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L'écartèlement social, par Michel Strulovici



Voilà une information que la presse "bollorisée" veillera à passer sous silence. Près de 40 ans après que Jacques Chirac ait voulu électoralement surfer sur la "fracture sociale", et bien loin de la "théorie du ruissellement" vantée par Emmanuel Macron et qui a inspiré les réformes fiscales de 2018, les écarts de revenus, et partant, de niveau et de qualité de vie, n’ont jamais été aussi aigus en France. Tel est le diagnostic établi par le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités. S’il est urgent d’en prendre la mesure, c’est qu’un tel "écartèlement social" vient nourrir une "rancœur" où fermente un véritable désastre démocratique, dont il n’est pas besoin d’être devin pour en discerner les signes avant-coureurs.


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« Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire ! tandis que moi, morbleu ! perdu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes ; et vous voulez jouter... »

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro.Acte V scène 3.


250 ans après la célèbre interpellation de Beaumarchais qui toucha au cœur l'adversaire de droit divin, la nature de la domination, sa férule s'est certes laïcisée, elle a abandonné au vestiaire sa défroque monarchiste, mais qu'y a -t-il de changé, sur l'essentiel ? Les Dominants d'aujourd'hui ont vu leurs moyens décupler et le monde dans son entier devoir célébrer le Veau d'Or. Aujourd'hui, les inégalités de classe fracturent la société et règnent comme une évidence. comme une norme culturelle, quasi naturelle, partout (1). Et les Français n'y échappent pas. Le dernier rapport de l'Observatoire des inégalités, cette version française du discours sur l'état de l'Union, en fait démonstration.


A de très rares exceptions près (L'Humanité, Libération, Le Monde, France Inter dans son 12/13 avec une interview de 15 minutes d'Anne Brunner, directrice des études à l'Observatoire des inégalités), le silence de la quasi totalité des médias sur cette publication d'importance, véritable scanner de l'état de notre pays et de sa vie économique, sociale et culturelle, est pour le moins étonnant. La volonté des rédacteurs en chef des médias mainstream et des éditorialistes de taire tout ce qui pourrait faire tache dans leur discours policé, frise ici l'indécence. Ils préfèrent de loin siffloter la pensée toute faite et roucouler sur un air de doxa. Jeter aux oubliettes une telle information en dit long sur le pouvoir sans partage des manipulateurs d'opinion qui s'affirment, en toute occasion, journalistes objectifs (2). Même les émissions dites de débat, qui auraient du en rendre compte, ont décidé de passer outre.

Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, présente en quelques minutes le Rapport sur les inégalités en France, édition 2023. Vidéo mise en ligne le 12 juin 2023.


En lisant ce rapport, on comprend mieux les raisons pour lesquelles il est ainsi "mis sous le tapis". Il s'agit là d'un brûlot étayé qui anéantit tout le blablabla ambiant sur le « ruissellement », sur les vertus de la concurrence, sur la perfection des lois inventés par le Pouvoir au bénéfice du pays. Il fait apparaître les structures de l'écartèlement national. Il dévoile, chiffres à l'appui, le drame vécu en ces jours par des millions de Français.


Pour n'en saisir qu'un aspect, il nous dit combien Pierre Bourdieu et Jean Claude Passeron eurent la vista avec leurs études sur Les héritiers, les étudiants et la culture (Éditions de Minuit, 1964) et sur la Reproduction. Éléments pour une théorie du système d'enseignement (Éditions de Minuit, 1970) (3). Plus généralement, un spectre hante ce rapport : celui de l'existence de classes fracturant le pays. Hommage est ainsi rendu au vieux Marx que tant de théoriciens déclarèrent caduc.


Les communicants auront beau s'échiner à polir éléments de langage sur éléments de langage dans les arrière-cuisines des Palais, les durs pépins de la réalité témoignent de la gravité de notre situation. Et L'Humanité a raison de titrer : « Inégalités : le fossé entre classes sociales, toujours nié mais bien réel ».


Cet explosif rapport dit aussi l'augmentation de la prospérité des puissants qui dirigent l’État, l économie et les consciences. Ceux ci ont compris l'enjeu de cette étude sur la lutte des classes. Et, leur première action de protection est de rendre impossible le débat sur cette question essentielle : est -il possible de changer la donne sur ces appropriations démesurées, vampiresques, des richesses produites ?


L'étude, sulfureuse à leurs yeux, ne doit donc pas se diffuser hors du cercles étroits des initiés. Ainsi, grâce à de telles méconnaissances, "la classe en soi" ne deviendra pas une "classe pour soi", celle où chacun s'aperçoit que sa situation est équivalente à celle de millions d'autres et que la situation doit et peut changer. Comme le crie Phèdre à Oenone : « Tu frémiras d'horreur si je romps le silence » (Racine, Phèdre, Acte 1 scène 3).


Le fameux "ruissellement", vu par le dessinateur Nawak


Déclassement

Que souligne donc ce rapport de 150 pages pour être ainsi boycotté ? Tout simplement la perpétuation de la fracture sociale en France à l’ère du macronisme triomphant. Dans des temps précédents, Chirac faisait de la « fracture sociale » un thème de campagne, certes sans bouger d'un iota la résolution de la question. « Les inégalités sociales demeurent aiguës », constate aujourd'hui, chiffres à l'appui, le rapport de l'Observatoire des inégalités qui rend compte, DANS TOUS LES DOMAINES (économique, social, sociétal, culturel, médical, patrimonial...) de cet écartèlement qui mine dangereusement le vivre-ensemble.


L'anxiété qui a saisi au cœur une bonne partie du pays porte le nom de "déclassement", particulièrement « pour les salariés peu qualifiés qui subissent de fortes pertes de pouvoir d'achat ». Les ouvriers et les salariés ont l'impression « de ne pas participer à la marche du progrès » contrairement « à une France d'en Haut », souligne Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités. « L'organisme dresse le portrait d’un pays où les écarts de niveau de revenu et de vie entre plus aisés et plus modestes ne faiblissent pas, voire s’accentuent », titre Le Monde dans son édition du 8 juin.


Plus précisément, le salaire moyen se situerait aujourd'hui aux alentours de 2.500 euros, mais ce chiffre n'est qu'une commode apparence pour éditorialistes de plateaux télé, car la réalité est bien plus disparate et fragmentée. Ainsi 30 % des Français vivent avec moins de 1.500 euros par mois. La multiplication des temps partiels, annuel ou mensuel, fait plonger massivement le niveau de vie des catégories populaires, des jeunes et, tout particulièrement, celui des femmes. Selon l’étude, le revenu mensuel moyen des cadres est de 3.200 euros, contre 2.100 pour les professions intermédiaires et autour de 1.600 pour les ouvriers et les employés. À eux seuls, les 10 % des plus aisés captent ainsi un quart de l’ensemble des revenus, quand les 10 % les plus pauvres n'en représentent que 3,5 %.


Les inégalités concernent les revenus issus des salaires mais, évidemment, marquent des différences considérables dans la possession d'un patrimoine, qui accentue encore les fractures de la société. Les 10 % des ménages les plus fortunés possèdent ainsi 47 % de l’ensemble du patrimoine des ménages en 2021 (contre 41 % en 2010). Et dans notre pays, selon une étude de l'Institut des politiques publiques publiée le 6 juin dernier, les 378 Français les plus aisés ne paient que 2% d’impôt sur leur revenu ! Le pouvoir politique leur permet d'échapper à l'effort national qu'il s'évertue déjà à piller.


Autre thème qui met à mal la doxa portée par les partisans de la perpétuation de ces inégalités, la souffrance au travail est ici clairement diagnostiquée. Le rapport de l'Observatoire des inégalités indique ainsi que « chaque année, près de 20.000 ouvriers sont victimes d’accidents graves et 500 meurent dans l’exercice de leur profession. Les chiffres sont respectivement de 1.800 et 69 pour les cadres. (...) Aides-soignantes, maçons, travailleurs à la chaîne, livreurs, etc., les métiers du bas de l’échelle usent le corps au quotidien, avec des conséquences dans leur vie qui vont bien au-delà du travail : fatigue, maladies de longue durée, espérance de vie réduit (…) Ainsi, un cadre a 84 ans d’espérance de vie, contre 77,6 ans pour un ouvrier. »


L'application de la contre réforme des retraites et l'allongement de la vie au travail ne peut que dégrader et accentuer une telle situation. Ce départ à 64 ans décidé par Macron représente bien plus qu'un temps supplémentaire de deux ans pour les catégories populaires. Chacun des mois perdus pour ce repos mérité pèse plus lourd pour des corps usés.

Les inégalités de classe, comme l'avaient démontré il y a maintenant un demi-siècle Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, débutent dès la petite enfance. Le rapport de l'Observatoire des inégalités confirme la justesse et la persistance de leurs analyses. Ainsi « dans les écoles des territoires les plus pauvres, seuls 42 % des enfants en CP ont une maîtrise satisfaisante de la compréhension orale du vocabulaire, contre les trois quarts dans le reste du pays. La plongée dans un univers de concurrence scolaire, en particulier la plongée dans un univers de concurrence scolaire, en particulier l’apprentissage précoce de la lecture, creuse les inégalités. »


Ce déséquilibre s'accentue tout au long de scolarités différenciées, essentiellement par appartenance de classe, de transmission familiale, de capital culturel. « Les enfants d’ouvriers sont ensuite sous-représentés en lycée général ou technologique (19 %) et sur les bancs de l’université (10 %), où les enfants de cadres sont trois fois plus nombreux. » De ces parcours, globalement liés à des appartenances de classe, il ressort que « les disparités dans le niveau de diplôme de la population restent très marquées. 25 % des personnes de plus de 25 ans n’ont aucun diplôme ou possèdent seulement le brevet des collèges. Les diplômés de niveau bac +3 ou plus représentent seulement 22 % de la population. »

De ces réussites si différentes découlent des modes de vie et des univers fort dissemblables. Dans ces conditions, pour ne prendre que l'exemple des pratiques culturelle, « la part de personnes n’ayant lu aucun livre – en augmentation globale –, est de 47 % chez les ouvriers, contre 15 % pour les cadres ».

Les conséquences politiques, sociétales, de ce désastre permanent, renouvelé génération après génération, expliquent ce climat de « rancœur » des citoyens les moins privilégiés de notre pays, dont le rapport se fait l'écho. Cette rancœur qui risque d'entraîner notre société loin, vers le pire. Vers la fin de toute vie démocratique.


La pensée Bolloré


Car, oui, notre démocratie est en danger, face au pouvoir des puissances financières. Huit milliardaires possèdent en France la quasi totalité de nos médias et les GAFAM tous les réseaux sociaux. En comparaison, le "papivore" Robert Hersant [ex-collabo pendant l'Occupation nazie, devenu magnat de la presse française à partir des années 1970] apparaît comme un nain.


L'offensive d'appropriation de ce secteur, des agences de publicité et des maisons d'édition démontre sans conteste l'importance du secteur de la pensée, de l'éducation, de la culture et de l'idéologie dans cette bataille planétaire pour la domination et la manipulation des esprits. « Les pensées de la classe dominante sont aussi à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle » écrivait Marx, avec fulgurance, dans L'Idéologie allemande.

Vincent Bolloré, à la Une de "L'Obs", 25 février 2021

L'ultra-réactionnaire Vincent Bolloré, dont le pétainiste Zemmour est le fou du roi préféré, mène une offensive de grande envergure depuis deux ans, avec son groupe Vivendi, pour prendre possession du groupe Lagardère Hachette, le fleuron de l'édition dans notre pays. Pour l'emporter, il a préféré s'amputer d'un bras, en l’occurrence celui d'Editis (4) sur injonction de la Commission de Bruxelles qui souhaite minorer l'empire.


Bolloré possédait déjà les chaînes du Groupe Canal+ (C8, Canal+, CNews, CStar), les radios Europe 1 et RFM, et encore Télé-Loisirs, Géo, Gala, Voici, Femme Actuelle, Capital, Paris Match et le Journal du Dimanche. En achetant la maison mère d’Hachette Livre, leader français très bien implanté à l'international, il prend possession de Grasset, Fayard, Stock, Calmann-Lévy, Le Livre de poche, JC Lattès, Dunod, Larousse, Hatier et d’importantes filiales aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Espagne. Et, cerise sur le gâteau, il acquiert nombre de maisons d'édition de livres scolaires ! De la naissance à la mort, il jouira du final cut sur les productions d'informations, jusqu'aux formations scolaires.

Bonjour Big Brother !


Comme l'expliquait l'ancienne ministre de la culture Françoise Nyssen, co-fondatrice d'Actes Sud : « Je ne crois pas que l'objectif [de Bolloré] est de préserver la diversité du panorama éditorial (...) Il y a des choses que l'on ne peut pas ignorer : quand Albin Michel a décidé de ne plus éditer Eric Zemmour, il a été accueilli par Editis… C'est aussi comme ça que l'on peut diffuser de façon massive, et soutenir un courant d'idées unique, qui est celui que nous connaissons. » (5)


Aux "jours heureux" du programme du Conseil National de la Résistance, la concentration de la presse était considérée comme un ennemi absolu de la liberté d'opinion, donc de l'exercice de la Démocratie. Nous pouvons saisir le chemin parcouru vers une dictature de tous les instants.

Et nous comprenons mieux, sous cet angle, pourquoi le regard de rédactions sous tutelle évite de se poser sur le rapport de l'Observatoire des Inégalités. Les quelques milliardaires propriétaires de médias et leurs alliés des GAFAM tentent de dévier notre curiosité de citoyens sur l'inessentiel, le « presque rien », disait Pierre Bourdieu. (6)


Propagandez, propagandez, il en restera quelque chose !


Il est nécessaire de savoir que, contrairement à nombre d'idées reçues, la théorie et la pratique de la manipulation de l'opinion dans tous les domaines, dont le politique, ne sont pas nées dans les systèmes totalitaires mais au cœur même de la "démocratie" américaine.

"Propaganda" d'Edward Bernays lu par Eric Herson-Macarel. Mis en ligne le 11 juillet 2019


En 1928, un certain Edward Bernays publie Propaganda (7). Cet inventeur de la publicité, neveu de Sigmund Freud, est considéré comme le père de la propagande politique, de la manipulation de l'opinion et de l'industrie des relations publiques. Il est probable que Propaganda fut l'inspirateur du ministre de la Propagande du IIIème Reich, le sinistre Joseph Goebbels.


Autre exploit du premier spin doctor de l'Histoire, en1954, l'activité propagandiste d'Edward Bernays dans le domaine de la géopolitique s'exprime dans le soutien actif à la multinationale United fruit company et au gouvernement des États-Unis et participe au renversement du président démocratiquement élu du Guatemala.. L'agence de presse Middle America Information Bureau d'Edward Bernays présente le président Jacobo Arbenz Gueman comme un communiste. Cette propagande est relayée dans la plupart des médias américains (Wikipedia).


Aujourd'hui, les offensives populistes d’extrême droite, versions Trump ou Orban, ont mis en péril le système démocratique sur l'ensemble de la planète, d'une manière inédite depuis l'explosion en vol de l'URSS. Pourtant nombre de spécialistes et commentateurs continuent d'affirmer des fariboles.

Ainsi de la presque oubliée star mondiale, Francis Fukuyama et de sa célébrissime étude "La fin de l'Histoire et le dernier homme". Rappelez vous, c'était en 1992 et l'Occident pensait débattre du plus important essai de la seconde moitié du XXème siècle. La thèse centrale de l'ouvrage expliquait que la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide marquait la fin de l'histoire en tant que processus dialectique de lutte entre différentes conceptions de la société et de l'organisation politique.


Selon Fukuyama, la démocratie libérale était devenue la forme d'organisation politique la plus aboutie possible. Elle représentait donc la fin de l'Histoire car elle répondait aux aspirations universelles de l'humanité pour la recherche du bien-être individuel et collectif. Selon lui, la fin de l'Histoire signifiait la migration de toutes les sociétés vers la démocratie libérale, résolvant du même coup, les différences politiques et idéologiques, et remplaçant les champs de bataille par des tables de négociation. On sait comment cette Fin de l'Histoire s'est fracassée sur le mur des réalités terrifiantes qui poussent les sociétés humaines vers le pire.


Car, ce que n'a pas pris suffisamment en compte Francis Fukuyama, c'est l'idée que les inégalités économiques, sociales, culturelles entre sociétés, groupes sociaux et individus minent l'expression démocratique. Thomas Piketty, par exemple, dans son impressionnant travail sur Le Capital au XXIème siècle explique combien les inégalités de richesses et de revenus s'accroissent d'une manière vertigineuse dans les sociétés capitalistes et mettent en danger la stabilité politique et sociale de nos nations. Nous vivons aujourd'hui, en direct, ce phénomène. Le système capitaliste mondialisé et financiarisé a-t-il encore besoin de la démocratie, alors qu'il la contourne, la déchiquette et la jette aux loups, lui qui se vantait, il y a si peu, de l'avoir inventée.


Si nous n'y prenons garde, si nous ne combattons pas, avec les moyens de l'époque, la mise sous tutelle des citoyens par des puissances à la Bolloré, le régime démocratique finira de se déliter et n'aura alors été qu'une parenthèse dans l'histoire humaine. Comme l'écrivait Jean-Marc Adolphe en février 2017 dans un article de blog sur Mediapart : « Faisons à nouveau de la démocratie une idée neuve, qui puisse faire du XXIe siècle un futur désirable. »


Michel Strulovici


Rapport sur les inégalités en France, édition 2023, sous la direction d’Anne Brunner et Louis Maurin, Observatoire des inégalités, juin 2023, 160 pages. 10 € hors frais d’envoi. Également disponible en version numérique à télécharger.


NOTES


1. Albert Einstein en 1934 dans « Comment je vois le monde » avait déjà remarqué : « J'ai le sentiment que les différences de classe sociale ne sont pas justifiées et qu'elles ne reposent en fin de compte que sur la violence. »


2. Pour rappel, dans mon livre Évanouissements. Chroniques des continents engloutis (Éditions du Croquant), j'abordais cette question à propos du travail de David Pujadas à France 2. Je reproduisais une interview où, pour une fois, il reconnaissait qu'il prenait parti. Dans une interview au magazine Society en décembre 2016, le présentateur vedette remarquait : « Oui, le journal véhicule sans doute une vision du monde : l'idée implicite que le salut et le bonheur résident dans la consommation et l'accumulation des richesses (…) Or la croissance non mesurée, l'attention portée aux autres(...) c'est essentiel dans une société. Mais on ne la traite pas. En ce sens, oui, il y a une idéologie cachée. »


3. « La cécité aux inégalités sociales condamne et autorise à expliquer toutes les inégalités, particulièrement en matière de réussite scolaire, comme inégalités naturelles, inégalités de dons. » Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La Reproduction.


4. Editis est considéré comme le deuxième plus important groupe d'édition français juste derrière Hachette. Il compte plus de 40 marques d'édition différentes dont les éditions Robert Laffont, Bordas, Nathan, Retz, Perrin, Plon, Julliard et La Découverte (Wikipedia). Editis devrait être vendu au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky


5. France Info culture, 13/02/2022.


6. Pierre Bourdieu, Sur la télévision, éditions du Collège de France.


7. Edward Bernays, Propaganda. Comment manipuler l'opinion en démocratie, La Découverte, 2007.


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