Trump envoie un « guerrier MAGA » en Colombie
- Jean-Marc Adolphe

- il y a 11 heures
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Nate Morris lors du pique-nique politique de Fancy Farm, fête annuelle organisée par l’église catholique locale, dans le Kentucky, en août 2025. Photo Matt Stone/Courier Journal
Au lendemain d’un premier tour dominé par l’extrême droite en Colombie, Donald Trump nomme un « guerrier MAGA » ambassadeur à Bogotá et place des fidèles au Salvador, au Paraguay, en Équateur et au Brésil, reconfigurant l'influence des États-Unis en Amérique latine.
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Au lendemain d’un premier tour explosif en Colombie, qui a vu le néo‑fasciste Abelardo de la Espriella arriver en tête devant le candidat de gauche Iván Cepeda, Donald Trump avance un nouveau pion : la nomination d’un ambassadeur ultra‑politique à Bogotá. Selon un communiqué de la Maison Blanche (ICI), le président des États‑Unis a choisi l’homme d’affaires du Kentucky Nathaniel « Nate » Morris comme nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Colombie.
Trump ne s’est pas contenté d’un communiqué sec. Sur son réseau Truth Social, il a célébré un « formidable entrepreneur » et surtout un « fort guerrier MAGA », expliquant avoir demandé à Morris de renoncer à une candidature très attendue aux primaires républicaines pour le Sénat, dans son fief du Kentucky, afin de rejoindre son administration comme ambassadeur. « Éduqué à Oxford, dur comme l’acier, il aime notre grande nation et représentera très bien les États‑Unis, à l’étranger ou ailleurs. Il a un grand avenir en politique », écrit Trump dans ce message qui ressemble autant à une lettre de mission qu’à un acte d’allégeance.
Né dans le Kentucky, Nate Morris s’est construit comme entrepreneur de la « tech verte ». Il est le fondateur de Rubicon Technologies, une société qui vend des solutions numériques de gestion des déchets et de logistique environnementale, et de Morris Industries, un holding privé basé à Lexington, tourné vers l’industrie, la durabilité et les services financiers. Figure montante du Parti républicain, proche des réseaux trumpistes et des grands donateurs, il était présenté comme un possible futur sénateur.
Cette nomination survient dans un contexte très particulier pour la Colombie. Le pays était resté sans ambassadeur « en titre » depuis le départ de Philip Goldberg en 2022, le poste n’étant assuré que par un chargé d’affaires. De retour à la Maison Blanche en 2025, Trump avait déjà tenté un premier coup avec Daniel Newlin, un avocat et homme d’affaires installé de longue date à Medellín. Mais le Comité des relations étrangères du Sénat a rejeté sa nomination en février, le candidat n’ayant pas fourni à temps la documentation nécessaire pour la procédure de confirmation.
Au‑delà de ce prétexte administratif, la candidature Newlin était explosive. Proche de Trump et gros donateur républicain, il dirige en Colombie une société de conseil juridique, possède des biens immobiliers de luxe – notamment dans le quartier d’El Poblado à Medellín, dans l’Antioquia, bastion de l’uribisme – et est impliqué dans d’autres activités commerciales, y compris dans le secteur des boissons alcoolisées. La Convention de Vienne interdisant à un diplomate d’exercer des affaires privées dans le pays où il est accrédité, les risques de conflit d’intérêts avaient alimenté les résistances au Sénat. Newlin s’est par ailleurs publiquement affiché aux côtés d’Abelardo de la Espriella pendant la campagne, renforçant l’image d’une diplomatie américaine instrumentalisée au service d’un camp politique en Colombie.
Vague de nominations en Amérique latine
Avec Morris, Trump corrige partiellement le tir : le profil reste celui d’un businessman‑donateur, étranger au métier diplomatique, mais sans exposition aussi directe dans l’économie et la politique colombiennes. Il n’en demeure pas moins que la nomination de ce « guerrier MAGA » intervient en pleine bataille pour la Présidence colombienne et s’ajoute à une vague de désignations analogues en Amérique latine. Le même communiqué annonce en effet Mark Abreu comme ambassadeur au Salvador, Paul Kalmbach au Paraguay, Peter Snyder en Equateur et Daniel Perez au Brésil – quatre postes clés confiés à des profils politiques, sans carrière diplomatique préalable, tous issus de la galaxie trumpiste.
Abreu, fils d’exilés cubains et entrepreneur, est présenté comme un fidèle de la ligne dure vis‑à‑vis des gouvernements jugés « socialistes » dans la région, ce qui résonne directement avec le régime Bukele au Salvador. Kalmbach, patron de Kalmbach Feeds, une entreprise agro‑industrielle de l’Ohio, arrive dans un Paraguay stratégique pour Washington dans la lutte contre le crime organisé et l’influence chinoise au sein du Mercosur ; son nom est toutefois associé à un environnement familial controversé, son fils, ancien candidat républicain au Congrès, étant poursuivi pour violences aggravées (il doit comparaître devant le tribunal le 9 juin pour une audience préliminaire). Ancien directeur général d'une agence de marketing de médias sociaux, Snyder a ensuite fondé société "d’investissement providentiel", Disruptor Capital. Quant à Daniel Perez, président républicain de la Chambre des représentants de Floride, sa nomination à Brasilia vise l’un des postes diplomatiques les plus sensibles au monde, au croisement des enjeux climatiques amazoniens, énergétiques et géopolitiques.
En Colombie, l’arrivée annoncée de Nate Morris s’inscrit dans un faisceau de signaux envoyés par Washington. Plusieurs médias latino‑américains soulignent déjà l’enthousiasme d’anciens dirigeants de droite, comme l'ancien président Iván Duque, qui saluent la décision de Trump et y voient la promesse d’un alignement plus dur contre le « socialisme du XXIe siècle » et la stratégie de « paix totale » de Gustavo Petro. À quelques semaines d’un second tour qui pourrait porter à la présidence un avocat ultraréactionnaire admirateur déclaré de Donald Trump, la nomination d’un « guerrier MAGA » à Bogotá sonne comme un avertissement politique.
Jean-Marc Adolphe





En visite sur la fiche Wikiki-Gonsalez de Nate Morris (traduite par gogol), j'ai eu le sentiment d'un vide interstellaire. Ses convictions sont d'une banalités banales.
Serait-ce cela "l'insignifiance du mal" réduite à sa plus simple expression ?
De la bêtise en boite et des millions de $ l'accompagnant.
Pour lutter contre ce "caniche géant" 🤣 Frank Zappa "Cheepnis" (1973)
" https://www.youtube.com/watch?v=ckEP8KN2710&list=RDckEP8KN2710&start_radio=1 "