Cisjordanie : 12 km² pour enterrer la paix
- Michel Strulovici

- il y a 3 jours
- 22 min de lecture

Une femme assiste à la cérémonie d'inauguration de la colonie juive de Yatziv, récemment légalisée, située à proximité
de la ville palestinienne de Beit Sahour, en Cisjordanie, le 19 janvier 2026. Photo Ohad Zwigenberg / AP.
Alors qu’Israël poursuit ses frappes aériennes en Iran et ses incursions destructrices au Liban, une autre offensive aux conséquences majeures passe sous les radars médiatiques. En lançant l’annexion de la zone E1, petit corridor de 12 km² entre Jérusalem-Est et Ma’ale Adumim, grande colonie israélienne de Cisjordanie, Benyamin Netanyahou et ses alliés d’extrême droite ne se contentent pas de grignoter un peu plus la Cisjordanie : ils organisent méthodiquement la mort de tout État palestinien viable et entraînent Israël vers une fuite en avant suprémaciste qui fracture sa société, son armée et son lien avec le droit international.
les humanités, ça n'est pas pareil.
Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût :
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader. »
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950.
La volonté de Benyamin Netanyahou d’en finir, une fois pour toutes, avec la menace incarnée par les mollahs iraniens dépasse de beaucoup la simple défense nationale. Il veut laisser son empreinte dans l’histoire d’Israël comme celui qui aurait triomphé de « l’ennemi existentiel ».
Mais, dans cette offensive aux côtés de l’allié américain, appuyée, pour l’heure, par l’ensemble des Israéliens, Netanyahou et l’extrême droite israélienne n’abandonnent pas leur autre objectif, quasiment obsessionnel : anéantir toute perspective d’un État palestinien viable. Cette pulsion fonde leur conception de l’État d’Israël et de ses frontières, depuis l’entrée en politique de l’actuel président. Jusqu’à mener campagne contre les Accords de paix d’Oslo et vilipender Yitzhak Rabin, en le grimant en Hitler, chauffant la foule hystérisée à blanc dans ses meetings, armant ainsi le bras de l’assassin par une campagne pouvant évoquer celle que mena en France Maurras contre Jaurès.
Netanyahou et ses alliés d’extrême droite se présentent paradoxalement comme sauveurs d’Israël tout en créant les conditions d’une instabilité de longue durée par leur volonté de colonisation totale de la Cisjordanie. Cette offensive n’est pourtant pas consensuelle, en particulier au sein de l’appareil sécuritaire : une partie des services de renseignements et de nombreux officiers de Tsahal en mesurent les dangers. Le 17 mars dernier, un seuil a été franchi, non pas dans la violence elle-même, devenue tragiquement routinière en Cisjordanie, mais dans la manière dont elle est désormais nommée et dénoncée au sommet de l’appareil militaire israélien.
Colons : la rupture dans l’armée
Ce jour-là, le chef d’état-major, Eyal Zamir, a rompu avec une longue tradition d’euphémisation. Les attaques de colons contre des civils palestiniens ne relèvent plus, selon lui, de simples « incidents » ou « frictions » : elles sont « moralement et éthiquement inacceptables », et « sapent la légitimité et la moralité de l’armée ». Eyal Zamir rompt ainsi brutalement avec des années de minimisation : ces agressions, affirme-t-il, « ne peuvent pas être considérées comme de simples incidents », mais comme des actes graves qui engagent la responsabilité de l’armée. Il appelle explicitement à « ne pas rester passif » et à « traduire en justice les responsables, qu’ils soient civils ou militaires ».
Le glissement lexical de la plus haute autorité militaire signale l’évolution d'une institution militaire longtemps accusée de passivité par la gauche israélienne, désormais contrainte de reconnaître une violence coloniale non plus épisodique, mais structurelle. Or, ces violences s’accélèrent. Les colons profitent, à l’évidence, de la guerre menée contre la dictature iranienne et son proxy libanais. Entre le 11 et le 17 mars 2026, une nouvelle vague d’attaques coordonnées de ces extrémistes juifs a visé plusieurs localités du nord et du centre de la Cisjordanie, notamment dans les gouvernorats de Naplouse et de Ramallah. Des villages comme Burin, Qusra ou encore Turmus Ayya, régulièrement ciblés ces dernières années, ont de nouveau été le théâtre d’incursions armées, d’incendies de maisons et de véhicules, et d’agressions contre leurs habitants.
Selon les relevés hebdomadaires de l’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU), les violences de colons ont connu une augmentation continue depuis 2023, avec plusieurs centaines d’incidents recensés chaque année. Des ONG israéliennes comme Yesh Din ou B’Tselem documentent de longue date l’impunité quasi systémique dont bénéficient ces messianistes juifs, plus de 90 % des plaintes palestiniennes n’aboutissant à aucune inculpation.
Ces agressions participent d’une stratégie visant à semer l’épouvante, afin de provoquer des déplacements forcés de populations, notamment dans les zones rurales dites « C », sous contrôle israélien total. Il m’apparaît que ces colons extrémistes sont les descendants directs des miliciens de l’Irgoun de Menahem Begin dans l’utilisation de la terreur, pratiquée en 1948, pour forcer les Palestiniens à fuir leurs villages et à s’exiler.

Une Palestinienne demande à des soldats israéliens de pouvoir accéder à son domicile lors d'une descente de l'armée
dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 19 janvier 2026. Photo Mahmoud Illean / AP.
L’alerte de l’état-major
La déclaration du chef d’état-major représente une mise en cause directe de l’institution qu’il dirige. Affirmer que ces violences « sapent la moralité de l’armée », c’est reconnaître que l’inaction n’est plus une simple erreur de jugement, mais un problème moral et politique au cœur même de l’institution. Ce point est régulièrement soulevé dans les rapports de l’ONG israélienne B’Tselem, qui décrit des scènes où des soldats « assistent sans intervenir » à des attaques de colons. D’où l’appel de Eyal Zamir à « renforcer la coordination avec la police » et à engager des poursuites contre « les colons et les soldats impliqués ».
La veille de cette déclaration inédite du chef d’état-major, le 16 mars, d’autres militaires de haut rang étaient déjà montés au front contre ces colons de l’extrême droite messianiste. Dans une lettre ouverte, 550 officiers supérieurs à la retraite, parmi lesquels l’ancien directeur du Mossad, Danny Yatom, dénoncent « des actes de violence et des actes terroristes commis par des émeutiers juifs à l’encontre de Palestiniens en Cisjordanie ». Selon eux, ce phénomène est « quotidien, permanent et terrifiant » et leur alerte résulte d’« une réunion organisée à la suite de rapports alarmants émanant de collègues sur le terrain et de diverses autres sources ».
Ce collectif, "Commandants pour la sécurité d’Israël", qui rassemble d’anciens responsables de l’armée, du Shin Bet et du Mossad, s’était jusqu’ici surtout exprimé sur les risques stratégiques liés à l’occupation. En qualifiant désormais ces actes de « terrorisme », il opère un déplacement sémantique majeur : la violence des colons n’est plus un dommage collatéral, mais une menace directe pour la sécurité d’Israël.

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, tient une carte illustrant le projet de colonie E1 lors d'une conférence de presse
près de la colonie de Ma'ale Adumim, en Cisjordanie occupée par Israël, le 14 août 2025. Photo Ohad Zwigenberg / AP.
Petit corridor, grand basculement
Ces prises de position surviennent alors que le climat est particulièrement lourd dans les territoires occupés. Le gouvernement Netanyahou et ses ministres d’extrême droite sont directement visés par les officiers cités, mais ils ne comptent pas pourtant en rester là. À cet égard, le 16 mars 2026 n’a pas été un jour comme les autres. À cette date s’achevait l’appel d’offres n°460/2025 lancé par le ministère israélien de la Construction et du Logement pour l’édification de 3 401 logements de colons dans la zone « E1 », petit corridor de 12 km² entre Jérusalem-Est et Ma’ale Adumim, grande colonie israélienne de Cisjordanie.
Pourquoi mettre en évidence cette nouvelle implantation de colons, alors que depuis la fin des accords d’Oslo, en 1993, la population totale des colons israéliens dans les territoires occupés (Cisjordanie et Jérusalem-Est) a explosé, passant de 200 000 à 750 000, fin 2025, selon les données du mouvement israélien La Paix Maintenant ? Que pèsent donc ces quelques milliers de nouveaux colons dopés à la Torah ?
C’est que la zone E1 concerne un espace stratégique de 12 kilomètres carrés, niché à l’est de Jérusalem et la colonie de Ma’ale Adumim. En Cisjordanie occupée, annexer E1 c’est créer comme une cristallisation. Roland Barthes avait saisi l’exemplarité de ce genre de moment quand il écrivait : « L’Histoire n’est pas l’événement (qui fuit, qui se disperse) ; elle est quand l’événement se cristallise en Situation : c’est-à-dire quand le langage (le discours historique) prend possession de lui et l’assigne à un lieu dans la chaîne des signes causaux » (Roland Barthes par Roland Barthes. Seuil, 1975).
Pour la zone E1, le 16 mars à minuit marquait la clôture des soumissions : les enveloppes étaient scellées, l’évaluation des offres pouvait commencer. Première étape avant l’attribution des contrats, la délivrance des permis de construire et, bientôt, les premiers coups de pelleteuse entamant la destruction programmée de toute solution pacifiée à cette guerre de cent ans.
E1 n’est pas une quelconque extension résidentielle : c’est un espace à dimension géopolitique et à haute valeur symbolique. Ce corridor urbain devrait être peuplé de 15 000 colons ultra-orthodoxes en lieu et place des 5 000 Bédouins qui y vivent aujourd’hui. Si le projet va au bout de ses intentions annexionnistes, ce secteur sera pourvu de routes réservées et de zones industrielles et commerciales. Et cette prise de possession par les colons extrémistes israéliens séparera la Cisjordanie de sa capitale historique, Jérusalem-Est.
E1, « dernier clou dans le cercueil »
Une fois E1 colonisée et Jérusalem-Est encerclée, elle-même grignotée maison par maison par les fous de Dieu, c’est cette partie de la capitale et ses Lieux saints qui pourraient se trouver annexés. Ainsi, le projet de Netanyahou et de ses amis extrémistes sera accompli, comme il l’affirmait le 26 mai 2025 : « Jérusalem, notre capitale éternelle, ne sera plus jamais divisée ». Bezalel Smotrich, le ministre fascisant des Finances et architecte en chef de cette offensive, le martèle depuis août 2025 : « Ce projet représente le dernier clou dans le cercueil de l’idée d’un État palestinien » (1).
Depuis trois décennies, l’opération E1 était « gelée », interdite face au poids des pressions de l’ONU, du Quartet pour le Proche-Orient (2) et de l’Union européenne. Aujourd’hui, avec Donald Trump de retour au pouvoir à Washington, et la détestation de l’ONU ayant gagné en ampleur, les néo-fascistes israéliens se sentent pousser des ailes et le projet ressuscite pour créer l’irréparable.
La Cisjordanie, déjà saucissonnée par 160 colonies officielles et 130 avant-postes illégaux, se retrouve « confettisée » du nord au sud. Ramallah et Bethléem sont devenus des enclaves isolées, des villes assiégés. Le mouvement israélien La Paix maintenant dénonce, dans son rapport de janvier 2026 « des faits accomplis menant à un apartheid territorial ».
La « provocation E1 » se réalise comme l’acmé de l’opération des implantations records de l’année 2025. 9 629 logements coloniaux ont été installés en Cisjordanie, pulvérisant le cumul des six années précédentes. 6 700 colons se sont implantés dans la seule colonie de Ma’ale Adumim, fer de lance de cette offensive. En août 2025, le Conseil suprême de planification, sous la coupe de Smotrich, a validé le projet, malgré les recours judiciaires déposés par l’organisation La Paix maintenant et l’Autorité palestinienne.
Si les travaux démarrent, on peut dire que la solution à deux États, agonisante depuis l’assassinat d’Yitzhak Rabin, vient de prendre un tournant fatal. Le complot contre la paix, y compris par l’attentat contre un Premier ministre, mené par Netanyahou depuis les accords d’Oslo trouve ainsi sa conclusion.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou lors d'une conférence de presse
avec le président américain Donald Trump à Mar-a-Lago, le 29 décembre 2025.
Photo Alex Brandon / AP
Le calcul Netanyahou
Pourquoi ce gouvernement d’alliance entre la droite et l’extrême droite franchit-il cette étape maintenant ? C’est qu’il est persuadé que la fenêtre de tir est, en ce moment même, ouverte. Benjamin Netanyahu, qui occupe le pouvoir depuis trente ans, a été réélu triomphalement en novembre 2022. Il dirige la coalition la plus à droite qu’ait jamais connue Israël. Il se sent conforté, au-delà du raisonnable, par le retour au pouvoir de Donald Trump, celui qui avait déjà promis en 2019 de reconnaître les colonies. « Ce serait acceptable s’ils prenaient tout » a même déclaré, le 7 juillet 2025, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, emporté par sa foi de charbonnier. S’appuyant sur la Bible, il évoquait là un verset de l’Ancien Testament qui décrit un territoire « depuis le oued d’Égypte jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate, le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens… » Le présentateur de l’émission qui l’avait invité traduisait alors l’étendue de la proposition : le territoire, ainsi visé, englobe de nos jours « pratiquement tout le Moyen-Orient », incluant la Jordanie, la Syrie, le Liban et « de grandes parties de l’Arabie Saoudite et de l’Irak » !
Cette accélération du pire se produit au moment même où Netanyahou dirige une guerre contre l’ennemi « existentiel » d’Israël, la dictature des Mollahs et ses proxys libanais, avec un soutien massif des citoyens israéliens. Quelle opportunité ! Cette flambée annexionniste s’explique également par la pression constante, sinon le chantage, de Smotrich et de son Parti sioniste religieux, d’Itamar Ben-Gvir et de sa Puissance juive, qui occupent de postes clés au sein du gouvernement. « Si vous ne soutenez pas cette opération, nous le quittons et il tombe », serinent en continu ces deux néo-fascistes à Netanyahou.
Depuis le 7 octobre 2023, coupable au mieux de négligence, au pire de complicité, Nétanyahou surfe sur le trauma national, l’horreur ressentie par les Israéliens face aux pogroms perpétrés par le Hamas. Le Premier ministre et son gouvernement utilisent également la guerre menée à Gaza pour se créer une image de vainqueurs intraitables. Ils se satisfont de l’écrasement de l’enclave palestinienne, quel qu’en fût le coût en victimes civiles, au prix de l’isolement international de leur pays. Ils se dopent à ce qu’ils considèrent comme une victoire historique. Leur réponse au Hamas correspond en tous points à la théorie trumpiste de « la paix par la force », c’est à dire la paix par la guerre, à l’exemple de la manipulation linguistique inventée par Georges Orwell dans son célèbre 1984-
Yagil Lévy, sociologue israélien spécialiste de Tsahal, remarque dans une très intéressante interview accordée à la philosophe Julia Christ de la revue K (3) que « la vision que promeuvent les groupes religieux est celle d’une armée dont l’engagement envers le droit international et les normes libérales est faible, voire marginal ; d’une armée qui ne considère plus la retenue comme une vertu, mais comme une faiblesse. »
Soutenir E1, pour Netanyahou, c’est s’assurer du soutien de son extrême droite en cas d’élections anticipées. C’est également aller puiser le maximum de voix parmi les 700 000 colons de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Soit 15 % des citoyens israéliens juifs !
Cet appui à la colonisation ne lui coûte pas trop. Après avoir saboté les accords de paix conclus, créé les conditions idéologiques de l’assassinat d’Yitzhak Rabin, brisé toutes les relations avec l’Autorité palestinienne, promu le Hamas en lieu et place, il peut expliquer devant la Knesseth qu’« il n’y a pas de partenaire palestinien pour la paix ». Il peut affirmer qu’E1 sécurise Jérusalem – « capitale éternelle et indivisible » –, sa base applaudit, les modérés détournent le regard et Trump soutient l’opération.
E1 c’est, tout à la fois, l’assurance-vie de Nétanyahou et son chef d’œuvre. Avec cette fuite en avant, il pense pouvoir éviter d’être condamné pour corruption dans un procès décidé par la Haute cour de justice de l’État. Car, de nouveau élu, il obtiendrait l’immunité et échapperait, pense-t-il, aux poursuites judiciaires (son ami Trump joue également de son influence auprès du président israélien réticent à l’absoudre). Netanyahou joue la politique du pire, pour ne pas avoir à subir son effacement. Une sorte d’« après moi le déluge » !
Smotrich–Ben-Gvir : l’extrême droite aux commandes
Bezalel Smotrich, 46 ans, ex-colon et allié de circonstance de Netanyahou, dirige le parti néo-fasciste HaTsionut HaDatit (Le sionisme religieux). Aux élections de 2022, il n’a obtenu que 7 députés, mais, dans un système de proportionnelle intégrale où les coalitions sont indispensables, un si petit groupe peut peser lourd sur la ligne du gouvernement. Son complice Itamar Ben-Gvir, à la tête du parti Otzmá Yehudit (Puissance juive), dispose de 6 députés et exerce la même influence démesurée.
Ministre des Finances et de la Défense civile dans la zone C de Cisjordanie occupée depuis 2023, Smotrich mène une politique d’une brutalité assumée : contrôle direct sur les Territoires occupés, accélération des plans de construction sans aval préalable de la Knesset, légalisation rétroactive des avant-postes. Son objectif est d’occuper 82% de la Cisjordanie – vallée du Jourdain incluse –, cette fameuse « Judée-Samarie » biblique, en réduisant les Palestiniens au statut de « résidents temporaires » cantonnés dans les 18% restants. Sa politique tient en deux mots : bantoustans et apartheid.
Son rival-frère ennemi, Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale depuis fin 2022, a la main sur la police, les pompiers et la surveillance des frontières. Il utilise ce pouvoir pour assouplir les règles de détention d’armes pour les colons et couvrir leurs exactions contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Expulsions manu militari, oliviers sciés, paysans et vieilles femmes agressés par des jeunes gens hystérisés : voici le visage que ces néo-fascistes offrent au monde. En 2025, ces milices théocrates ont mené 845 attaques violentes contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée (hors Jérusalem-Est), selon les données officielles de l’armée israélienne rapportées par Haaretz.
Jamais, comme aujourd’hui, le message central du judaïsme n’a été ainsi profané et, notamment, le tikkoun olam, cette injonction à la « réparation du monde », qui définit dans la Torah la mission de l’Homme sur terre : chacun doit participer à rendre le monde plus juste et plus harmonieux.
Le gouvernement Netanyahou, en favorisant depuis trente ans, à chaque occasion, la solution la plus à droite du problème, transforme la nature même de l’État israélien voulu par les Pères fondateurs. La Déclaration d’indépendance de 1948, proclamée par Ben-Gourion, garantissait l’égalité complète des droits sociaux et politiques à tous les citoyens sans distinction de religion, race ou sexe, ainsi que la liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture. L’État s’engageait à protéger les Lieux saints de toutes les religions. Il affirmait respecter la Charte des Nations Unies, tout en appelant à la paix avec les voisins arabes. Les partis israéliens de droite et d’extrême droite, profitant de la haine des États et peuples arabes de la région, et la multipliant, considèrent cette Déclaration d’indépendance comme un chiffon de papier.
E1 est donc l’aboutissement de cette opération gouvernementale de complet démantèlement de la Cisjordanie. Son objectif est affirmé avec force, et sans faux-semblant par Smotich, dans sa conférence de presse du 19 août 2025 : « Nous enterrons aujourd’hui l’idée perverse d’un État palestinien terroriste ».
L’État de droit laïc en ligne de mire
Pour l’heure, cette politique permet aux deux partis néo-fascistes, messianiques et théocratiques d’asseoir leur position parmi les colons et leurs amis. Ils sont aujourd’hui crédités de 20 % des suffrages dans les sondages. Ils pourraient obtenir, en cas d’élections anticipées, 25 élus, soit le double de leurs députés actuels au Parlement. Mais leur influence ne se mesure pas seulement à leur poids électoral.
Leur idéologie mortifère s’étend désormais à l’armée, qui se voulait celle de tout le peuple, creuset essentiel de la nation. Yagil Lévy, dans l’interview déjà citée (voir note 3) explique la mutation profonde que connaît Israël sous l’influence de ces partis messianistes et néo-fascistes : « Ce que le gouvernement actuel poursuit n’est pas une déviation temporaire, mais le résultat d’une transformation profonde de la structure du pouvoir en Israël. Pour la première fois, deux groupes de droite – le secteur national-ultra-orthodoxe (Hardal) et la droite mizrahi (sépharade, ndlr) de la classe moyenne inférieure associée à Itamar Ben-Gvir – tentent de refaire le régime lui-même. »
« Leur cible est l’ordre mamlakhti (étatique ou civique, ndlr) traditionnel : l’État de droit laïc, une fonction publique forte, des contraintes démocratiques limitées, mais réelles, et un engagement formel envers le droit international », poursuit Yagil Lévy. « Au cœur de ce projet se trouve le démantèlement des dernières bases de pouvoir de la classe moyenne laïque – avant tout la Cour suprême, la fonction publique, les médias, l’université et le haut commandement militaire. Cette lutte se déploie à l’intérieur de l’armée depuis des années. Elle vise à saper les symboles associés à la classe moyenne laïque : "l’armée high-tech", le système éducatif laïc de l’armée, l’Avocat Général militaire, l’autonomie relative de l’État-Major, et des principes comme l’égalité des sexes. Des changements structurels l’ont rendu possible : le retrait de la classe moyenne laïque des rôles de combat terrestre et la montée des groupes religieux et populaires dans les positions de combat et de commandement. L’armée n’est plus une institution intégrative ; elle est devenue un lieu de confrontation sociale. »
L’art des faits accomplis
La tactique utilisée pour obtenir cette mutation existentielle d’Israël est à l’œuvre jour après jour. Cette extrême droite excelle dans l’art subtil des faits accomplis. Le processus de la « provocation E1 » peut ainsi se décliner étape par étape :
1) Le Conseil suprême de planification des implantations, placé sous la tutelle directe de Smotrich depuis 2023, valide ce plan en août 2025. Alors que la loi prévoit trente jours pour s’y opposer, les objections éventuelles sont balayées en deux semaines avec des arguments sécuritaires, de soi-disant « menaces terroristes imminentes », post-7 octobre. « La sécurité de Ma’ale Adumim prime sur les chimères internationales », déclare le comité dans son rapport officiel.
2) Les appels d’offres suivent dans la foulée. Le ministère de la Construction publie, le 10 décembre 2025, l’avis n°460, qui prévoit de construire 3 401 unités (maisons et immeubles), des infrastructures routières, des entreprises commerciales. L’échéance est fixée au 16 mars 2026, à 23h59. Des entreprises israéliennes (Azurim, Shafir) soumissionnent. Et celles liées à des donateurs évangélistes américains, grâce à une loi de 2018 sur les dons privés, bénéficient d’un coup de pouce discret.
3) Le mouvement israélien La Paix maintenant et des organisations palestiniennes avaient bien déposé des recours devant le tribunal administratif. La réponse du pouvoir fut de refuser tout gel des opérations au motif que ces demandes n’auraient pas respecté les délais convenus. Alors que la Haute Cour de justice n’a pas encore tranché la légalité de l’opération, 150 lieux de vie bédouins ont déjà été démolis depuis fin août 2025. Et l’armée permet aux colons armés de patrouiller dans ce corridor stratégique.
Cisjordanie asphyxiée, Bethléem fantôme
La zone E1 complète la fragmentation déjà considérable de la Cisjordanie occupée. Elle transforme en mirage tout État palestinien. Chaque avancée coloniale approfondit un peu plus ce drame. Pour les Palestiniens, elle scelle une Cisjordanie réduite à 20 % de territoire viable, « cantonisée » en enclaves disjointes. L’E1 barre la route nord-sud vitale, isolant Jérusalem-Est et asphyxiant ses 400 000 résidents.
Dans ce climat délétère, l’économie de toute la Cisjordanie périclite sans investissements. Le tourisme s’y épuise. Bethléem, cité du tourisme religieux, par exemple, est particulièrement touchée. Comme l’indique la journaliste Cécile Lemoine sur le site Terre sainte dans un article du 14 novembre 2025, sous le titre explicite "Dans la ville fantôme de Bethléem, cette pauvreté qui rampe" : « Le taux de chômage est estimé à 65 % à Bethléem en 2025, contre 30 % pour le reste de la Cisjordanie, selon un rapport de la Banque mondiale. En seulement 14 mois, l’indice de développement humain (IDH) de la Cisjordanie a diminué de 6 %, ce qui représente une perte équivalente à 16 années fastes. Les signes de pauvreté, habituellement invisibles dans une société très solidaire, se multiplient. “Plus de la moitié des familles de nos 900 élèves n’arrivent plus à payer leurs frais de scolarité”, détaille sœur Intisar Sharam, directrice de l’école Terra Sancta pour les filles, qui facture 780 € par an et par enfant. C’est l’établissement privé le moins onéreux de la ville. »

Un Palestinien porte Muhammad Bani Odeh, 5 ans, lors des funérailles de quatre membres de la famille Odeh, tués dans leur voiture
par les forces de sécurité israéliennes au cours d'une opération militaire à Tammun, en Cisjordanie, le15 mars 2026.
Photo Majdi Mohammed / AP.
Cisjordanie dépecée, vie sous tutelle
La violence dans les territoires occupés est endémique, avec 700 morts entre 2023 et 2026 pour l’ensemble de la Cisjordanie. L’année 2025 a connu une flambée des violences exercées par les colons. On recense 1 800 incidents en 2025, contre 449 en 2024. Les enquêteurs de l’ONU ont observé des attaques à un rythme d’environ 4 à 8 incidents par jour en moyenne dans toute la Cisjordanie en 2025. Et pour le seul mois d’octobre 2025, par exemple, 264 attaques ont été recensées, dont des agressions physiques, des dommages matériels, des incendies de propriétés, des vols de bétail, etc. Pour corser le tout, les interdictions de déplacement ou les autres restrictions à la mobilité des Cisjordaniens pourrissent leur vie quotidienne. Ils sont soumis à un réseau dense de checkpoints, de routes réservées aux colons, de barrières et de permis, qui fragmentent l’espace et modulent les droits selon l’adresse et le type de carte d’identité.
Il existe, en effet, trois statuts différents, survivance des accords d’Oslo II de 1995.
Dans la zone A, le contrôle civil et sécuritaire est assuré par l’Autorité palestinienne. Elle représente 18 % du territoire et 55 % de la population palestinienne. La zone inclut les principales villes palestiniennes de Ramallah, Naplouse, Bethléem et Jéricho. Elle reste fragmentée et entourée de zones sous contrôle israélien.
Dans la zone B, si l’administration civile dépend de l’Autorité palestinienne, la sécurité est sous contrôle israélien. Ces 22 % de territoire sont peuplés de villages et d’agglomérations rurales palestiniennes. Cette zone contient la quasi-totalité du reste de la population.
La zone C représente 60 % de la Cisjordanie. 5 % de la population palestinienne y vit. Israël et son armée la contrôlent totalement. Les colonies des extrémistes messianiques juifs y sont très nombreuses.
Dans cette situation de plus en plus militarisée, les Palestiniens font face à des restrictions fortes de construction et de développement (démolitions, refus de permis de construire), tandis que les colons bénéficient d’infrastructures et de droits équivalents à ceux existant en Israël. Cette mise sous tutelle de la Cisjordanie ruine la crédibilité de l’Autorité palestinienne. Elle ouvre un boulevard aux groupes terroristes comme le Djihad islamique ou le Hamas, qui « profitent » de cette politique et des agressions de l’extrême droite au pouvoir à Jérusalem. Ce qui est un des buts recherchés par Netanyahou et ses ministres.
E1, test décisif pour les États sunnites
Les États sunnites qui étaient parties prenantes, ou en voie de l’être, des fameux Accords d’Abraham, si chers à Donald Trump, ont mis en sommeil leur décision, à la suite de cette accélération de la colonisation. À la fin de la guerre contre la dictature iranienne, qu’ils ont ralliée, forcés par les bombardements de leurs ressources vitales, il semble certain que ces États sunnites n’accepteront, pas plus qu’auparavant, le diktat de Netanyahou et ses annexions en Cisjordanie occupée.
Le pouvoir hachémite jordanien, gardien des Lieux saints musulmans, doit tenir compte de la pression de ses 2 millions deux cent mille citoyens palestiniens (sur 11 millions d’habitants) et de son image dans le monde arabe. Le gouvernement saoudien, lui, a condamné « avec force » le 15 août 2025 les plans israéliens de construction de colonies dans la zone E1, appelant la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à protéger les droits du peuple palestinien. En novembre 2025, lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec le président Trump, le prince héritier Mohammed ben Salmane a réaffirmé vouloir rejoindre les Accords, mais seulement si une « voie crédible » vers une solution à deux États est tracée. Le 14 août 2025, le ministère qatari des Affaires étrangères a lui aussi condamné ces plans de colonisation.
Pour bien situer l’importance de ce qui se joue avec cette annexion de la zone E1, la prise en compte de la réaction des Émirats arabes unis est des plus éclairantes. Le gouvernement des Émirats entretient des relations diplomatiques avec Israël depuis août 2020, dans le cadre des Accords d’Abraham. Il y a joué un rôle clé en étant le premier pays du golfe à les normaliser. Les Émirats sont donc devenus un des alliés stratégiques de l’État hébreu. Son président, l’émir Mohammed ben Zayed Al Nahyane, a pourtant prévenu, dès septembre 2025, que ces annexions constitueraient le franchissement d’« une ligne rouge » qui pourrait menacer les Accords d’Abraham. L’Égypte, enfin, ce partenaire indispensable d’Israël depuis leur reconnaissance diplomatique réciproque en janvier 1980, a condamné en février 2026 le projet d’annexion de la zone E1 en Cisjordanie occupée, qualifié de violation flagrante du droit international et des accords d’Oslo.
Les deux ministres messianistes et néo-fascistes de ce gouvernement d’extrême droite n’en ont cure. Partisans d’une politique de force, ils pensent que le moment est propice pour reconstituer le Royaume d’Israël sur des frontières d’il y a… deux mille ans ! Et Netanyahou, le 21 septembre 2025, réaffirmait qu’il « n’y aura pas d’État palestinien à l’ouest du Jourdain ». Pour 12 km2, la droite et l’extrême droite israéliennes jouent la sécurité du pays aux dés.
Il est vrai que Netanyahou est un spécialiste du genre. En soutenant le Hamas, il l’a laissé construire ses tunnels, ses dépôts d’armes. Il l’a laissé entraîner ses commandos et pratiquer sa politique de terreur à l’intérieur de Gaza, puisqu’ainsi il diminuait la force de leur ennemi commun, l’Autorité palestinienne. Je conseille à cet égard, pour comprendre la genèse, les tenants et les aboutissants de cette politique suicidaire, de lire l’indispensable enquête de Charles Enderlin, Le Grand aveuglement, publiée en septembre 2024 chez Albin Michel.

Des Palestiniens marche le long du mur de séparation entre la Cisjordanie et la banlieue de Beit Hanina, Jérusalem-Est, le 15 février 2026.
Photo Ohad Zwigenberg / AP
Fracture intérieure israélienne
Pourtant, à en croire les sondages, la crainte crée par cette politique est grande chez les Israéliens. Une enquête de l’Alliance pour un Moyen Orient Pacifique (ALLMEP) publiée le 24 septembre 2025 sur le site de Grand Continent, révèle qu’une majorité de la population israélienne s’inquiète des conséquences négatives de la poursuite de ces annexions. Plus des deux-tiers (68 %) considèrent qu’une telle action imposerait « un fardeau écrasant » à l’armée et à l’économie, tandis que 63 % considèrent que cela conduirait Israël à faire face à l’isolement international et à des sanctions économiques.
Cette marche messianique forcée vers la colonisation des territoires palestiniens, dont celle de l’E1 est emblématique, accentue les clivages internes, opposant une élite technologique florissante tournée vers l’avenir à une société prônant et remâchant les « vertus » du passé.
Au sein de Tsahal, le moral s’effrite : 1 500 « refuzniks » refusent désormais le service en Cisjordanie, reflet d’une lassitude profonde née après le 7 octobre 2023. Les citoyens israéliens, juifs et arabes (20 % des citoyens) vont donc devoir choisir entre la poursuite de l’annexion et la transformation de cet État originellement laïc en une théocratie suprémaciste. Ils vont devoir opter pour un retour à des négociations avec les Palestiniens et les États de la région ou pour une politique dictatoriale et un isolement international croissant. Les futures élections législatives d’octobre 2026 vont s’avérer cruciales pour la nature même de l’État. À la botte des religieux d’extrême droite et autres racistes et suprémacistes, son avenir à long terme n’est plus assuré. Un des symptômes de cette maladie qui frappe le pays se mesure à l’exil des citoyens israéliens, qui ne peut que s’accentuer avec un gouvernement portant la kippa et regardant dans le rétroviseur de l’histoire.
Depuis le 7 octobre 2023 et jusqu’à février 2026, le bilan migratoire d’Israël est fortement négatif, marqué par un exode massif d’Israéliens (environ 200 000 à 250 000 départs nets sur la période) dépassant largement les retours et l’alyah (le retour en Terre sainte) pourtant boostés par l’antisémitisme qui se répand de par le monde. Il s’agit là des données cumulées du Bureau central des statistiques (CBS) et de rapports parlementaires. Il faut également remarquer que les jeunes diplômés quittent en nombre le pays vers les États-Unis et l’Europe, fuyant l’avenir sombre proposé par le pouvoir en place et son galimatias théocratique.
2026 : un choix de régime
Avec l’annexion de la zone E1, Netanyahou joue donc avec le feu. Et il n’est pas sûr que sa fuite en avant profite au Likoud et à ses alliés lors des prochaines législatives d’octobre. Selon un sondage, réalisé peu avant le déclenchement de la guerre contre l’Iran, le 12 février 2026, publié par Israel Hayom (Israël aujourd’hui), un journal de droite, deux coalitions seraient au coude à coude. La coalition au pouvoir (bloc Netanyahu) obtiendrait 53 sièges, tandis que ses opposants (le bloc du Changement) atteindraient 57 sièges, et 10 pour les partis arabes,qui pourraient donc jouer un rôle déterminant pour une future coalition au pouvoir, à l’exemple de celui joué, aujourd’hui, par les partis racistes et messianistes juifs dans celle menée par Netanyahou.
Il faut rappeler qu'il existe encore à l’intérieur d’Israël 22 % de citoyens d’origine arabe et qui ont le droit de vote, d’éligibilité et de représentation à la Knesset (où ils ont 10 élus), même si ces droits sont la cible de l’extrême droite et de la droite qui s’efforcent de les réduire à la portion congrue, particulièrement depuis le vote de la loi dite « Loi fondamentale. Israël, État-nation du peuple juif » de 2018. Celle-ci stipule que l’autodétermination est ainsi réservée aux seuls citoyens juifs et que la langue arabe est rétrogradée du statut de langue officielle à celui de « langue spéciale ». Depuis le 7 octobre 2023, les discriminations s’aggravent, restreignant la liberté d’expression et le droit de manifester des Palestiniens.
Les Israéliens vont se trouver à la croisée des chemins. Et l’annexion de la zone E1 pèsera lourd pour leur avenir. Choisiront-ils la sagesse du compromis à la folie de la fuite en arrière, vers des mythes d’origine ? Les échéances de cette année vont être cruciales. Dans son Prince, Machiavel remarque : « Les occasions décisives viennent rarement, et quand elles viennent, il faut savoir les saisir. » Les citoyens israéliens, juifs, arabes et chrétiens vont avoir un sacré choix à faire.
Michel Strulovici
NOTES
(1). Smotrich coche plusieurs cases du fascisme classique à la Mussolini : nationalisme ethnique exacerbé, volonté d’un État théocratique (imposition de la halakha, les 613 commandements bibliques), rejet total de la démocratie au profit d’une souveraineté « biblique » sur 100 % de la Palestine historique, et théorie du transfert ethnique explicite. Ses déclarations de février 2026 sont sans équivoque : « Encourager l’émigration des Palestiniens de Cisjordanie et Gaza. Ils ont trois options : rester sans droits, partir avec compensation, ou combattre et être exterminés ». Ses propos rappellent le « Decalogo fascista » avec ses théories de la nation organique et de l’ennemi intérieur à purger. Le Shin Bet l’a qualifié, en 2023, de « suprémaciste juif ».
(2). Le Quartet pour le Proche-Orient est un groupe diplomatique international créé en 2002 pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, notamment via la Feuille de route vers la paix. Ses membres fondateurs sont les États-Unis, l’Union européenne, la Russie, les Nations Unies.
(3). Le Professeur Yagil Levy est directeur de l’Israeli Open University Institute for the Study of Civil–Military Relations (Institut d’étude des relations civilo-militaires de l’Université ouverte d’Israël). Son ouvrage le plus récent, Shooting, Not Crying : The New Militarization of Israel in the 2000s ("Tirer, pas pleurer : la nouvelle militarisation d’Israël dans les années 2000"), a été publié par Lamda Scholarship en 2023. De 2013 à 2015, Levy a été président d’ERGOMAS – le Groupe européen de recherche sur le fait militaire et la société. Il publie également régulièrement des tribunes dans le quotidien israélien de gauche Ha’aretz.






PS Oubli :
Une fois de plus, c'est un très bon article écrit par Michel Strulovici.
Merci, Yanitz Gr.
Benyamin Netanyahou -& son gouvernement d'extrême droite- conduisent Israël vers une catastrophe annoncée.
Même si "60%" de la population du pays est contre sa politique expansionniste, grâce au jeu des coalitions, Netanyahou sera a nouveau premier ministre aux prochaines élections !
Quant au chef d’état-major, Eyal Zamir, il réagit en effet mais avec un temps de retard, trop tard. Dommage car il aurait pu endiguer la violence et les exactions dues aux "colons" laissés sans garde fous.
La gauche israélienne et le "Mouvement pour la Paix Maintenant" étant à ce jour inaudibles, hélas.
Tristesse : John Coltrane, "Alabama"
"https://www.youtube.com/watch?v=0brddWNT9rs&list=RD0brddWNT9rs&start_radio=1"