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A Mar-a-Logo, Trump se prend une claque

Emily Gregry, la candidate démocrate qui a remporté le district de Mar-a-Logo, en Floride


Dans une élection partielle passée presque sous les radars, la démocrate Emily Gregory a ravi aux républicains le siège du district floridien qui abrite Mar-a-Lago, adresse fiscale et fief symbolique de Donald Trump. Un revers local, mais au fort parfum d’humiliation pour l’actuel président américain.

les humanités, ça n'est pas pareil.

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Aux États-Unis, une inconnue du grand public vient de décrocher un bail politique très particulier : Emily Gregory, 40 ans, cheffe d’entreprise de West Palm Beach, est devenue la nouvelle élue d’un district qui compte, parmi ses résidents, un certain Donald Trump et son club-house doré, Mar-a-Lago. Le siège, jusque-là solidement tenu par les républicains et remporté de 19 points en 2024, bascule ainsi dans le camp démocrate au terme d’une élection partielle qui ressemble à un discret mais sonore coup de pied dans les portes battantes du resort. C'est comme si, en France, Nice passait à gauche !


Emily Gregory, mère de trois enfants, petite entrepreneuse locale et spécialiste des questions de santé publique, a mené une campagne très prosaïque, presque impolie au regard de l’ego présidentiel : elle a parlé du coût du logement, des assurances, des factures du quotidien, bref de ces sujets que l’on ne règle ni à coups de tweets rageurs ni par un buffet de gala à 5 000 dollars l’assiette. Elle a répété qu’elle se voyait comme la représentante de « tous » les habitants du district, y compris celui qui a fait de Mar-a-Lago le centre autoproclamé de sa galaxie, tout en prenant soin de préciser que Trump n’était pas, pour elle, le cœur de l’élection : « c’est un électeur parmi d’autres ». Manière polie de renvoyer le président à ce statut banal que l’architecture du lieu – colonnes pseudo-palaciennes, tapis rouge et dorures à profusion – s’acharne précisément à nier.


Le symbole, lui, est moins banal : ce bout de littoral floridien, que Trump avait emporté de dix points à la présidentielle de 2024, se retrouve désormais représenté à la Chambre d’État par une élue démocrate, dans un Parlement où les républicains conservent pourtant une confortable majorité. Le président avait personnellement adoubé son adversaire, le républicain Jon Maples, présenté comme un « patriote America First », et pris soin de voter par correspondance pour lui, malgré ses diatribes répétées contre le vote par courrier. Cette fois, la carte postale de Mar-a-Lago est revenue avec un petit tampon ironique : « retour à l’envoyeur ».


Pour les stratèges démocrates, la victoire d’Emily Gregory s’ajoute à une série de succès dans des élections locales et spéciales, autant de sondes plantées dans le sol politique avant les prochaines élections de mi-mandat en novembre. Pour Trump, elle a un goût plus personnel : voir son adresse fiscale tomber dans les mains d’une élue qui a gagné en parlant de loyers, de santé et de pouvoir d’achat, c’est un peu comme découvrir qu’au club-house on sert désormais, à côté du champagne, un verre d’eau glacée, rappel discret que, dehors, la réalité sociale n’a pas grand-chose à voir avec les salons dorés de Mar-a-Lago.


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