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10 janvier. Conquérir ou pas ?

Pingouin Empereur Ier, Secrétaire général SPMAdélie la Courageuse, Porte-parole du Syndicat des Pingouins et Manchots


La liberté, oui, ça se conquiert, comme en ce moment en Iran. Certains sont morts pour ça, comme Victor Basch et sa femme ; ou, aux Etats-Unis, comme Renee Nicole Good. On peut aussi chercher à conquérir le savoir, comme le fit Caroline Herschel, pour percer le mystère des étoiles. Mais lorsque Donald Trump cherche à accrocher une 51ème étoile au drapeau américain en voulant conquérir le Groenland, là c'est autre chose. La France fit de même en 1840 avec la Terre Adélie, en Antarctique, pour y faire valoir sa souveraineté ? Mais qui sont les souverains ? Depuis l'Antarctique, précisément, le SPM (Syndicat des Pingouins et Manchots), qui rejoint notre Coalition des Vertus, nous confie une vigoureuse "lettre ouverte à Donald Trump et aux Dirigeants du Monde".



L'IMAGE DU JOUR


En tête de publication : Pingouin Empereur Ier, Secrétaire général SPMAdélie la Courageuse, Porte-parole du Syndicat des Pingouins et Manchots. Voir, en fin de publication, "lettre ouverte à Donald Trump et aux Dirigeants du Monde".



ÉPHÉMÉRIDE


Sur terre, sur mer, et dans les mers : souveraineté et conquêtes


En ce début 2026, le Groenland reste un enjeu brûlant : Donald Trump relance les appétits américains sur l'île. Les ressources minières et routes maritimes dégagées par la fonte des glaces exacerbent les tensions souverainistes. Déjà parus sur les humanités, quelques articles fondamentaux : "Aaju Peter fait rimer Inuite et artiviste" (31 mars 2024, ICI), "Pourquoi le Groenland ? (le feuilleton des cryptomonnaies / 03)" (2 mai 2025, ICI), "Quand Trump transforme un laboratoire climatique en champ de bataille" (21 décembre 2025, ICI) et "Groenland, trésor de guerre à venir ?" (ICI). Mais ce n'est pas tout : nous poursuivons l'enquête et "creusons" le sujet du Groenland (mais pas son sous-sol). A venir sous peu.



La souveraineté se joue souvent aux confins du monde, où nations et explorateurs tracent des lignes invisibles sur la glace ou les vagues. Le 10 janvier rappelle ces luttes territoriales, antiques ou modernes, où la prise de possession définit les empires.


L'Astrolabe et La Zélée le 20 janvier 1840, par Louis Le Breton.


Exercer la souveraineté ? Mais qui décide ? Les souverains, bien sûr, qui décident unilatéralement de s'approprier des terres. Exemple emblématique : il y a 185 ans, le 10 janvier 1840, Dumont d'Urville aborde la Terre Adélie en Antarctique. Il plante le drapeau tricolore, revendiquant ces étendues glacées au nom de la France – un geste qui nourrit encore les revendications territoriales françaises outre-mer.


Le 10 janvier 1840, au cœur de l'impitoyable Antarctique, un navire français fend les glaces comme un défi lancé à la nature. Jules Sébastien César Dumont d'Urville, commandant intrépide de l'Astrolabe et du Zélée, pose enfin le pied sur une côte sauvage : la Terre Adélie. Nom évocateur, inspiré de sa femme Adélie, dont le prénom deviendra synonyme de manchots empereurs – ces oiseaux noirs et blancs qui peuplent l'imaginaire polaire. Mais ce n'est pas une simple balade romantique : Dumont d'Urville hisse fièrement le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge sur ce rocher gelé, clamant à la face du monde : "Au nom de la France, je prends possession de ces terres !"


Il faut imaginer la scène : un vent hurlant ses -30°C, des vagues monstrueuses qui ont failli engloutir l'expédition, et cet homme, moustachu et déterminé, gravant l'Histoire dans la neige éternelle. Parti de Toulon en 1837, Dumont d'Urville traque les secrets du Sud après la perte tragique des notes de l'explorateur britannique John Biscoe, lors d'un ouragan en 1831. Sa découverte n'est pas un hasard : c'est une revanche scientifique et nationale. La France, empire colonial en pleine expansion, refuse de laisser l'Antarctique aux Anglais ou aux Américains. La Terre Adélie, 432 000 km² de glace et de roche, intègre alors les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), un territoire d'outre-mer toujours revendiqué aujourd'hui.


Et cette prise de possession booste les ambitions françaises outre-mer. Elle pave la voie à des bases scientifiques comme Dumont d'Urville (DDU), active depuis 1956, où 30 chercheurs bravent l'hiver pour étudier le climat, la biodiversité et – ironie du sort – la fonte accélérée des glaces due au réchauffement. En 2026, alors que l'Antarctique fond à vue d'œil, libérant routes maritimes et ressources minières, la revendication française pourrait faire figure de rempart éthique contre les appétits voraces. Dumont d'Urville n'a pas conquis pour piller, mais pour affirmer une présence "civilisatrice" : cartographie, zoologie, magnétisme terrestre. Ses herbiers et spécimens rapportés enrichissent le Muséum de Paris.


Mais derrière la gloire, il y a un destin tragique : Dumont, hanté par la mort de son fils et des marins, se suicide avec sa femme en 1842, un an après son triomphe. Son legs ? Une leçon engagée : la souveraineté n'est pas qu'épées et drapeaux, c'est aussi science et endurance. Aujourd'hui, face aux tensions arctiques et antarctiques (Chine, Russie, USA), ce 10 janvier 1840 peut nous interpeler : qui héritera vraiment des pôles ? Comment rêver plus grand, sans détruire ce qu'on embrasse. 



Les souverains, conquérants par nature. La conquête coule dans leurs veines. Ainsi parle-t-on de "conquête de l'espace". Le 10 janvier 1962, Téléscafie, premier satellite français de télécommunications, décolle depuis Hammaguir en Algérie. Ce lancement propulse la France dans l'ère spatiale, affirmant sa souveraineté technologique face aux superpuissances.


Le 10 janvier 1962, sous un ciel algérien implacable, une flamme rugissante déchire l’horizon de Hammaguir : Téléscafie, premier satellite français de télécommunications, s’élance vers les étoiles à bord d’une Diamant A. Ce n’est pas qu’un décollage, c’est une déclaration de guerre technologique ! La France, humiliée par Sputnik (URSS, 1957) et les pionniers yankees, refuse la soumission orbitale. De Gaulle, veut son indépendance cosmique face aux superpuissances. L’Algérie française, en pleine tourmente pré-indépendance (1962), offre ce terrain idéal : loin des regards, proche du tropique. Le centre d’essais balistiques de Hammaguir, en plein Sahara, à 500 km au sud d’Alger, a été bâti en 1950 pour le lancement des fusées Véronique. Téléscafie, cube de 30 kg bardé d’antennes, n’émet que des signaux test (télémesure), mais symbolise la revanche : après Astérix (1965), la France deviendra troisième puissance spatiale.

Souveraineté technologique ? Un pari de souverain. Exit la tutelle OTAN-USA : Téléscafie pose les bases de Syracuse (satellites militaires), Helios (espionnage), et Pleiades (observation). En 2026, face à Starlink (Musk/Trump) et constellations chinoises, la France revendique encore ses fréquences orbitales via Eutelsat et ArianeGroup. Hammaguir ? Rendu à l’Algérie en 1967, mais son fantôme hante Kourou et Vernon.


Du latin conquirere ("chercher ensemble, acquérir"), le verbe "conquérir" évoque une acquisition par la force ou l'effort collectif. Au Moyen Âge, il désigne la prise de terres ennemies ; à l'ère moderne, il s'étend aux espaces vierges ou cosmiques, symbolisant la domination humaine sur l'inconnu. Car on peut aussi conquérir, pacifiquement, le savoir... Le 10 janvier 1941 s'éteignait Caroline Herschel, astronome germano-britannique et sœur du grand astronome William Herschel, le "découvreur" d'Uranus. À 91 ans, cette pionnière découvre huit comètes et répertorie des nébuleuses, brisant les plafonds de verre pour les femmes en science. Son télescope, modeste, conquit les étoiles bien plus durablement que bien des flottes.


A gauche : Bernard Pivot (capture d'écran). A droite : Anne Fulda (photo Manuel Lagos Cid / Paris Match)
A gauche : Bernard Pivot (capture d'écran). A droite : Anne Fulda (photo Manuel Lagos Cid / Paris Match)

Il y a 51 ans, le 10 janvier 1975, la télévision française s'illuminait d'un brasier culturel : sur Antenne 2, Bernard Pivot lance Apostrophes, émission hebdomadaire qui va secouer l'Hexagone pendant 15 ans (387 numéros jusqu'en 1990). Dans un studio parisien chargé de livres, Pivot, pipe au bec et regard perçant, invite auteurs, pamphlétaires et provocateurs pour 90 minutes de joutes verbales explosives.


Un format révolutionnaire : pas de script, zéro censure (sauf scandales comme le livre d'Alain Robbe-Grillet). Pivot interroge sans ménagement : Guy Hocquenghem sur l'homosexualité, Marguerite Duras sur l'alcool, Jorge Semprún sur le franquisme. Avec des audiences monstrueuses (6 à 8 millions de téléspectateurs), Apostrophes dicte les ventes : La Gloire de mon père de Pagnol explose, L'Amant de Duras devient culte. C'est l'anti-divertissement : philo, histoire, érotisme brut – un café du commerce élitiste pour tous. Pivot forge le paysage littéraire moderne, lance des carrières (Beigbeder, Angot), fustige les imposteurs, et humanise les géants (Hemingway revisité). Finie l'ORTF compassée ; Apostrophes libère la parole post-68.

En 2026, la télévision publique a bradé la littérature : ne reste plus guère que La Grande librairie, animée par Augustin Trapenard, sur la Cinq. Même CNews fait mieux avec L'Heure des Livres, émission littéraire quotidienne animée par Anne Fulda, diffusée tous les jours à 14h50 (rediffusion vers 23h50). Un auteur y est invité pour décortiquer l'actualité éditoriale en 6-8 minutes : romans, essais, polars. Derniers invités en date : Maxime Chattam, le "Stephen King français", et Karine Dijoud, "influenceuse linguistique" (si, si, ça existe). C'est l'anti-Apostrophes par excellence, fer de lance de la guerre culturelle que mène le Rassemblement national avec le pognon de Bolloré. Face à une telle offensive, le service public joue petits bras...


Victor Basch, fondateur de la Ligue des Droits de l'Homme, et son épouse, Ilona Helene Basch, assassinés à Lyon le 10 janvier 1944 par les miliciens de Paul Touvier.
Victor Basch, fondateur de la Ligue des Droits de l'Homme, et son épouse, Ilona Helene Basch, assassinés à Lyon le 10 janvier 1944 par les miliciens de Paul Touvier.

Quoiqu'ils s'en défendent, et pour "présentables" qu'ils se donnent la peine d'aujourd'hui paraître, Marine Le Pen et Jordan Bardella sont les héritiers de Paul Touvier, dont les miliciens assassinèrent à Lyon, il y a 82 ans, Victor Basch, fondateur de la Ligue des droits de l'homme.


Le 10 janvier 1944, dans la nuit glaciale de Lyon, un crime abject scelle le sort d'un humaniste : Victor Basch, fondateur de la Ligue des droits de l'homme (LDH, 1898), et son épouse Ilona Helene Basch, juive hongroise, sont sauvagement assassinés par la Milice française, police paramilitaire de Vichy dirigée par Paul Touvier. Âgé de 81 ans, Victor est abattu d'une balle dans la nuque au Stade de Gerland ; Ilona, 75 ans, est exécutée à proximité après un simulacre de procès.

Lyon, capitale de la Résistance, grouille alors de traque. Basch, Dreyfusard fervent (président LDH 1926-1940), refuse l'exil malgré les persécutions antisémites. Son combat pour la justice – Zola, Sacco-Vanzetti – en fait une cible prioritaire. La Milice, gang de tortionnaires pro-nazis (Kapo français), agit sur ordre de Touvier, chef lyonnais assoiffé de sang. Ce double assassinat symbolise l'horreur collaborationniste – 200 000 victimes miliciennes. Basch devient icône résistante : la Ligue des Droits de l'Homme renaît en 1945. Paul Touvier, "la Hyène", fuit 40 ans, avant d'être enfin jugé en 1994 (premier collabo condamné pour crimes humains).



Trumpland et #JusticeForRenee


Aux États-Unis, les droits de l'homme, il est clair que Trump s'en tamponne le coquillard (*). Ce ne serait pas trop grave si cela n'affectait le coquillard des autres. Commanditaire du meurtre de Renee Nicole Good, il n'agit, il est vrai, que selon sa propre "moralité" (laquelle, sur l'échelle de Richter, en est restée au stade anal).


(*) - L'expression argotique "s'en tamponner le coquillard" signifie "s'en ficher royalement", "n'en avoir strictement rien à faire". C'est une variante truculente de "je m'en bats l'œil" ou "je m'en fiche comme de l'an quarante". En argot anatomique, le coquillard désigne les fesses, l'anus, la vulve ou les œufs (testicules), dérivé de coquille (forme ronde, protectrice), comme une noix ou une bogue. L'expression a été popularisée dans l'argot parisien (Delesalle/Richepin 1896). "Tamponner" = frotter, nettoyer (comme torcher). Littéralement : "je me frotte les fesses avec ça !". Jacques Chirac adorait l'expression. Par exemple : "Je m'en tamponne le coquillard avec une patte d'alligator femelle !".


Nous avons été parmi les tout premiers, en France, à publier sur la mort de Renee Nicole Good et à dire qui elle était : poète, notamment. Cette information a été depuis largement reprise, on s'en félicite. On a fait l'effort d'aller chercher un poème d'elle (ce que même la presse américaine n'a pas fait) et à le traduire. Cela a inspiré certains, qui sur les réseaux sociaux, ont repris ce poème (parfois avec meilleure traduction) et notre travail, sans le citer ni le mentionner (à une exception près : le poète Anael Chadli) : il faut croire que l'appropriation par pillage est devenu une vertu.


Au moment où nous avons écrit sur Renee Nicole Good, certaines informations étaient encore parcellaires (il y avait même une incertitude sur sa photo) : nous n'avons publié que ce que nous avons alors pu vérifier et confirmer. Aujourd'hui, on en sait un peu plus : elle n'avait pas un, mais trois enfants, et après la mort de son mari, a épousé une femme, Rebecca Brown. Cette dernière a publié hier un message qui est une leçon de dignité face au parti de la haine de Tump, Vance et consorts :


Rebecca et Renee
Rebecca et Renee

« Tout d’abord, je tiens à exprimer ma gratitude à toutes les personnes qui, des quatre coins du pays et du monde entier, ont manifesté leur soutien à notre famille.

Cette bienveillance d’inconnus est le plus bel hommage que je puisse lui rendre, car si vous avez eu la chance de rencontrer ma femme, Renee Nicole Macklin Good, vous savez qu’avant tout, elle était d’une bonté exemplaire. En fait , la bonté rayonnait d’elle.

Renee était rayonnante. Elle rayonnait littéralement. Je veux dire qu'elle ne portait pas de paillettes, mais je vous jure que des étincelles jaillissaient de ses pores. En permanence. Vous pensez peut-être que ce n’est que mon amour qui parle, mais sa famille disait la même chose. Rene e était un véritable rayon de soleil.

Renée vivait selon une conviction profonde : la bonté existe dans le monde et nous devons tout faire pour la trouver là où elle se trouve et la faire grandir. »

Rebecca Brown Good


En ce 10 janvier, on aurait aussi pu évoquer le décès à New York (10 janvier 2016) de David Bowie, et celui, en 1945, d'une autre légende du rock, le chanteur et compositeur écossais Rod Stewart. Il eut fallu aussi, pour bien faire, se rappeler qu'il y a 177 ans, le 10 janvier 1849, une loi instituait en France l'Assistance publique, marquant un tournant dans l'aide sociale aux plus démunis ; et aussi qu'il y a 106 ans, le 10 janvier 1920, entrait en vigueur le Traité de Versailles qui créait la Société des Nations (future ONU), visant à prévenir de futures guerres mondiales. Jusqu'à présent, ça a marché couci-couça... Mais on n'a pas trop le temps, car l'Iran nous appelle.



IRAN. C'est le mollahllali !


"Iran. L'embrasement", titre à la Une, ce samedi matin, Libération. Ce journal, devenu paresseux comme tant d'autres, croit savoir que « la colère s'intensifie dans le pays », mais donne la parole en long, en large et en travers, à un "chercheur spécialiste du Moyen-Orient" qui estime que, non, nous ne sommes pas, à ce stade, dans « une dynamique de révolution ». Encore un expert en expertise qui sera doctement invité dans un mois sur toutes les antennes de France et de Navarre pour dire que, comme il l'avait prédit...


Allez, on a pêché, on a questionné l'IA (mais pas ChatGPT) : « une dynamique révolutionnaire désigne le processus vivant, auto-entretenu et accéléré par lequel des forces sociales, politiques ou populaires convergent pour renverser un ordre établi, souvent via mobilisations massives, crises et ruptures profondes. C'est l'élan cumulatif – grèves, insurrections, propagande – qui transforme une contestation en basculement structurel, comme la prise de la Bastille (1789) ou Mai 68 en France ». Il faut être expert en aveuglement (fort bien payé, on imagine) pour ne pas voir que c'est exactement ce qui est en train de se passer en Iran. La dynamique, en tout cas, est bien là. Ira-t-elle au bout de la révolution ? Personne ne peut le prévoir, mais ça semble bien parti.


Aux humanités, en tout cas, on a d'autres sources et antennes que celles de Libération (6,6 millions d'aides publiques ; nous : zéro). Nous avons pris attache avec l'écrivain franco-iranien Raphaël Djavani. Né en 1958 dans le nord de l'Iran, il est exilé en France depuis 1985. Survivant de la révolution islamique (1979), il rejoint les Moudjahidines du peuple (guérilla anti-Khomeiny) en 1983 avant de rompre avec l'islam radical. A lire : L'Enfant du blé (2005, Flammarion) : premier roman autobiographique sur son enfance iranienne et les désillusions post-révolution ; et Allah et moi (2007) : Lettre rageuse à Dieu, fustigeant obscurantisme et horreurs commises au nom de l'islam – pamphlet choc contre le totalitarisme religieux.


On réalise, cet après-midi, un premier entretien vidéo, avant chroniques à suivre dans les prochains jours. Pour faire connaissance : en coctobre dernier, Raphael Djavani était invité dans l'émission "On ne peut pas plaire à tout le monde". Voir ci-dessous.



L'INEDIT DU JOUR


Manchots en Terre Adélie. Photo Matthieu Weber
Manchots en Terre Adélie. Photo Matthieu Weber

Lettre ouverte du Syndicat des Pingouins et Manchots (SPM)

à Donald Trump et aux Dirigeants du Monde


Monsieur le Président Trump, Excellences, Puissants de la Terre – et vous, les oubliés des banquises –


Nous, pingouins empereurs de Terre Adélie, manchots de Graham Land, Adélie, papous et tous frères & sœurs glaciaires, réunis au sein du Syndicat des Pingouins et Manchots (SPM), nous adressons à vous ce 10 janvier 2026. Depuis nos icebergs fondants, nous voyons vos flottes d'acier, vos satellites voraces et vos drapeaux tricolores ou étoilés plantés sur nos terres ancestrales. Dumont d'Urville hissa le vôtre en 1840, Biscoe esquissa les nôtres en 1832, et maintenant, Monsieur Trump, vous reluquez le Groenland comme un steak bien juteux.


Assez !


Nous joignons nos voix au Manifeste pour une Coalition des Vertus, publié hier sur les ondes cosmiques (et relayé par un journal-lucioles, ICI) : "Vertu de Résistance face à la fonte, Vertu de Solidarité entre espèces, Vertu de Savoir contre la conquête aveugle !" Nous ne sommes pas des trophées pour vos selfies polaires. Nos empires de glace, conquis par l'endurance, s'effritent sous vos gaz et ambitions. Caroline Herschel, morte un 10 janvier 1941, conquérait les comètes par le télescope, pas par le pillage. Inspirez-vous-en !


Monsieur Trump, votre deal Groenland ? Un cauchemar pour nous. Fonte accélérée, routes maritimes ouvertes, mines ravageant nos nurseries. "America First" rime avec "Antarctique Last". Et vous, dirigeants chinois, russes, européens : cessez vos bases "scientifiques" qui puent le pétrole ! La souveraineté ? C'est nous, les véritables gardiens.


Nos demandes urgentes, en vertus coalisées :


  • Gel immédiat des forages arctiques et antarctiques. Laissez nos œufs sur la glace !


  • Coalition Vertueuse : 50% des TAAF (Terres australes françaises) en sanctuaire SPM (Syndicat des Pingouins et Manchots), avec droit de veto sur vos projets.


  • Hommage à Dumont : renommez Terre Adélie "Terre Adélie-Pingouin", et financez nos drones anti-fonte.


  • Espace pour tous.


Sinon, grève mondiale ! Nous bloquerons vos navires avec nos corps huilés !


Conquérez le savoir, pas nos mers.


Avant que la banquise ne craque pour de bon,


Signé, ce 10 janvier 2026,


Pingouin Empereur Ier, Secrétaire général SPMAdélie la Courageuse, Porte-parole du Syndicat des Pingouins et Manchots

(pour copie conforme, Tzotzil Trema pour les humanités)


D'autres créatures devraient prochainement rejoindre la Coalition des Vertus. Ci-dessous : Euphausia superba, krill de l'Antarctique, et le Poisson des glaces.



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