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Un hippocampe remporte l'élection devant Poutine et Trump (chronique décousue)

il y a 2 heures
12 min de lecture

Photo Julien Anton

De la Douma où le résultat précède le vote à la « non-guerre » de Donald Trump en Iran, en passant par les violences que la guerre laisse derrière elle, une chronique décousue sur deux puissances qui n’ont pas tout à fait le même rapport aux mots, aux chiffres et au réel.

les humanités, ça n'est pas pareil.

Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût : 



EN TÊTE DE PUBLICATION Il ne s'est présenté à nul scrutin, et pourtant c'est lui qui a été magistralement élu. Un hippocampe adulte photographié aux côtés de ses petits nouveau-nés dans les eaux peu profondes et riches en algues de Moorea, en Polynésie française, est le lauréat du concours Ocean Photographer of the Year, qui récompense les meilleures images des écosystèmes marins et notre relation avec eux, a annoncé ses lauréats pour cette année 2026. La première place du prix, présentée par le magazine Oceanographic et la société Blancpain, a été prise par Julien Anton pour ce portrait d'un hippoampe masculin et de deux petites progénitures à côté de lui. Ci-dessous, une sélection de quelques-unes des autres photographies gagnantes.


GALERIE (6 PHOTOS)



01 - Dans les eaux du Pacifique mexicain, près d’une heure après qu’un groupe eut séparé un baleineau à bosse de sa mère, les orques ont refait surface, leur proie entre elles (second Prix Ocean Photographer of the Year, photo Rafael Fernandez Caballero). 02 - Un requin-nourrice de couleur fauve glisse dans les eaux chaudes des Maldives tandis que les rayons du soleil couchant filtrent à travers la surface de l’océan. Sous lui, des rémoras nagent aux côtés de leur hôte, illustrant une relation symbiotique très courante dans laquelle les plus petits poissons bénéficient d’un moyen de transport, d’une protection et d’opportunités de se nourrir (photo artistique de l'année. Photo Matty Smith). 03 - Une vague imposante déferle au large des côtes de Tahiti (photo Ben Thouard). 04 - Lors d’un « Grindadráp » (chasse collective traditionnelle aux cétacés) aux Îles Féroé, un globicéphale (grand dauphin appelé "baleines-pilotes") gît sur le rivage tandis que les chasseurs mènent à bien les dernières étapes de la chasse. Les enfants observent une tradition qui se transmet de génération en génération (second prix "Conservation", photo Karsten Michels). 04 - Des bénévoles, des surfeurs, des sauveteurs et des groupes écologistes collaborent pour remettre à l’eau des globicéphales à nageoire courte échoués sur le rivage (prix "Connexion humaine", photo Rui Darte). 05 - Un poisson-ruban remonte verticalement les eaux sombres d’Osezaki, au Japon. Son long corps argenté et ses nageoires délicates sont adaptés à la vie en pleine mer (premier prix "Océan invisible", photo Mitsuna Kawai). 06 - Une crevette portant une couvée de œufs se réfugie parmi les branches d'un corail (second prix "Océan invisible, photo Andrea Michelutti).

Élections en Russie : Poutine et le chat de Schrödinger

La Russie est l’un des rares pays au monde où le résultat des élections est connu avant même que le scrutin ait eu lieu. C’est un gain de temps considérable, dont les démocraties occidentales, avec leurs interminables soirées électorales, leurs sondages sortie des urnes et leurs experts en apnée, feraient bien de s’inspirer. À Moscou, nul besoin de suspense : la stabilité est assurée, les sièges sont réservés, et les urnes peuvent tranquillement accomplir leur fonction décorative.


Fausse affiche se moquant des élections où Vladimir Poutine serait à la tête de tous les partis : Russie unie, le parti du Kremlin (en haut à gauche), LDPR, le parti nationaliste (en haut à droite), KPRF le Parti communiste (en bas à gauche) et Nouvelles Personnes, le parti libéral. Capture d'écran TikTok.


Les dernières informations sur l’élection à la Douma confirment ce sens admirable de l’anticipation. Russie unie devrait conserver une majorité confortable, quoique raisonnablement écrasante — il faut tout de même laisser quelques fauteuils à une opposition soigneusement autorisée à protester sans déranger. Les électeurs, eux, pourront participer à cette grande cérémonie civique avec la sérénité de ceux qui savent que leur vote sera respecté : il sera dûment comptabilisé parmi les preuves de l’adhésion populaire.


On appelle cela une démocratie souveraine. 43,34% d'abstentionnistes ont sans doute préféré ne pas troubler cette démocratie qui savait déjà très bien où elle allait : dans le mur. C’est une forme de prévoyance nationale : dans un monde devenu imprévisible, il est rassurant de savoir au moins qui gagnera. Les électeurs ont voté trois jours, du 18 au 20 septembre, mais la Douma, elle, avait déjà commencé à digérer le résultat.


Le Kremlin appelle cela la stabilité. Le philosophe Mikhaïl Epstein y verrait peut-être le versant intérieur du « chaosisme » (lire sur Desk Russie) : dehors, la guerre sans fin clairement définie, les menaces variables, les traités que l’on quitte et les objectifs qui se déplacent ; dedans, une seule certitude, soigneusement administrée. Plus le pouvoir exporte l’imprévisibilité, plus il doit garantir à ses administrés que rien, surtout pas leur bulletin, ne viendra bouleverser l’ordre des choses.


Les vétérans du front sont conviés à entrer dans le décor civique, non pour compliquer le récit, mais pour l’illustrer (voir article de Lessia Bidotchko et Adam Ure sur Desk Russie): la guerre produit ses candidats comme elle produit ses slogans. Quant au vote électronique, il apporte à cette démocratie souveraine la touche contemporaine indispensable.


Avec une participation officielle de 56,66%, l’abstention atteint environ 43,34%. Ce n’est pas si mal : près d’un électeur sur deux a choisi de ne pas participer à une élection qui, comme le chat de Schrödinger, existe et n’existe pas à la fois. Elle existe, puisque l’on vote. Elle n’existe pas, puisque le résultat est déjà là.


A Berlin, le 20 septembre 2026, des manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade de Russie.

A Berlin, le 20 septembre 2026, des manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade de Russie. Photo Jens Schlutter / Getty Images


Se moquer, d’abord : c’est presque un réflexe de survie devant ces législatives cousues de fil blanc. Mais certaines informations ne prêtent guère à la gaudriole.


Le 18 septembre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a rendu public un rapport documentant 1 004 cas de violences sexuelles liées au conflit en Ukraine, entre le début de l’invasion russe à grande échelle, le 24 février 2022, et le 31 juillet 2026. Civils et prisonniers de guerre sont concernés. Le rapport décrit un schéma de torture, d’intimidation et de coercition, et non une addition de « dérapages » individuels.


Selon les cas documentés et vérifiés par l’ONU, 89% sont attribués aux autorités russes — armée, administration pénitentiaire et services de sécurité —, et 11% aux autorités ukrainiennes. Les faits recensés comprennent notamment viols et tentatives de viol, agressions sexuelles, nudité forcée, coups ou décharges électriques sur les organes génitaux. Les hommes, en particulier les personnes détenues, constituent la majorité des victimes identifiées; des femmes et des enfants figurent également parmi les survivants.


Mille quatre cas : ce chiffre, insiste l’ONU, ne mesure pas l’ampleur totale du phénomène. Il ne comptabilise que ce que la Mission de surveillance des droits de l’homme a pu établir à partir d’entretiens confidentiels, de dossiers judiciaires et de documents officiels, dans un contexte où la peur, la détention, l’occupation, le traumatisme et l’absence d’accès à certaines zones rendent tant de violences invisibles ou impossibles à signaler.


Alors, oui, les élections à la Douma peuvent prêter à l’ironie : elles ressemblent à une représentation dont le dénouement est distribué à l’entrée. Mais la guerre dont ce système se nourrit ne relève pas du théâtre. Elle laisse des corps, des silences et des crimes que les chiffres ne parviennent qu’imparfaitement à dire.


Des soldats transportent la dépouille du sergent Angel S. Rampersad, tué lors d'une attaque iranienne contre une base aérienne en Jordanie, à la base aérienne de Dover en juillet.

Des soldats transportent la dépouille du sergent Angel S. Rampersad, tué lors d'une attaque iranienne contre une base aérienne en Jordanie, à la base aérienne de Dover en juillet. Photo Evan Vucci/Reuters.

Trump et les morts de la guerre qui n'a pas lieu

Sinon, il n’y a pas de guerre en Iran. On tient cette information de première main : J. D. Vance himself, vice-président des États-Unis, l’a révélée jeudi à la Maison-Blanche. « Je n’appellerais pas cela une guerre », a-t-il expliqué, interrogé sur la possibilité que les combats se terminent avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. « Pour l’instant, il n’y a pas de fusillade active. »


Voilà qui est rassurant. Il n’y a donc pas de guerre : seulement un conflit qui dure depuis plus de six mois, des frappes américaines et iraniennes qui « flambent » parfois, des navires commerciaux visés dans le détroit d’Ormuz, et une crise pétrolière dont les électeurs américains apprécient la traduction immédiate à la pompe. Mais, précisément, il n’y a pas de fusillade active au moment où parle Vance, l'idiot de service. Et un cessez-le-feu de quelques minutes vaut manifestement, dans la grammaire de l’administration Trump, certificat de paix durable.


Le vice-président JD Vance s'adresse aux journalistes dans la salle de presse James Brady de la Maison Blanche,

le 3 septembre 2026, à Washington. Photo Alex Brandon / AP


Il faut comprendre la nuance : une guerre, c’est une chose très désagréable, qui oblige à répondre à des questions sur son commencement, ses objectifs, son prix, ses victimes et, pire encore, sa fin. Une succession d’« épisodes » au cours desquels des missiles, des drones et des bombardements se manifestent avec une certaine régularité, c’est beaucoup plus maniable. On n’y fait pas la guerre : on y gère des poussées de fièvre géopolitiques.


Vance a néanmoins admis une petite difficulté de calendrier. Pour savoir quand cela s’arrêtera, a-t-il dit en substance, il faudrait déjà savoir quand l’Iran cessera de tirer sur les navires. Or il ne connaît pas la réponse. Mais rassurons-nous : si l’on ignore quand finit un conflit armé, c’est probablement qu’il n’existe pas.


En attendant, il n’y a donc pas de guerre, mais il y a quand même des morts. Et même un petit problème d’arithmétique, dont le Pentagone avait sans doute espéré qu’il passerait entre deux communiqués sur la paix qui n’est pas la guerre. Selon une enquête du Washington Post, fondée sur six responsables américains ayant accès aux données internes du département de la Défense, au moins 22 militaires américains sont morts au Moyen-Orient depuis le début des opérations contre l’Iran, le 28 février. Un sixième responsable avance le chiffre de 23. Dans la base publique du Pentagone, le compteur affichait alors 18 décès. Quatre ou cinq morts d’écart : pas de quoi déclarer une guerre, évidemment; tout juste une erreur d’arrondi géopolitique.


Le détail est d’autant plus embarrassant que la base officielle inclut les morts causées tant par des actions hostiles que par des causes dites non hostiles. L’administration ne nie donc pas qu’il y ait des morts; elle semble simplement hésiter sur le nombre de morts qu’il convient de rendre visibles. Le Washington Post précise que les identités, les dates, les lieux et les causes des décès supplémentaires ne sont pas connus publiquement. Certaines morts pourraient ne pas être directement liées aux combats, mais concerner des personnels déployés dans la région au fil de ce conflit qui ne mérite pas, paraît-il, le nom de guerre.


Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a qualifié l’article de « mensonge complet ». C’est une réponse très américaine à la comptabilité des pertes : lorsqu’un chiffre dérange, on ne le corrige pas, on le déclare fictif. En attendant une clarification, les familles, elles, n’auront peut-être pas besoin d’un vocabulaire exact pour savoir qu’un soldat mort reste un soldat mort — même lorsqu’il a péri dans une non-guerre.


Et voici que la non-guerre commence à produire un phénomène encore plus préoccupant que les morts, les carburants hors de prix ou les navires attaqués : des républicains hésitants. Dans l’Iowa, Zach Nunn et Mariannette Miller-Meeks, deux élus républicains jusque-là fidèles à Donald Trump, ont voté avec les démocrates pour limiter la capacité présidentielle à poursuivre les opérations militaires contre l’Iran sans autorisation du Congrès. M. Nunn, ancien militaire de l’Air Force, avait pourtant fait campagne le mois dernier avec Pete Hegseth, lequel le célébrait comme un allié ne nécessitant pas de coup de téléphone présidentiel nocturne pour faire le bon vote. Il vient d’en faire un autre.


Les deux élus ont découvert qu’une « opération » sans fin ressemble assez vite à une guerre sans fin, surtout lorsqu’elle coûte des vies et que le diesel grimpe au moment précis où les agriculteurs de l’Iowa doivent lancer leurs machines pour les récoltes. « Les Américains ne veulent pas d’une nouvelle guerre éternelle », résume Miller-Meeks. Cela tombe bien : la Maison-Blanche n’en mène pas. Elle mène seulement une non-guerre indéfinie dont il faudrait toutefois, idéalement, obtenir la victoire « décisive et immédiate ».


Un client vérifie le prix de l'essence tout en faisant le plein de son véhicule dans une station-service, à Streamwood,

dans l'Illinois, le 16 septembre 2026. Photo Nam Y. Huh / AP


La non-guerre a toutefois une conséquence très concrète : elle se paie à la pompe. Et, à la pompe, les électeurs américains semblent avoir une fâcheuse tendance à ne pas distinguer la géostratégie du prix du gallon.


Au Texas, un livreur d’Amazon de 28 ans, Quinten Martinez, résume le dilemme devant le compteur qui tourne : cette semaine, les courses ou l’essence pour aller travailler ? Donald Trump lui répond, en substance, que c’est un « prix peu coûteux à payer » pour l’opération iranienne — pardon, pour ce qui n’est pas une guerre. Le coût est donc modeste, à condition de ne pas avoir à choisir entre remplir son réservoir et remplir son frigo.


C’est là toute la grandeur de la diplomatie tarifée : les missiles ont un prix, le pétrole aussi, mais le sacrifice demeure remarquablement abstrait tant qu’il est réglé par quelqu’un d’autre. À Washington, le conflit n’est pas une guerre; dans les stations-service du Texas, il prend en revanche la forme parfaitement identifiable d’un litre — ou plutôt d’un gallon — devenu trop cher. A ce prix-là, c'est Trump qui risque fort de ne pas arriver à faire le plein... de voix, lors des prochaines élections de mi-mandat.

Bicentenaire de la photographie : à Beauvais, les 23èmes Photaumnales

© Charles Commessy — Photographes réalisant une vue panoramique de Beauvais, 1900/1920.

Négatif verre au gélatinobromure d’argent 13 x 18 cm. Réseau des médiathèques du Beauvaisis.


La France célèbre en 2026-2027 le bicentenaire de la photographie : non parce qu’un appareil aurait soudain surgi, voici deux cents ans, tout armé de son objectif, mais parce que Nicéphore Niépce parvient alors, près de Chalon-sur-Saône, à fixer durablement une image. Réalisé vers 1826-1827 par héliographie, le Point de vue du Gras est considéré comme la plus ancienne photographie conservée, prise à l’aide d’une chambre noire. C’est cette naissance encore imprécisément datée qui explique une célébration étendue sur deux années.culture.


Du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027, le ministère de la Culture orchestre une programmation nationale et internationale : expositions, festivals, rencontres, publications, ateliers et projets audiovisuels, en métropole, outre-mer et dans plus de quarante pays. Il ne s’agit donc pas seulement de rendre hommage à une invention française, mais de parcourir deux siècles d’images — de la plaque d’étain de Niépce aux flux continus des téléphones, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.


Le bicentenaire rappelle aussi une évidence quelque peu oubliée : la photographie n’a jamais été un simple miroir du réel. Dès l’origine, elle est une technique, un art, une archive, une industrie et un instrument de pouvoir. À l’heure où chaque image peut être capturée, retouchée ou engendrée sans appareil ni lumière, célébrer Niépce revient moins à sacraliser le passé qu’à interroger ce que signifie encore, aujourd’hui, « faire preuve par l’image ».


Pour aujourd'hui, parmi les nombreuses expositions et manifestations qui vont ponctuer ce bicentenaire, arrêtons-nous à Beauvais : la 23e édition des Photaumnales, festival porté par Diaphane, s’y déploie jusqu'au 29 novembre. Son titre — La photographie et après ? — ne se contente pas de célébrer les deux cents ans du médium : il en interroge les métamorphoses, de l’héliographie de Niépce aux images générées par intelligence artificielle.


Henrique Fujikawa, The Sun Here Shines Yellow


Le Quadrilatère, centre d’art de Beauvais, forme le cœur d’un programme considérable : 52 expositions, 55 artistes et 37 lieux dans les Hauts-de-France. La photographie y quitte volontiers le mur et le cadre pour devenir installation, tissu, archive altérée, réalité virtuelle ou dispositif participatif. L’exposition de Stéphane Couturier, Dynamique combinatoire, mêle notamment architecture, peinture, tapisserie et photographie, tandis qu’un parcours patrimonial fait revivre deux siècles de photographie dans le Beauvaisis. Il rappelle le rôle pionnier d’Hippolyte Bayard, né à Breteuil-sur-Noye, qui expérimentait dès 1839 le procédé positif direct sur papier.


Les Photaumnales regardent aussi résolument vers les tensions du présent. Cristóbal Ascencio transforme fichiers effacés et images corrompues en tapisseries et expériences virtuelles; Marta Bogdanska propose une contre-histoire visuelle du vivant non humain; le duo Brodbeck de Barbuat confronte la mémoire de la photographie aux imitations troublantes de Midjourney. Bruce Eesly, lui, fabrique de fausses archives de la « Révolution verte » par IA, avec un humour qui rappelle combien une image peut encore se faire passer pour une preuve.


Dans les parcs, villages, quartiers et villes partenaires, la programmation affirme enfin que la photographie n’est pas seulement une affaire de musées : elle est une mémoire locale, un outil de rencontre et une manière de circuler autrement dans les territoires. Dans le parc de la Gare, Henrique Fujikawa présente The Sun Here Shines Yellow, une exploration de l’immigration japonaise au Brésil, pays qui abrite la plus importante diaspora japonaise hors du Japon — près de deux millions de descendants. L’artiste brésilien, originaire de São Paulo, construit un récit visuel où le jaune, couleur du soleil, de l’ancestralité et du voyage, devient le fil conducteur des itinéraires migratoires et des processus d’enracinement.


Archives familiales, collages, papiers d’origami, enveloppes japonaises, documents historiques et interventions numériques composent cette cartographie intime et collective. Fujikawa y met en relation la mémoire du travail agricole, notamment de la culture des fleurs et des légumes, avec la persistance du racisme et le sentiment d’étrangeté auquel peuvent être confrontés les Brésiliens d’origine japonaise.


Un troupeau de bisons envahit Manhattan

Photos New York Theater


La scène a eu lieu ce week-end à New York : Return of the Buffalo: Tatanka Owe Akupi est une vaste création d’art public et de théâtre de rue qui a traversé Lower Manhattan et Downtown Brooklyn. Avec un troupeau de marionnettes de bisons à taille réelle, le projet relie l’histoire de l’extermination des bisons à celle de la dépossession des peuples autochtones. Le projet a été créé par le dramaturge et metteur en scène palestinien Amir Nizar Zuabi, en partenariat avec des aînés des communautés et tribus Lenape et Lakota. Les marionnettes, à taille réelle, conçues par le collectif sud-africain Ukwanda Puppets, ont été fabriquées avec une structure mêlant acier, contreplaqué, toile de jute et papier. Chaque animal nécessitait trois manipulateurs — deux à l’intérieur du corps, un à la tête. Le défilé de Manhattan a mobilisé environ 170 volontaires.


Le projet part d’un fait majeur de l’histoire coloniale nord-américaine : au XIXe siècle, l’abattage industriel des bisons a contribué à priver les peuples autochtones des Grandes Plaines d’une source essentielle de nourriture, de matériaux, de pratiques spirituelles et d’organisation sociale.


Le cortège de bisons a débuté près du parc Bowling Green, s'arrêtant brièvement devant le Musée national des Amérindiens.

Photo Anna Lee/Hyperallergic.


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1 commentaire


yanitz2018
yanitz2018
il y a 2 minutes

Rester sérieux devant un monde ubuesque, trop lourde tâche.

A la douma, Poutine a ses clones ou clowns ou inversement dans le sens de la longueur.

La non-guerre éternelle de Trum$ et ses basses élites me rappelle un livre.

"La Guerre Éternelle" de Joe Haldman (1974,"J'ai lu").

Roman de S.-F. et comme tout bon roman de S.-F., il parle du présent -1974- et de notre futur actuel

Les morts américains s'ajouteront aux morts iraniens et autres pays concernés. Et ce sera exponentiel.

Photographie ? Le Trio Nicéphore Niépce, Louis Daguerre et Nadar.

Conseil, le livre du photographe Erwin Blumenfeld "Jadis et Daguerre" (Babelio)

Rage Against The Machine " Killing In The Name " (album "Rage Against The Machine", 1992)

"…



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