Bowling-bullshit. Essai 01
- Jean-Marc Adolphe

- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

Donald Trump gouverne comme on lance une boule de bowling : vite, fort, sans regarder les dégâts. Climat, migrants, droits fondamentaux deviennent des quilles à abattre pour le bruit et le spectacle. Reste à savoir si, face à cette logique du strike permanent, il subsistera assez de quilles debout pour rappeler qu’un autre jeu — et un autre monde — sont encore possibles.
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Certains puissants nous prennent pour des quiches. Donald, lui, nous prend pour des quilles. Alignés bien droit sur le parquet du monde, nous attendons que son bras se tende, que ses tweets-fusées et ses décrets-boulets dévalent la piste, emportant au passage climat, migrants, droits fondamentaux et un peu de dignité collective.
Un jour, c’est un décret sur le changement climatique qui fait voler en éclats des années de laborieuses négociations : accords internationaux reniés, réglementations environnementales démantelées, planète réduite au rang de décor interchangeable dans un casino à ciel ouvert. Le lendemain, ce sont les mesures anti-migrants, ces barrières administratives et symboliques qui transforment des vies en chiffres, des exils en statistiques, des visages en silhouettes floues au fond du couloir. Les frontières deviennent des rigoles où s’accumulent les quilles brisées.
Car le monde, pour Donald, ressemble à un bowling géant : une piste, un projectile, un fracas. Peu importe ce qui reste après la chute, pourvu qu’il y ait du bruit, des caméras, des applaudissements. Les forêts, les océans, les villes côtières menacées ne sont que des obstacles décoratifs à contourner d’un revers de main. Les réfugiés climatiques et politiques, eux, ne sont pas des vies mais des “pins” de trop, à faire tomber avant qu’ils ne s’approchent trop du bord.
Nous, spectateurs médusés, oscillons entre le rire jaune et la nausée. Nous voyons cette boule lancée à pleine vitesse, cette logique du strike permanent, où tout doit être renversé pour prouver sa force, quitte à transformer le futur en champ de ruines. Pourtant, au bout de la piste, il reste parfois une quille qui tient, fragile et obstinée. Elle se dresse comme un rappel : un autre jeu est possible, où l’on compterait enfin les humains avant de compter les points.
Jean-Marc Adolphe









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