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Naoya Hatakeyama, paysages d'un temps déchiré

il y a 13 heures
12 min de lecture
Le photographe Naoya Hatakeyama devant un "tsunami tree"

Naoya Hatakeyama, devant un Tsunami Tree


Il sera demain à la Maison de la Culture du Japon à Paris. Né à Rikuzentakata, ville japonaise dévastée par le tsunami du 11 mars 2011, le photographe Naoya Hatakeyama explore les relations mouvantes entre les humains, la terre et le paysage. À l’occasion d'une résidence à Excideuil, en Périgord vert, il revient sur l’expérience de la catastrophe, la mémoire des lieux et les arbres de sa série Tsunami Trees. Entre le Japon et la Dordogne, il interroge aussi les manières d’habiter des territoires soumis aux risques, ainsi que la nécessité de ralentir pour mieux regarder.

les humanités, ça n'est pas pareil.

Chroniques, analyses, récits, "hors-pistes" : pour rester à l'affût : 


Naoya Hatakeyama dans un portrait de Corinne Quentin

Ci-contre : Naoya Hatakeyama. Photo Corinne Quentin


Né en 1958 à Rikuzentakata sur la côte nord-est du Japon (sur l’île principale d’Honshū), Naoya Hatakeyama (1) photographie depuis quarante ans ce que les humains font à la terre, et ce que la terre leur offre en retour. Il a photographié des carrières de calcaire (dont la série Ciel tombé dans les réseaux souterrains situés sous le bois de Vincennes, ICI), des explosions de mine (Blast), ou encore la rivière enfouie sous Tokyo (Underground).


Le 11 mars 2011, un tsunami a emporté sa ville natale, faisant disparaître sa mère et la maison de son enfance. Depuis, Naoya Hatakeyema revient sans cesse à Rikuzentakata pour suivre la lente transformation des lieux. En 2017, en amont du fleuve Kesen, il découvre un noyer aux branches à moitié mortes et à moitié couvertes de feuilles. C’est le point de départ des Tsunami Trees et du livre qui vient de paraître en français aux éditions Light Motiv et qu’il présentera à la Maison de la Culture du Japon à Paris ce samedi 3 octobre : des arbres entre la vie et la mort, éprouvant deux temps à la fois, entre le monde d’hier et celui que l’on vit maintenant.


"Le ciel tombé", série de Naoya Hatakeyama dans les anciennes carrières de Paris, 2007

Naoya Hatakeyama, Ciel Tombé, Paris, 2007. Dans une ancienne carrière souterraine,

la voûte effondrée laisse apparaître un amas de blocs de calcaire.


En septembre 2026, Naoya Hatakeyama était en résidence à Excideuil, « petite cité de caractère » en Périgord vert au nord-est de Périgueux, à l’invitation des Grandes fenêtres. Cette résidence s’inscrit dans un parcours plus large, associant des partenaires pour d’autres projets de création et de recherche (2) interrogeant les transitions socio-environnementales au Japon, en Bretagne, et à Excideuil même, dans des lieux où culture, histoire et nature se rencontrent et parfois se heurtent. C’est là que nous avons pu rencontrer Naoya Hatakeyema, le 24 septembre dernier, pour conduire l’entretien qui suit.

ENTRETIEN


En ce mois de septembre, vous êtes en résidence de création et de recherche à Excideuil, en Dordogne, accueilli par Cécile Bruneteau, responsable des Grandes fenêtres. Que retenez-vous de ces trois premières semaines ?


Naoya Hatakeyama - Tout d’abord, pour envisager les enjeux environnementaux de ce territoire, je l’ai arpenté. J’ai été sensible aux différences avec le Japon dans la présence de l’eau et la géographie, la géologie, la topographie. Au Japon, ce relief vallonné n’existe pas. On a essentiellement des montagnes et de rares espaces plats dans les vallées creusées par les rivières. Ces grandes étendues relativement planes qui s’étendent à perte de vue à la limite du Massif central, c’est une expérience assez nouvelle pour moi.


La plupart des rivières au Japon descendent des montagnes vers la mer, dans une course très rapide. Elles ne parcourent pas de très longues distances en recueillant les eaux de nombreux affluents (comme ici ceux de l’Isle rejoignant le cours de la Dordogne qui s’unit à la Garonne pour former l’estuaire de la Gironde jusqu’à l’océan). À l’exception des zones côtières, les rivières japonaises ont un débit rapide et vif et dévalent des montagnes en une eau vive et cristalline. Ici, les rivières sont abondantes et, même lorsqu’elles sont étroites, elles s’écoulent lentement. J’avais déjà eu l’occasion de le constater lors de précédents séjours en France. Mais ici, j’ai pris le temps de l’observer longuement tout en découvrant les lieux et en rencontrant des gens dans le cadre de ma résidence.


En ce qui concerne les catastrophes naturelles, au Japon nous connaissons les typhons, les fortes inondations, les glissements de terrain, mais les chutes de rochers sont rares, comme celles qui ont eu lieu lors de cet effondrement de falaise à Excideuil il y a deux ans (ICI). Au Japon, le glissement de terrain entraîne le plus souvent un mélange de terre et de végétation, et de tout ce qui se trouve à la surface de la montagne.

 

J’ai aussi pu visiter des grottes, elles sont particulièrement nombreuses dans la région. Il y en a bien sûr au Japon puisque c’est un pays calcaire. Ici il y a des traces de l’occupation humaine avec des peintures rupestres qui datent d’il y a 20 000 ans. Je ne pense pas qu’on ait découvert des témoignages de ce genre autres que les outils, aussi anciens au Japon.

 

J’ai été impressionné par la présence autour d’Excideuil d’intellectuels, d’artistes, plus ou moins à la retraite, qui se sont installés dans la région et s’organisent pour œuvrer ensemble (3). Au Japon, je pense que ce serait un peu difficile à imaginer. Il y a bien sûr des intellectuels qui vivent en dehors des grandes villes, mais il leur manque quelque chose, une organisation autour d’une motivation commune qui les rassemble, en quelque sorte.


L’exploration photographique que vous réalisez durant cette résidence correspond à des attentes autour des notions de risque naturel et de vulnérabilité, en relation avec vos travaux au Japon sur l’expérience de la catastrophe.


Vulnérabilité… ce n’est pas un terme que j’utilise. Il m’a été proposé par Thibault Honoré et Justine Maljak pour m’associer au projet SAIGAI (voir note 2) sur les notions de catastrophe, de crise et d’adaptation. Le mot vulnérabilité, c’est le leur. En 2011, j’ai vécu le séisme et le tsunami au Japon, donc j’ai eu une expérience de ce que peut être une immense catastrophe. Dans « vulnérabilité », il y a quelque chose qui fait appel à l’imagination, à quelque chose qui peut venir, à une anxiété envers le futur, alors que j’ai l’impression d’être dans une « après-catastrophe ».

 

L’impression que j’ai ressentie ici, personnellement, c’est qu’il n’y a pas une grande inquiétude sur ce territoire. S’il y en a une, elle est beaucoup plus large : le réchauffement climatique, la sécheresse, des phénomènes qui ne sont pas limités à la région. Je ne perçois pas une vulnérabilité « locale », plutôt une inquiétude à l’échelle planétaire. En d’autres termes, je ne ressens pas vraiment de vulnérabilité propre au fait de vivre et d’habiter dans cette région. Bien sûr, je sais qu’il y a deux ans, un pan de falaise s’est effondré entraînant la chute d’environ 2 000 m³ de roches sur la route en contrebas. Mais au Japon, ce genre d’accident s’est probablement produit une dizaine de fois au cours de la semaine dernière. Ici, cela n’arrive qu’une fois en quelques années. Au Japon, en une semaine, de tels accidents font une dizaine de victimes, alors qu’ici, je crois qu'il n’y en pas eu. Il a juste fallu veiller localement à la sécurité. Si l’on considère que cette région est vulnérable, le Japon est alors, en regard, un pays éminemment dangereux et fragile.

 

Comment imaginez-vous rendre compte de ce que vous avez observé et ressenti ?


Je pense que ce sera un ensemble de photos et de textes. Actuellement, je travaille sur la façon de présenter chaque image, avec cette prise de distance personnelle.


Quand on parle d’inquiétude, ou d’anxiété, disons d’inquiétude, c’est un sentiment à l’intérieur de soi : ça n’apparaît pas sur la photographie. La relation entre photo et texte permet de signifier quelque chose d’intime que l’on ne peut pas capturer avec un appareil photo. Quand on regarde une image en lisant un texte, tout d’un coup l’image devient quelque chose de tout à fait différent. Comme au cinéma quand on filme un paysage qui a l’air serein, calme, et que la voix off dit : « Il y a longtemps, une guerre terrible a eu lieu ici ». Si l’on raconte ainsi qu’il y a eu une guerre terrible dans ces lieux, sans doute que ce paysage paisible donnera soudainement une impression différente, deviendra peut-être inquiétant ? Devant un beau ciel, nous disons : « Quel beau ciel ! » et puis tout à coup y apparaît un avion de guerre, cela change tout, n’est-ce pas ?

 

Naoya Hatakeyama, "Tsunami Trees"

Naoya Hatakeyama, photo issue de la série Tsunami Trees


Lors de votre conférence aux Grandes fenêtres, voici quelques jours, vous avez projeté de nombreuses photos, en premier lieu autour de votre nouveau livre, Tsunami Trees. Aux côtés de ces arbres qui survivent au tsunami, deux photos m’ont plus particulièrement frappée : celle qui représente deux barques sur une rivière et celle qui montre un mur de protection d’une hauteur vertigineuse, presque inhumaine, face à la mer.


Ce mur face à la mer, tout le monde le trouve affreux, cela ne fait aucun doute sur le plan esthétique. Mais c’est pour lutter contre la peur d’un nouveau tsunami qu’il a été construit, en tentant de mettre à profit toute la technologie contemporaine pour répondre à la peur des habitants.


La photo avec les deux barques, je l’ai prise avant le tsunami. Cette image symbolise un moment de sérénité, de calme avant la catastrophe, quand on ne l’imagine même pas, et aussi un moment éloigné de toute cette technologie. C’est cette photo-là qui a été retenue pour la couverture de l’édition japonaise de mon livre Kesengawa. C’est pour moi le symbole d’une vie simple, peut-être un peu naïve, douce et agréable, sans inquiétude, souriante. La catastrophe vient l’annihiler, la détruire, et tout le monde ne sait plus quoi faire. L’impression que j’ai eue également, juste après la catastrophe, c’est qu’il devenait difficile de réagir de façon objective. (4)

 

En amorce du livre intitulé Les paysages de Naoya Hatakeyama publié par les éditions A-R-T dans leur collection "Autour de Virilio" (5), le philosophe et urbaniste Thierry Paquot écrit (à propos de la pensée de Paul Virilio) : « Avec l’hégémonie de la vitesse, devenue le seul critère du progrès technique, le couple espace/temps a divorcé. Dorénavant chacun se déploie indépendamment de l’autre. » Ce couple résiste-t-il dans ce que vous appelez le « paysage biographique » de votre travail ?


Dans mon livre Rikuzentakata (à feuilleter ICI), j’ai écrit que le temps s’était déchiré. En prenant des photos depuis les hauteurs de la ville, une fois que tout avait été déblayé, j’ai vraiment eu le sentiment de retrouver la géographie du lieu avant les constructions humaines : un paysage d’avant l’Homme. À ce moment-là, j’ai vraiment eu le sentiment de ne plus savoir ce que c’est que le temps.


La possibilité de saisir un espace-temps à un moment donné est fonction de l’expérience, de l’état d’esprit dans lequel on se trouve, de la mémoire, des connaissances… Personnellement, oui, j’essaie de faire ce travail mais je ne sais pas si j’arrive à transmettre cette sensation ? Peut-être qu’il faut déjà avoir réfléchi à ce que peut être cet espace-temps pour le saisir dans une photographie.


En japonais 風景 (« Fu kei »)  et 風光 (« Fu koh ») disent le paysage par la lumière et par le vent. Le paysage prend racine dans cette image du vent 風 qui souffle et de la lumière qui fait scintiller l’herbe qui ondule. C’est de l’espace-temps.

 

Naoya Hatakeyama, note manuscrite autour des termes japonais fūkei (風景, « paysage ») et fūkō (風光, « lumière / beauté du paysage »)

Naoya Hatakeyama, note manuscrite autour des termes japonais fūkei (風景, « paysage »)

et fūkō (風光, « lumière / beauté du paysage ») : photo Isabelle Favre


Ce livre sur Les paysages de Naoya Hatakeyama (5) que nous venons d’évoquer est introduit par un entretien avec Frédéric Le Blay (ICI). Il suscite cette réponse de votre part, traduite par Corinne Quentin qui est, aujourd’hui aussi, votre interprète : « L’art est peut-être justement ce qui peut apporter, à l’intérieur de ce temps rapide, des éléments de réflexion et élargir, retarder, donner du temps à la réaction. »


Ce « slow », cette vitesse… c’est un thème qui concerne toute l’humanité aujourd’hui, non ? Et pourquoi ? Parce que le monde d’aujourd’hui va de plus en plus vite, c’est vrai. Le capitalisme, la société de l’information, la mondialisation, etc. Si on n’accélère pas la vitesse de notre perception et de notre conscience, on ne parvient plus à suivre le rythme du monde. On n’arrive plus, d’un autre côté, à suivre le rythme de la nature et des paysages : il est tellement plus lent qu’il est impossible de le comparer à celui de la perception et de la conscience de l’Homme moderne. La nature et les paysages ne changent pas de rythme. C’est donc nous qui devons ralentir.


Ralentir, cela signifie par exemple ne pas penser uniquement à nous ici et maintenant, mais inclure dans notre réflexion les générations passées et futures. Devant des peintures rupestres datant de 20 000 ans, on se met à réfléchir à notre rythme, et il ralentit sans doute. C’est pourquoi je pense que « ralentir », prendre son temps, c’est faire preuve d’une extrême intelligence. C’est quelque chose qui se passe à l’intérieur de soi, et si on ne le rend pas un peu plus public, si on ne le transmet pas dans l’organisation sociale, la situation actuelle ne changera pas. C’est certes un énorme problème. Si j’ai quelque chose à dire, à me dire en tant que photographe, c’est qu’il faut bien regarder les choses, longtemps, calmement. Lorsque je regarde les choses, je me dis : « Ne les regarde pas comme ça (en passant rapidement de l’une à l’autre, en les faisant défiler d’un doigt sur un écran de smartphone…) , mais regarde-les ainsi (en m’arrêtant devant chacune). » Donner du temps. Se donner du temps. Il est important de se laisser un peu de temps avant de réagir.


Comment la photographie peut-elle y contribuer ?


Avec ma formation initiale dans la mouvance du modernisme photographique (avec ses partis-pris dans le traitement du sujet, la composition, la géométrie, le soin donné au tirage...), j’ai pris l’habitude, dès mes années d’étude, de considérer la photographie non pas comme une simple image, mais comme de la photographie. Quelle est la différence entre une « image » et la « photographie » ? Une image n’a pas de matérialité. D’une manière ou d’une autre, la photographie possède cette matérialité qu’on peut transmettre en l’exposant, parfois comme une œuvre d’art. Au XXe siècle, ces questions autour de ce qu’on appelle le modernisme ont été étudiées avec beaucoup d’ardeur dans les revues de photographie. C’est de là que vient l’habitude d’accrocher les photos au mur pour les exposer, transmettre un regard.


Cette pratique, qui s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui, est remise en cause avec l’avènement du smartphone. On utilise le même terme de « photo » pour celle qu’on voit sur son smartphone et pour celle qu’on regarde dans un cadre accroché au mur. Pourtant l’impression est totalement différente. J’ai été baigné dans cette compréhension moderne selon laquelle la différence entre l’image et la photographie, c’est que l’image n’est pas matérielle. Avec le smartphone cela a changé ; les photographies sur smartphone ont perdu leur matérialité. Quant à moi dans mon studio, je vis au milieu de pellicules de film, de tirages sur papier.


Naoya Hatakeyama, "Tsunami Trees"

Naoya Hatakeyama, photographie issue de la série Tsunami Trees


Dans certaines de vos expositions, vous assemblez un grand nombre de photographies en les serrant l’une à côté de l’autre ?


Ce sont des planches contact. Elles sont présentées comme dans un journal intime, telles qu’elles ont été prises au jour le jour, dans leur continuité, sans coupures, Depuis la catastrophe, c’est important pour moi de montrer le temps qui passe, entre les images du temps de la catastrophe et le moment de l’exposition.


Quand on parle de la catastrophe, on a tendance à voir le jour où elle s’est produite, mais pour moi, la catastrophe, c’est aussi le temps qui s’est écoulé depuis : l’évolution des choses qui se calment peu à peu ; comment les êtres humains d’aujourd’hui qui ont vécu la catastrophe vivent ce temps d’après. J’aimerais présenter une sorte de temps futur vu depuis le passé : le futur antérieur...


Propos recueillis par Isabelle Favre et Corinne Quentin pour la traduction


  • Naoya Hatakeyama, Tsunami Trees, aux éditions Light motiv, février 2026, 45 € (ICI)


  • Samedi 3 octobre (14h à 16h), à la Maison de la Culture du Japon de Paris : Conférence Tsunami Trees – Après la catastrophe, discussion entre le photographe Naoya Hatakeyama et Thibault Honoré, maître de conférences en arts visuels à l’Université de Bretagne Occidentale et artiste plasticien. Pour suivre en direct : https://www.youtube.com/live/ul30u3c1TLI?si=MFKxizaafZGzzt8K


  • Lundi 5 octobre (18h30 à 20h30), dans les locaux de Light Motiv (39 rue du Pré Catelan 59110 La Madeleine) : échanges entre Naoya Hatakeyama et son éditeur Eric Le Brun autour de Tsunami Trees. Entrée gratuite sur réservation à edition@lightmotiv.com


  • Mardi 6 octobre (à partir de 18h30), à la bibliothèque privée memoria à Bruxelles : dialogue entre Naoya Hatakeyama et le philosophe Philippe Nys.


NOTES


(1). Les Japonais donnent d’abord le nom de famille puis le prénom, c’est plutôt l’inverse en France. Nous avons opté pour l’habitude française.


(2). La résidence de Naoya Hatakeyama alimentera deux projets partenaires qui « investissent la notion de vulnérabilité en Dordogne, en Bretagne et au Japon » :

- le projet de territoire LEYRAUDIE (soutenu par la fondation Carasso), associant la Communauté de communes Isle Loue Auvézère en Périgord, les Grandes fenêtres et la Mairie d’Excideuil, à la suite de l’effondrement d’une falaise karstique en 2024 sur un des accès principaux au bourg. Cette expérimentation mêlant mobilisation citoyenne, approches artistiques et scientifiques accompagne les habitants pour appréhender de nouvelles formes de vulnérabilité liées à l’eau et à la roche et aussi concevoir collectivement des aménagements en lien avec la dynamique et la vulnérabilité hydrogéologique ;

- le projet de recherche et de création SAIGAI (« désastre, catastrophe,...» en japonais), imagine aborder la vulnérabilité des populations face aux risques naturels majeurs et aux catastrophes, sous un angle sensible en France et au Japon. Ce projet est porté avec l’Université de Bretagne, par Thibault Honoré et Justine Maljak avec Naoya Hatakeyama. Cette recherche et ses expressions créatives sont entrées en résonance avec le parcours de recherche et de création autour de la roche et de l’eau, à Excideuil. Ces projets collectifs donneront lieu à différentes expositions présentées en France et au Japon, en 2027 et en 2028.


(3). Autour des projets initiés par Les Grandes fenêtres, les expositions et actions d’Excit’œil, association culturelle des arts plastiques et visuels,...


(4). Donner leur place « au courage, au deuil et à la révolte, mais aussi à l’ironie, voire l’humour noir - signes d’une force et d’une lucidité critique largement partagées », pour comprendre la société japonaise aujourd’hui, pour partager ses doutes et surmonter à plusieurs « cette difficulté à objectiver » : c’est ce qui a motivé l’ouvrage collectif dirigé par Corinne Quentin (qui accompagne et traduit les propos de Naoya Hatakeyama et Cécile Sakai. « Romanciers, poètes, essayistes et artistes japonais, livrent leurs témoignages, réactions à vif, méditations et visions sur la triple catastrophe - séisme, tsunami, accident nucléaire » – dans L’archipel des séismes. Écrits du Japon après le 11 mars 2011, Philippe Piquier éditeur, Picquier Poche, 2012, 416 pages.


(5).  Les paysages de Naoya Hatakeyama, Collection Autour de Virilio, Editions A-R-T (Atelier de Recherche Temporelle), 2020 (Ouvrage à diffusion électronique gratuite coordonné par Jean Richer : https://a-r-t.ong/les-paysages-de-naoya-hatakeyama)


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yanitz2018
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