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« Cracher dans la soupe plutôt que gérer les ruines ». Éric Lacascade et l'institution théâtrale

Dernière mise à jour : 19 août

Tragédie, mise en scène David Bobée et Éric Lacascade

Marie Moly dans Tragédie, mise en scène David Bobée et Éric Lacascade,

spectacle de sortie du Studio 7 de l’École du Nord à Lille. Photo Arnaud Bertereau


Le théâtre n’est pas un service public parmi d’autres : c’est un bien commun, au même titre que l’eau, l’air ou la terre. Face à l’étranglement budgétaire et à la transformation des scènes en machines de survie, le metteur en scène Éric Lacascade refuse de « gérer les ruines ». Il appelle à l’insoumission plutôt qu’au contre-pouvoir, à la bifurcation plutôt qu’à la table des ministres. Un texte de combat, d’abord publié par le média indépendant Altermidi, pour cesser de soigner un système qui ne vit plus que pour se reproduire. Comment réinventer la pensée en dehors des cadres du pouvoir ?

les humanités, ça n'est pas pareil.

Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût : 


Tout va bien, voire pire. Le dernier baromètre "Les Français et le théâtre", réalisé par Médiamétrie pour l’Association pour le soutien du théâtre privé, atteste de l'engouement constant, voire croissant, des publics pour le théâtre (ICI). Mais dans le même temps, une autre étude, "Impact de la crise sur la réalité des équipes artistiques : création, diffusion, emploi", menée par LAPAS (Association des Professionnel·le·s de l’Administration du Spectacle) avec le Synavi, le Syndeac et Scène Ensemble, décrit une chute brutale de 37% de la diffusion des compagnies prévue entre la saison 2025-2026 et 2026-2027. La moyenne de représentations passerait de 8,7 à 4,7 par compagnie. L’étude relie cette dégradation au recul des soutiens financiers, à des productions revues à la baisse et à la précarisation de l’emploi administratif, de production et de diffusion (ICI).


Il y a donc bien lieu de s'alarmer, voire de crier, pour la énième fois : "CULTURE EN DANGER". Mais est-ce suffisant ? Le secteur artistique et culturel n'a-t-il pas sa propre part de responsabilité dans le contexte qui produit désastre budgétaire (et pas seulement) qui se profile et a déjà commencé. En 2016, j'avais tenté d'en ébaucher le diagnostic, entouré de "voix mêlées" (dont celle du poète Bernard Noël, qui en avait signé la préface), dans Nuit debout et culture assoupie (éditions L'Entretemps, collection "les points dans les poches"). Cet ouvrage de 244 pages, sans doute trop inconfortablement dérangeant, avait alors été totalement censuré par la critique et les institutions artistiques et culturelles (syndicats y compris). Paul Rondin, alors directeur délégué du Festival d'Avignon -- depuis lors nommé à la direction de la Cité internationale de la langue française, seul équipement culturel qui restera des deux mandats d'Emmanuel Macron --, m'avait adressé un charitable conseil : « Il se passe beaucoup de choses dans la culture, vous devriez vous y intéresser » (pour mémoire, j'ai créé et dirigé pendant 10 ans une revue artistique et culturelle, Mouvement).


Dix ans plus tard, Éric Lacascade, quelque incontestables que soient son talent et sa notoriété de metteur en scène, risque fort de subir un sort peu ou prou comparable. Le texte que nous publions ici, repris du média indépendant Altermidi, n'est pourtant ni pamphlétaire, ni même excessif. Il dresse simplement un état lucide de l'institution théâtrale, et avance de salutaires pistes d'engagement. Mais comme chantait Guy Béart à la fin des années 1960 : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté. » / Jean-Marc Adolphe



Eric Lacascade
Eric Lacascade. Photo Véronique Zafran

Faut-il s’étonner que l’État, certaines régions, des départements ou des communes réduisent considérablement les subventions accordées à la Culture ? Non. Quand l’ensemble des services publics — éducation, santé, justice, transports, énergie — sont attaqués, on se dit : Non, ce n’est pas surprenant que la culture le soit aussi. Nous pourrions même dire : pourquoi ferait-elle exception ?


Oui mais là où commence le problème, c’est que la culture n’est pas seulement un service public, elle est un bien public. Et cela change tout. Un bien public, c’est un bien commun, au même titre que l’eau, l’air ou la terre. Vous voyez ? Par exemple, un déficit économique se rattrape mais un déficit culturel, jamais.


La culture nous vient de loin. Elle nous a été transmise. Elle nous fonde, nous traverse, nous relie. Elle nous identifie autant qu’elle nous rassemble.

 

Ainsi en est-il du théâtre.


Le théâtre se dresse contre la standardisation numérique qui nous réduit à des données gouvernées par des algorithmes.

Art communautaire par excellence. Art immémorial que l’on en situe l’origine dans le rituel sacré ou dans la cité grecque. Il traverse les siècles et les corps. Il porte la mémoire des morts et la parole des vivants. Il nous réunit par-delà les langues et les frontières. Il nous est commun et crée du commun. Il parle depuis la vie, et lui tend un miroir. Il se dresse contre la standardisation numérique qui nous réduit à des données gouvernées par des algorithmes. Il s’oppose à celles et ceux qui voudraient faire de chacun d’entre nous un objet de gestion, un produit optimisé, une identité administrée. Car constamment, il pose la question de l’existence et du sens. De l’expérience vécue. Non de l’information mais de la connaissance du monde. Là où l’intelligence artificielle promet de nous rendre solitairement plus qu’humain, le théâtre continue lui à nous rendre plus humain.

 

Le théâtre, bien commun, c’est l’altérité, le contraire du “devenir designer” d’un produit unique : nous-même. Aujourd’hui, au moment même où la rencontre avec ce qui ne nous ressemble pas devient improbable, surgit le théâtre !

 

Le théâtre me permet d’être conscient. Il me permet de percevoir le monde et de me percevoir moi-même dans ma relation à lui. Il me rappelle que le réel n’est pas composé d’individus isolés, mais de rapports, de tensions, d’agencements. Et que le sujet, l’individu en tant que tel, pourrait n’être qu’une construction fictionnelle. Or aujourd’hui, dans l’institution théâtrale comme partout ailleurs, c’est l’individu-roi qui triomphe : acteurs actrices, metteurs en scène metteuses en scène, directrices et directeurs de théâtre, productrices et producteurs, chacun sommé de devenir sa propre marque. Dès lors, à cet endroit-là, comme ailleurs, il ne s’agit plus de sauver l’individu du pouvoir mais de nous sauver du pouvoir de l’individualisme. L’acte théâtral, lui, demeure irréductiblement collectif. Il produit une communauté provisoire d’influences réciproques. Jamais il n’a été l’apanage d’un seul ou d’une seule.

 

Alors oui, c’est ignoble, odieux d’attaquer ce bien commun.

Notre “Chère liberté de création” pourrait bien n’être que la reproduction, sous des formes raffinées, du rapport de domination techno-libéral

Mais, il ne sert à rien de pleurer le temps passé où la manne de l’État se déversait généreusement dans les poches des hommes — car oui, à l’époque c’était surtout des hommes — de théâtre. Peut-être est-il temps de reconnaître que cette main tendue nous a fait une belle clef dans le dos. Que le pouvoir a entretenu un espace de contre-pouvoir tout en façonnant à son image celles et ceux qui y grandissaient. D’où la solitude et la détresse d’une partie du monde théâtral aujourd’hui. Blessure narcissique sans doute mais blessure réelle lorsqu’elle atteint jusqu’à l’estime de soi.

 

Peut-être est-il venu le temps d’apprendre à vivre, camarades, avec ce qui me dépasse et nous unit, et sans doute de nous rendre compte que la liberté de création qui m’est donnée peut aussi devenir une manière de me contrôler. De même que la liberté individuelle est toujours fabriquée à partir d’une réalité que l’on subit. Ainsi, notre “Chère liberté de création” pourrait bien n’être que la reproduction, sous des formes raffinées, du rapport de domination techno-libéral. Et moins l’État donne, plus il tient. Ainsi ce qui diminue ce n’est pas l’emprise : c’est simplement son coût. N’allons pas croire que de notre précarité pourrait surgir une perte de contrôle ; elle n’est qu’une autre manière de nous gouverner.

 

Dès lors, une question se pose : comment agir ? Et à partir de quelle réalité ?

 

Car là où nous en sommes il ne s’agit peut-être plus tant de représenter le monde que de vérifier si nous pouvons encore y agir.

 

Non pas tant dans ce que nous montrons sur les plateaux — pas d’inquiétude sur la qualité de ce qui se joue. Ici le risque n’est plus de rater, mais de réussir sans conséquence ; mais dans notre manière de le faire, avec qui nous le produisons et pour quelle bonne conscience nous créons. Et qu’est-ce que cela exclut et empêche. Et qui cela exclut et empêche. Quel contre-pouvoir nourrit ce pouvoir absolu ? Y réfléchir un peu politiquement et non plus seulement moralement. Au moins éthiquement.

 

Aussi proposerai-je d’appréhender le théâtre non comme un contre-pouvoir mais bien au contraire comme une insoumission. Et si je fais véritablement mon travail, il doit toujours en être ainsi, quels que soient ceux et celles qui gouvernent. Cela suppose peut-être de s’éloigner du cadre que nous avons fini par cosigner. Trouver ou retrouver une puissance d’agir autonome et collective. Aller voir du côté de l’amitié, de la fête, du plaisir, de la lenteur, de l’hétérogénéité, de l’inutile, du village, des angles morts et même du désœuvrement.

 Il nous faut établir des liens nouveaux entre des idées à priori disparates. Se remettre à penser en dehors du prêt-à-penser tout établi.

Refonder plutôt que perpétuer. Assumer la Cour des miracles : les dérangés, les contrebandiers, cartomanciennes, les mauvais sujets, les indisciplinés, les tire- laines, etc. Tout, tout sauf être des chefs d’entreprise — à qui l’État demandera bientôt de mener de drastiques plans sociaux, quand il ne les auront pas déjà exécutés d’eux-mêmes avant même qu’on le leur ordonne. Et ensuite à quand le grand affrontement entre permanent.e.s et intermittent.e.s ? Les unes et les uns reprochant aux autres un statut jugé privilégié, les autres des salaires dévorant les budgets de création et de production. Et au milieu notre chef d’entreprise épongeant le sang et les larmes laissés sur le plateau, sous le regard cynique des ministres de la Culture.

 

Alors il nous faut établir des liens nouveaux entre des idées à priori disparates. Se remettre à penser en dehors du prêt-à-penser tout établi. En dehors d’un système institutionnel, qui nous infantilise, nous dresse les uns contre les autres, nous châtre, et maintenant nous élimine ; ce système à l’intérieur duquel nous travaillons et qui sait déjà comment nous finirons. Bifurquer. Refuser de leur serrer la main. Redevenir insolents — toute docilité à ses limites. Quand on est échec et mat on peut encore renverser la table. Être de mauvais perdants. Continuez à justifier nos actes créatifs, pour rester à la table du pouvoir, c’est à la fois vain et ridicule. Nous avons trop souvent confondu les moyens avec la fin.

 

« Mais c’est grâce à ce système que j’ai pu réaliser de si beaux spectacles ! » Foutaises ! Comme le patron dit de l’ouvrier : « C’est grâce à moi que tu manges. » Comme le marchand d’art dit au peintre : « Sans moi tu n’es rien ! »


Il ne s’agit pas ici d’une injonction, d’un mot d’ordre, d’une posture morale ou idéologique. C’est à chacun, et chacune, en fonction de sa situation personnelle, de le comprendre, de le saisir, de savoir où, quand et comment dévier. Cela se pense en situation, depuis l’endroit où l’on est, de l’espace que l’on occupe. À partir des forces en présence, des besoins, des nécessités, des alliances possibles, des opportunités, des circonstances concrètes. En état de porosité avec les situations adjacentes. Et cela suppose sans doute une conflictualité avec soi-même. Ici, des écrivains quittent une maison d’édition. Là des artistes refusent de jouer dans certains lieux. Ailleurs, un festival retire ses demandes de subventions à une mairie d’extrême droite.

 

Après avoir nourri ce système pendant des décennies, maintenant qu’il est malade, n’essayons pas de le soigner. Pour refonder, il faut sortir d’un système qui ne vit que pour se reproduire, et se défaire ainsi des pensées closes qu’il engendre.

 

J’ai aimé ce théâtre public et en ai tiré bénéfice. J’y ai trouvé des acteurs, des techniciens, des spectateurs, des pensées, des fraternités qui m’ont transformé. Mais quand l’outil d’une possible émancipation devient l’outil du désastre, machine à gérer sa propre survie, organisant lui-même sa propre impuissance, j’ai honte et n’aime qu’avec dégoût. L’outil se transformant en finalité a largement atteint ses limites historiques. Sans nostalgie, il nous faut admettre ce qu’il est devenu et cesser de le préserver.

 Multiplions expériences et tentatives. Tentons de réinventer nos désirs au lieu de ne désirer que ce qu’ils nous donnent à désirer.

Nous savons, par le travail du plateau, que l’existence précède l’essence et non l’inverse. Nous créons notre réalité, le commun ne nous est pas donné, il s’expérimente, se conquiert, puis se défend. Alors partons en exploration ! Comme certains de nos camarades l’ont déjà fait, ouvrons des alternatives ! Multiplions expériences et tentatives. Tentons de réinventer nos désirs au lieu de ne désirer que ce qu’ils nous donnent à désirer. Et ne perdons plus notre temps à dénoncer celles et ceux qui veulent notre peau. Bifurquons plutôt vers ce que la vie nous propose et nous apprend. Oui, ne perdons pas notre temps, car comme disait l’autre : « La chasse aux cons est un safari sans espoir. » [Frédérick Jézégou, Ndlr]

 

Il ne s’agit plus de protester ou de s’indigner. Il s’agit de résister. Et ce n’est pas la même chose. Résister c’est dire : je refuse de continuer ainsi. Nul besoin d’attendre l’arrivée aux manettes du Rassemblement national pour poser, avec Gramsci, cette question essentielle : « De quel côté êtes-vous, vous les maîtres de la culture ? » Participez-vous au maintien du système ou à sa mise en crise ? Comment peut-on continuer sans honte à gérer la misère et la destruction ? Il y a grand danger à devenir les bons gestionnaires de l’absence de moyens. Alors disons-le joyeusement : plus les blocages se multiplient, plus des solutions alternatives s’ouvrent. Nous avons peut-être aujourd’hui l’immense possibilité, l’immense chance, avec l’effondrement d’un système et de ses institutions mortifères, de refonder un théâtre réellement anticapitaliste et antilibéral. Cela passe peut-être par des coopératives, par des unions, des alliances avec des secteurs qui pourraient sembler sans lien avec celui de la culture, par des solidarités locales, sans doute à certains moments par un éloignement dans la visibilité, un retrait. Une réflexion sur d’autres valeurs que succès et notoriété. Par l’entraide plutôt que la compétition. Et du temps. Et comment se nourrir. Et comment créer des espaces oppositionnels d’où puisse naître des pensées oppositionnelles. Oui c’est fragile, vulnérable mais la possibilité est là. Et elle est joyeuse. Comme le fut, après-guerre, l’élan de la décentralisation théâtrale. Tout ce dont nous avons besoin est déjà là. Construire ailleurs. Inventer ailleurs. Chercher notre liberté dans le collectif. Et surtout pas, surtout pas essayer de recoller les morceaux.

 

Disparus les comédiens et comédiennes permanents et permanentes. Disparues les répétitions de plus de six semaines. Disparus les spectacles à dix, quinze, vingt acteurs et actrices sur le plateau — payés. Disparues les écritures théâtrales contemporaines mettant en jeu plus de quatre ou cinq personnages. Disparus les spectacles que l’on joue quatre-vingts ou cent fois. Disparues les séries longues dans les théâtres. Disparues les scénographies ambitieuses et les scénographes parait-il trop chers et les régisseurs de plateau qui accompagnent les tournées, etc. Et des centaines d’artistes ont perdu leur droit à l’intermittence.

 

Et ceux et celles qui sont responsables de toutes ces disparitions, de ce carnage, sont celles et ceux qui gouvernent aujourd’hui. Responsables aussi celles et ceux qui leur servent de relais. Et responsables, enfin, nous-mêmes qui l’avons accepté. Comme nous avons accepté le marché. Accepté la prolifération des boîtes de production privées qui, pour nombre d’entre elles, déresponsabilisent les artistes tout en les maintenant sous l’eau. En oubliant qu’à force de marché, on finit par détruire la marchandise elle-même.

 

Alors Basta.

 

Ne rêvons plus de nous asseoir à la table de ces gens-là, croyez-moi ça fait du bien. Cela nettoie l’esprit.

 

Et cela nous permet peut-être de penser à un ailleurs qui ne serait ni une utopie, ni une dystopie mais une Protopie (1). Un mouvement réel vers une autre organisation du vivant et de la création.

 

Ne vous inquiétez pas

 

C’est déjà en marche camarades.

 

Éric Lacascade

(Texte initialement paru sur altermidi.org, le 16 juillet 2026. Altermidi est un média indépendant, décentralisé en Occitanie et en région Sud, qui se présente comme « l’info des Suds »: dossiers, reportages et témoignages sur les collectivités, les initiatives solidaires, les résistances culturelles et écologiques. Pas d’actionnaire ni de publicité imposée; le site publie aussi un magazine).


(1). La protopie, terme inventé par Kevin Kelly (USA), est un état dans lequel nous sortons de la peur d’espérer et de s’engager dans une situation. C’est ne pas abandonner la possibilité d’agir. C’est une espérance sans garantie mais non sans puissance ; une manière d’avancer sans certitude, de transformer sans illusion, de relier sans simplifier. Une manière, peut-être, de faire du futur non pas une promesse, mais un espace à cultiver.


Comédien et metteur en scène, Éric Lacascade s’est formé à l’ensemble des métiers du théâtre. Avec Guy Alloucherie, il fonde le Ballatum Théâtre avant de prendre la direction du Centre dramatique national de Normandie à Caen et Hérouville-Saint-Clair, puis la direction pédagogique de l’école du Théâtre national de Bretagne. Ses mises en scène des œuvres de Tchekhov et de Gorki, saluées par la critique, marquent notamment le Festival d’Avignon. Éric Lacascade est considéré comme le seul metteur en scène de sa génération à avoir été programmé à trois reprises dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. En 2003, alors que Platonov doit être à nouveau présenté dans la Cour d’honneur, le spectacle est annulé en raison du mouvement social des intermittents du spectacle, auquel Lacascade et sa troupe apportent leur soutien. Son engagement aux côtés des intermittents, dans leur opposition à la réforme portée par le ministère de la Culture, aura des répercussions sur son parcours dans l’institution. Sa pratique le conduit à intervenir tant dans les théâtres nationaux des capitales européennes que dans les écoles d’art, jusque dans les circuits les plus alternatifs. Son travail se développe largement à l’international, avec des créations présentées dans plus de quarante pays ; période qu’exploite systématiquement Lacascade pour y proposer ateliers et workshops aux équipes artistiques des pays d’accueil. Éric Lacascade est depuis janvier 2025 artiste associé au Théâtre du Nord, Centre Dramatique National Lille – Tourcoing Hauts-de-France. Son livre, Au cœur du réel, publié en 2018 chez Actes Sud, retrace son parcours théâtral et sa méthode de travail. Sa prochaine création Ni Maîtres ni maître (dialogue Beck/Grotowski), est prévue pour janvier 2027 au CDN de Lille.



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