Scènes d'Iran en France
- La rédaction

- 6 mars
- 6 min de lecture

Shiraz, du chorégraphe Armin Hokmi. Photo Armin Hokmi. Photo Armin Hokmi Kiasararei
De Strasbourg au Théâtre de la Ville à Paris, en passant par la Maison de la Danse de Lyon, Forbach et Angers, le chorégraphe Armin Hokmi, Iranien d'origine, évoque en danse la mémoire du Festival des arts de Shiraz. Mais ce mois de mars, d'autres événements (musique, théâtre, cinéma, poésie, calligraphie...) évidemment programmés avant l'offensive israélo-américaine, célèbrent les multiples facettes d'une culture iranienne que la répression, la censure et aujourd'hui les drones et missiles ne sauront effacer.

En souvenir de Shiraz
Iranien d’origine, installé en Europe depuis plusieurs années, Armin Hokmi évolue dans le spectacle vivant en circulation constante entre danse, théâtre et performance. Sa nouvelle pièce, située au croisement de la recherche chorégraphique, de l’exploration historique et de la réflexion politique, prend pour point de départ le Festival des arts de Shiraz, organisé chaque été de 1967 à 1977 au sud‑ouest de l’Iran. Cette manifestation de renommée internationale, dirigée par le cinéaste Farrokh Ghaffari, la dramaturge Khojasteh Kia et le metteur en scène Arby Ovanessian, fut un espace d’expérimentation majeur où se croisèrent artistes et formes venus d’horizons très divers, bien au‑delà des oppositions convenues entre modernité et tradition, Orient et Occident.
En se plongeant dans les archives de ce festival, Armin Hokmi fait remonter des atmosphères, des gestes, des souvenirs de danses passées. De ce travail émerge une danse calme mais obstinée, où les interprètes semblent laisser affleurer des impressions plutôt que reconstruire fidèlement des formes. Danse festive ou rituelle ? Gestuelle héritée, réinventée ou rêvée ? Ici, tout se joue dans la sensation : des images d’archives remontent, se déposent dans les corps, se laissent à peine esquisser, à l’unisson – ou presque.
10 et 11 mars à Strasbourg (Pôle Sud) à 20 h
Le 13 mars au Carreau / Scène nationale de Forbach) à 20 h
Les 17 et 18 mars à la Maison de la Danse de Lyon, à 20 h 30
Le 21 mars au Quai à Angers à 20 h 30
Du 25 au 28 mars au Théâtre de la Ville à Paris à 20 h
AUTRES ÉVÉNEMENTS
(sélection issue du site Le Miroir Persan)
6 mars à Villefranche-de-Rouergue à 20 h
Concert Odestan Trio, voyage musical autour de la musique afghane et persane. Avec Jawid Ghani à l'harmonium et son frère Nadjib aux tablas, le toulousain Corentin Restif complète le trio avec son accordéon.
6 mars à Arrens-Marsous (Maison du Val-d'Azun) à 20 h
My stolen planet, film de Farahnaz Sharifi
(Bande-annonce ci-dessous)
7 mars à Lannion (Auditorium du conservatoire), de 17 h à 18 h

À la rencontre de Ramin Mazahr, poésie persane en musique
Récitant : Ramin Mazahr avec des musiques de SiiAn / Erwan Tassel / Florian Bellec et la participation d'élèves du Conservatoire de Lannion.
Ramin Mazhar, poète et journaliste afghan, né en 1995 à Bamyan, écrit en persan, publie poésie et chroniques, et a travaillé comme journaliste et défenseur des droits humains en Afghanistan.
Opposant aux talibans, il vit aujourd’hui en exil en France, où il a été en résidence (La Métive, INSPE Paris, etc.).
10 et 11 mars à Issy-les-Moulineaux (Espace Icare) à 20 h
Le Signe du Cygne, pièce de théâtre de et par Hamidreza Javdan avec Orang Gholikhani dans le cadre des 19èmes Rencontres de théâtre d'Issy et d'ailleurs.
Du 11 au 13 mars à Orléans (Centre dramatique national) à 20 h
Les Forteresses / Gurshad Shaheman
« À partir d’interviews que j’ai menées auprès de ma mère et de ses deux sœurs, j’ai écrit trois monologues entrelacés retraçant leurs vies. Toutes trois sont nées aux débuts des années 1960 au cœur de l’Azerbaïdjan iranien. Elles ont vécu la révolution de 1979, connu la désillusion, traversé 8 ans de guerre... »

Ma maison est noire, texte et mise en scène de Mina Kavani. Photo Christophe Raynaud de Lage
12 mars au Creusot (L'Arc - Scène nationale) à 20 h
Ma maison est noire, texte et mise en scène de Mina Kavani à partir d’un montage des récits, poèmes, journaux intimes et correspondances de Forough Farrokhzad, la plus grande poétesse persane de son temps, avant-gardiste et libre, poil à gratter de la société patriarcale du Téhéran des années 50 et 60, et sur une musique d’Erik Truffaz.
12 mars à Tournefeuille (cinéma Utopia) à 20 h 30
Soirée en soutien au soulèvement iranien avec le film Beyond the Lies, documentaire sur la répression violente des manifestations de novembre 2019 en Iran, lorsque la coupure d’Internet à l’échelle nationale a permis des meurtres dans l’obscurité. Il montre également comment, en l’absence de tout tribunal dans leur pays, les victimes et les témoins ont cherché à obtenir la vérité et la justice par le biais d’un tribunal populaire au-delà des frontières iraniennes à Londres en 2021.
13 mars à Paris (cinéma Christine) à partir de 18 h
Soirée Solidarité avec l'Iran, avec Hengameh Bertschi accompagnée par la chorale Ô les Chœurs !, puis échange avec Fahimeh Robiolle et Hengameh Bertschi, deux femmes engagées pour la liberté et la révolution en Iran, et projection du film Dans l’œil de la liberté de Pantea Modiri. Quand le régime iranien cherche à aveugler la vision de la liberté, et que la vérité perce au cœur des ténèbres…
14 mars à Salon-de-Provence, de 14 h à 16 h
Atelier de calligraphie persane avec Mehrnoosh Sahranavard
Le samedi 14 mars 2026, De 14h00 à 16h00, FNAC SALON DE PROVENCE
14 mars à Paris (MPAA/ Saint Germain) à 19 h 30
De l'autre côté de l'hiver, concert de musique iranienne. Dans le cadre des traditions musicales iraniennes, l’improvisation et la narration, les artistes créent un espace intérieur où attente et espoir dialoguent entre eux. Le setâr, le ney, le kamancheh et le tombak portent des voix anciennes ; et les percussions, le violoncelle et la parole ouvrent des espaces nouveaux, entre tension et apaisement.
15 mars à Paris (New Morning) à 19 h30
Pour l'Iran : Concert-création en solidarité avec le peuple iranien dans sa lutte pour la démocratie, avec Cinna Peyghamy, Camélia Jordana, Erik Truffaz, Mina Kavani, Justina, Aïla Navidi, Lynn Adib, Sogol Mirzaie, Zeid Hamdan, Cyril Atef, Golnar Shahyar, Atena Eshtiaghi, Naïssam Jalal, Salwa Jaradat, Aïda Delpuech, Keyvan Chemirani, Tara Merhad, Sulafa Elyas, Louis Arnaud, Anna Mouglalis, Adèle Haenel, Backing Band : les musiciens d'Arat Kilo.
Du 16 au 29 mars à Strasbourg
9e Festival Strass’Iran
Programme complet dans le PDF ci-dessous
22 mars à Paris (Centre Mandapa), à 15 h
Concert Ensemble Tchakavak, musique persane. L’Ensemble Tchakavak fait résonner la musique persane avec un répertoire qui mêle classique iranien et traditions régionales. Setar, ney, kamantche, oud, tombak, daf et chant créent un voyage sonore ancré dans les héritages de maîtres iraniens.
24 mars à Paris (Théâtre Marigny) à 20 h
Fiona Sanjabi, Les Nuits d’Infini. Mêlant récits, chants, mouvements, et images, l’artiste performeuse franco-iranienne Fiona Sanjabi crée « Les Nuits d’Infini », un spectacle inspiré des Mille et une nuits, dans un paysage sonore nimbé d’électro et de rêveries pop psyché.
25 mars à Paris (Bibliothèque Historique de la Ville de Paris)
Soirée de poésie internationale « Femmes & Métamorphoses », en partenariat avec le Printemps des Poètes. trois jeunes poétesses, Husnia Anwari (Afghanistan), Mahtab Ghorbani (Iran) et Doha al-Kahlout (Palestine) se dressent contre toute forme d’oppression au travers de leurs poèmes incisifs et, néanmoins, porteurs d’espoir. Elles témoignent de l’écriture comme acte de résistance et de partage, comme espace de liberté et de réflexion.
27 mars à Paris (Auditorium de l’INALCO) de 9 h 30 à 17 h 40
XXVIIème Journée Monde Iranien, conférences
28 mars à Juvisy-sur-Orge (Espace Jean Lurçat) à 18 h
4 Chevelures persanes / Le Concert impromptu. Le portrait, en musique et en images, de quatre héroïnes persanes qui, il y a plus de mille ans, occupaient une place centrale dans Le Livre des Rois, texte fondateur de l’Iran. Ces personnalités féminines aux destins incroyables s’érigeaient aux antipodes des représentations stéréotypées et faisaient figures de modèles. Aujourd’hui, pour leur rendre hommage et raviver les valeurs qu’elles incarnaient, la jeune compositrice iranienne Golfam Khayam offre avec le quintette du Concert Impromptu une peinture musicale de ces quatre icônes, nimbées de joie et de lumière, et dans lesquelles s’expriment tout à la fois le courage, l’abnégation, la résilience et la force.
Bande-annonce ci-dessous
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J'aimerais en savoir davantage sur les sources de ce chorégraphe, son travail mais je ne pourrai pas me déplacer.. Je ne connais ce légendaire festival de Shiraz que par le petit bout de ma lorgnette, à savoir l'éditipn de 1972 : invités Robert Wilson du temps du collectif Byrd Hoffman School of Byrds (KA MOUNTAIN AND GUARDenia TERRACE, spectacle permanent de 168 heures, du 2 septembre minuit au 9 septembre) et la compagnie Merce Cunningham (je cite David Vaughan : "La compagnie participe d'abord au sixième festival des Arts d'Iran. Elle donne deux events en plein air, l’un à Shiraz et l'autre dans les ruines de Persepolis, en présence de la future-ex-famille régnante."