La paix, ou ce qu’il en reste
- Jean-Marc Adolphe

- il y a 16 heures
- 3 min de lecture

Donald Trump quitte la salle de presse James‑Brady de la Maison‑Blanche après avoir parlé avec des journalistes, le 6 avril 2026,
à Washington. Photo Alex Brandon / AP
Trump s’autoproclame artisan de la paix après la réouverture du détroit d’Ormuz. Pourtant, des objectifs de guerre introuvables à la réalité des rapports de force, tout indique que cette « paix » ressemble surtout à une défaite stratégique américaine.
les humanités, ça n'est pas pareil.
Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût :
Finalement, ils sont sympas, ces « tarés » de mollahs. En acceptant de rouvrir ce « putain de détroit » d’Ormuz (sous la pression de la Chine, dit-on), ils ont permis à Donald Trump, "Monsieur Vous allez voir ce que vous allez voir" de fanfaronner victoire, et même d’auto-célébrer une « grande journée pour la paix mondiale » (big day for world peace).
En gros, après 39 jours de « Fureur épique » et plus de 1 500 frappes aériennes israélo-américaines, Trump a obtenu que pétrole, gaz et autres denrées en conteneurs puissent librement naviguer du golfe Persique vers l'océan Indien… comme c’était le cas avant le 28 février dernier. On jettera pudiquement un voile sur le coût de cette petite « excursion » ; on ose à peine imaginer combien les dizaines de milliards de dollars ainsi partis en fumée (pour la seule partie américaine) auraient pu servir à lutter contre le changement climatique ou contre la pauvreté dans le monde.
Les négociations entre l’Iran et les États-Unis qui doivent s’ouvrir à Islamabad, au Pakistan, ressemblent pour l’heure à un écran de fumée. L’annonce de ces négociations permet surtout à Trump de sauver la face, sans avoir atteint aucun des objectifs de guerre (lesquels, il est vrai, n’ont jamais été clairement explicités). Pire : malgré les ultimatums à répétition de Trump et sa menace d'« éradiquer une civilisation entière », c’est l’Iran qui semble avoir posé ses conditions pour consentir à la réouverture du détroit d’Ormuz. Parmi les 10 points du plan iranien : la reconnaissance de l'enrichissement de l'uranium, la levée de toutes les sanctions américaines, le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, etc., sans oublier la fin des attaques contre l'Iran et ses alliés régionaux (y compris au Liban) -ce qu’Israel a déjà déclaré ne pas accepter.
Chapeau, l’artiste ! Il y a encore quelques jours, dans une interview au Financial Times (29 mars), Trump déclarait : « Franchement, ce que je préfère, c'est prendre le pétrole iranien ». Même pas en rêve : l’Iran, ce n’est pas le Venezuela. Quant au changement de régime, y a-t-il sérieusement pensé ne serait-ce que l’ombre d’une seconde ? Pour les mouvements de contestation en Iran, l’avenir proche risque d’être encore plus sombre que ce qu’il était déjà.
« Nous ne gagnons pas contre l'Iran — loin s'en faut. Ce que nous faisons, c'est envoyer un message au monde que nous avons fait une erreur stratégique sérieuse. Nous nous sommes précipités dans une guerre sans chemin clair vers la victoire », écrivait voici peu John J. Mearsheimer, professeur émérite de sciences politiques à l'Université de Chicago. « La supériorité militaire américaine reste immense, mais elle ne coïncide plus avec une supériorité stratégique », ajoutait-il. « Et c'est là, dans cette dissociation entre la force et le résultat, que je situe la véritable défaite : non pas à la fin de la guerre, mais au moment où une grande puissance continue à se battre sans savoir comment transformer la guerre en victoire ».
« Trump devra accepter une défaite humiliante et céder à la plupart des exigences iraniennes, et les États-Unis quitteront le Moyen-Orient de manière humiliante », prévoyait-il. Et ce n’est pas tout : pendant que « la Russie et la Chine tireront avantage de la défaite américaine, l'Europe paiera un prix énorme (dépendance pétrolière, pas de gaz russe) mais restera soumise aux USA par peur… » Comme disait Reiser, on vit une époque formidable…
Jean-Marc Adolphe





Reiser ? Le Gros Dégueulasse ? Trump même pas cap !
Une aventure favorite :