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Et maintenant, la "décivilisation" ! (journal de bords, 26/05/2023)

Dernière mise à jour : 27 mai 2023



Quand Emmanuel Macron reprend le verbatim d’un écrivain qui déplorait la présence excessive, à ses yeux, de représentants de "la race juive" à l’antenne de France Culture, on voit dans quel cul de basse-fosse la France s’apprête à tomber. Qu'en auraient pensé Mandrin, Abd-el-Kader et Mamie Smith ?


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ÉPHÉMÉRIDES


Heureusement, la torture des brodequins n’est plus guère pratiquée aujourd’hui. Utilisée en France jusqu'en 1780 pour soutirer des aveux, voire pire, cette forme de torture était conçue pour broyer les jambes : les blessures étaient souvent si sévères que les os éclataient. L'accusé était assis sur un fauteuil massif. Deux planches étroites et solides étaient alors fermement attachées de part et d'autre de chaque jambe, et une corde solide liait étroitement les quatre planches entre elles. Des coins étaient ensuite enfoncés à coups de marteau entre les deux planches centrales, ce qui, en resserrant les planches autour des jambes de l'accusé, leur imprimait une force cruelle (Wikipedia).

Illustrations, de gauche à droite : La torture des brodequins, gravure sur bois d’après un dessin de Paul Adolphe Kauffmann (né en 1849), in : Alexandre Dumas, La Reine Margot (Paris, Éd. Jules Rouff) 1900. Première page du jugement souverain de mai 1755,

condamnant Louis Mandrin au supplice de la roue. Portrait de Louis Mandrin, en buste.


Le 26 mai 1755, à Valence, il y a tout juste 268 ans, un homme fut soumis à cette torture, pour lui faire avouer le nom de ses complices. Il fut ensuite conduit à l'échafaud, sur la place des Clercs. Le bourreau brisa ses membres à coups de barre, avant expose le condamné face au ciel sur une roue de carrosse. Plusieurs milliers de personnes assistèrent à la scène (à l’époque, BFMTV n’existait pas). Pendant tout le temps de ce supplice, l’homme ne livra aucun nom. Au bout de 8 longues minutes, soudain pris de compassion (sic), l’évêque demanda qu’on abrège les souffrances du condamné, et qu’on l’étrangle.

Il avait 30 ans, « beau de visage, blond de cheveux, bien fait de corps, robuste et agile. À ces qualités physiques, il joint un esprit vif et prompt, des manières aisées et polies. Il est d'une hardiesse, d'un sang-froid à toute épreuve. Son courage lui fait tout supporter pour satisfaire son ambition ». Cet homme, contrebandier, s’appelait Louis Mandrin. Sa spécialité : voler les collecteurs d’impôts (« fermiers généraux »), haïs par la population, qui prélevaient des taxes sur les marchandises (dont la fameuse gabelle, taxe sur le sel, mais aussi sur d'autres marchandises, comme le tabac).

Immortalisée par une chanson, La Complainte de Mandrin, dont on ne connaît pas les auteurs, l’épopée de Mandrin va très vite se répandre et devenir symbolique des iniquités fiscales dans les décennies précédant la Révolution française.

La Complainte de Mandrin, chantée par Yves Montand


A Damas (qui faisait alors partie de l'empire ottoman), il y a tout juste 140 ans, le 26 mai 1883, mourait un autre fameux "bandit". Un savant musulman et soufi, devenu héros de la résistance algérienne à la conquête française. Apprend-on encore son nom à l'école ? Après sa reddition en 1847, Abd-el-Kader, ou encore Abdelkader ibn Muhieddine (en arabe : عبد القادر بن محي الدين ,ʿAbd al-Qādir ibn Muḥyiddīn) fut emprisonné avec sa famille et ses fidèles en France, d'abord au fort Lamalgue à Toulon, puis à Pau, avant d'être transféré en novembre 1848, ils furent transférés au château d'Amboise12. L'humidité du château conduit à la détérioration de la santé ainsi que du moral de l'émir et de ses partisans. Sa vie devient une cause célèbre dans certains cercles littéraires. Plusieurs personnalités, dont Émile de Girardin et Victor Hugo, demandent plus de précisions sur la situation de l'émir.

Pourtant, en 1848, Gérald Darmanin n'était pas encore ministre de l'Intérieur, et concernant Abd-el-Kader, comme l'indique Wikipedia : "son respect constant pour ce qu'on appelle désormais les droits de l'homme, surtout en ce qui concerne ses opposants chrétiens, suscite une admiration généralisée ; son intervention cruciale pour sauver la communauté chrétienne de Damas d'un massacre en 1860 lui amène des honneurs et des récompenses du monde entier." Mais il faudra attendre le 6 juillet 1966, bien longtemps après sa mort, pour que sa dépouille soit enfin inhumée au cimetière d'El-Alia, près d'Alger.

A gauche : Louis Jean Delton, Portrait d'Abd el-Kader à cheval, 1865, photographie. Archives nationales d'outre-mer, Aix-en-Provence © FR ANOM. Aix-en-Provence. A droite : couverture de l'édition originale de "Rappel à l’intelligent, avis à l’indifférent".


Pour l'anthropologue Bruno Étienne, l’émir Abdelkader c’est « l’isthme des isthmes ». Il nous invite au vivre ensemble, au faire ensemble. On peut toujours relire sa Lettre aux Français et son Rappel à l’intelligent, avis à l’indifférent, de 1855, où il prône la conciliation entre tradition et modernité, et la réconciliation entre Orient et Occident. Le principe de convivance, voilà le principal héritage d'Abd-el-Kader.

Autour de l'exposition Abd-el-Kader, en 2022 au Mucem à Marseille.


Et sinon, il y a là aussi tout juste 140 ans, le 26 mai 1883, naissait aux États-Unis Mamie Smith, devenue une star de Harlem, mais complètement oubliée aujourd’hui : dans tous les Etats-Unis, pas la moindre rue à son nom… Mamie Smith, décédée dans le plus grand dénuement le 23 octobre 1946 à l’hôpital de Harlem, a pourtant été la première femme afro-américaine à enregistrer un blues vocal en 1920 avec "Crazy Blues". La chanson, écrite par Perry Bradford, a été enregistrée le 10 août 1920 par Mamie Smith and Her Jazz Hounds.


Et maintenant, la "décivilisation" !


Avant, on parlait d’incivilités.

Mercredi 24 mai en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a poussé le bouchon un peu plus loin, comparant les violences au sein de la société à un « processus de décivilisation ». (1)


Décivilisation ? Ce mot qui n’existe pas dans le dictionnaire est repris du titre d’un ouvrage de Renaud Camus, écrivain-châtelain qui est devenu en France l’une des références de l’extrême-droite identitaire pour avoir "théorisé" le "grand remplacement" des peuples européens par l'immigration. A l’époque où Renaud Camus revendiquait son homosexualité, ça ne le gênait nullement d’avoir des relations avec de jeunes hommes d'origine arabe, mais alors que Guy Hocquenghem donnait à ses relations avec des Algériens un éclairage politique, Renaud Camus avait la « conviction qu’une communauté composée d’images en miroir doit maintenir les gens considérés comme différents en dehors d’elle. » Les Juifs non plus, Renaud Camus ne les aime pas trop. En 2000, il s’étonnait de ce que France Culture fasse trop de place à des représentants de « la race juive »...

Voilà donc le charmant personnage qu’Emmanuel Macron convoque dans son laïus (2). Au moins on est désormais informé sur les lectures de chevet du président de la République.


Ce faisant-disant, Emmanuel Macron a "créé la polémique". A l’insu de son plein gré ? Allons donc ! Le camarade de McKinsey (lire ICI) est bien trop malin pour laisser gambader d’incontrôlées déclarations. Même s’il a un peu trop forcé sur la cocaïne (on n’en sait rien, c’est juste une supputation), ce sniff soudain de la "décivilisation" arrive à point nommé pour faire orgasmer les chaumières horrifiées par la mort de trois jeunes policiers et celle de l’infirmière rémoise. Dans ce dernier cas, ça évite, par exemple, de mettre sur la table les besoins dont aurait besoin la psychiatrie (et plus généralement, la santé) pour que trop de gens ne deviennent trop fous.


En plus, créer ainsi une polémique, ça relègue au second plan la réforme des retraites, mais aussi celle du RSA, nouvelle version du STO (service du travail obligatoire). Bien sûr, "l’insertion sociale et professionnelle des personnes en difficulté" (définie en 1988 comme "impératif national" dans la loi qui a créé le RMI, ancêtre du RSA), personne n’est contre. Mais comme l’écrit Dominique Méda dans Le Monde, « pour accorder un accompagnement renforcé aux allocataires du RSA, il faudrait recruter 3.600 conseillers emploi ! Il faudrait aussi embaucher de nombreux travailleurs sociaux, multiplier les chantiers d’insertion ainsi que les dispositifs et les parcours permettant aux allocataires les plus éloignés de l’emploi de reprendre une activité, mais aussi déployer les politiques permettant de faciliter l’accès au permis de conduire, aux gardes d’enfant, au logement, aux soins… » Non, mais ça va pas, la tête ? Comme chacun sait, pour retrouver un emploi, yaka traverser la rue ! (la preuve par l'exemple ci-dessous)

« Traverser la rue », improvisation, 11 janvier 2019


Les riches sont fichtrement dans le besoin, on ne va quand même pas leur demander de payer pour ces salauds de pauvres. Même pour le climat, la chandelle n’en vaut pas le jeu. Le gouvernement (il y a un gouvernement ?) a d’ores et déjà rejeté une proposition de l’économiste Jean Pisany-Ferry dans un rapport remis à la première ministre) sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique (3).


Le réchauffement climatique, le chômage, la "décivilisation", c’est la faute aux autres. Les autres, c’est-à-dire les étrangers, les immigrés, ceux que Renaud Camus qualifie de « gens différents » qu’une « communauté » doit « maintenir en dehors d’elle ». Au nom, sans doute de la "souveraineté nationale", autre mantra cher à Emmanuel Macron (on y viendra plus longuement dans une prochaine séquence du journal de bords).


Chassez ces immigrés basanés que le sol français ne saurait davantage tolérer. Chassez-les, ou éventuellement noyez-les, comme l’y a provoqué le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, en novembre 2021, en refusant de porter secours aux migrants qui tentaient, au large de Calais, de rejoindre l’Angleterre. Le naufrage de leur embarcation a coûté la vie à 27 personnes. « C’est un naufrage qui a mis en lumière les lacunes coupables de la France », écrivait hier Mediapart, après que cinq militaires aient été mis en examen, suite à une plainte pour « homicide involontaire » et « omission de porter secours » portée par l’association Utopia 56, qui vient en aide aux exilés en région parisienne, dans le Calaisis ou à Rennes.


La "décivilisation" dont parle Emmanuel Macron, là, elle est clairement à l’œuvre. Et la France ne sauve son honneur que grâce aux associations qui, avec les moyens du bord, viennent en aide aux « âmes errantes » (comme disait, hier, la Nadja d’André Breton).


Et le sujet de l’immigration, en ce moment, c’est la course à l’échalote, ce qui est encore une histoire de cul, comme Darmanin les affectionne (4). La compétition est rude entre la Macronie et Les Républicains : c’est à qui sera le plus répressif on-va-voir-ce-qu’on-va-voir. Alors que le gouvernement prépare un énième projet de loi sur le sujet (avec des valses-hésitations selon que le vent tourne Darmanin ou Borne, mais tout dépendra de la girouette-en-chef qui siège à l’Élysée), les Dalton des Républicains, Eric Ciotti, Olivier Marleix et Bruno Retailleau, ont dégainé dans le Journal du Dimanche l’artillerie lourde, avec un projet de loi qui imposerait une révision constitutionnelle pour s’affranchir du droit européen en matière de droits de l’homme. Rien de moins.


Dépitée, qu’elle, est la Macronie ! Comme le confie à Libération un député Renaissance dans les couloirs du Palais Bourbon, « on faisait la course en tête, mais à force d’hésiter, ils sont passés devant et c’est nous qui courons derrière. »

Cours toujours, camarade, tu n’arriveras jamais à dépasser la Le Pen en ignominie. De toute façon, vous êtes dans la même équipe, non ?


Elle a beau jeu, la Le Pen, de se réjouir de la déclaration de Macron sur la "décivilisation". , a-t-elle déclaré hier, ajoutant : « la décivilisation, c’est le retour vers la barbarie.« Moi, je parle d'ensauvagement depuis des années, et je me fais accuser de tous les maux pour cela » (…) En réalité, Emmanuel Macron vient une fois de plus de nous donner raison sur le constat que nous faisons ». Et jamais en reste d’une surenchère, la Marine nationale (qui, si ça ne tenait qu’à elle, gazerait les migrants avant même qu’ils ne puissent tenter la traversée de la Manche) a ajouté qu’elle était prête à prendre des mesures "sur le plan juridique" pour protéger "l'intégrité physique des Français" !


Ça lui donne surtout une occasion inespérée de parler d’autre chose que des financements russes qu’ont généreusement perçus le Rassemblement national et son micro-parti, Jeanne, ou encore de ne pas répondre à l’enquête du Monde parue hier, qui montre que les liens sont loin d’avoir été coupés avec Frédéric Chatillon, de la "Gud connection", pas seulement fasciste, mais nostalgique du nazisme, antisémite et tout ça, à qui le Parlement européen a encore versé, sur la "cagnotte" réservée au RN, près de 2 millions d’euros en 2020 et 2021.


L’extrême droite reste ce qu’elle est : une entreprise de recyclage des idées les plus nauséabondes qui ont conduit à la Seconde Guerre mondiale et à la Shoah (Pour rappel, lire à ce sujet la remarquable chronique de Michel Strulovici, "Ce fascisme qui (re)vient").


Il est donc pour le moins consternant que la Macronie et la droite "républicaine" sont d’ores et déjà alliées pour offrir à cette engeance fascistoïde le petit lait où fermentent déjà de prochaines victoires électorales. Car ce petit lait, c’est bien ce que boit Jordan Bardella lorsqu’il ironise, ni figue ni raisin, que « les LR peuvent prendre leur carte au rassemblement national ».


Il y aurait encore beaucoup à dire, mais les journées ne font que 24 heures. La suite demain...

Et comme disait Abd-el-Kader : "Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez ce qu’il est. Si l’eau puisée dans une rivière est saine, agréable et douce, c’est qu’elle vient d’une source pure." (dans L'émir Abd El-Kader, 1808-1883, paru chez Hachette, 1925).


Jean-Marc Adolphe

En tête d'article : En Syrie, des milliers d'enfants font partie des premières victimes d'une guerre qu'ils n'ont pas choisie. Photo Delil Souleiman.


Et pour terminer cette chronique : Sanaa Marahati (avec l'orchestre Moroccan Chaabi Medley). Sanaa Marahati est à l'affiche du prochain festival Gnaoua d'Essaouira, du 20 au 24 juin.

NOTES

(1). Plus précisément, en conseil des ministres, Emmanuel Macron a recouru à cette expression en évoquant l’infirmière poignardée à Reims, les violences contre le maire de Saint-Brévin et la mort de trois jeunes policiers tués par un automobiliste positif à l’alcool et à la drogue ; trois événements totalement distincts que rien ne saurait rapprocher.


(2). France info note que « Renaud Camus n'est pas le seul à employer le terme "décivilisation". On le retrouve en sociologie, où il est associé aux écrits de l'Allemand Norbert Elias et à son expression "processus (ou procès) de civilisation". Le sociologue, qui a longuement réfléchi aux causes profondes de l'arrivée du nazisme en Allemagne, étudie dans ses ouvrages l'évolution des mœurs à travers le temps. "Ce que Norbert Elias appelle le procès de civilisation, c'est une histoire parallèle ; d'un côté celle de la manière dont l'Etat moderne se constitue en se réservant le monopole de la violence, de l'autre, celle de l'autocontrôle exercé, par les individus, sur leur violence spontanée, leurs instincts et leurs affects". (…) "Comme Ernst Bloch, Ernst Cassirer, Norbert Elias ou Hannah Arendt l'ont remarquablement bien saisi, la dé-civilisation des années 1930-1940 consistait à détruire l'individu pour le fondre dans la 'masse'", explique également dans Le Figaro l'historien Hamit Bozarslan, auteur de l'essai Crise, violence et dé-civilisation. Essai sur les angles morts de la cité (CNRS, 2019). "Sans mémoire, sans réseau, sans tissu social, sans faculté cognitive, ce qui restait de l'individu était obligé de se 'massifier', hurler avec les loups pour ne pas être dévoré par eux, poursuit Hamit Bozarslan. Le nazisme, le stalinisme, le khomeynisme [l'idéologie politique et religieuse développée par l'ayatollah Khomeyni, fondateur de la République islamique d'Iran], le jihadisme actuel, sont la conversion de ce processus de massification en ressource ultime du pouvoir. »


(3). Selon Le Monde du 25 mai 2023 : « Le rapport remis par l’économiste à la première ministre, Élisabeth Borne, estime les besoins en financement public et privé à près de 70 milliards d’euros par an, pour surmonter la crise climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il préconise un recours accru à l’endettement (de 10 points de PIB d’ici à 2030), couplé à un impôt exceptionnel sur le patrimoine financier des 10 % des contribuables les plus aisés, lequel rapporterait 5 milliards d’euros par an. Le patrimoine financier des ménages n’est en effet plus taxé depuis la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) en 2018, impôt recentré sur l’immobilier. Seuls les flux issus de ce patrimoine – revenus financiers, dividendes, plus-values – sont imposés à 30 % à travers la « flat tax ». La réponse de Bercy a été immédiate. « Est-ce que l’impôt est une solution ? Non ! », a tranché le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mardi, sur RTL. »


(4). La "course à l'échalote" désigne une compétition où tous les moyens sont bons pour arriver le premier ; une compétition parfois immature où tout est bon pour être premier. La date d'apparition de cette expression n'est pas connue, mais elle est citée, dans son sens premier, par Robert Sabatier dans 'Trois sucettes à la menthe', ce qui voudrait dire qu'elle existait déjà vers 1930. Dans le sens initial, le fait d'attraper quelqu'un par le fond du pantalon, c'est aussi le tenir par la 'peau des fesses'. Or, en argot, l'oignon désigne la fesse, le cul ou l'anus ('occupe-toi de tes oignons !'). Comme, dans les plaisanteries populaires, il était facile de remplacer l'oignon par l'échalote, on explique comment cette expression a pu naître.


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