la prochaine élection présidentielle.

Rejet massif de l’actuel gouvernement du président Ivan Duque, et de façon plus large, de l’uribisme (du nom de l’ancien président Alvaro Uribe), forte mobilisation sans doute liée à l’intension du mouvement social de ce printemps (Paro nacional) et de sa brutale répression par le régime en place (abondamment chroniqués par les humanités), et aussi, sans doute, « effet Boric » après l’élection du jeune président de gauche au Chili : ces éléments cumulés ont joué en faveur de la coalition de gauche du Pacte historique, très au-delà de ce que laissaient prévoir les sondages.

Emmené par Gustavo Petro, le Pacte historique est la formation qui obtient le plus de sièges au Sénat comme à la Chambre basse (l’équivalent de l’Assemblée nationale). Le mal nommé Centre démocratique d’Ivan Duque et Alvaro Uribe subit une cinglante défaite, passant de 19 à 14 sièges au Sénat, et de 32 à 15 à la Chambre basse. Idem pour d’autres partis de la coalition gouvernementale (Partido de la U, Cambio Radical). Du fait du découpage électoral et du « clanisme » qui règne dans certaines régions où l’achat de votes est monnaie courante, cette victoire du Pacte historique ne sera toutefois pas suffisante à lui assurer une majorité parlementaire : même en comptant avec les quelques sièges réservés au Parti Comunes, il faudra nécessairement composer une coalition avec d’autres partis tels que Alianza Verde et le Parti Libéral.


Mais pour Gustavo Petro, les choses s’annoncent plutôt bien en vue de la prochaine élection présidentielle. Avec plus de 4.400.000 voix, il a été conforté, à une écrasante majorité à la tête du Pacte Historique, même si Francia Marquez réalise un score plus qu’honorable avec plus de 730.000 voix. Née en 1982 à Yolombo dans le Cauca, Francia Márquez est une militante afro-colombienne des droits humains et de l'environnement en Colombie. Elle a reçu le prix Goldman pour l'environnement en 2018 pour son travail contre l'extraction illégale de l'or dans sa communauté de La Toma. Elle est notamment connue pour l'organisation de la « marche des Turbans », rassemblement de 80 femmes qui ont parcouru 350 miles jusqu'à la capitale Bogotá, et qui revendiquaient la fin de l'exploitation illégale des mines d'or dans leur communauté. L'accord conclu à la fin de la marche avec le Ministère de l'intérieur n'est toujours pas appliqué... Francia Márquez sera sans doute la première femme, noire, représentante des communautés afro et indigènes, à jouer un rôle de premier plan dans la future politique colombienne.

Francia Márquez à l'annonce des résultats du Pacte historique, le 13 mars 2022.

Gustavo Petro, pour sa part, caracole en tête des sondages à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle. Donné largement en tête du premier tour (le 29 mai), il sortirait vainqueur du second tour, quel qu'en soit le scénario.


Jean-Marc Adolphe

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