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Macron : fin de vie, certes, mais dans la dignité ?

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Emmanuel Macron, le 31 décembre 2025. Photo Quentin de Groeve / Hans Lucas
Emmanuel Macron, le 31 décembre 2025. Photo Quentin de Groeve / Hans Lucas

Un document sur la fin d'un régime politique. Hier soir à 20 h, Emmanuel Macron a prononcé ses vœux aux Français. Apparemment, un rituel classique : reconnaissance des efforts, énumération des enjeux, affirmation de l'espérance. Mais une analyse systématique du discours révèle une architecture cohérente du mensonge politique – où chaque phrase reconnaît une crise sans la résoudre, énonce un engagement sans s'y engager, culpabilise les Français pour l'impuissance présidentielle. Ce n'est pas un discours maladroit (vraisemblablement écrit aux trois quarts par ChatGPT) . C'est un discours qui avoue – involontairement – la faillite totale d'une présidence. Macron est devenu un canard boiteux qui reste en place, mais sans pouvoir réel. Affirmer qu'il restera « au travail jusqu'à la dernière seconde » n'est donc pas une promesse héroïque, c'est l'admission involontaire qu'il restera physiquement au pouvoir mais politiquement inutile pendant 16 mois encore. Et n'arrivant pas à se situer vraiment entre un "je" jupitérien et un "nous" assiégé, il ne trouve comme piètre béquille qu'un appel à "résister à l'air du temps", formule volée... au philosophe trotskyste Daniel Bensaïd (Éloge de la résistance à l'air du temps,1999), qui défendait la nécessité de maintenir une pensée critique révolutionnaire face à l'hégémonie néolibérale et au « consensus » social-libéral ! Autant dire qu'Emmanuel Macron ne sait plus à quel saint se vouer. Mais aux humanités, on fait le job jusqu'au bout. Après avoir laminé en bonne et due forme le discours tenu hier soir, on a passé la journée à écrire celui qu'un Président digne de cette fonction aurait dû tenir pour remettre au cœur une véritable espérance collective et barrer la route au Rassemblement national.


Françaises, Français, mes chers compatriotes, J'ai, en ce soir de 31 décembre, une pensée avant tout pour ceux qui assurent la continuité de la Nation : forces de sécurité, sapeurs-pompiers, bénévoles, soignants, travailleurs, tous ceux qui sont ce soir comme toujours en première ligne face aux difficultés. Protéger, soigner, nourrir, aider, apporter secours et fraternité, ainsi va la vie des grandes nations qui tiennent chaque jour par le dévouement de leurs citoyens. J'ai une pensée en votre nom à tous, pour celles et ceux qui sont seuls, malades, dans l'épreuve ou le dénuement. Je sais comme la situation est difficile pour beaucoup d'entre vous, placés devant des souffrances personnelles et les malheurs de la vie, et je veux vous dire notre soutien et notre affection.

Une tonalité étrange : débuter par la crise plutôt que l'espérance

Un discours de vœux présidentiel suit un rituel établi : projeter vers l'avenir, valoriser les réalisations, mobiliser les énergies. Macron fait l'inverse. Il débute dans un registre de vocabulaire de survie : « difficultés », « souffrances personnelles », « malheurs de la vie », « dévouement », « tiennent ». Cette tonalité est anormale et révélatrice. Le lexique du fatalisme – « malheurs de la vie », « ainsi va » – transforme les crises politiques en phénomènes naturels, inévitables, échappant à la responsabilité gouvernementale. C'est une confession préalable : « Je reconnais que tout va mal, donc vous ne pouvez pas me reprocher de l'ignorer ». Une stratégie défensive qui court-circuite les critiques en les devançant.


Les absences éloquentes : qui le président oublie de nommer

La liste énumérée est révélatrice par ce qu'elle omet : « forces de sécurité, sapeurs-pompiers, bénévoles, soignants, travailleurs ». Trois absences politique­ment significatives structurent ce silence :

Les enseignants d'abord. Comment parler de continuité nationale sans évoquer ceux qui forment les citoyens ? Cette omission intervient alors que le système éducatif traverse une crise profonde : crise de recrutement, démoralisation, salaires gelés. Les enseignants ne sont nommés nulle part – pas même implicitement dans les « travailleurs ».

Les fonctionnaires ensuite. Ils sont invisibilisés du discours alors qu'ils font fonctionner l'État. Cette absence symbolique accompagne les politiques réelles d'austérité budgétaire et de réduction des effectifs publics. Ne pas les nommer, c'est les rendre invisibles dans le travail de continuité nationale.

Les agriculteurs, paradoxe saisissant. Le verbe « nourrir » apparaît explicitement – « Protéger, soigner, nourrir, aider » – mais qui nourrit ? Les agriculteurs ne sont pas nommés. L'agriculture devient une fonction abstraite, détachée de ceux qui l'exercent réellement. C'est particulièrement grave alors que le secteur agricole est en colère : crise du pouvoir d'achat, importations sous-payées, exode rural. Le président transforme cette réalité de classe en verbe philosophique.

Pourquoi ces omissions ? Ces trois catégories partagent un trait : elles ont été en première ligne de contestation contre les politiques macronniennes. Les nommer explicitement forcerait à reconnaître leur importance et à justifier les politiques qu'on leur a imposées. Les oublier, c'est les rendre symboliquement invisibles – une violence rhétorique silencieuse.


« Notre soutien et notre affection » : l'aporie pronominale

La phrase finale révèle l'effondrement du discours : « je veux vous dire notre soutien et notre affection ».

Qui est ce « notre » ? Impossible à déterminer. « Nous, le gouvernement » ? Mais le gouvernement a souvent laissé ces catégories sans ressources. « Nous, les Français » ? C'est absurde : comment le président parle-t-il au nom de tous les Français tout en disant que certains souffrent ?

Cette ambiguïté énonciative révèle une confusion profonde : le président saute d'une position à l'autre sans clarté. Observer les souffrances d'« en haut » (« je sais comme la situation est difficile »), puis s'inclure dans un collectif vague (« notre soutien »), puis exprimer de l'« affection » plutôt que de l'engagement concret.

L'« affection » est l'élément révélateur. C'est un sentiment privé, sans obligation de résultat. Le président dit essentiellement : « Je vous aime, mais je ne peux pas (ou ne veux pas) faire grand-chose pour vous ». C'est une substitution du registre politique par le registre émotionnel. Au lieu de dire comment il augmentera les salaires ou transformera les politiques, il offre de l'amour – compensation symbolique de l'absence d'action.


Ce que révèle cette ouverture

Cette première phrase du discours concentre tous les problèmes politiques de la présidence Macron : reconnaissance sans remédiation, énumération sans hiérarchie, émotion sans action, ambiguïté pronominale remplaçant la clarté du pouvoir.

C'est l'ouverture d'une présidence qui a perdu sa capacité à gouverner et qui compense par la compassion théâtrale.

Grâce à l'engagement de tous, grâce à vous, nous tenons. Oui, notre pays tient. Fort de ses institutions, de ses services publics, fort de ses armées qui sont les plus efficaces d'Europe, par l'engagement de ses soldats. Fort de notre économie, où jamais autant de Français n'ont eu un emploi, où la croissance se tient et où notre inflation est l'une des plus faibles de la zone euro. Fort de notre recherche, de notre excellence académique, de nos initiatives diplomatiques aussi, qu'il s'agisse de celles prises pour la paix, le climat ou nos océans. 

Un inventaire à la Prévert, dopé à la méthode Coué

Le deuxième paragraphe du discours ressemble à une énumération désordonnée d'éléments positifs, détachés de tout contexte : emploi, croissance, inflation, armées, recherche. Chaque affirmation est techniquement vraie, mais menteuse politiquement par ce qu'elle omet.


« Jamais autant de Français n'ont eu un emploi » : manipulation statistique classique. C'est vrai formellement. Le taux d'emploi atteint 69,6 % au T2 2025, un niveau historique. Mais c'est un mensonge par contexte.

Voici ce qu'on omet : Le taux d'emploi monte, mais le nombre de chômeurs augmente : +29.000 au Q2-Q3 2025, +7,6 % sur un an. Comment est-ce possible ? Parce que le taux d'emploi est une proportion (nombre d'emplois / population active). Si la population active baisse (gens découragés qui quittent le marché du travail, retraites anticipées), le taux peut monter mécaniquement même si l'emploi se dégrade.


Les vrais chiffres qui contredisent la narratif :

  • Taux de chômage des jeunes : 48,5 %, en hausse

  • Demandeurs d'emploi catégorie A : 3,26 millions, croissance annuelle de 7,6 %

  • Bénéficiaires du RSA cherchant du travail : taux d'emploi en baisse


Conclusion : Macron affirme une vérité statistique trompeuse. Le taux d'emploi est haut, mais masque une dégradation réelle du marché du travail – davantage par la disparition des demandeurs découragés que par la création d'emplois.


« La croissance se tient » : verbe défensif pour réalité molle

Il faut remarquer le choix du verbe : pas « croît », mais « se tient ». C'est la rhétorique du maintien, pas de la dynamique.

Que disent les chiffres ?

  • Croissance 2024-2025 : 0,8-0,9 % (stagnation, pas croissance)

  • Croissance zone euro 2025 : 1,5 %

  • Prévisions France 2026 : 1,1 % (inférieure à la moyenne européenne)

  • Gains de pouvoir d'achat 2026 : moins de 2 %


La France croît deux fois moins vite que la zone euro. Surtout : « Jamais autant de Français n'ont un emploi » avec une croissance de 0,8 %, c'est statistiquement impossible sans dégradation majeure des salaires ou de la qualité de l'emploi. Ce qui se passe : l'économie stagne, tandis que les salaires baissent en termes réels.


« Notre inflation l'une des plus faibles » : symptôme d'une économie sans dynamique

C'est vrai : 0,9-1,3 % contre 2,2 % en zone euro. La France en surperforme. Mais pourquoi c'est problématique :

une inflation basse peut signifier une économie sans pouvoir de marché – les entreprises ne peuvent augmenter les prix parce que la demande est faible, la consommation stagne. C'est le symptôme d'une stagnation, pas d'une bonne gestion. De plus, la basse inflation vient surtout de facteurs externes (prix mondiaux de l'énergie), pas de la politique macronienne.


« Armées les plus efficaces d'Europe » : affirmation non sourcée

Qu'est-ce que « efficace » ? Le discours ne le dit pas. Aucune source, aucune métrique. C'est une affirmation généralisante sans fondement.

En réalité, la France est une puissance militaire moyenne-régionale. Les taux d'obsolescence du matériel restent élevés. La capacité opérationnelle décline relativement. Le gouvernement reconnaît lui-même une crise des munitions (2,4 milliards en 2026). C'est tout sauf « les plus efficaces d'Europe ».


« Excellence académique » : contradictoire avec la réalité budgétaire

La France investit 0,7 % du PIB en recherche fondamentale, contre 3,1-3,4 % pour l'Allemagne et la Suisse. Les budgets universitaires sont gelés depuis 2017. Les jeunes chercheurs sont précarisés. Affirmer l'excellence académique tout en coupant les budgets est un mensonge direct.


Ce second paragraphe est donc une accumulation de manipulations : affirmations techniquement vraies mais politiquement menteuses par contexte omis. C'est de la propagande statistique pure – inventaire à la Prévert où chaque assertion détache une partie d'une vérité plus vaste et plus sombre. Macron énumère des chiffres décontextualisés pour masquer une économie stagnante, un marché du travail qui se dégrade, une recherche affamée, une armée sous-équipée. C'est la méthode Coué institutionnalisée.


Mais au-delà de tout cela, nul n'est aveugle sur les désordres du monde et nos propres failles. Notre monde est plus dur chaque jour. La guerre et l'instabilité continuent d'être là, au Proche et au Moyen-Orient, avec des conséquences sur nos économies, nos intérêts, parfois notre cohésion. Et la guerre continue de sévir sur le sol européen, avec une intensité particulière depuis que la Russie a décidé d'une nouvelle agression de l'Ukraine voilà bientôt 4 ans. Nous assistons au retour des empires, à la remise en cause de l'ordre international, un monde de guerres commerciales, de compétition technologique, souvent d'instabilité.

La présence fantôme de Trump : allusions sans nom

Macron énumère les crises géopolitiques sans nommer leur auteur principal. Il faut Observer cette rhétorique de désignation oblique :

« Remise en cause de l'ordre international » → Trump a retiré les États-Unis de l'Accord de Paris le 20 janvier 2025

« Guerres commerciales » → Trump impose depuis février 2025 des tarifs historiques : 10 % universels, 25 % sur l'acier/l'aluminium, 125 % sur les produits chinois

« Compétition technologique » → Trump pousse à la fragmentation technologique sino-américaine

« Instabilité » → Trump menace de retirer les États-Unis de l'OTAN


Macron énumère les conséquences des politiques trumpiennes sans jamais nommer Trump. C'est une rhétorique de silence diplomatique : reconnaître les problèmes sans identifier leur source permet de sauver la face auprès de Washington tout en tentant de paraître conscient auprès de l'électeur français.


L'asymétrie révélatrice : pourquoi Poutine est nommé, pas Trump

Ce qui dévoile le calcul politique, c'est l'inégalité du traitement :

Poutine et la Russie : explicitement nommés. « La Russie a décidé d'une nouvelle agression de l'Ukraine. » Macron identifie l'agresseur, condamne sans ambiguïté. Mais Trump et les États-Unis : jamais nommés. Seulement des formules abstraites : « guerres commerciales », « remise en cause de l'ordre international ».

Pourquoi cette différence ? Parce que Poutine est un ennemi clairement identifiable, auquel Macron peut s'opposer sans risque majeur. Mais Trump est théoriquement l'allié principal de l'OTAN, dont dépend la sécurité européenne. Or, depuis janvier 2025, Trump a lancé une guerre économique ouverte contre ses alliés. Les tarifs imposés à l'UE sont une attaque directe contre l'économie française. Comment Macron peut-il critiquer Trump ouvertement ? Cela risquerait la fragilité diplomatique avec Washington, enhardirait les critiques au sein de la droite française trumpiste, et mettrait en évidence l'impuissance française face aux décisions américaines. Donc Macron se tait.


La dépendance asymétrique : pourquoi le silence est obligatoire

Pour comprendre cette omission, il faut mesurer la dépendance française envers les États-Unis :

  • Sécurité militaire : L'OTAN est dominée par les États-Unis. Sans elle, la France ne peut pas se défendre contre la Russie.

  • Économie : Les tarifs de Trump (25 % sur l'acier/aluminium depuis mars 2025) frappent directement les secteurs exportateurs français : automobile, luxe, agro-alimentaire, chimie. Ils détruisent la croissance que Macron vantait comme victoire.

  • Légitimité diplomatique : Macron a tenté de se positionner comme leader européen face à Trump. Il a échoué. Au G7 en juin 2025, Trump l'a publiquement rabaissé sur la question du Moyen-Orient : « Emmanuel ne comprend jamais rien ». Macron ne peut pas affronter Trump après une telle humiliation.


Le contexte des tarifs : une guerre économique silencieuse

Au moment où Macron prononce ses vœux, la guerre commerciale USA-UE est en pleine intensité :

  • Tarifs américains moyens : 24 %, le plus haut depuis plus d'un siècle

  • Impact sur la France : réduction supplémentaire de la croissance déjà faible (0,8-0,9 %)

  • Impact sur l'emploi : les secteurs exportateurs perdent des postes, contredisant la narratif macronienne d'emploi en hausse

Et que dit Macron sur les tarifs dans ses vœux ? Une phrase vague : « Un monde de guerres commerciales ». Aucune riposte, aucun plan, aucun engagement. Juste une reconnaissance abstraite.


L'impossible rebellion : impuissance présentée comme prudence

Le silence sur Trump révèle une dynamique de pouvoir où Macron ne peut que :

  1. Faire la cour à Trump (visite en février 2025, tentatives de séduction)

  2. Accepter les tarifs sans vraie riposte (négociations échouées)

  3. Faire semblant de ne pas voir le problème (d'où le silence dans les vœux)

Un président à la hauteur de sa fonction aurait mobilisé la Nation autour d'une stratégie d'autonomie européenne face à Trump. Aurait dit : « L'Amérique nous impose une logique de puissance brute. Nous répondrons en construisant une Europe économiquement et militairement autonome. »

Macron ne peut pas dire cela. Il n'a ni stratégie ni plan, ni capacité à confronter Trump. Donc il se tait.


Le silence qui avoue l'impuissance

Le troisième paragraphe énumère les crises mondiales avec un trou béant au centre : l'absence de Trump. Ce silence révèle :

  • L'impuissance de Macron face aux politiques de Trump

  • L'effondrement de la vision d'une Europe autonome et souveraine

  • L'impossibilité diplomatique de critiquer l'allié principal

  • L'absence d'alternative à la dépendance américaine

Un discours présidentiel qui évite de nommer la menace géopolitique la plus immédiate et structurelle est un discours qui avoue son incapacité à y répondre. La France, en ce 31 décembre 2025, est prise en tenaille entre la Russie qu'on peut nommer et les États-Unis de Trump qu'on ne peut pas nommer. Le silence de Macron est l'aveu de cette impossible position.

Je vois aussi nos propres divisions, nos doutes, la solitude croissante qui existe dans la société, la baisse de notre natalité, l'insécurité, les difficultés de pouvoir d'achat.

L'énumération creuse des crises réelles

« La solitude croissante » : une formulation vide de sens. La phrase est grammaticalement étrange : « la solitude croissante qui existe dans la société ». Le mot « croissante » implique une mesure, mais aucun chiffre n'est donné. Le verbe « existe » est redondant. « Dans la société » est si vague que le problème s'évapore.

Pourquoi ne pas dire : « l'isolement relationnel affecte 12 % des Français, en hausse de 1 point » ou « un quart des Français se sent seul » ? Parce que ces formulations précises auraient exigé des chiffres, une responsabilité, une action.


Les données réelles que Macron omet :

  • 12 % des Français vivent en situation d'isolement relationnel total

  • 25 % se sentent seuls

  • Chez les jeunes (25-39 ans) : 35 % rapportent une solitude chronique

  • Parmi les bas revenus : 17 % isolés, contre 7 % chez les hauts revenus

  • 750.000 personnes âgées en situation de « mort sociale »


Si Macron avait eu le courage de ces chiffres, il aurait dû reconnaître : « Cet isolement s'est aggravé sous ma présidence. C'est l'échec de mes politiques sociales. » Or, depuis 2017, Macron a présidé à des coupes dans les services sociaux publics, à l'absence de vrai soutien aux précaires, à l'aggravation des inégalités. L'écart d'isolement entre bas et hauts revenus a progressé de 4 points en un an seul. Donc Macron reconnaît le symptôme en langage vague, sans nommer la cause ni proposer de solution. C'est une reconnaissance verbale vidée de substance.


« La baisse de notre natalité » : euphémisme pour catastrophe démographique

C'est ici que le mensonge par euphémisme devient flagrant. Le mot « baisse » suggère une variation cyclique, quelque chose qui pourrait remonter. Or, ce qui se passe est structurel et sans précédent depuis 1945. Les chiffres qui contredisent le calme apparent de Macron :

Baisse annuelle :

  • 2024 : 663.000 naissances (contre 678.000 en 2023)

  • Baisse : -2,2 %

Baisse longue durée :

  • 2024 : 663.000 naissances

  • 2010 : 833.000 naissances

  • Baisse : -21,5 % en 14 ans (-170 000 naissances)

Baisse 2025 :

  • Janvier-mai 2025 : -3,2 % vs 2024

  • Mai 2025 : -4,9 % vs mai 2024


La catastrophe réelle : le solde naturel est devenu négatif. Pour la première fois depuis 1945, en mai 2025, le nombre de décès cumulés sur 12 mois a dépassé les naissances :

  • Décès : 651.200

  • Naissances : 650.000

  • Solde naturel : -800


Taux de fécondité : 1,62 enfant par femme (plus bas depuis l'après-guerre). Le seuil de remplacement est 2,05. La France est 0,43 point sous le renouvellement. Cela signifie : sans immigration, la population française diminuerait. Seule l'immigration (152.000 personnes en 2024) maintient la croissance démographique.


Les causes que Macron omet

Pourquoi les jeunes couples n'ont-ils pas d'enfants ?

  • Précarité économique : chômage, contrats précaires, salaires bas – tous aggravés depuis 2017

  • Crise du logement : accès de plus en plus difficile – aucune politique réelle de Macron

  • Insécurité climatique et politique : guerre en Ukraine, menaces Trump

  • Absence de confiance dans l'avenir : instabilité gouvernementale, élections


Macron reconnaît ces problèmes ailleurs dans son discours. Mais il refuse d'admettre que ce sont précisément ses politiques (austérité, absence d'investissement public, gels de salaires) qui ont créé ces conditions. Un discours honnête aurait dit : « Notre natalité s'effondre. Pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est négatif. Cela reflète l'échec de mes politiques : salaires gelés, logement inabordable, insécurité. Je m'engage : augmentation massive des salaires, construction de 500.000 logements abordables, soutien à la natalité. Voici le coût et le financement. »


Mais Macron ne peut pas le dire. Il n'a pas de budget (crise parlementaire), pas d'idées (macronisme épuisé), pas de reconnaissance de responsabilité. Il énumère donc les malheurs en langage aussi vague que possible et passe à autre chose.


La litanie passive des crises

Ce quatrième paragraphe révèle le fossé complet entre la réalité des crises et la capacité du président à les affronter. Macron énumère passivement :

  • Isolement : 12 % des Français en isolation totale, 25 % se sentent seuls

  • Natalité : -21,5 % en 14 ans, solde naturel négatif depuis 1945

  • Insécurité : en hausse

  • Pouvoir d'achat : en baisse

C'est une litanie de malheurs présentée comme s'ils tombaient du ciel, non comme résultant de choix politiques. Macron reconnaît les symptômes en langage creux, sans nommer les causes, sans proposer de vraie solution. C'est l'aveu passif d'une présidence impuissante face aux crises qu'elle a elle-même créées ou aggravées.

Je sais toutes les impatiences, parfois les colères, qui continuent d'exister dans le pays et je partage plusieurs d'entre elles. Ces urgences exigent des réponses. Dès les premières semaines de l'année qui s'ouvre, le Gouvernement et le Parlement auront à bâtir des accords pour doter la nation d'un budget. C'est indispensable. Dès le début de l'année 2026, il faudra agir, soutenir nos agriculteurs face aux crises et les protéger de décisions qui peuvent menacer notre capacité à produire, comme notre sécurité alimentaire. Renforcer encore notre économie en simplifiant les règles pour nos entrepreneurs, comme pour nos agriculteurs. Persévérer dans nos efforts contre l'insécurité, contre toutes les formes d'incivilité, et mener sans relâche la lutte contre les trafics de drogue sous toutes leurs formes. Continuer à reprendre le contrôle de nos frontières françaises et européennes face à l'immigration illégale, poursuivre la formation de nos enseignants et donner les moyens à l'école comme au collège de mieux transmettre les savoirs fondamentaux, reconnaître les compétences de nos médecins en ville comme à l'hôpital, en simplifiant leur exercice et en leur permettant de davantage décider et d'organiser leur activité. Mettre en œuvre une décentralisation concrète et radicale, construite avec nos élus de terrain pour simplifier le fonctionnement du pays, faire des économies et répondre aussi, par là même, aux aspirations légitimes de la Corse et de plusieurs territoires d'Outre-mer. Pour tout cela, et j'aurais pu égrener ici tous les chantiers qui nous attendent, je sais le Gouvernement à la tâche et le Premier ministre déterminé à être utile au pays et je veux ce soir les en remercier sincèrement. Cela supposera aussi la mobilisation de chacun et les efforts de tous.

la formule creuse, le yaqu'à, et l'oubli des Outre-mer

« Je sais toutes les impatiences » : une rhétorique morte-née. Cette formule, répétée depuis 2017, est devenue transparente aux oreilles des Français. Elle suit un canevas éprouvé : reconnaissance empathique (« je sais »), nomination vague (« impatiences, colères »), acceptation passive (« continuer d'exister »). Le problème crucial : le temps verbal. « Continuer d'exister » formule le problème comme extérieur au président, inévitable, persistant malgré ses efforts – non comme créé par ses politiques. C'est une formule de dégagement de responsabilité masquée en empathie.

Comparons : quand de Gaulle disait « Je comprends votre colère, et voici comment nous la canaliserons vers l'action », il assumait la colère comme légitime et mobilisatrice. Macron dit « Je comprends » puis énumère une liste infinie de ce qui faudrait faire sans dire comment ni qui le fera.

Résultat : cette phrase, mille fois entendue, a perdu toute capacité à mobiliser. Elle est devenue un automatisme vide.


« Ces urgences exigent des réponses » : le syndrome du « yaqu'à »

L'absurdité logique du passage est édifiante : « Ces urgences exigent des réponses. Dès les premières semaines, le Gouvernement et le Parlement auront à bâtir des accords pour un budget. » Le président affirme que les urgences exigent des réponses, puis sa première réponse est... « il faut faire un budget ». C'est un préalable, pas une réponse. C'est comme dire : face à une maison qui brûle, « nous devons d'abord acheter une clé pour la porte ».


Ensuite, Macron énumère une liste infinie : « Il faudra agir, soutenir nos agriculteurs, renforcer notre économie, persévérer contre l'insécurité, reprendre le contrôle des frontières, poursuivre la formation des enseignants... » Le verbe « faudra » révèle tout. Ce n'est pas une promesse présidentielle engageante (« je vais »), c'est une énumération passive de ce qui « devrait » se passer, sans responsabilité ni calendrier. C'est le « yaqu'à » pur : « C'est qu'à faire un budget, c'est qu'à soutenir les agriculteurs... » Mais qui va le faire ? Pas le président (il décline toute responsabilité opérationnelle). Pas le gouvernement (sans majorité parlementaire depuis la dissolution). Pas le parlement (fragmenté). Donc personne.


La phrase conclusive est l'aveu final : « Je sais le Gouvernement à la tâche et le Premier ministre déterminé. » Le président reconnaît qu'il y a une tâche, puis renonce à la faire. Il délègue à des subordonnés censés être « déterminés », ce qui lui permet de se dégager de toute responsabilité en cas d'échec.


Les Outre-mer : l'expédition rhétorique d'une faillite stratégique

La critique la plus grave : les Outre-mer sont balayés en fin de phrase, comme une formalité obligée. Voici le texte exact : « Mettre en œuvre une décentralisation concrète et radicale... pour répondre aussi, par là même, aux aspirations légitimes de la Corse et de plusieurs territoires d'Outre-mer. » On peut observer l'asymétrie :

  • Corse : nommée explicitement, avec reconnaissance politique visible

  • Outre-mer : « plusieurs territoires » (vague), sans précision, sans territoire nommé, sans engagement, sans délai


Pendant ce temps, voici les crises réelles des Outre-mer :

  • Nouvelle-Calédonie : Crise politique majeure depuis mai 2024 (200 incendies, 2 milliards d'euros de dégâts, 10 % du PIB calédonien). Négociations échouées en février, juillet, août, décembre 2025. Traitement dans le discours : silence total.

  • Mayotte : Cyclone Chido, 39-40 morts, 90 % des infrastructures endommagées, 4-5 milliards d'euros de dégâts. Un an plus tard, reconstruction à 0,6 % (25 millions sur 4 milliards promis). Menace sismique et volcanique persistante depuis 2018. Traitement dans le discours : zéro mention.

  • Guadeloupe, Martinique, Guyane : Réforme constitutionnelle sur l'autonomie promise en octobre 2025. Traitement dans les vœus du 31 décembre : rien, silence radio, pas d'annonce, pas de calendrier.


Pourquoi ce silence volontaire ? Parce que nommer explicitement ces crises forcerait le président à reconnaître l'ampleur de son impuissance et de son incompétence. Nouvelle-Calédonie : avouer l'échec des négociations. Mayotte : admettre n'avoir dépensé que 0,6 % des promesses. Autonomie : reconnaître son retard.


Macron énumère les problèmes sans s'engager à les résoudre, découpe les urgences en préalables bureaucratiques, et efface les Outre-mer du discours présidentiel. C'est une présidence qui a renoncé à gouverner.

Cette année, se tiendront aussi les élections municipales dans nos communes. Et je veux redire ce soir à tous les maires, à nos élus, ma reconnaissance et ma gratitude envers eux. Ils ont été durant ces dernières années de tous les combats, de toutes les crises à mes côtés et à votre service. 

Un mensonge par inversion : la gratitude envers ceux qu'on a affrontés

Macron affirme : « Je veux redire ma reconnaissance et gratitude envers tous les maires. Ils ont été de tous les combats, de toutes les crises à mes côtés. » C'est un mensonge politique par inversion complète de la réalité. Les maires n'ont PAS été « à ses côtés » – ils lui ont résisté systématiquement. L'histoire réelle : huit ans d'hostilité chronique :

  • 2017-2020 : Réformes centralisées imposées sans dialogue. Baisse des dotations aux collectivités, suppression de la taxe d'habitation sans compensation. Les communes perdent des ressources.

  • 2023 : Congrès des maires. Macron s'y rend mais refuse d'écouter. Les maires dénoncent l'unilatéralisme.

  • 2023 : Congrès des maires suivant. Macron n'y va pas – un affront symbolique majeur. Comment exprimer de la « reconnaissance » en boycottant le congrès annuel des maires ?

  • Juin 2024 : Dissolution de Macron. Les maires sont furieux : elle crée une paralysie politique sans gouvernement stable, sans budget prévisible, sans soutien d'État.

  • Novembre 2024 : Congrès des maires. Macron envoie le Premier ministre à sa place. Message clair : les maires ne méritent pas le déplacement présidentiel.


Les griefs réels des maires

  • Baisse des dotations : -2,5 % sur 8 ans, suppression de la taxe d'habitation sans vrai compensation. Macron exprime de la « gratitude » tout en appauvrissant fiscalement les communes.

  • Surcharge normative : centaines de normes imposées sans moyens (transitions écologiques, accessibilité, infrastructure numérique). L'AMF dénonce un « mur de normes » intenable.

  • Instabilité gouvernementale : depuis la dissolution, trois Premiers ministres en 6 mois, budget bloqué, initiatives paralysées. L'État ne peut pas répondre aux demandes des communes.

  • Violences contre les élus : +40 % depuis 2020. Macron offensa les maires en 2023 en parlant de « consumérisme » des citoyens – les culpabilisant de se faire attaquer.


Pourquoi cette gratitude maintenant ? Le contexte est celui des prochaines élections municipales : 15-22 mars 2026, 75 jours après les vœux. Les maires sont les figures politiques locales les plus légitimes. Macron a besoin de leur soutien (ou au moins de leur non-opposition) pour les candidats LREM. Voyant que beaucoup de maires vont tous se présenter aux municipales, Macron essaie de reconquérir leur faveur en exprimant une « gratitude » jamais manifestée pendant 8 ans. C'est un calcul électoral pur.


Ce passage du discours révèle le fossé abyssal entre parole présidentielle et réalité politique. Macron dit : « Ma reconnaissance envers les maires. » La réalité montre : 8 ans d'absence aux congrès, baisse de dotations, surcharge normative, instabilité politique depuis la dissolution, maires contraints de gérer les crises sans ressources. C'est un exemple parfait du révisionnisme macronien : transformer l'adversaire en allié, l'affrontement en solidarité, la responsabilité en gratitude – juste avant un scrutin où on a besoin de lui.

Cette année doit donc être et sera une année utile. Je veillerai tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir. Nous verrons les premiers pas du service national pour l'engagement de nos jeunes, qui renforcera le lien entre nos armées et la nation. Nous protégerons nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux et des écrans. Nous irons, enfin, au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m'étais engagé, devant vous en 2022.

Les « grands chantiers » : trois cas d'école de vide politique et de mépris démocratique

« Cette année doit donc être et sera une année utile. » C'est une promesse performative creuse : affirmer que l'année « sera utile » sans garantir rien concrètement. Pire : l'année « doit » être utile – c'est une obligation morale imposée aux Français, pas une promesse présidentielle. Comme s'il disait : « C'est à vous de la rendre utile, pas à moi ». Après 8 ans de bilan chaotique, afficher l'ambition que l'année soit « utile » est une résignation. Il ne dit pas « grande année », « transformatrice », « historique » – il dit juste « utile ». C'est l'ambition minimum déclinée comme objectif.


« Nous protégerons nos enfants des réseaux sociaux » : le mépris de la démocratie participative

Fin de vie : Convention citoyenne de 184 citoyens tirés au sort, 27 jours de débat, 149 propositions, consensus de 76 % pour l'ouverture de l'aide active à mourir. Traitement par Macron : silence total en 2026.

Réseaux sociaux : Pas de convention citoyenne, projet legislatif neuf, sans débat démocratique approfondi. Traitement par Macron : célébré comme grand chantier.

Pourquoi ? Parce que la fin de vie divise électoralement (opposition religieuse, conservatrice). Macron préfère différer. Les réseaux sociaux sont consensuels : qui ose défendre TikTok pour les enfants ? Macron peut donc célébrer facilement.

Résultat : Macron choisit les réformes faciles pour les présenter comme victoires, repousse les réformes difficiles que les citoyens eux-mêmes ont débattues. C'est du mépris démocratique institutionnalisé.


De plus, le verbe « nous protégerons » masque l'absence de responsabilité. Qui est ce « nous » ? Le gouvernement ? Les parents ? La nation ? Un vrai discours aurait dit : « Le gouvernement interdira les réseaux sociaux aux moins de 15 ans par une loi débattue au Parlement en janvier. »


« La fin de vie dans la dignité » : métaphore involontaire de sa propre fin politique

Résumons :

  • Fin 2022 : Macron promet une Convention citoyenne

  • Avril 2023 : Elle conclut ses travaux

  • Août 2023 : Il promet un projet de loi avant l'été 2024

  • Mai 2025 : Le projet passe l'Assemblée (2 ans plus tard)

  • Automne 2025 : Bloqué au Sénat

  • 31 décembre 2025 : Macron affirme : « Nous irons enfin au bout »


Le mot « enfin » reconnaît implicitement qu'on aurait dû le faire depuis longtemps. Mais Macron ne peut pas « aller au bout » : bloqué sénatorial, majorité instable, priorités budgétaires impossibles. C'est une promesse creuse – il sait qu'il ne peut probablement pas la tenir.


Involontairement, Macron parle de sa propre fin politique : en fin de mandat (mai 2027), fin de pouvoir, fin de légitimité. Parler de « fin de vie dans la dignité » devient une métaphore tragique.


Le service national : coûteux, irréaliste, sans substance budgétaire

Enfin, Macron annonce les « premiers pas » du service national, comme si 9 mois suffisaient pour lancer une infrastructure massive. La réalité :

  • Durée : 10 mois

  • Cible 2026 : 2.000-3.000 jeunes

  • Cible 2035 : 50 000 jeunes

  • Coût : intégré dans 2 milliards d'euros de programmation militaire

  • Budget annuel réel : probablement 200-300 millions/an

Le problème : Aucune infrastructure n'existe. Cela demande :

  • Budget voté (impossible : pas de majorité)

  • Projets lancés rapidement (impossible : délais administratifs)

  • Cadres recrutés et formés (impossible : délais de 6-12 mois)


Macron sait que c'est irréaliste. Il l'annonce quand même. Il utilise les rituels de la communication présidentielle pour masquer son impuissance. Il ignore les travaux démocratiques réels (convention citoyenne), recycle des promesses anciennes, annonce l'irréalisable sans reconnaître les coûts. C'est de la communication politique pure, sans la moindre substance gouvernementale.

À la fin de l'année, quand le moment sera venu, s'ouvrira peu à peu la prochaine campagne pour l'élection présidentielle de 2027, la première à laquelle je ne participerai pas depuis 10 ans. Pour autant, je serai, jusqu'à la dernière seconde, au travail, tâchant chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez confié, et je ferai tout pour que l'élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l'abri de toute ingérence étrangère.

« Je serai jusqu'à la dernière seconde au travail » : le pire diagnostic politique du discours

Un constat d'impuissance présenté comme héroïsme : « Je serai, jusqu'à la dernière seconde, au travail. » Cette promesse révèle non pas l'engagement, mais l'admission involontaire d'une présidence achevée. Macron est devenu un « lame duck » – un canard boiteux qui reste accroché au pouvoir mais sans capacité d'agir. La presse anglophone utilise ce terme depuis octobre 2025 : un président en fin de mandat, privé de moyens, dont l'autorité s'est effondrée. Depuis novembre 2024, le gouvernement ne peut pas voter de budget. Les communes, hôpitaux, armée, universités fonctionnent en « douzièmes provisionnels » depuis 13 mois. Aucun investissementde long terme n'est possible.


Ce que signifie vraiment rester « au travail »

Cette promesse ne veut pas dire : « Je vais accomplir de grandes choses. » Elle veut dire : « Je vais rester assis au bureau, physiquement, même si je suis incapable d'agir. » C'est l'aveu que Macron sait qu'il est un lame duck, mais qu'il refuse de partir avant mai 2027. Macron affirme : « Je ferai tout pour que l'élection présidentielle se déroule sereinement, à l'abri de toute ingérence étrangère. » C'est une promesse irréaliste. La Moldavie vient de subir une attaque informationnelle massive : avec 115 millions d'euros investis par le Kremlin. La France en 2027 sera une cible.


Or, qui pourra combattre une ingérence informationnelle majeure ?

  • L'État français ? (Paralysé par l'absence de majorité)

  • Les institutions ? (Fragiles après la dissolution)

  • Le gouvernement ? (Changé tous les trois mois)

Macron, lame duck, ne pourra rien faire. Il peut créer une « Coalition des volontaires » pour l'Ukraine, mais il ne peut pas mobiliser l'État pour protéger les élections nationales.


Les Français vont vivre 16 mois de paralysie institutionnelle. Les enjeux critiques (budget, crise économique, sécurité) resteront sans réponse. Le Rassemblement National aura le champ libre pour se préparer à 2027.


En affirmant qu'il restera « au travail jusqu'à la dernière seconde », Macron avoue involontairement sa transformation en lame duck – un canard boiteux incapable d'agir, mais trop fier pour partir. Les 16 derniers mois du mandat seront une lente agonie institutionnelle : un président sans pouvoir qui fera du spectacle politique tandis que les vrais enjeux resteront sans réponse. C'est peut-être le diagnostic politique le plus honnête du discours entier.


Au-delà des chantiers à mener, je veux avoir, pour notre nation, trois vœux. D'abord, un vœu d'unité. Quels que soient les défis, notre histoire nous enseigne que nous pouvons tout relever, tout affronter, si nous savons rester unis. N'oublions donc jamais que nos raisons de vivre ensemble sont chaque jour plus fortes que ce qui peut nous diviser, que les flots des urgences, des faits divers ou des mauvaises nouvelles. Notre unité suppose de lutter sans relâche contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre toutes les formes de discrimination. Notre unité exige de reconnaître que chaque Française, chaque Français a un rôle à jouer pour relever les défis qui sont devant nous, que chacun d'entre nous est nécessaire et doit être encouragé et reconnu. Oui, dans notre vie de chaque jour, au fond, je nous souhaite plus de bienveillance et plus d'humanité.

En appelant à l'unité après 8 ans de fractures qu'il a créées, après une cascade de "macronades" révélant un mépris systématique de classe, après avoir imposé des réformes contre la volonté populaire, Macron opère un révisionnisme politique total. Il reconnaît involontairement (par son vœu de "bienveillance") qu'il a été inhumain, mais il refuse d'assumer sa responsabilité personnelle. C'est un appel à l'unité qui est en réalité une exigence que les autres oublient ses crimes politiques

Mon deuxième vœu est un vœu de force, d'indépendance. Alors que la loi du plus fort tente de s'imposer dans les affaires du monde et que notre Europe est assaillie de toutes parts, nous devons défendre notre indépendance et nos libertés. Notre indépendance exige que nous continuions d'investir dans nos armées, dans nos forces de sécurité, dans nos services publics et notre économie malgré les difficultés financières. Depuis 10 ans, j'ai beaucoup plaidé et nous avons beaucoup fait pour renforcer en Européens cette indépendance et il nous faut accélérer. L'Europe de la défense a longtemps été un débat, elle a commencé de se faire et en 2026, cela accélérera. Dès le 6 janvier prochain, à Paris, de nombreux États européens et alliés prendront des engagements concrets pour protéger l'Ukraine et assurer une paix juste et durable sur notre continent européen. Protégeons aussi notre Europe industrielle et agricole, en instaurant des règles de commerce loyales, justes vis-à-vis du reste du monde. Osons être une vraie puissance qui assume une préférence européenne pour ses emplois, ses entreprises. Bâtissons une Europe indépendante dans l'industrie spatiale, le quantique ou l'intelligence artificielle. Il en va de notre prospérité en France comme en Europe.

En affirmant que l'Europe doit construire son indépendance technologique le 31 décembre 2025, exactement au moment où la DGSI vient de renouveler son contrat avec Palantir (entreprise américaine ultra-sensible), Macron opère un mensonge politique en direct. L'autonomie stratégique française reste une chimère : nous restons dépendants de technologies américaines pour nos opérations de sécurité intérieure les plus critiques. Ce silence volontaire sur Palantir révèle l'impuissance française face aux géants technologiques américains.


Mon dernier vœu est un vœu d'espérance, espérance pour nous-mêmes et pour nos enfants.

Ne renonçons pas. Ne renonçons pas au progrès, encore possible à condition de le bâtir, de travailler dur, d'investir dans la durée et de reconnaître que les avancées véritables ne se font pas en un jour, mais qu'elles prennent parfois le temps d'une génération. 
Ne renonçons pas à réconcilier climat, biodiversité, croissance et indépendance. Ne renonçons pas aux grandes découvertes scientifiques, à l'amour de la science et de la recherche, aux succès économiques.
Ne renonçons pas à la place de la lecture, du beau, de la culture. Ne renonçons pas chaque jour à être une nation plus solidaire, plus fraternelle. Oui, au fond, je nous souhaite de résister à l'air du temps, tout simplement, car nous sommes français. Nous devons tenir bon sur ce que nous chérissons, l'humain, la paix, la liberté. Nous y arriverons. Alors, regardons devant et regardons loin, comme citoyens et comme nation. »

Le vœu d'espérance : l'apothéose du vide rhétorique

L'architecture du dernier vœu repose sur une succession obsessionnelle de négations :

  • Ne renonçons pas au progrès

  • Ne renonçons pas à réconcilier climat, biodiversité, croissance

  • Ne renonçons pas aux grandes découvertes scientifiques

  • Ne renonçons pas à la culture

C'est une rhétorique d'inversion pure : au lieu de dire « Voici ce que je vais faire », Macron dit « Voici ce que vous devez continuer à croire ». Les verbes sont systématiquement passifs ou injonctifs : « Ne renonçons pas », « Regardons », « Tenons bon », « Nous y arriverons ». Aucun verbe d'action concrète. C'est la rhétorique de la passivité masquée en appel à la mobilisation.


Les grandes découvertes scientifiques sans budget : fantasme pur

Macron affirme : « Ne renonçons pas aux grandes découvertes scientifiques. » Or, il fait l'inverse. La recherche française s'appauvrit depuis 2017 :

  • Budget France : 0,72 % du PIB (contre 0,85 % en 2017)

  • Budget Allemagne : 3,15 % du PIB

  • Budget États-Unis : 3,5 % du PIB

  • France : 10ème rang mondial

  • Salaires gelés, postes supprimés (80 suppressions nettes par an), précarité accrue : 60 % des jeunes chercheurs en contrats de 1-2 ans. Exode : 15 % des doctorants français partent à l'étranger.

C'est un mensonge performatif : dire qu'on « ne renonce pas » tout en ayant déjà renoncé budgétairement. Pendant ce temps, États-Unis, Allemagne, Chine réinvestissent massivement. La France ? Elle regarde et souhaite que la recherche se fasse d'elle-même.


« Réconcilier climat, biodiversité, croissance » : la quadrature du cercle

Macron énonce : « Ne renonçons pas à réconcilier climat, biodiversité, croissance et indépendance. » C'est la formulation d'une impossible quadrature du cercle présentée comme simple. Ces quatre objectifs sont partiellement contradictoires :

  • Croissance : exige énergie, extraction de ressources

  • Climat : exige réduction d'énergie fossile

  • Biodiversité : exige protéger les espaces naturels

  • Indépendance énergétique : exige nucléaire/renouvelables à coûts énormes

Un économiste honnête dirait : « Ces objectifs entrent en tension. Voici nos choix de priorité. » Macron fait semblant que c'est harmonisable en affirmant juste qu'on ne doit pas renoncer. Entre-temps, les émissions CO₂ sont stables depuis 2017, la décarbonation est repoussée, le budget climat est coupé, les conflits agriculteurs-écologie non résolus. La France affiche des objectifs climatiques tout en les sabotant budgétairement.


« Ne renonçons pas à la culture » : injonction morale contre un ennemi fictif

Qui renonce à la culture ? Personne. C'est un moulin à vent rhétorique. La réalité :

  • Budgets culture en baisse depuis 2017

  • Bibliothèques fermées (coupes budgétaires)

  • Cinéma français en crise (-40 % de fréquentation depuis 2019)

  • Salaires des artistes en stagnation


« Résister à l'air du temps, car nous sommes français »

La phrase finale résume l'absurdité entière. C'est du populisme rhétorique pur : appeler à une identité française supposée contre des menaces abstraites. Mais qu'est-ce que « l'air du temps » pour un Français en 2026 ? L'« air du temps » est tellement vague qu'il peut désigner n'importe quoi, ce qui permet au discours de ne rien dire de spécifique.


L'inversion finale : qui renonce réellement ?

Le discours repose sur une inversion de responsabilité. Macron dit : « Ne renonçons pas ». Ce qu'il signifie : « Moi, président, je renonce à gouverner. À vous de continuer à croire. » Mais qui renonce vraiment ? Les Français ne renoncent pas. C'est Macron qui a renoncé. Mais plutôt que de l'admettre, il reformule comme vœu universel. C'est du "gaslighting" (technique de manipulation psychologique où quelqu'un nie la réalité objective des faits, fait douter la victime de sa propre perception, réécrit l'histoire pour se présenter comme innocent, et culpabilise la victime pour ses propres actions) : faire croire aux Français que c'est eux qui doivent tenir bon, alors que c'est l'État qui s'écroule.


L'espérance réduite à une supplique

Ce dernier vœu révèle la faillite totale d'un discours présidentielle.

Ce qu'il aurait dû être : « L'espérance réside dans nos actions concrètes : augmentation des salaires pour la recherche, investissements massifs dans la transition climatique, soutien aux familles. Voici mes engagements chiffrés et datés. »

Ce qu'il est : « Ne renonçons pas. Croyez. Vous y arriverez. Nous sommes français. »

C'est un appel à la foi, pas un programme politique. Une exhortation morale, pas une stratégie d'action. C'est la parole d'un leader politique en faillite, qui a épuisé son répertoire d'action et qui ne sait plus que faire de vœux pour dissimuler son impuissance.


Jean-Marc Adolphe

Alors, aux humanités, nous avons "pris notre risque", comme aurait dit Emmanuel Macron lorsqu'il était encore fringant. Nous avons écrit le discours qu'Emmanuel Macron aurait du tenir. C'est open source. Si la gauche veut s'en inspirer, il n'y a pas de problème.


Le discours de reconstruction collective

Allocution présidentielle du 31 décembre 2025 : « La France, une nation de promesses »


Mes chers compatriotes,

 

Ce soir, plutôt que de vous présenter un catalogue de vœux individuels, je veux vous parler de quelque chose de plus fondamental : comment la France a toujours surmonté ses crises les plus profondes.

 

I. L'espérance, c'est d'abord la mémoire

Regardez notre histoire. La France a traversé l'occupation, la collaboration, les guerres coloniales. Elle a connu les guerres de religion, les révolutions, les restaurations, l'effondrement, la reconstruction.

 

Comment a-t-elle survécu à chaque fois ? Pas par la volonté d'un seul homme. Pas par des décrets depuis Paris. Par la capacité à créer du collectif, à rassembler les forces vives du pays autour d'un projet commun.

 

Après 1944, ce n'était pas de Gaulle seul qui a reconstruit la France. C'étaient les syndicats, les maires, les associations, les citoyens ordinaires qui ont dit : « Ensemble, nous allons reconstruire ».

 

Après 1968, ce n'était pas Pompidou seul. C'était la société civile, les travailleurs, les étudiants, les intellectuels qui ont trouvé un nouveau contrat social.

 

Cette force collective, nous l'avons perdue.

 

Et je dois vous dire ceci : c'est ma responsabilité.

 

II. Mon mea culpa : l'orgueil d'un seul homme

En 2017, j'ai cru que je pouvais, seul, embarquer la France vers l'avenir. J'ai pensé que ma vision suffisait. Que ma détermination suffirait. Que ma rhétorique suffirait.

 

Je me suis trompé.

 

Un président seul ne peut pas transformer une nation. Pire, un président qui croit qu'il le peut devient un obstacle au changement réel. Il impose plutôt que de proposer. Il décide plutôt que de débattre. Il décrète plutôt que de construire ensemble.

 

C'est ce que j'ai fait avec la réforme des retraites. Imposée au 49.3, contre 75% d'opposition. J'ai cru avoir raison. Les faits m'ont contredit : nous avons créé une fracture, pas une union.

 

C'est ce que j'ai fait en juin 2024 avec la dissolution. Certain de regagner la main, j'ai créé l'inverse : un Parlement éclaté, incapable de fonctionner, une nation paralysée.

 

Ces erreurs ne viennent pas d'une mauvaise intention. Elles viennent d'une bonne intention mal mise en œuvre : l'orgueil présidentiel.

 

Un vrai leader aurait dit : « Avant de décider, j'écoute. Avant d'imposer, je débats. Avant d'avancer seul, je cherche des alliés. »

 

Je ne l'ai pas fait. Et la France en porte les cicatrices.

 

III. L'espérance, c'est la force collective


Mais il existe une voie. Et c'est celle que je veux proposer pour les 16 mois qui me restent.

 

L'espérance française n'est pas mon affaire. C'est l'affaire de tous les Français.

 

Regardez ce qui se passe dans les territoires quand l'État se retire :

 

Les maires prennent en main la vie locale, créent du lien.

 

Les associations s'organisent pour aider ceux que l'État abandonne.

 

Les syndicats négocient des solutions concrètes.

 

Les citoyens s'engagent dans leurs communautés

 

C'est là que vit la vraie France. Pas à l'Élysée, mais dans les communes, dans les syndicats, dans les associations, dans les cœurs des citoyens qui refusent de laisser leur pays s'effondrer.

 

Donc, mon vœu ce soir, c'est ceci :

 

Que nous recréions une nation de solidarité active, pas de dépendance résignée.

 

Que nous fassions confiance aux forces vives du pays : maires, élus locaux, syndicats, organisations patronales, monde associatif, secteur public, entreprises sociales.

 

Que nous comprenions que la France se reconstruit « de bas en haut », pas « de haut en bas ».

 

Et que nous ayons l'humilité de reconnaître que les solutions aux grandes questions ne peuvent venir que du dialogue, du débat, de la composition entre toutes ces forces.

 

IV. Un grand chantier pour les 16 mois qui restent : les Assises de la Prospective


Voici donc ce que je propose pour 2026 et le premier semestre 2027 :

 

Un seul grand chantier, mais qui vaut tous les autres réunis.

 

Les Assises de la Prospective Française – un processus national, entièrement indépendant de l'Élysée, associant :

 

Les collectivités territoriales (maires, élus régionaux, départementaux),

 

Les organisations syndicales (salariés, secteur public et privé),

 

Le monde associatif (environnement, social, culture, sport, etc.),

 

Les entreprises (du secteur innovant comme des secteurs traditionnels),

 

Les universités et centres de recherche,

 

Les citoyens tirés au sort (comme dans les conventions citoyennes),

 

Les intellectuels, artistes, créateurs.

 

Objectif : définir ensemble, sans caricature partisane, ce que nous serons en tant que nation dans 50 ans.

 

Non pas :

 

Comment faire plus de rentabilité,


Comment satisfaire telle ou telle base électorale,

 

Comment « gagner » par rapport à un adversaire politique,

 

Mais :

 

Quel type de société voulons-nous ?

 

Quel lien social, quelle solidarité ?

 

Quel rapport à l'environnement, à la nature ?

 

Quelle place pour le travail, l'innovation, la création ?

 

Comment garantir qu'aucun Français ne soit laissé de côté ?

 

Comment rester une puissance européenne influente dans un monde multipolaire ?

 

V. Comment ça fonctionnerait


Phase 1 (Janvier-Février 2026) : Création d'une Commission Indépendante de la Prospective, avec des personnalités respectées de tous les bords, totalement détachées du gouvernement.

 

Phase 2 (Mars-Mai 2026) : Assemblées régionales et locales où les citoyens, les élus, les associations débattent des enjeux majeurs. Pas du débat partisan – du débat « Qu'est-ce qu'on laisse à nos enfants ? »

 

Phase 3 (Juin-Septembre 2026) : Synthèse régionale, débats thématiques nationaux.

 

Phase 4 (Octobre-Décembre 2026) : Assises nationales à Versailles, où se rencontrent toutes ces forces vives pour dégager un consensus sur les grandes orientations des 50 prochaines années.

 

Phase 5 (Janvier-Mai 2027) : Publication d'un Livre Blanc de la Prospective Française, servant de feuille de route au prochain président, au-delà des clivages électoraux.

 

VI. Pourquoi ce chantier plutôt que d'autres ?


Parce qu'il répond à l'enjeu réel : recréer du sens collectif.

 

Les Français ne se battent pas pour un débat technique sur les retraites ou les réseaux sociaux. Ils se battent parce qu'ils ne savent plus pour quoi faire société ensemble.

 

Le Rassemblement National monte parce qu'il offre une réponse : « Nous, les vrais Français » (même si c'est une vision exclusive et dangereuse).

 

La gauche est fragmentée parce qu'elle ne trouve plus de narration commune : est-ce la lutte des classes ? L'écologie ? L'antiracisme ? Les trois ?

 

Le centre (mon camp) s'écroule parce qu'il a perdu son grand récit. J'ai échoué en croyant que c'était une question de management (réformes, efficacité, modernité).

 

Les Assises de la Prospective créeraient cet espace où on ne débat pas « qui a raison » (droite vs gauche), mais « qui sommes-nous et qui voulons-nous être ? »

 

C'est l'antidote exact aux clivages identitaires, aux guerres de religion politiques, au sentiment que « rien n'est possible ».

 

VII. Et pour 2026 en attendant ?


Sur les enjeux immédiats :

 

Budget : je vais demander un accord avec les forces parlementaires (RN, gauche, Républicains) sur un budget de transition, sans politique majeure, juste pour faire fonctionner l'État. C'est un budget de « gestion », pas de « transformation ». C'est honnête.

 

Fin de vie : la convention citoyenne a montré la voie. Le Sénat devrait pouvoir voter sans bloquer. C'est un enjeu éthique, pas partisan.

 

Réseaux sociaux : protection des jeunes, oui, c'est un consensus.

 

Service national : je le maintiens comme projet de long terme, mais réaliste quant aux délais.

 

Outre-mer : reconstruction de Mayotte accélérée (doubler le budget), discussions sur l'autonomie avec Guadeloupe/Martinique/Guyane, relance des négociations Nouvelle-Calédonie avec une approche nouvelle.

 

Rien de révolutionnaire. Juste du pragmatisme honnête.

 

VIII. À mon successeur


Celui ou celle qui arrivera en juin 2027 aura entre les mains un document de prospective de 50 ans, débattu par toute la France, reflétant un consensus au-delà des clivages électoraux habituels.

 

Ce ne sera pas un programme d'un seul.

 

Ce sera une feuille de route collective.

 

Et un président sage l'utilisera non comme un carcan, mais comme une boussole pour dire : « Voici ce que les Français veulent être. Voici comment, moi, je propose qu'on y arrive. »

 

IX. Conclusion : l'espérance, c'est nous


L'espérance n'est pas un vœu. C'est une force collective, celle de millions de Français qui, chaque jour, font tenir cette nation :

 

Les maires qui accueillent les sans-abris,

 

Les enseignants qui se battent pour leurs élèves,

 

Les soignants qui sauvent des vies,

 

Les travailleurs sociaux qui recréent du lien,

 

Les associations qui construisent l'entraide,

 

Les entrepreneurs qui créent de l'emploi,

 

Les artistes qui nous rappellent pourquoi vivre ensemble,

 

Je ne peux pas créer cette espérance seul. Aucun président ne peut.

 

Mais je peux créer l'espace où elle peut naître, se renforcer, devenir une force politique transformatrice.

 

C'est ce que je vous propose.

 

Les 16 mois qui me restent ne seront pas consacrés à de grandes réformes que je n'aurais pas le droit d'imposer. Ils seront consacrés à lancer ce processus de reconstruction collective.

 

C'est plus humble qu'un grand projet présidentiel. C'est infiniment plus puissant.

 

Parce que c'est la France qui agit, pas un président.

 

Vive la République. Vive la France.






1 commentaire


cjuniot002
il y a 5 jours

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