Avec les potiers de Cisjordanie, photographies de Mahmoud Illean
- La rédaction
- il y a 1 jour
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Ahmed Fakhoury, 27 ans, utilise un tour de potier pour fabriquer des pots en argile dans un atelier de poterie traditionnel de la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 26 août 2026. Photo Mahmoud Illean / AP.
PORTFOLIO À Hébron, en Cisjordanie occupée, la famille Fakhoury tourne l'argile depuis l'époque ottomane, il y a 400 ans. De père en fils, ce clan dont le nom signifie « potier » en arabe façonne encore jarres, vases et carreaux selon des gestes séculaires. Mais la tradition s'essouffle : hausse des coûts, importations bon marché et restrictions liées à l'occupation ont fait fondre le nombre d'ateliers d'une trentaine à une poignée.
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HEBRON, Cisjordanie occupée — Dans la vieille ville d'Hébron, dans le quartier d'Al-Fahs, le crissement des roues de potier rythme encore le quotidien de la famille Fakhoury. Ce patronyme, qui signifie littéralement « potier » en arabe, résume à lui seul une histoire vieille de 400 ans, remontant à l'époque ottomane. De père en fils, sur cinq générations, les hommes de la famille façonnent l'argile selon des gestes inchangés : mélange d'une terre rouge ferreuse, la « samaka », et d'une argile blanche plus pauvre en minéraux, la « kalala », tournage sur des roues autrefois actionnées au pied et aujourd'hui électriques, puis cuisson au four. Ahmed Fakhoury, 27 ans, perpétue ainsi un artisanat que ses ancêtres pratiquaient déjà pour produire des jarres à eau et des marmites destinées aux foyers palestiniens, avant que la demande ne se tourne vers des pièces plus décoratives — vases, pots de fleurs, carreaux — vendues dans toute la Cisjordanie.
Mais cette tradition séculaire vacille. À Hébron, qui comptait une trentaine d'ateliers actifs et plusieurs centaines d'artisans avant les années 2000, il n'en reste aujourd'hui qu'une poignée. Les restrictions de circulation et de commerce liées à l'occupation israélienne, la flambée du prix des matières premières et de l'énergie, ainsi que l'afflux de céramiques importées bon marché, ont fait chuter les ventes et fragilisé un métier déjà en tension avec les modes de vie contemporains. Malgré ces obstacles, la famille Fakhoury continue de tourner, cuire et transmettre son savoir, faisant de son atelier l'un des derniers témoins vivants d'un pan de patrimoine culturel palestinien.
Mahmoud Illean
Basé à Jérusalem, Mahmoud Illean est photojournaliste pour Associated Press depuis le début des années 2010, après avoir débuté au quotidien palestinien Al-Quds. Il couvre au quotidien la vie et les tensions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est — de Ramallah à Bethléem en passant par Hébron —, alternant reportages de conflit, actualité politique et scènes du quotidien palestinien, jusqu'à des sujets plus légers comme le marathon de Palestine. Membre de la commission des libertés du syndicat des journalistes palestiniens, il a lui-même payé le prix de ce terrain : en décembre 2021, il a été violemment pris à partie par la police des frontières israélienne alors qu'il couvrait une manifestation à Sheikh Jarrah, à Jérusalem, et hospitalisé pour des blessures à la tête. Son travail, régulièrement repris par la presse internationale, se distingue par une attention constante portée aux gestes du quotidien et aux petites histoires qui traversent le grand récit du conflit — comme celle des potiers d'Hébron.

Tourner : un geste entre l'argile et l'eau

Un ouvrier palestinien porte un pot dans un atelier de poterie traditionnel, dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 26 août 2026.

Des ouvriers palestiniens surveillent un four dans un atelier de poterie traditionnel, dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 26 août 2026.

Ahmed Fakhoury, 27 ans, utilise un tour de potier pour fabriquer des pots en argile dans un atelier de poterie traditionnel,
dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 26 août 2026.

Une cuisson au soleil

A la porte du four, de main en main

Un chameau près de pots en argile traditionnels exposés à la vente au bord de la route, dans la ville de Jéricho, en Cisjordanie,
le 27 août 2026. Photo Mahmoud Illean / AP.






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