Reconstruire. Urgence et solidarité Colombie
- Jean-Marc Adolphe

- 15 août
- 12 min de lecture

A Pereira (Colombie), une secouriste de la Croix Rouge dans les décombres d'un immeuble effondré, le 11 août 2026.
Photo Associated Press.
Lundi 10 août 2026, 7 h 34 : la terre tremble dans l'ouest de la Colombie. Cinq jours plus tard, le bilan s'alourdit — 281 morts, 379 disparus, plus de 100 000 personnes affectées. Derrière la catastrophe naturelle, une autre réalité : un pays riche que la pauvreté organisée rend vulnérable, un président qui trie ses secours, et un silence français gêné. Face à cela, des ONG, des associations et des communautés locales organisent, elles, une réponse concrète — et ici, un appel aux dons pour reconstruire ce qui peut l'être.
Solidarité Colombie. Pour reconstruire, cagnotte solidaire. Faire un don :
(dons à montant libre, défiscalisables à hauteur de 66%)
Terremoto
Lundi 10 août 2026. 7 h 34 (heure locale). La terre tremble. Séisme. En espagnol : terremoto.
Samedi 15 août 2026, ce n'est pas l'assomption pour tout le monde. Dernier bilan en date : 281 morts, 379 personnes portées disparues, 3 971 blessés, 44 936 familles et 102 105 personnes affectées, 65 841 logements endommagés et 10 677 logements détruits, etc.
Le nom de Colombie
Colombie. Le nom vient d'un certain Cristóbal, qui n'a en réalité jamais posé le pied sur le territoire actuel de la Colombie, se contentant d'en effleurer la côte caraïbe lors de son quatrième et dernier voyage, en 1502. C'est le révolutionnaire vénézuélien Francisco de Miranda qui invente le nom vers 1806, en imaginant un vaste État hispano-américain indépendant qu'il baptise "Colombia" en hommage au navigateur. Avant cela, le territoire s'appelait Nouvelle-Grenade, du nom donné par l'explorateur espagnol Gonzalo Jiménez de Quesada en souvenir de sa ville natale.
Mais même si le choix de "Colombie" a été choisi par les artisans de l'indépendance eux-mêmes, il y a quelque chose à réparer de la conquista espagnole (1492-XVIIe siècle) qui a provoqué un effondrement démographique sans précédent : la population des Amériques a chuté de 50-60 millions d'habitants en 1492, à un peu plus de 5 millions vers 1650... Les causes sont multiples : choc microbien (variole, rougeole, typhus, grippe — maladies contre lesquelles les populations amérindiennes n'avaient aucune immunité), massacres et violences de la conquête, travail forcé dans les mines et les encomiendas, désorganisation des structures agricoles et familiales, etc.
Raphael Lemkin, inventeur du terme "génocide", et plusieurs chercheurs contemporains qualifient cet épisode de premier acte de génocide à grande échelle de l'époque moderne.
Un pays riche et pourtant pauvre
Un tremblement de terre, c'est une "catastrophe naturelle". Ce qui est moins naturel, c'est l'état de pauvreté-précarité dans lequel sont maintenus les trois quarts de la population colombienne. Second pays au monde en termes de biodiversité, la Colombie devrait être un pays riche. De fait, la Colombie regorge de richesses, naturelles, culturelles, humaines. Mais celles-ci sont captées par les héritiers des conquistadores de jadis, au premier rang desquelles certaines multinationales états-uniennes (lire ou relire Les veines ouvertes de l'Amérique latine, d'Eduardo Galeano).
La gente de bien, comme on dit en Colombie (c'est à dire la bourgeoisie blanche, fortunée, au pouvoir depuis des lustres) n'a guère eu à souffrir du terremoto. Ce sont les quartiers pauvres, souvent des habitats informels, qui concentrent la plupart des victimes. Et ces gens-là ne sont évidemment pas assurés. En quelques minutes, au matin du 10 août, des milliers de personnes ont tout perdu. Le nouveau président d'extrême droite, Abelardo De la Espriella, dont les humanités ont raconté dans quelles conditions il a été élu (ICI) a promis, avec un énorme culot, « des subventions pour le loyer et des solutions de logement pour les familles sinistrées » et « des allégements temporaires sur les services publics pour les foyers touchés ». Tout cela est faux. Des « allégements temporaires sur les services publics » ? En Colombie, tout est privatisé : l'eau, le gaz, l'électricité... Mais aussi l'éducation et la santé.

Le nouveau président colombien Abelardo De la Espriella, d'extrême droite, s'est illustré en refusant
que des équipes de secouristes étrangères puissent intervenir en Colombie.
Le président qui refuse les secours
Le même Abelardo De la Espriella a refusé l'aide de secouristes internationaux, sauf ceux venus de pays à gouvernement fascisant : Équateur et Salvador, Chili, États-Unis et Israël (voir article du Figaro). On ne peut pas blâmer la France de n'avoir point envoyé de secouristes : le tout nouveau gouvernement colombien d'extrême droite ne les a pas sollicités.
En revanche, à l'instar de l'Union européenne, de la Grande Bretagne et de la Suisse, la France d'Emmanuel Macron avait la possibilité de décider spontanément l'envoi d'une aide humanitaire. Cela n'a pas été fait. C'est d'autant plus choquant qu'en mai 2021, le même Emmanuel Macron avait refusé de condamner la très brutale répression du mouvement social — contrairement à la plupart des instances internationales. Pire, même, Emmanuel Macron, son Premier ministre (Jean Castex) et son ministre des Affaires étrangères (Jean-Yves Le Drian), s'étaient alors d'empressés de confirmer l'accord de coopération politique et militaire entre la France et la Colombie (voir sur Médiapart : "Colombie : la France approuve le massacre en cours" (ICI).

En novembre 2021, quelques mois après la brutale répression du mouvement social en Colombie, Emmanuel Macron
recevait très chaleureusement à l’Élysée son homologue colombien Iván Duque. Photo Présidence de la République.
Début novembre 2021, cinq mois après le massacre qui a fait 83 morts pendant les manifestations, 96 victimes de violences oculaires (yeux crevés ou endommagés par des projectiles), 35 victimes de violences sexuelles commises par la force publique, 1 661 victimes de violences physiques policières et 2 053 détentions arbitraires de manifestants (selon un rapport à la Commission interaméricaine des droits de l'homme), Emmanuel Macron recevait en grande pompe à l’Élysée l'alors président colombien Iván Duque, et annonçait à cette occasion plus de 2 milliards d'euros d'investissements d'entreprises françaises en Colombie (notamment technologiques). « Je veux vraiment ici saluer un ami de la France, des valeurs démocratiques, un ami de la paix et du développement économique », s'enthousiasmait alors sans la moindre vergogne Emmanuel Macron (ICI).
"Vergüenza" : la honte
Cinq ans plus tard, après le tremblement de terre qui vient de frapper la Colombie, le site internet de l'ambassade de France n'affiche aucun mot de compassion pour les victimes, juste un "Manuel de sécurité et fiches pratiques en cas de crise ou de séismes" à destination des ressortissants français. "Honte", en espagnol se dit vergüenza. C'"est la même origine étymologie que "vergogne" en français, "vergogna" en italien, "vergonha" en portugais et en occitan, "vergonya" en catalan.
Seules les ONG déjà implantées en Colombie portent une réponse française : Médecins du Monde à Quibdó et Bogotá, le Secours populaire français qui a débloqué 50 000 € de son fonds d'urgence dès le 12 août, pour soutenir son partenaire local de Medellín dans l'organisation des secours, à court et long terme, et Action contre la Faim, déjà présente dans la région, a lancé son intervention dans le Chocó dès le 11 août : l'ONG disposait sur place de 772 kits d'hygiène, 470 systèmes de filtration d'eau, une station de traitement pour 2 000 personnes, 324 colis alimentaires et 200 kits d'hébergement, avec la capacité d'effectuer jusqu'à 550 transferts monétaires aux familles touchées.
D'autres actions, plus discrètes, sont en cours. L'association toulousaine Crear escuela est engagée depuis quinze ans auprès des communautés wayuu de La Guajira, dans l'extrême nord de la Colombie, à la frontière du Venezuela, comme les humanités l'ont raconté en janvier dernier (ICI). Dans une région quasi désertée par l'État, minée par la corruption, l'extrême pauvreté et le racisme envers les populations autochtones et afro-colombiennes, le projet a consisté à soutenir la création d’une école, qui porte l’espoir d’un accès à une éducation digne pour les enfants des communautés wayuu.

Enfants de la Cachaca III, dans le département de la Guajiria, en Colombie, en janvier 2026.
Photo Liliane et Claude Bernhardt / Crear escuela
A l'ouest du pays, sur la côte Pacifique, bordant le Panama, le Chocó est le département le plus pauvre de Colombie. C'est là que se situait l'épicentre du séisme. Le Chocó est habité en grande partie par des afro-colombiens et par des autochtones Emberas. Les secours y sont difficiles : pas d’aéroport, routes en très mauvais état, fortes chaleurs et pluies tropicales. La ville de Buenaventura (dans le département du Valle del Cauca, frontalier du Chocó) a été tout particulièrement touchée.
Solidarités en actes
Les habitants de Buenaventura dénoncent la négligence chronique de l'État : Alfonso Grueso, président de l'Association des conseils d'action communautaire, estime que dans le seul Barrio Oriente, environ 750 résidents (près de 15 % de la population du quartier) ont vu leur logement endommagé. La gouverneure du Valle del Cauca, Dilian Francisca Toro, a signalé que certains quartiers comptaient des dizaines de maisons effondrées sur un seul pâté d'immeubles, tandis que les équipes continuaient d'évaluer lesquelles pourraient être réparées ou devraient être démolies.
Avec d'autres association et collectifs, Crear escuela se joint à une association artistique de Colombiens vivant à Toulouse — le Collectif Artistique Anacaona — pour venir en aide, en urgence. Une collecte de dons a été lancée : https://www.onparticipe.fr/c/FQ4hNmP0. Les fonds seront directement versés à une organisation sociale qui travaille au développement communautaire et à la construction de la paix dans le Choco, la la fondation Manglar Innato de Buenvantura : https://www.manglarinnato.org/

Le 3 avril 2017 à Ibagué (Tolima), réunion préparatoire à la toute première édition d'un festival des humanités.
A droite, au premier plan (en rouge) : Ana Milena Romero Gamez, assistante sur ce festival.
Dans l'élaboration des humanités, nous avons parfois recours à des correspondant·e·s qui nous aident à glaner des informations que l'on ne trouve pas nécessairement dans la presse ni même sur les réseaux sociaux. Ce fut le cas en Ukraine et en Russie pour compléter l'enquête sur les déportations d'enfants ukrainiens, en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour documenter le glissement de terrain meurtrier survenu en mai 2024 (enquête exclusive ICI), ou encore en Géorgie lors des manifestations pro-européennes de mai 2024. C'est une spécificité des humanités : sans qu'il soit besoin de partir en reportage (ce dont nous n'avons de toute façon pas les moyens), nous conjuguons une pratique affûtée d'un journalisme en sources ouvertes et des témoignages ou informations recueillis à même le terrain par des "témoins" (pas nécessairement journalistes).
Et cela a commencé avec la Colombie, au tout début des humanités, en mai 2021. Grâce à plusieurs correspondant·e·s, nous avons pu "couvrir", comme aucun autre média ne l'a fait, le mouvement social qui avait alors secoué le pays, et la très brutale répression qui s'ensuivit.
Trois de ces correspondantes, avec lesquelles contact a été gardé, ont été affectées par le séisme qui vient de frapper la Colombie. La première, Nicholle H., vit à Cali. Depuis le 10 août, nous sommes sans aucune nouvelle d'elle. Est-elle encore en vie ? On ne sait pas. Pas encore d'inquiétude démesurée : elle s'est fait voler voici peu son téléphone portable, il est donc possible qu'elle n'ait pas encore été en mesure d'envoyer un signe de vie.

Paula P. (photo ci-contre) vit à Manizales, capitale du département de Caldas, perchée sur la cordillère Centrale des Andes, à proximité du volcan Nevado del Ruiz. La ville constitue le cœur de l'Eje cafetero (l'"axe caféier"), cette région du centre-ouest colombien réputée pour sa production de café de haute qualité et ses paysages de montagne.
Manizales est en outre reconnue pour une vie culturelle particulièrement dense : la Feria de Manizales (avec son Reinado Internacional del Café et ses corridas), un Festival international de théâtre — l'un des plus importants d'Amérique latine —, et le Festival Manizales Grita Rock. La manifestation la plus importante, mondialement connue, est le Festival International de l'Image, fondé en 1997 par le Département de design visuel de l'Universidad de Caldas. L'édition 2026 devait se tenir du 11 au 18 septembre, sur le thème "Des images qui nous font réfléchir : 25 ans d'art, de design, de science et de création pour des avenirs possibles" (ICI).
On ne sait pas encore si le festival pourra être maintenu. Le bilan du séisme à Manizales fait état de 79 morts, 278 blessés et plus de 4 000 sinistrés. Paula devait rendre compte pour les humanités du Festival de l'Image — comme elle nous avait aidé à "couvrir" en octobre 2024 la COP 16 Biodiversité qui s'était tenue à Cali. Mais pour l'heure, Paula et son fils de 4 ans fait partie des 1 150 familles qui, à Manizales, ont perdu leur logement.
Au moins est-elle en vie, et c'est une sorte de miracle. Prévenue par une "alerte séisme" sur son portable, elle a tout juste eu le temps de rassembler quelques affaires, de réveiller son fils qui, à 7 h 30, dormait encore, et de sortir au plus vite. Cinq minutes plus tard, elle a vu s'effondrer l'immeuble où elle habitait. Nous avons pu la joindre le soir même. Au téléphone, on entendait en fond sonore le brouhaha des voix qui l'entouraient, de personnes qui, comme elles, ont tout perdu, ne sachant où dormir. Et dans ce chœur du désastre, une voix, celle de Paula, incroyablement calme, posée. En un mot : digne.
Dignidad, por favor
Dignité, dignidad. Ce fut le maître mot du mouvement social du printemps 2021. A Cali, des jeunes gens des quartiers populaires avaient réussi à s'emparer de postes de police, qu'ils avaient transformés en bibliothèques communautaires. L'une d'elle ait été baptisée "bibliothèque de la dignité" (ICI). C'est ce désir de dignité (le droit à la santé, à l'éducation, à la culture) que le gouvernement colombien de l'époque a choisi de réprimer dans le sang, avec la complicité "politique et militaire" de la France d'Emmanuel Macron.
Le mot de "dignité" s'impose aussi pour évoquer Milena, la plus constante correspondante des humanités en Colombie. Avec elle, c'est déjà une longue histoire, qu'il me faut raconter à la première personne. En 2017, je fus invité à Bogota par le Mapa Teatro, pour assister à un atelier qui réunissait de jeunes artistes de toute l'Amérique latine. L'atelier durait une semaine, mais j'ai choisi de séjourner un mois entier en Colombie, notamment pour rendre visite à l'ami Bruno Tackels, qui s'y est installé en philosophe des oliviers (voir ICI). Il me restait quand même du temps libre. De ma vie, je n'ai jamais fait de "tourisme". J'ai alors eu une bien étrange idée : organiser en Colombie un "festival des humanités", projet refusé en France par la totalité des institutions culturelles auxquelles je l'avais proposé — le projet consistant notamment à établir une programmation en co-construction avec des personnes qui ne fréquentent ni théâtres, ni lieux d'art, je fus accusé sans autre forme de procès de « démagogie ». Le partage du sensible, comme dit le philosophe Jacques Rancière, tout le monde est d'accord... à condition que seuls quelques-uns en décident. Sinon, il faut « sensibiliser » le « non-public », c'est l'une des missions ardemment promue par le ministère de la Culture.

Le festival des humanités, à Ibagué (Colombie), les 7 et 8 avril 2017
L'intuition m'a guidé jusqu'à Ibagué, ville d'environ 500 000 habitants dans la région du Tolima (berceau des mouvements d'auto-défense paysans d'où a émergé la guérilla marxiste des FARC). qui passe pour être la captale musicale de Colombie. Le plus simplement du monde, le directeur du Teatro Tolima (500 places) a mis à disposition le théâtre, gratuitement, pour le "festival des humanités". En parler plus longuement excéderait le cadre de cette publication. Pour organiser dignement ce festival, il fallait un·e assistant·e à Ibagué, où je ne connaissais strictement personne. Le hasard m'a fait rencontrer Milena. Elle avait 19 ans et déjà deux enfants en bas âge, de trois ans (Dylan) et un an (Luciana).
Je lui ai demandé pourquoi, comment (les enfants, si jeune). Je crois avoir été l'un des premiers avec qui, en confiance, elle s'est libérée d'un lourd secret. Abus sexuels dans le cadre familial, entre ses 8 et 13 ans. Dès qu'elle a pu fuir cet enfer domestique, elle est partie, avec un garçon un peu plus âgé qu'elle qui est devenu le père de ses enfants, avant de se transformer à nouveau en bourreau. Et à nouveau Milena est partie, avec ses deux enfants, sans ressources. En quittant Ibagué, après l'avoir remerciée pour son aide (précieuse) avant et pendant le festival, je lui ai demandé ce qu'elle aimerait faire plus tard. Elle m'a répondu qu'elle ne savait pas encore, mais qu'un jour, elle aimerait bien pouvoir reprendre ses études. Avec tout ce qui lui était arrivé, elle avait dû arrêter l'école à 14 ans. Je lui ait dit que c'était un bel objectif, et que pour ça, j'étais prêt à l'aider.
Ce qui fut dit fut fait. Chaque mois un peu d'argent pour pouvoir au moins payer un loyer et la nourriture. Je n'étais pourtant pas bien riche, mais quelques dizaines d'euros transformés en pesos colombiens, ça suffit pour faire la différence. Et Milena a repris ses études : d'abord l'équivalent de notre baccalauréat, puis une licence de psychologie. Pourquoi la psychologie, lui ai-je demandé. « Pour pouvoir aider des personnes qui, comme moi, ont souffert d'injustices », a-t-elle répondu.
Au-delà de l'aide financière, il a fallu réparer Milena en estime, lui faire entendre qu'elle n'était en rien coupable d'avoir été violée pendant cinq ans : à 8 ans, quelles armes a-t-on pour se défendre ? Je suis obligé de dire que ça a pris du temps. Et puis, quelques mois après mon départ d'Ibagué, un cancer est arrivé. Un vrai cancer. Neuf ans plus tard, le cancer est toujours là. Et en Colombie, il n'y a pas de sécurité sociale. Les traitements et opérations doivent être payés en avance, sinon c'est mourir dans le caniveau.
Avec des moments de découragement, de faiblesse physique aussi parfois, Milena se bat avec un courage exemplaire. Une dignité, oui. De loin, nous avons continué à travailler ensemble, pour les humanités. Elle se forme au journalisme. Elle apprend incroyablement vite. Elle n'a que 30 ans. Dans moins de trois ans, elle sera une très grande journaliste colombienne. Si le cancer lui en laisse le répit.

Milena, correspondante des humanités en Colombie, chez elle, à Ibagué, le 11 août 2026.
Milena n'avait pas de logement. En un an, peu à peu, elle a transformé un garage en tôles en modeste bicoque. Le séisme du 10 août a quasiment réduit à néant des mois d'effort. Mais elle a de la chance, et en est consciente. Contrairement à la maison de sa voisine, totalement écroulée, la sienne est encore debout. Certes, il n'y a plus ni eau, ni gaz, ni électricité. Certes, il n'y a plus de cuisine digne de ce nom. Certes, il y a un trou béant dans la chambre où elle dort avec des enfants. Mais, c'est la bonne nouvelle, cela peut être colmaté et reconstruit. Encore faut-il un peu d'argent, que Milena n'a pas. Beaucoup ? Cela dépend du point de vue. En tout : 2 740 euros, dont 2 320 euros de matériaux et 420 euros de main d’œuvre (deux artisans, pendant une semaine).
La cagnotte solidaire lancée ce jour vise d'abord à permettre à notre correspondante, Milena, de (se) reconstruire. Si l'objectif de cette campagne de dons est dépassé, l'excédent sera redistribué entre Paula, à Manizales, et la fondation Manglar Innato dans le Chocó.
Jean-Marc Adolphe
Solidarité Colombie. Pour reconstruire, cagnotte solidaire.
Faire un don :
(dons à montant libre, défiscalisables à hauteur de 66%)






Déjà informé à de nombreuses reprises, un véritable suivi, par le site de la RTBF, j' ai pu constater l'ampleur du séisme, le nombre grandissant jour après jour de victimes, les rescapés "miracle" et l'implacable échec des secours mis en place.
J'ai vu aussi, grâce au site, les manifestations de colère face à une armée complètement apathique.
Dans un premier temps, une armée ne se mobilisant pas pour porter secours !
Que va-t-il se passer avec un chef d'état trum$ien ? Quel avenir ?