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Un projet ? Quel projet ?

Polytechnicien, Antonin Adolphe a choisi de se tourner vers la permaculture et le maraîchage. Avec d’autres partenaires d’aventure, ils se sont engagés dans un nouvel éco-lieu, Les Quatre Vents, dans le Perche.


“Quels sont vos projets ?” est sans aucun doute la question qui nous a été le plus posée depuis le début de l’aventure… Alors cette semaine à l’occasion du passage au printemps, on vous dévoile tout (ou presque) !


Il nous est difficile de répondre à cette question en restant fidèle à notre démarche, car le concept même de “projet” nous semble véhiculer un imaginaire productiviste, orienté vers un but précis. Or, il nous faut l’avouer : nous ne savons pas exactement où nous allons. Et c’est peut-être tant mieux.

Nous savons certaines choses que nous voulons et dans lesquelles nous nous retrouvons toustes: expérimenter le vivre-ensemble, tisser des liens avec le territoire et ses habitant.es, tendre vers l’autonomie, raconter notre cheminement pour qu’il puisse servir à d’autres, rester ouvert-es à l’imprévu, etc…


Pour autant, nous ne nous attardons pas plus que ça sur le “QUOI”, sur ce que nous voulons réaliser, et essayons aussi de diriger nos efforts sur le “COMMENT”, la façon d’avancer à plusieurs. Nous accordons par exemple plus d’importance, dans nos réunions hebdomadaires, à l’expression de chacun.e, plutôt que de vouloir traiter tous les sujets du moment. Au potager, nous préférons expérimenter et apprendre ensemble, plutôt que de se reposer sur le leadership d’une personne sachante.


Ce rééquilibrage de l’attention, du “QUOI” et du “COMMENT” représente un bouleversement des valeurs usuelles de notre société. Imaginez si la France était gouvernée avec de tels principes… Ou même n’importe quel groupe politique, militant, associatif, imaginez comme on s’y sentirait mieux, comme ça pourrait rendre la vie meilleure de porter attention au chemin que l’on prend, au bien-être des membres du groupe, plutôt que de garder les yeux rivés sur l’objectif à atteindre.


Après 5 mois de réunions du collectif, on perçoit de plus en plus la pertinence et la puissance de cette façon de fonctionner. A force de poser le regard sur le soin et l’attention que nous portons les un.es aux autres, nous rendons visibles des dimensions essentielles de notre bien-être : se sentir écouté.e, pris.e en compte, participant.e. Et c’est ainsi que l’on peut agir au meilleur de nous-même, exprimer sa créativité, se dédier au collectif par passion plutôt que par obligation ou par habitude. Les travaux et petits chantiers se font au rythme de nos envies, ressources et besoins. Et j’ai l’impression que c’est lorsque nous lâchons ainsi prise sur le résultat que des choses incroyables sont créées, que nous n’aurions pas pu imaginer a priori, à une allure qui n’en finit pas de nous surprendre.


Tout cela reste néanmoins difficile pour nous, puisque, comme presque tout le monde, on ne nous a jamais appris à fonctionner ainsi. Combattre nos envies de performance, déconstruire nos vieux réflexes d’efficacité demeure encore souvent une lutte de chaque instant, un long processus de désapprentissage. Un cheminement à tâtons qui en vaut largement la peine, car il renforce au passage notre puissance d’agir, individuelle et collective, notre légitimité à mener des actions, et surtout, notre joie à continuer cette aventure ensemble.


Peut-être que c’est ça finalement, notre projet: faire exister cette aventure joyeuse qui nous transforme et nous enrichit. »


Antonin Adolphe,

publié sur sa page Facebook, le 21 mars 2021 >


Page Facebook des Quatre Vents >


« Pour butiner le miel, il ne faut pas que l'abeille reste à la ruche. » (proverbe français)


Pour les humanités, Nadia Mevel, 21 ans, étudiante en journalisme, fait son miel d’un butinage parmi réseaux sociaux, publications confidentielles, bouquinistes, etc.


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