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Nouzonville, 6.000 habitants, ville-refuge (Ukraine, vu d’en Frances)


Quelque 200 personnes se sont mobilisées devant la mairie de Châlons-en-Champagne, hier,

pour dire «non» à la guerre en Ukraine. Photo Remi Wafflart


Les manifestations se multiplient et la mobilisation s’amplifie dans les villes françaises, où les maires se disent prêts à accueillir des réfugiés ukrainiens, qui fuient par centaines de milliers leur pays. Des particuliers aussi veulent apporter leur aide. Vu d’en Frances : reportage depuis Marne, Ardennes et Aisne, avec le quotidien L’Union.


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VU D'EN FRANCES Reportage Guillaume Lévy pour L'Union Maires, chefs d’entreprise, associations et habitants : dans les villes comme les villages, une chaîne de solidarité se met en place en mode express, pour aider les familles ukrainiennes qui fuient leur pays. Hier, au cinquième jour de l’offensive russe, l’ONU chiffrait à plus d’un demi-million le nombre d’Ukrainiens sur les routes de l’exil. Dès samedi, pendant une manifestation de soutien, le maire de Charleville, Boris Ravignon, indiquait que la cité de Gonzague, « comme elle l’a toujours fait » était « prête à accueillir les réfugiés de cette guerre ».

Ce lundi en mairie, une première réunion s’est tenue pour recenser les logements vacants, chez les bailleurs sociaux et dans le patrimoine de la Ville. Jeudi, une seconde réunion aura lieu pour organiser l’aide humanitaire à envoyer sur place. « On réfléchit sur les deux axes, explique Boris Ravignon : l’accueil ici et l’aide là-bas. On se coordonne pour envoyer du matériel, comme des couvertures, des produits d’hygiène, etc. » Comme souvent, les Ardennais répondent présent. « J’observe beaucoup de bonnes volontés, avec des gens qui m’ont dit qu’ils étaient prêts à accueillir des réfugiés chez eux. »

Dans la Marne, des habitants de Vertus ont également fait savoir qu’ils étaient prêts à ouvrir leurs portes à des réfugiés. Toujours en Champagne, Franck Leroy a écrit à tous les maires de l’agglomération d’Épernay pour coordonner l’aide à apporter. « Des centaines de milliers de réfugiés vont avoir besoin de vivres, de matériels et d’équipements divers, leur a-t-il écrit, dimanche. Il est également possible que notre pays ait à accueillir des réfugiés de guerre. » Franck Leroy se réjouit de voir des collectivités et des familles « prêtes à se mobiliser », mais souligne l’importance de le faire « en bon ordre », en lien avec les autres territoires de la Région et avec l’État, pour définir « la forme de notre soutien (matériel, vivres, fonds…) ». Le maire d’Épernay et vice-président du Grand Est explique d’ailleurs que la Région réfléchit à la possibilité d’affréter un avion pour transporter de l’aide humanitaire.


« Nous serons fidèles à nos principes »


Autre vice-président du Grand Est, Arnaud Robinet insiste lui aussi sur l’aide qu’il faut « apporter bien évidemment », tout en soulignant le rôle de l’État. « La Ville de Reims sera dans une démarche de solidarité, comme en 2015 avec les réfugiés syriens et plus récemment avec les réfugiés afghans », précise le maire rémois. « Mais ce ne sont pas les collectivités qui décident et mettent en place l’accueil, c’est l’État. » Arnaud Robinet en a discuté, vendredi, avec le préfet de la Marne. « L’État s’occupe de la répartition sur le territoire français, et dès qu’on aura les informations, Reims remplira pleinement son rôle. »

L’élan de solidarité auquel on assiste n’échappe pas non plus aux plus petites communes. À Nouzonville, dans les Ardennes, le maire Florian Lecoultre le confirme : « Nous serons fidèles à nos principes et nous accueillerons des réfugiés ukrainiens s’il le faut, comme en 2015. Nouzonville a toujours été une ville d’accueil et nous ne pouvons pas rester insensibles face à la détresse d’un peuple qui fuit la guerre. »

Franck Briffaut n’a rien contre l’accueil des réfugiés mais…


En cas de besoin, l’État sait donc qu’il pourra compter sur la ville ouvrière, tout comme sur le village d’Auvillers-les-Forges. Comme en 2015 là aussi. « La question ne se pose pas, s’il y a besoin d’accueil, nous accueillerons », tranche son maire, Miguel Leroy. Pour autant, il sait qu’« il y a peu de demandes pour venir en zone rurale ». Et il le regrette d’ailleurs, car « c’est intéressant en termes d’intégration locale ».

À la tête d’une « petite ville de 11.000 habitants », Franck Briffaut, maire RN de Villers-Cotterêts, relève d’emblée qu’il « n’a pas beaucoup de structure pour accueillir des réfugiés ». L’élu n’a « rien contre », assure-t-il, mais seulement « si les personnes qui fuient les combats regagnent leur pays ensuite ». Pour lui, au final, « cela dépendra du nombre », de familles mais aussi de mois. « Si le préfet me demande d’en accueillir, je lui demanderai pour quelle durée. » Maire de Laon, Éric Delhaye se pose moins de questions. L’accueil de réfugiés ? « J’y suis favorable. » Lui aussi rappelle que Laon a « accueilli de nombreuses familles afghanes en 2016, d’anciens interprètes pour l’armée française ». L’expérience acquise pourrait être utile. « Nous pouvons mobiliser des logements dans le parc HLM pour l’accueil de réfugiés. » Reste à savoir combien de temps le flux de réfugiés mettra pour traverser l’Europe et arriver en France.


Des collectes s’organisent à Reims

Melissa Mestre Soltani collecte couvertures et matériel médical.


La solidarité s’organise et les initiatives individuelles se font connaître un peu partout dans la région. À l’image de l’action de la Rémoise Melissa Mestre Soltani, cette jeune maman dont la maison est en train de devenir une annexe de la Croix-Rouge. Dans son salon, couvertures et équipements chauds sont déposés par des particuliers. La Rémoise a aussi sollicité les pharmacies et l’hôpital, pour collecter du matériel médical (défibrillateur, compresse, antidouleur…). « J’ai vu des images à la télévision de ce qu’il se passe en Ukraine, les familles obligées de fuir sans rien, des bébés sortis des couveuses pour être mis à l’abri et cela m’a profondément touché », raconte cette mère de famille qui s’est adressée à la Croix-Rouge pour assurer le transfert des dons vers l’Ukraine.


Le Département de l’Aisne affiche sa solidarité

Ce lundi matin en ouverture de session du conseil départemental de l’Aisne, son président Nicolas Fricoteaux a lu une déclaration solennelle de soutien à l’Ukraine et à son peuple. « La guerre est à nos portes et nous sommes tous frappés d’effroi », a réagi Nicolas Fricoteaux face à une assemblée départementale debout. Le Département, a-t-il indiqué, sera en soutien de toutes les initiatives prises pour soutenir l’Ukraine, notamment en accompagnement de l’État, avec les crédits attenants, qu’il s’agisse de l’accueil éventuel de réfugiés ou d’autres actions à caractère humanitaire.


L’université se met aux couleurs de l’Ukraine

Sur Twitter, le logo de l’université de Reims s’est paré de jaune et bleu, couleurs de l’Ukraine. L’Urca exprime à cette occasion « tout son soutien au peuple ukrainien et plus particulièrement aux communautés scientifiques, universitaires et étudiantes ».


La représentation du Lac des Cygnes maintenue à Reims

Le Lac des Cygnes sera bien joué à l’Arena de Reims le 13 mars prochain. Toutefois, ce chef-d’œuvre de Tchaïkovski ne sera pas interprété par l’« Opéra national de Russie – ballet et orchestre » comme indiqué sur les affiches 4 x 3 placardées à Reims. C’est « L’Opéra national Maria Biesu de Moldavie » qui va livrer cette représentation mais la situation en Ukraine n’est en rien responsable de ce changement. C’est encore le Covid ! Les artistes russes ne pouvaient venir en France faute de visa, leur pays était alors classé en zone rouge, décision fut prise voilà plusieurs semaines de faire appel à une troupe moldave. Sauf que les visuels n’ont pas tous été changés…


Des habitants très généreux

Malgorzata Pintelon, d’origine polonaise, est présidente de l’association Château-Thierry - Grybow. Elle prépare le départ d’un camion chargé de vêtements et de matériel pour les réfugiés ukrainiens en Pologne.


Quel est le rôle de l’association Château-Thierry - Grybow ?

Grybow est une ville polonaise mais nous sommes associés avec une communauté du même nom comptant une quinzaine de communes. Ce secteur est situé à 150 kilomètres de l’Ukraine.


Que faites-vous pour venir en aide à l’Ukraine ?

Nous avons voulu envoyer de Château-Thierry un camion chargé de premières nécessités à Grybow. Cette commune va accueillir une vingtaine de réfugiés et 300 autres ensuite dans la communauté de communes, qui compte moins de 30 000 habitants.


Que contient le camion ?

Nous avons répondu à la demande à propos des bébés et des enfants. Ce sont des habits chauds. Il y a aussi des pansements et des bandages. Le matériel afflue de partout. De nombreuses entreprises se sont mobilisées pour payer le transport. Nous gérons la situation seulement depuis vendredi.

Un autre camion est en préparation. Si des personnes veulent apporter des articles, ils peuvent venir tous les jours dans un entrepôt fourni par la ville de Château-Thierry, dans la rue Paul-Doucet.

Sans la municipalité, nous n’aurions pu rien faire. Maintenant, la mairie de Grybow nous demande des brancards, des vêtements pour les soldats. La demande est énorme. Nous ne savons pas combien de temps va durer notre action. Tout dépend des demandes formulées en Pologne.

Heureusement, les habitants sont très généreux. Dimanche, nous avons rempli le camion seulement en deux heures avec des objets en bon état. C’est très impressionnant.

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