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Russie : quand l'aurore a des airs de crépuscule (et autres nouvelles décousues)

Satellite russe déployé dans le cadre du projet Рассвет ("Aurore")


Chronique décousue. Moscou promet une constellation baptisée "Aurore" tandis que la Russie cale à sec et que Poutine récite la méthode Coué. A Washington, où Donald Trump compte remporter les élections de mi-mandat sans gagner, même l'oiseau national est sacrifié au nom de la propriété privée. Au fin fond des océans, les mollusques menacés d'extinction n'ont guère voix au chapitre. Et la France, au nom d’économies budgétaires, arrache à une jeune Iranienne son rêve d’études. Contrairement aux apparences, le monde tourne rond : comme un cobaye en cage.

les humanités, ça n'est pas pareil.

Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût : 


Ukraine : la guerre des satellites


« Шеф, шеф, всё не работает! » (Chef, chef, y a plus rien qui marche !)

 

En février 2026, Elon Musk coupe les terminaux Starlink déployés sur le front ukrainien. Officiellement, parce que l’usage de Starlink ne doit pas être « explicitement complice d’un acte de guerre majeur ». Plus sûrement, parce que l’armée russe utilisait des terminaux Starlink de manière détournée (contrebande, achats via pays tiers), sans payer de royalties au multimilliardaire patron de SpaceX.


Un système Internet par satellite Starlink utilisé par l'Ukraine. Photo d'archive.


Depuis lors, les commandants militaires russes tentent d’alerter la hiérarchie. Mais pour qu’une telle alerte arrive au sommet, ça prend du temps. Les oreilles du Guide suprême de la Grande Russie, dans son bunker du Kremlin, ne tolèrent qu’un seul refrain : tout va bien, voire mieux. Gare à celui qui oserait plomber l’ambiance.

 

En juin, pourtant, la nouvelle d’un déficit satellitaire dans la chaîne de commandement finit par remonter jusqu’au Boss. « А в чём проблема? » (« Il est où, le problème ? »), répond en substance Poutine. Le 12 juin, lors d’un échange retransmis avec des soldats, il assure que la Russie dispose déjà d’un système de satellites « équivalent de Starlink » et « en cours de déploiement », tout en reconnaissant que la constellation reste « tout à fait insuffisante ».

 

« Insuffisante », c’est le moins qu’on puisse dire. Le système alternatif auquel il fait allusion s’appelle Rassvet (en russe, Рассвет : "Aurore"). Et Rassvet, c’est un peu l’Arlésienne en version russe. Les premiers engins opérationnels de cette constellation de satellites en orbite basse – censée fournir un Internet haut débit « souverain » – n’ont été lancés qu’au printemps et l’exploitation commerciale n’est pas prévue avant 2027 (voir ICI, en russe).


Cela fait près de dix ans que le pouvoir russe cherche à se doter d’un réseau Internet par satellite national, capable de concurrencer les géants occidentaux : Starlink, mais aussi OneWeb – désormais contrôlé par l’opérateur européen Eutelsat, basé à Paris – avec lequel un partenariat avait été signé, avant de capoter en 2020 après les mises en garde du FSB qui classait le projet comme « menace pour la sécurité nationale ». Le Kremlin a bien tenté de pousser ses propres pions. Le projet Ether, intégré au programme spatial « Sphere », était censé regrouper plusieurs constellations. Faute d’investisseurs privés, Ether est mis au placard en 2019. En 2025, les constellations haut débit prévues dans ce programme « Sphere » disparaissent des plans officiels.


L’actuel projet Rassvet est porté par une entreprise privée : Bureau 1440, créée par l’opérateur mobile MegaFon en 2020. Sur les 16 premiers satellites lancés au printemps, un s’est déjà désintégré dans l’atmosphère. Et il faudra des centaines, voire des milliers d’engins envoyés en l’air avant que le système ne fonctionne vraiment. En attendant, ce méga‑projet satellitaire a coûté bonbon à la Russie. Sans faire preuve d’une imagination débridée, on peut deviner qu’une partie de la manne fédérale a filé dans les fouilles de certains « intermédiaires » haut placés. Il faut comprendre : un yacht, une jolie petite villa dans l’Europe décadente, ça représente quand même des frais d’entretien.


Maksut Shadayev, le ministre russe du Développement numérique, des Communications et des Médias de masse.

Photo Ilya Moskovets / URA.RU


Il y en a un pour qui les déboires du projet Aurore risquent de sentir le crépuscule. En ligne de mire : le très fidèle Maksut Shadayev, ministre depuis 2020 du Développement numérique, des Communications et des Médias de masse. Officiellement, il ne possède qu’un appartement de 101 m² dans un complexe résidentiel de luxe à Moscou, et même pas de voiture à son nom. Entre 2017 et 2019, alors qu’il était successivement conseiller du premier chef d’état‑major adjoint de l’administration présidentielle, puis vice‑président des plates‑formes numériques du géant des télécommunications Rostelecom, ses revenus déclarés bondissent de… 1 700%. Sa déclaration d’intérêts mentionne deux filles mineures, mais pas de conjointe. Maksut Shadayev a de bonnes raisons de dissimuler son identité. Identifiée par le média d’investigation The Insider (ICI), Alexandra Melnikova est impliquée dans une entreprise, Medialogiya, qui a remporté des marchés publics de plusieurs millions de dollars pour des contrats de surveillance des médias et des réseaux sociaux.

 

Pendant ce temps, sur le front ukrainien, les troufions russes vont devoir modifier leur vocabulaire. Non plus « Шеф, шеф, всё не работает! » (Chef, chef, y a plus rien qui marche !), mais « Шеф, шеф, всё пропало! » (« Chef, chef, on est foutus ! »). À moins qu’ils n’aillent scander sous les fenêtres de Maksut Shadayev : « Верни наши бабки » (Rends‑nous le pognon !).


Une nation à la pompe

 

En Crimée annexée, le tableau n’est guère plus brillant (en cartes et images, l’offensive ukrainienne en Crimée sur le site du New York Times : ICI). La péninsule, déjà sous le régime de la « situation d’urgence », accumule pannes d’électricité, pénuries de carburant et fermetures ponctuelles du pont de Kertch, tandis que Kyiv multiplie les frappes de drones et de missiles sur les bases aériennes, les dépôts et les infrastructures énergétiques russes. Les autorités d’occupation ont interdit la vente d’essence au public depuis fin juin et reconnaissent que la situation « restera tendue » pendant un certain temps, ce qui n’empêche pas Vladimir Poutine de jurer que tout cela n’a rien de « critique ».

 

Pendant ce temps, en Sibérie, les autorités de Novossibirsk et de Tomsk découvrent une nouvelle doctrine militaire : le télétravail. Face aux pénuries d’essence, elles recommandent aux entreprises de basculer en travail à distance et demandent aux habitants de limiter les déplacements en voiture. Les files d’attente s’étirent des heures aux stations‑service, un tiers des capacités de raffinage ayant été mis hors service par les drones ukrainiens, et Moscou se voit contrainte d’importer du carburant d’Inde ou de Biélorussie. Mais officiellement, là encore, rien de « critique », jure le Kremlin. Le vice‑Premier ministre Alexandre Novak affirme que le marché russe est « pleinement approvisionné » en carburant. La doctrine poutinienne, c’est désormais метод Куэ. En clair : méthode Coué.


Les sondages, même trafiqués, fissurent pourtant cette remarquable samovnouchenie (autosuggestion) : selon l’institut public VTsIOM, l’approbation de Poutine est tombée de 74% en février à moins de 67% fin juin, son niveau le plus bas depuis 2022, tandis que le Centre Levada mesure une chute de cinq points sur le seul mois de juin. Pour la première fois depuis vingt ans, une majorité de Russes interrogés par Gallup jugent que la situation économique se dégrade.



Kirill enfin sous sanctions ?


Ce lundi 13 juillet, l’Union européenne devrait approuver un 21ᵉ paquet de sanctions contre la Russie. Mais ce sera une version allégée, après des semaines de désaccords internes qui ont contraint les négociateurs à supprimer ou à affaiblir plusieurs mesures phares initialement proposées par la Commission européenne. L’interdiction d’entrée à l’échelle de l’UE visant les individus ayant combattu pour la Russie contre l’Ukraine devrait ainsi être ramenée à de simples recommandations non contraignantes adressées aux États membres pour le contrôle des visas.

 

Le patriarche Kirill figurera‑t‑il enfin sur la « liste noire » ? La Bulgarie, qui avait menacé de bloquer l’ensemble du paquet en raison de sa possible inscription, a finalement renoncé à son veto et préfère désormais parler de « réserves ». Reste une autre question : combien de temps faudra‑t‑il pour que soient saisis les avoirs de l’Église orthodoxe russe au sein de l’Union européenne ? À Paris, au pied du pont de l’Alma, les 4 000 m² du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe (alias « cathédrale Poutine ») pourraient ainsi être utilement reconvertis en centre de balnéothérapie pour réfugiées caniculaires…


Après l’Iran, Trump déclare la guerre au pygargue à tête blanche


Une femme s'arrête pour admirer un tableau de l'artiste Scott LoBaido à la Great American State Fair,

sur le National Mall, le 9 juillet 2026, à Washington. Photo Rod Lamkey, Jr./AP


Ouf ! Même si le programme commémoratif continue jusqu’à la fin de l’année, sous le label America 250, les grandes cérémonies du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis sont terminées. Donald Trump va avoir du temps pour retourner plus assidument sur ses terrains de golf.


« NOT TODAY SATAN », proclame le tee-shirt d’une visiteuse de la « Great American State Fair » à Washington. L’inscription est une expression idiomatique assez répandue dans le camp évangélico‑conservateur américain, pour lequel la décadence morale ou « l’ennemi » sont facilement assimilés à Satan.

 

Mais pour lutter contre « Satan », un slogan sur un tee‑shirt ne suffira pas. Le très pieux secrétaire d’État Marco Rubio n’a pas beaucoup d’idées, mais quand il en a, ça décape. Dernière lubie en date : il veut construire une coalition internationale contre un « terrorisme transnational d’extrême gauche ». La semaine prochaine, il convoque pour cela à Washington une réunion de ministres de plus de 60 pays. En coulisse, Sebastian Gorka, le « tsar de l’antiterrorisme » nommé par Trump, pousse l’idée d’utiliser le label de « groupe terroriste étranger » pour certaines mouvances antifascistes, afin de pouvoir déployer toute la panoplie des outils antiterroristes – surveillance, enquêtes élargies, incriminations lourdes – contre des militants américains accusés de « violence politique ». Cette offensive diplomatique s’inscrit dans une stratégie plus large de la Maison Blanche, qui cible explicitement les mouvements jugés « anti‑américains, radicalement pro‑transgenres et anarchistes ». Les groupes néonazis sont, eux, soigneusement exclus de cette « doctrine antiterroriste ».

 

Donald Trump, aussi, il a des idées qui mijotent sous sa casquette MAGA. Et il n’est pas fou, Trump : il sait que Satan va se présenter aux prochaines élections de mi-mandat, et qu’il risque de l’emporter. Satan, ou les démocrates -donc « communistes-, c’est du pareil au même.  À quelques mois des élections de mi‑mandat, Donald Trump vient de congédier les deux derniers membres encore en poste de la Commission d’assistance aux élections (EAC), chargée de garantir la bonne tenue des opérations de vote dans le pays.L’objectif n’est pas de gagner ces élections – ça semble mission impossible – mais de pouvoir plus facilement crier au complot, à la fraude et au vol, sans instance de contrôle qui viendrait le contredire.


Pygargue à tête blanche. Photo Mathieu Latour (https://www.mathieulatour.fr)


S’il n’a pas d’ennemis, Donald Trump s’ennuie. Et puis, comme il y a de faux amis (Netanyahou), il y a de faux ennemis (Poutine, les ayatollahs…). Là, il a trouvé un vrai ennemi, qui n’aura même pas son mot à dire : le pygargue à tête blanche (alias Haliaeetus Leucocephalus, de son nom scientifique).  C’est curieux : ce majestueux rapace, oiseau sacré dans plusieurs cultures des Nord-Amérindiens, n’est-il pas devenu l'oiseau national des États-Unis, jusqu’à apparaître sur la plupart des sceaux officiels, y compris sur celui du président américain ?


Bon, d’accord, mais si majestueux soit-il, pour pouvoir survivre dans un environnement grandement souillé par l’espèce humaine, le pygargue à tête blanche nécessite protection. C’était notamment l’objet d’une loi majeure adoptée en 1973, l’Endangered Species Act (ESA), destinée à protéger les espèces menacées. Il s’agissait notamment d’interdire tout acte qui pourrait contribuer à « harceler, nuire, poursuivre, chasser, tirer, blesser, tuer, piéger, capturer ou collecter » un animal protégé. Dans l’application du texte, l’administration états-unienne avait précisé que le terme « nuire » (harm) englobait également toute « modification ou dégradation importante de l’habitat » de ces espèces menacées.


Aux États-Unis, qui vont à leur tour connaître dans la semaine à venir, les réjouissances d’un dôme de chaleur dû à un « canular » (le changement climatique), Donald Trump a décidé de vider cette loi de sa substance, au nom du droit de propriété privée. Une loi qui, selon le secrétaire à l’intérieur, Doug Burgum, « impose des contraintes excessives aux familles et aux entreprises américaines »  – version yankee de « l’écologie punitive. « Pour la première fois, une administration présidentielle affirme que les espèces protégées par l’Endangered Species Act ne devraient pas être à l’abri de modifications de leur habitat qui détruisent les lieux où elles vivent, élèvent leurs petits ou cherchent leur nourriture », tempête Kristen Boyle, avocate pour l’association Earthjustice. La suite se jouera devant les tribunaux…


L'escargot à pattes écailleuses fait partie des animaux marins menacés d'extinction en raison de l'exploitation minière. Photo Chong Chen/AP


Et les mollusques, ils en pensent quoi, les mollusques ? C’est vrai, ils n’ont guère voix au chapitre…. Au fond des océans, autour des « fumeurs noirs » – ces cheminées hydrothermales qui recrachent de l’eau surchauffée chargée de métaux – vivent des escargots à carapace de fer magnétique, des limaces de feu et d’autres mollusques qui carburent non pas au soleil, mais aux bactéries qui transforment les gaz toxiques en nourriture. Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), 62% de ces espèces connues pourraient disparaître si les projets d’extraction minière en eaux profondes se concrétisent, leurs quelques habitats se trouvant précisément dans des zones déjà couvertes par des permis d’exploration. Pour alimenter nos batteries et nos gadgets, on s’apprête donc à sacrifier des formes de vie qui, littéralement, utilisent la planète comme source d’énergie – au moment même où l’on prétend sauver le climat à coups de métaux rares.


Solidarité avec l’Iranienne Fatemeh Najafzadeh, menacée… en France


Fatemeh Najafzadeh. Photo Ouest France


Fatemeh Najafzadeh n’est ni un mollusque, ni même un rapace. Cette Iranienne de 21 ans a réalisé un rêve d’enfance : venir étudier en France, dont elle aime la littérature, la culture et « les livres de Camus ». Elle est aujourd’hui inscrite en première année d’arts du spectacle à l’université de Caen. Mais à peine entamé, son rêve risque de se briser sur l’écueil d’une France rance.


Son histoire a été heureusement racontée par Jeanne Damamme, jeune journaliste localière à Ouest‑France. L’histoire de Fatemeh Najafzadeh n’est pas uniquement la sienne, mais celle de milliers d’étudiant·e·s étranger·e·s en France. Disons que, pour aujourd’hui, elle en est le nom et le visage.

 

Étudier en France, ce n’est pas tout. Encore faut‑il pouvoir se loger. Souvent, c’est synonyme de galère. Pour atténuer la galère, Fatemeh pouvait compter sur une aide au logement (APL) versée par la CAF. Depuis le 1ᵉʳ juillet, c’est fini : les étudiants étrangers non boursiers ressortissants de pays en dehors de l’Union européenne ne peuvent plus bénéficier de ces aides au logement. En France, selon une évaluation du Sénat, cela concerne environ 100 000 étudiants. Cette mesure mesquine – on parle d’une économie d’une centaine de millions d’euros pour la branche logement – voire raciste, a été discrètement intégrée dans la loi de finances promulguée en février 2026. Les valets de cour d’Emmanuel Macron – Sébastien Lecornu et autres – se proclament « remparts » du Rassemblement national, quand ils lui déplient déjà le tapis rouge !

 

Et naturellement, tout occupés à essayer de lire dans le marc de café – après que Marine Le Pen a été déclarée coupable mais pas si responsable que ça, si Jordan Bardella‑de‑Bourbon‑des‑Deux‑Siciles tire la gueule ou pas en étant ramené au statut de n° 2 –, les grands médias ont à peine parlé de cette mesure visant les étudiants étrangers.


Désemparée, Fatemeh Najafzadeh se demandait si elle allait poursuivre ses études en France. Pour elle, on a une bonne nouvelle. Ce samedi matin, les humanités lui ont trouvé, à Caen, une ASL : aide solidaire au logement. Et ça ne lui coûtera rien. Évidemment, c’est une goutte d’eau dans l’océan des injustices. Mais comme le disait Oleksandra Matviichuk dans l’entretien publié hier (ICI) : « Pour beaucoup, l’expression "Je suis une goutte dans l’océan" signifie que nos efforts ne servent à rien. Mais nous lui avons donné un nouveau sens. Nous avons dit : "Je suis une goutte dans l’océan" et cela signifie que goutte après goutte, on forme l’océan. »

 

Jean-Marc Adolphe


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1 commentaire


yanitz2018
yanitz2018
12 juil.

Souvenir, souvenir. Le projet Aurore n'est pas le premier, déjà dans les années 60, la course à la Lune, USA vs URSS, avait couté trop cher à Moscou. Mis sur la paille, banqueroute, l'URSS avait renoncé !

Donald Trum$ n'est pas fou, il est juste tchouc-tchouc nougat largement sur les bords.

Dédicace à Fatemeh Najafzadeh -courage !- :

L'inventeur du Jazz Harmolodic Ornette Coleman "Endangered Species" (album "Song X", avec Pat Metheny, 1985)

" https://www.youtube.com/watch?v=n_WnGiH3_bA&list=RDn_WnGiH3_bA&start_radio=1 "

Accrochez-vous, expérience musicale à tenter !!!

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