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Lettre de Beyrouth. L'autre journal du dimanche n° 6, 8 mars 2026


Comme disait Tristan Bernard : « Il y a des menaces de paix, mais nous ne sommes pas prêts ». Face à cette impréparation, la guerre, elle, est une espèce invasive. Dans le 6ème numéro de notre autre Journal du dimanche, une décapante "lettre de Beyrouth" de l'artiste, chercheuse et écrivaine Pamela Chrabieh. Et beaucoup d'autres glanages, du détroit d'Ormuz au Printemps des poètes, en passant par des portraits de la «France moche» une ville-fantôme en Chine, un écrivain mexicain sur les traces de la nation apache, la fête des couleurs en Inde, etc.



Un magazine pour de vrai : 59 pages à feuilleter, voir et lire, au format Flipbook :









À lire autrement, ou télécharger pour lire en plusieurs fois, au format PDF (ci-dessous)


ÉDITORIAL


La puissance du témoignage

Comme disait Tristan Bernard : « Il y a des menaces de paix, mais nous ne sommes pas prêts » (citations, p. 42-43). Face à cette impréparation, la guerre, elle, est une espèce invasive. Le grand écrivain portugais Antonio Lobo Antunes, qui vient de disparaître, avait été témoin de la guerre coloniale en Angola. Dans Le Cul de Judas, il écrivait : « À chaque blessé dans une embuscade ou sur une mine, je me posais la même question angoissée […] : sont-ce les guérilleros ou Lisbonne qui nous assassinent, Lisbonne, les Américains, les Russes, les Chinois, les fils de putains qui se sont concertés pour nous baiser au nom d'intérêts qui nous échappent ». 


Dans l’offensive états-unienne contre l’Iran, quels sont les intérêts en jeu ? S’agit-il pour Trump de dégommer le régime des mollahs ou « simplement » de l’affaiblir ? Ou plus largement, de reconfigurer tout le Moyen-Orient et d’entamer, sans le dire ouvertement, un bras de fer avec la Chine  (comme pourrait l’indiquer l’étrange 

« oubli » du détroit d’Ormuz dans la stratégie américaine) ? Et la « menace existentielle » qu’invoque le gouvernement israélien justifie-t-elle un tel déluge de bombardements au Liban, avec sa cohorte de personnes déplacées, au seuil d’une nouvelle « catastrophe humanitaire » ?


À moins de s’être totalement débranché des moyens d’information et des réseaux sociaux, on suit en quasi direct la litanie des frappes, l’enchaînement des déclarations des uns et des autres, et… la situation des ressortissants français « bloqués » au Moyen-Orient. C’est du réel, bien sûr, mais pas tout le réel. Le réel, c’est aussi du témoignage, et du récit. Pas seulement du « visuel », même si le meilleur du photojournalisme contribue à documenter, et parfois à incarner, tel ou tel « théâtre d’opérations ». Et puisque s’ouvre demain, en France, le Printemps des Poètes, qui proclame la liberté comme « force vive », la poésie, même, permet de dire autrement les désastres.


Au début des humanités, en mai 2021, on avait ainsi suivi la répression du mouvement social en Colombie en relayant des « voix invisibles », notamment celles des jeunes qui manifestaient au nom de la dignité. A partir de 2022, pour « témoigner » de la guerre en Ukraine, si on a amplement documenté le sujet des déportations d’enfants, on a aussi cherché à faire entendre des voix d’artistes, de poètes et écrivaines (comme Victoria Amelina, tuée dans un bombardement russe à Kramatorsk), et aussi à reprendre un « journal de Marioupol » initialement publié sur Instagram sous forme de feuilleton graphique.


Aujourd’hui, du Liban à nouveau meurtri, nous arrive une « lettre de Beyrouth », initialement postée sur Facebook, que son autrice, Pamela Chrabieh, nous autorise à publier ici. Artiste, chercheuse et écrivaine Pamela Chrabieh tient un blog (ICI), mais c’est sur Facebook qu’elle tient depuis le 1er mars un « carnet de guerre ». 

« Je n’ai rien à ajouter aux lectures politiques ou militaires ; j’écris seulement depuis l’intérieur, depuis ce que je ressens et ce que ressentent beaucoup d’autres quand on vit au milieu de guerres qui se prolongent, se déplacent, se transforment, sans jamais s’éteindre », écrit-elle. « Je me demande parfois à quoi bon écrire »

ajoute-t-elle. Mais elle cite Camus : la seule façon décente de lutter contre l’absurde est de continuer à faire son travail d’humain. A quoi bon ? Non, ce n’est pas pour rien, veut-on croire. La rage ciselée qui irrigue ce texte bouleverse et secoue profondément comme seuls, peut-être, des mots peuvent le faire. 

Ce pourquoi on s’obstine, encore, à écrire. Et à partager. / Jean-Marc Adolphe


LE SOMMAIRE EN DÉTAIL


LE COURS DES CHOSES, pages  4-19

USA / Iran L’étonnant”oubli” du détroit d’Ormuz, par Michel Strulovici. 

Agro-influenceurs en Afrique de l’Ouest. La Banque mondiale mise en cause en Tanzanie

Ukraine : la guerre des drones fait pousser de faux arbres. Les recrues abusées de l’armée russe. Syrie : le camp oublié de Roj. 

Lithium : en Bohème, les contradictions de la transition écologique européenne. Dans le Pacifique, faire face à la montée des eaux. 

Au Chili, IA et droit à l’éducation. Un écrivain mexicain, Alvaro Enrigue, sur les traces de la nation apache. 

Italie : les insurgés de la GKN.


LETTRE DE BEYROUTH, pages 20-25

Un texte décapant de l’artiste et écrivaine Pamela Chrabieh


LE TOUR DU JOUR EN 80 MONDES, pages 26-43

Le meilleur du photojournalisme. INDE Holi, la fête des couleurs. CUBA sans électricité. GROENLAND Pêche et réchauffement climatique. CHINE “Life in Venice”, ville-fantôme. NÉPAL La victoire du parti anticorruption de Balendra “Balen” Shah.


CITATIONS DE LA SEMAINE, pages 44-45


PARTAGES DU SENSIBLE, pages 46-59 

Anaël Chadli, Georges Didi-Huberman, une bourse de création Giles Defacque. 

DANSE Le centenaire de Karin Weehner, le festival KiDanse dans les Hauts-de-France.  Portraits de la « France moche » : un Atlas des régions naturelles. 

La 28ème édition du Printemps des Poètes : “Liberté. Force vive, déployée”


PAR GRANDES SÉQUENCES


LE COURS DES CHOSES



À télécharger ci-dessous


GRAND ANGLE - LETTRE DE BEYROUTH



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LE TOUR DU JOUR EN 80 MONDES



À télécharger ci-dessous


PARTAGES DU SENSIBLE



À télécharger ci-dessous


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