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Les déplacées de l'Afar


Déjà près de 300.000 personnes ont fui le conflit qui oppose les rebelles tigréens à l'Ethiopie. Les populations de l'Afar en sont aujourd'hui les premières victimes


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Ces femmes sont les arrière-petites-filles de Lucy. Leur terre est celle d’Afar, l’une des dix régions de l'Éthiopie, à l'Est du pays. C’est là, dans ce bassin sédimentaire à 174 mètres sous le niveau de la mer, riche en lacs de lave, sculpté de nombreuses failles volcaniques, que l'anthropologue Donald Johanson et son assistant Tom Gray ont découvert en 1974 les ossements de Lucy, un squelette vieux de 3,2 millions d'années, fossile de l'espèce éteinte Australopithecus afarensis.

L'Afar est la région la plus chaude d’Éthiopie, elle abrite le désert du Dallol, avec ses gisements de soufre, considéré comme le point le plus chaud sur Terre. A ces températures extrêmes, la guerre est venue ajouter le feu des armes.

Dans la corne de l’Afrique, l’Éthiopie connaît en effet une guerre civile depuis presque quinze mois, en particulier dans la région du Tigré dans le nord du pays. Mais alors que les combats s’étaient récemment calmés, laissant espérer des négociations, un nouveau front s’est ouvert fin janvier. Les rebelles tigréens ont envahi la région Afar, à la frontière avec Djibouti, créant du même coup un nouveau drame humanitaire.

Une femme est assise à côté de ses bagages dans un camps de réfugiés de la ville de Semera

dans la région Afar en Ethiopie le 14 février 2022. Photo Eduardo Soteras / AFP.


Les populations civiles qui fuient le conflit à travers le désert, près de 300.000 personnes d’après les derniers chiffres.

Le parti tigréen du TPLF assure que son intervention vise à éliminer des mercenaires érythréens. Mais l’Afar est aussi stratégique à plusieurs égards. D’abord son sous-sol est riche : on y trouve du sel, de la potasse, et de l’or. Ensuite, c’est par cette région que passe l’axe routier qui relie Djibouti à la capitale éthiopienne Addis Abeba. C’est donc par là que transitent 90% des importations. Autrement dit : couper cette route reviendrait à asphyxier l’économie de l’Éthiopie.


Compléments


Portfolio Eduardo Soteras : https://www.eduardosoteras.com/tigray

(Né en 1975 en Argentine dans une famille libanaise, Eduardo Soteras o obtenu un master en photojournalisme à l’Université de Barcelone. Il cofondé Ruido Photo en Espagne et ActiveStills en Israël et en Palestine, ainsi qu’une organisation de photographie participative, ActiveVision.org et l'école de photographie Ruido Formación à Barcelone. Il travaille depuis 2014 pour l’AFP.)


VIDEO "Éthiopie : le front Afar", documentaire de Charles Emptaz (Arte, 18 février 2022).

A travers l’exode des Afars se dessine le destin des populations éthiopiennes soumises à la guerre civile. Instinct de survie, solidarité dans la tragédie et soif de revanche. Loin du bitume, coupé du reste du monde, ce reportage découvre une Ethiopie rurale, enclavée, solidaire, pauvre, aux modes de vie traditionnels. La terre et la rocaille, celles des pâturages, le territoire demeure le bien le plus précieux de la communauté Afar. Celui qui vaut tous les sacrifices et qui entraîne cette société dans son ensemble, des plus jeunes aux plus âgés, des hommes et des femmes, dans un combat pour la survie et contre l’envahissement.

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