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FSDP work in progress

31 juillet FSDP en cours EXERGUE « L’information, ce n’est pas ce qui est vrai, c’est ce qui est publié. (…) La politique, une bataille qui s'est livrée sur les places publiques pendant des siècles, est aujourd'hui une guerre des récits qui se déroule sur les écrans des smartphones, avec des stratégies élaborées à partir de l'analyse des données numériques et du suivi des algorithmes. » Carlos Suárez Rojas, « gourou du marketing politique », directeur de l’agence Estrategia & Poder, responsable de la campagne du candidat d’extrême droite Abelardo De la Espriella, qui a remporté l’élection présidentielle en Colombie. Gagner la « guerre des récits » ? Innover ? L’article 13 du décret n° 2012-484 du 13 avril 2012, modifié par le décret n° 2016-1161 du 26 août 2016, précise que peuvent bénéficier des aides du fonds stratégique pour le développement de la presse « les projets représentant une innovation pour l’activité des entreprises et des agences de presse concernées, notamment technologique, de contenu, de procédé, d’organisation ou d’usage ». Avec quelques collaborateurs-associés[1], j’ai créé voici un peu plus de cinq ans les humanités, d’abord qualifié de « média alter-actif », puis de « journal-lucioles ». Dans l’éditorial fondateur[2], j’écrivais que les humanités avaient pour projet « d’inventer le journalisme du 21e siècle ». Je ne peux expliquer en quelques mots ce que recouvre une telle déclaration, et conçois qu’elle puisse paraître exagérément prétentieuse, a fortiori pour un organe de presse édité par une association-loi 1901, dont le modèle économique a reposé jusqu’à aujourd’hui sur un bénévolat total de ses journalistes, auteurs et concepteurs, sans paywall ni recours à la publicité. Fort d’une longue expérience journalistique (j’ai notamment créé et dirigé pendant vingt ans la revue culturelle Mouvement, qui s’est dotée dès 2001 d’un site internet avec un contenu spécifique, différent de celui de la revue-papier), je dis volontiers qu’aujourd’hui, même sur internet, je continue à faire de la presse écrite – ce qui n’empêche nullement les apports graphiques, iconographiques, etc. Je persiste à parler d’articles (ou de publications) plutôt que de « contenus », de photographies ou d’illustrations plutôt que de « visuels ». Bien sûr, les humanités est aussi présent – modérément – sur les réseaux sociaux, ou sur une plateforme comme You Tube. Il est difficile d’y échapper. Pourtant, il faut encore innover. Innover pour vivre encore : grandir en qualité et en pertinence, gagner en audience, transformer notre modèle économique pour pouvoir salarier et construire notre développement. Au-delà de ces objectifs d’entreprise, l’innovation contenue dans le projet soumis au Fonds stratégique pour le développement de la presse – à la fois « technologique, de contenu, de procédé, d’organisation ou d’usage », et dont nous espérons qu’il soit jugé digne de présenter « une véritable innovation à l’échelle du secteur » – répond à un double impératif, journalistique et politique. L’information à l’ère de l’IA Alors que la « révolution de l’Internet » s’est accomplie sur plusieurs années, le surgissement de l’IA générative est venu bousculer en quelques mois, sans crier gare, tout l’écosystème informationnel. Certains « médias » sont déjà « écrits », en totalité ou en partie par l’IA, à laquelle pourraient être déléguées certaines tâches de secrétariat de rédaction – comme au sein du groupe de presse professionnelle Infopro Digital –. Pour les métiers de l’information, l’IA peut représenter un danger de premier ordre. Mais elle peut aussi, et simultanément, offrir une opportunité. En 2023-2024, j’ai été invité par l’association Média-Tarn, dans le Tarn, à conduire pendant six mois une résidence de journalisme sur l’IA. Exercice passionnant qui a permis, notamment auprès d’un public de collégiens, d’expérimenter certains outils – à l’époque essentiellement ChatGPT et Midjourney –, pour en évaluer les possibilités et les limites. J’ose dire que ce fut, sur un temps long, un formidable atelier d’éducation aux médias, dont est issu un magazine de 64 pages[3]. J’ai moi-même beaucoup appris de cette expérience, sur les difficultés et capacités, pour le journalisme, de rivaliser avec de tels outils. En quoi l’IA peut-elle également représenter un défi politique – ou, si l’on préfère, démocratique – ? L’IA n’est pas « le diable » à elle seule. Mais, sur un terrain déjà existant – la viralité des réseaux sociaux, la multiplicité des fake news, etc. –, elle peut venir décupler de façon exponentielle une redoutable « force de frappe ». Un exemple vient d’en être apporté par la récente élection présidentielle en Colombie, remportée par un candidat d’extrême droite, Abelardo De la Espriella, qui était totalement inconnu des Colombiens un an auparavant. Mon enquête (reprise par une partie de la presse colombienne !) a montré que cette campagne avait été entièrement conçue par et avec l’IA, sous la responsabilité d’un « gourou du marketing politique », Carlos Suárez Rojas, qui proclame fièrement : « L’information, ce n’est pas ce qui est vrai, c’est ce qui est publié ». En 2019, il avait écrit un ouvrage (réédité et complété en 2022) intitulé Champs de bataille dans la lutte politique, qui promettait de révéler « comment la politique, une bataille qui s'est livrée sur les places publiques pendant des siècles, est aujourd'hui une guerre des récits qui se déroule sur les écrans des smartphones, avec des stratégies élaborées à partir de l'analyse des données numériques et du suivi des algorithmes ».[4] La campagne présidentielle colombienne a été inondée de fake news, générées par un site internet vraisemblablement domicilié en Argentine, qui n’a cessé de distiller des « preuves » entièrement fabriquées, pour discréditer d’autres candidats, de gauche comme de droite modérée. Les médias traditionnels ont été obligés d’en parler, tentant de démêler le vrai du faux. Mais en Colombie, selon le dernier rapport du Digital News Report du Reuters Institute, la confiance dans les médias traditionnels ne dépasse pas 25%. A l’échelle mondiale, selon ce même rapport, seuls 37 % déclarent « faire confiance aux informations ». Pour la première fois, en 2026, les réseaux sociaux et les plateformes vidéo sont devenus la source d'information la plus utilisée, surpassant les sites web et la télévision[5]. Dans un tout autre registre, j’ai été frappé par les nombreux commentaires (sur les réseaux sociaux) qui ont suivi l’interruption du « spectacle » de Barbara Butch à Grenoble. Pour ces commentateurs, en général proches de La France insoumise, non, Barbara Butch n’a pas été attaquée parce qu’elle est juive, mais en raison de ses « positions politiques » : non seulement parce qu’elle a signé une tribune, mais parce qu’elle « soutient Israël » voire « un État génocidaire ». Pourtant, aucune déclaration de Barbara Butch ne permet d’étayer de telles affirmations, et lorsque j’ai demandé à ces commentateurs (sur Facebook) quelles étaient leurs sources, je n’ai eu aucune réponse. Et j’ai noté à quel point les mêmes « éléments de langage » se répétaient à l’identique, d’un commentaire à l’autre. Quels algorithmes favorisent une telle viralité mensongère – et parfois délatrice et haineuse ? Pour pouvoir remonter à la source d’un « copy-pasta », il conviendrait de se doter d’un outil de détection algorithmique[6]. Il est sans doute inutile d’ajouter à ce tableau ce que tout le monde sait déjà, concernant les trolls du Kremlin : la désinformation est devenue un axe majeur des « guerres hybrides ». L'opération Doppelgänger, révélée en 2022 par EU DisinfoLab puis documentée par VIGINUM, en offre une illustration éclairante[7]. Fin 2025, une déclinaison plus insidieuse de ce mode opératoire est apparue : selon une enquête de Recorded Future, un réseau attribué à John Mark Dougan — ancien shérif adjoint de Floride réfugié à Moscou depuis 2016 — a créé plus de 200 faux sites entre janvier et septembre 2025, dont 141 se présentant comme des médias locaux français ; ils ont publié plus de 4 000 articles insérant une ligne pro-Poutine dans des contenus repris de la presse locale, avant que le rythme ne s'intensifie encore à l'approche des élections municipales de mars 2026, avec plus de 5 000 articles publiés depuis la seule fin octobre. Certains médias, heureusement, ont fait de la vérification des faits une arme éditoriale à part entière. Je crains que ça ne suffise pas. Je crois que le journalisme doit renouer beaucoup plus vigoureusement avec l’investigation. Mais une enquête prend du temps, donc coûte cher, raison pour laquelle certains patrons de presse ont réduit cette voilure, vidant ainsi le journalisme de sa substance intrinsèque. Journalisme en sources ouvertes A ce stade, je dois évoquer une enquête marquante pour les humanités, la première à avoir documenté les déportations d’enfants ukrainiens en Russie et à avoir « distingué » le rôle central de Maria Lvova-Belova, commissaire présidentielle russe aux droits de l’enfant – aujourd’hui sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale[8]. J’ai bien sûr contacté des journalistes ukrainiens, et russes, d’opposition, en exil (Meduza, Dojd TV), qui, au début, n’avaient guère d’informations précises sur le sujet. J’ai créé plusieurs alertes Google en russe, avec les mots Украина (Ukraine), Беженцы из Украины (Réfugiés Ukraine), puis Дети-беженцы из Украины (Enfants Réfugiés Ukraine). Très vite, j’ai commencé à recevoir une centaine d’alertes quotidiennes. J’ouvrais chaque lien, et traduisais. 99% de ces liens n’apportaient aucune information intéressante. Mais dans le 1% restant, souvent émanant de « petits » médias russes locaux, j’ai déniché les premières informations. Le coût d’une telle enquête : 20 € par mois (abonnement à DeepL pour la traduction) et… un certain nombre de nuits blanches bénévoles. Je ne savais pas, à l’époque, que j’étais en train de me former au journalisme en sources ouvertes, qui est devenu depuis une « marque de fabrique » des humanités. J’ai bricolé, à l’époque, ma propre veille éditoriale, au fur et à mesure que je repérais des médias, sites internet et y compris comptes sur des réseaux sociaux – principalement Telegram, pour la partie russe -, écartant ceux jugés peu fiables ou carrément propagandistes. Depuis, cette méthode – affinée même si très artisanale – a permis de conduire avec succès d’autres enquêtes – dont celle sur l’élection colombienne. Jadis, les principales sources d’information des médias pouvaient reposer sur des correspondants – locaux ou internationaux – et des dépêches d’agences. Fort heureusement, c’est encore le cas. Mais certains outils d’IA permettent aujourd’hui de compléter cette base (non de la remplacer). Face aux « réseaux sociaux » et à leur puissance virale[9], le journalisme a hélas quelques longueurs de retard, et il sera toujours plus facile et plus rapide de cliquer-partager un contenu non sourcé que de vérifier une information. Mais là où une enquête rigoureuse aurait pu prendre plusieurs semaines, l’IA peut permettre de gagner un temps précieux. À condition de se doter de certains outils et d’en maîtriser les usages. Or, dans la « guerre des récits »[10] qui a déjà commencé, le temps est une arme précieuse. Comment passer d’une veille éditoriale artisanale à un « système » assisté par l’IA, capable à la fois de permettre à une rédaction d’être plus réactive, d’augmenter la productivité éditoriale et de conforter le modèle économique d’un média vraiment indépendant, tel est l’enjeu du projet innovant que je viens ici présenter pour les humanités. Ce projet, j'y travaille depuis xxxx à compléter V1 Jean-Marc Adolphe, 31 juillet 2026 A compléter Projet OSINT éditorial et veille cross-sources Les Humanités, bref topo xxxx Approche éditoriale et modèle économique xxxxx Projet de développement xxxxxxxxx Un usage innovant de l’IA pour élaborer une veille informationnelle cross-sources xxxx Approche méthodologique xxxx Outils de veille éditoriale et monitoring xxxx Outils open source pour le journalisme d'investigation xxxx En résumé : les humanités vise à devenir un média de référence en journalisme en sources ouvertes, en s’appuyant sur l’innovation éditoriale, technologique et participative. Le modèle éditorial innovant, qui permettra un développement significatif des humanités, sera basé sur une veille informationnelle cross-sources, globale et structurée, s’appuyant sur des outils d’IA (Meltwater, Mention, Hootsuite, Flint.media, News API, DocumentCloud, Bellingcat, etc.) pour collecter, trier et analyser l’information issue de sources variées et fiables, avec un traitement éditorial permettant ensuite de produire un contenu approfondi et engagé. La rédaction des humanités entend ainsi contribuer à une information indépendante, pluraliste et approfondie, accessible à tous, en phase avec les enjeux contemporains du journalisme. Étapes de développement xxxx [1] Michel Strulovici (journaliste honoraire ex grand reporter à L’Humanité puis rédacteur en chef à Antenne 2, maître de conférences à Science Po et enseignant en journalisme au CIFAP), Isabelle Favre (docteure en géographie, EHESS), Caterina Zomer (juriste, journaliste en formation), Nadia Mével (journaliste en PQR), Malena Hurtado-Desgoutte (lycéenne, co-rédactrice en chef d’un média lycéen), Isabelle Françaix (photographe-écrivaine), Nicolas Villodre (critique et historien de la danse et du cinéma), Jean-Gabriel Cosculluela (poète et éditeur), Maria Damcheva (traductrice), Ana Milena Romero Gamez (étudiante en journalisme en Colombie), et Nicole Durieux-Silberstein (chargée d’administration, conseillère en projets artistiques et culturels). [2] https://www.leshumanites-media.com/post/un-journal-lucioles [3] https://www.leshumanites-media.com/post/chatgpt-fais-moi-un-devoir [4] « Colombie : le récit d'une élection volée (comment hacker la démocratie) « : https://www.leshumanites-media.com/post/colombie-election-volee [5] https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2026/dnr-executive-summary [6] De tels outils existent déjà. Une équipe de chercheurs a formalisé en 2023 la « méthodologie 3Δ-space », qui calcule trois distances entre paires de messages (sens, orthographe/formulation, langue) pour distinguer traduction, reformulation et copier-coller purs et repérer ainsi les duplications suspectes issues de campagnes d'influence. Il n’existe toutefois, pour un média comme les humanités, aucun outil « clé en main » : les outils gratuits (Hoaxy/OSoMeNet, BotSlayer) sont limités depuis les restrictions d'accès aux API de X depuis 2023, les outils étatiques ne sont pas accessibles, et les solutions commerciales sont coûteuses. L’un des axes de développement de notre projet sera de concevoir un outil open source, dimensionné pour un petit média, combinant analyse sémantique (similarité de sens) et repérage de duplication de formulations, sur le modèle de la méthodologie 3Δ-space, appliqué à une veille en sources ouvertes. [7] Pilotée techniquement par la Social Design Agency, une officine russe identifiée par les services français, elle consiste à cloner l'identité graphique de grands médias — Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, La Croix, 20 Minutes, Libération — sur des noms de domaine typosquattés (liberation.ltd, lacroix.cam...), chacun hébergeant une vingtaine de faux articles avant d'être remplacé par un autre site quelques jours plus tard. VIGINUM a recensé 355 noms de domaine usurpant ainsi l'identité de la presse française, relayés par plus de 3 000 comptes Twitter et une campagne publicitaire Facebook ayant touché 7,6 millions d'utilisateurs — une ampleur qui a valu des sanctions européennes contre cinq entités et sept individus, et la saisie de 32 domaines par le FBI. [8] « L'enquête qui a la première révélé en France la déportation des enfants ukrainiens en Russie et Biélorussie. Depuis le début de la guerre, un journaliste précurseur, Jean-Marc Adolphe, développe sur leshumanites-media.com, l'investigation pointue qui a catalysé en France la prise de conscience de l'existence du transfert d'enfants, de sa nécessaire qualification en génocide et l'appel à l'action à un niveau médiatique, politique et humanitaire ». https://www.pourlukraine.com/le-genocide-russe-en-ukraine/enfants-deportes/enquete-les-humanites [9] Il est intéressant de noter dans le dernier baromètre annuel sur les usages numériques, publié par l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques), que l’engouement des Français pour les réseaux sociaux ne faiblit pas. Mais, comme dans d’autres pays européens, la consommation passive devient la norme : à peine plus d’un usager sur dix cite encore la publication de contenu parmi ses usages, une part qui recule année après année. https://www.arcep.fr/actualites/actualites-et-communiques/detail/n/equipements-et-usages-du-numerique-090226.html [10] J’invite à lire à ce sujet « La persistance du récit », un texte de l’écrivain Salman Rushdie, alors inédit en français que j‘avais, avec l’autorisation de l’auteur, traduit et publié en mai 2021, au tout début des humanités. https://www.leshumanites-media.com/post/salman-rushdie-in%C3%A9dit-la-persistance-des-contes Ce qui reste à compléter (sur la plateforme du FSDP) Fiche descriptive du service de presse en ligne Tableau des dépenses prévisionnelles Tableau des dépenses internes xxx Tableau de viabilité et rentabilité du projet Tableau de financement du projet

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