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Ukraine. Après le carnage. Photos Francisco Seco

Un homme passe devant les corps de riverains tués lors d'une attaque russe menée pendant la nuit, à Kyiv, en Ukraine, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP


 PORTFOLIO  Dans la nuit du 19 au 20 août 2026, la Russie a mené l'une de ses attaques les plus meurtrières de l'été contre Kyiv : missiles balistiques, drones et neuf heures de frappes qui ont fait au moins 16 morts et une cinquantaine de blessés. Le photographe Francisco Seco (Associated Press) a parcouru les rues de la capitale ukrainienne au lendemain du bombardement, saisissant dans son objectif ce que les bilans chiffrés ne disent jamais : des habitants serrant leurs animaux contre eux, des corps qu'on évacue, des immeubles soufflés — le visage intime d'une guerre qui ne connaît plus de trêve.

les humanités, ça n'est pas pareil.

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Dans la nuit du 19 au 20 août 2026, Kyiv a vécu l'une des attaques russes les plus intenses des derniers mois. Pendant près de neuf heures, l'armée russe a lancé des dizaines de missiles balistiques, de croisière et hypersoniques — notamment des Oniks, des Zircon, des Iskander-M et des S-400 — ainsi que 168 drones, contre la capitale ukrainienne et sa région, frappant au total 28 localisations différentes. La défense aérienne ukrainienne a abattu 145 drones et la plupart des missiles de croisière, mais n'a intercepté aucun des missiles balistiques : ce sont précisément ces armes, les plus difficiles à stopper, qui ont fait le plus de dégâts et de victimes.


Le bilan humain s'est alourdi heure après heure. Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a d'abord fait état de huit morts dans la capitale avant de réviser ce chiffre à la hausse au fil de la matinée ; au total, les autorités ukrainiennes ont recensé au moins 16 morts et une cinquantaine de blessés à Kiev et dans sa région, dont le district de Brovary. Un hôpital pour enfants a été endommagé, des immeubles résidentiels entiers soufflés, des voitures calcinées, un cratère laissé au cœur d'un quartier d'habitation. Dans l'après-midi, une seconde vague de frappes de drones a encore fait des victimes, portant le bilan national des dernières vingt-quatre heures à environ 25 morts et plus de 130 blessés à travers le pays.


Ce sont ces lendemains de frappe qu'ai saisi l'objectif de Francesco Seco, photographe d'Associated Press : des habitants serrant leurs animaux de compagnie contre eux en traversant les décombres, une femme réconfortée pendant que le corps d'un proche est évacué, un vigile de parking blessé qui fume une cigarette devant sa guérite détruite, une grand-mère assise sur un banc face à l'immeuble où son petit-fils vient de mourir, des habitants réfugiés dans le métro pendant que les sirènes retentissent au-dessus d'eux. Des scènes d'une sobriété brutale, loin des cartes et des bilans chiffrés, qui rendent visible ce que la guerre fait concrètement aux corps et aux existences ordinaires.


Cette attaque survient alors que le président Volodymyr Zelensky accuse Moscou de vouloir « l'escalade », au moment même où les négociations de paix portées par les États-Unis semblent patiner et où l'Ukraine, à court d'intercepteurs de missiles, peine chaque nuit davantage à protéger ses civils. Depuis le début de l'été 2026, les frappes russes sur la capitale se sont multipliées et intensifiées, chacune plus meurtrière que la précédente sans qu'aucune ne marque de tournant décisif sur le terrain. Ce 20 août n'est ni la première, ni la dernière nuit de ce genre : c'est un maillon de plus dans une guerre d'usure qui continue de s'abattre sur les civils, loin des lignes de front. Quelques semaines plus tôt, le 3 juillet 2026, Kyiv avait déjà subi la frappe la plus massive de toute la guerre, avec un bilan de 30 morts et près d'une centaine de blessés. Ce « carnage » répété, nuit après nuit, dessine moins une bataille qu'une routine macabre, où chaque photographie devient l'archive d'un quotidien que l'on voudrait croire exceptionnel, et qui ne l'est plus.


Jean-Marc Adolphe

Francisco Seco est photographe pour l'agence Associated Press. Né aux Canaries, en Espagne, en 1974, ce photojournaliste autodidacte est diplômé de sociologie de l'université de La Corogne (2000). Il débute sa carrière à Madrid en 2004, avant de s'installer à Lisbonne en 2010, où il devient correspondant freelance pour AP tout en collaborant avec El País et l'édition internationale du New York Times. Il rejoint l'équipe de l'agence à Bruxelles en 2018, puis en devient le chef photographe en Turquie à partir de 2021, où il est aujourd'hui basé à Istanbul.


Francisco Seco couvre indifféremment le sport, la politique, les catastrophes naturelles, les crises migratoires et la vie quotidienne à travers l'Europe et le Moyen-Orient. Il documente la guerre en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en 2022, ainsi que les tensions autour du programme nucléaire iranien. Il a également couvert quatre éditions des Jeux olympiques (Tokyo, Pékin, Paris et Milan-Cortina), la Coupe du monde 2018, la pandémie de Covid-19 en Italie et en Belgique, et le séisme de 2023 en Turquie. Son travail sur les Jeux de Paris 2024 lui a valu le prix du meilleur portfolio décerné par les rédacteurs sportifs d'Associated Press.

Oleksandr Hnatiuk, 57 ans, agent de sécurité d'un parking, fume une cigarette devant la cabine où il a été blessé lors d'une attaque russe menée pendant la nuit à l'aide de missiles et de drones, à Kyiv, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP


Des personnes réfugiées dans une station de métro lors d’une attaque russe nocturne, à Kyiv, tôt dans la matinée du jeudi 20 août 2026.


Une femme se tient près d’un cratère laissé par une attaque russe nocturne, à Kyiv, en Ukraine, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP.


Une femme dont le petit-fils a été tué lors d’une attaque nocturne menée par des missiles et des drones russes est assise sur un banc

devant des immeubles d’habitation fortement endommagés à Kyiv, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP.


Un habitant se tient près de voitures détruites après une attaque russe menée pendant la nuit à l'aide de missiles et de drones,

à Kyiv, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP.


Un homme se tient près de débris et de voitures détruites après une attaque russe menée pendant la nuit à l'aide de missiles et de drones,

à Kyiv, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP.


Un jeune enlève des débris éparpillés à côté de voitures détruites lors d'une attaque russe menée pendant la nuit à l'aide de missiles

et de drones à Kyiv, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP.


Une femme marche au milieu des débris à la suite d'une attaque russe menée pendant la nuit à l'aide

de missiles et de drones à Kyiv, le 20 août 2026. Photo Francisco Seco / AP.


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1 commentaire


yanitz2018
yanitz2018
22 août

Et la vie continue, peut-être "plus forte"

La photo de cette femme en robe de soirée et talons haut vaut plus qu'un long discours.

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