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Censure vaccinale



Nul n’est parfait : Alain Marc est écrivain-poète. Non seulement, les poètes sont quasiment interdits. Mais en plus, ils sont interdits. Tribune à propos du pass vaccinal et de son impact sur l’art et la culture.


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TRIBUNE « Je suis un poète censuré : privé de festivals et de manifestations publiques », lançai-je il y a peu (le 27 janvier sur ma page Facebook). Passé la première surprise et expliquant la raison de mon incartade, comme quoi dans toutes les manifestations à venir il n'y aura plus que des artistes et des écrivains ou poètes vaccinés, puisque le « pass vaccinal » est devenu obligatoire, les choses sont devenues un peu plus claires pour tout le monde. Nous sommes, étions en effet, en pleine négociation entre autres du futur Printemps des poètes.

Il y a des censures littéraires, il y a des censures artistiques, il y a aujourd’hui sous couvert “sanitaire” des censures qui sont de fait des censures politiques. Ai-je encore, aurais-je encore longtemps le droit de choisir ce qui rentre dans mon corps, oui ou non ? À la vue des énormes pressions subies depuis des mois maintenant, avec le dernier et déjà célèbre « Les non vaccinés, j’ai bien envie de les emmerder. Donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout », on peut réellement en douter ! Un écrivain non vacciné est-il moins bon qu’un écrivain vacciné ? Un poète non vacciné est-il moins bon qu’un poète vacciné ? Un artiste, qu’il soit musicien, comédien ou danseur, est-il moins bon qu’un musicien, un comédien ou un danseur vacciné ? Non, bien sûr ! Cela n’a aucun rapport ! Pendant les six prochains mois, voire plus, voire beaucoup plus – ad vitam aeternam ? –, plus aucun artiste, musicien, comédien, danseur et autres, plus aucun écrivain et poète, ne pourra se produire ou intervenir dans un festival ou une manifestation publique… De même : je suis écrivain et suis interdit de bibliothèque ne pouvant plus depuis des mois consulter un livre pour l’un de mes écrits en cours. Depuis des mois maintenant je ne peux plus du tout entrer dans une galerie, un musée, une manifestation ou l’exposition d’un(e) ami(e), me coupant de toute nourriture professionnelle, ou même me rendre à une soirée pourtant invité par l’un de mes peut-être futurs éditeurs dans le but de poursuivre une négociation éditoriale en cours !

Tout cela n’est pas grand-chose, me direz-vous, en regard de personnes malades qui ne peuvent plus se soigner, ou mal, ou très difficilement ; eu égard au chaos médical dans lequel nous sommes. Mais là encore, sous couvert du bouc émissaire du non vacciné, on masque les ravages du néolibéralisme qui a supprimé des milliers de lits depuis plus de trente ans et supprimé le personnel en fonction. Comme on masque la catastrophique gestion sanitaire qui a interdit aux médecins de ville de soigner les personnes aux premiers symptômes, basant sa stratégie sur les seuls thérapies géniques en cours d’expérimentation qui non seulement n’arrêtent pas le virus mais de plus tuent et mutilent un nombre non négligeable de personnes au nom d’enjeux financiers mondiaux colossaux !

Ce « pass vaccinal », pour revenir à notre sujet premier, lorsque l’on commence à réaliser toutes les implications qu’il induit et ce qu’il détruit, n’est-il pas un moyen, aussi, de tuer la culture et les artistes ? Le mot d’ordre « les emmerder », emmerder tous ceux qui résistent, par leurs mots, par leurs actions ou spectacles ? Se voir remplacer, au fur et à mesure de l’élaboration d’une programmation, par un artiste, un écrivain ou un poète vacciné est assez horrible… Et quid de la liberté d’expression ? Non seulement ces lois soi-disant sanitaires bafouent notre constitution, bafouent les traités européens pourtant signés par la France, bafouent les droits les plus élémentaires de l’homme de se déplacer, etc., mais en plus portent atteinte à la liberté d’expression d’une manière plutôt sournoise et d’une façon que l’on n’avait peut-être pas encore réalisée… Quid d’une culture réalisée par les seuls “artistes”, “écrivains” ou “poètes” clean, bien proprets, ayant suivi aveuglément une politique qui nous mène dans le mur et ce : depuis le tout début ? »


Alain Marc, pour les humanités, 1er février 2022


Repères

Poète, écrivain, essayiste, Alain Marc est né à Beauvais en 1959.

Dès 1990 Alain Marc avance l'idée d'une poésie publique qui lui vaudra un débat houleux notamment avec le poète Jean Rousselot. Il rédige l’essai Écrire le cri qui deviendra son premier livre et marquera durablement quelques esprits. Ses publications permettent de dégager les différentes expressions des poésies (du cri à la beauté), du poème long (surtout existentiel - peut-on écrire la vie, la solitude, la "folie" ?), des textes érotiques proches de Bataille, de l’essai, notamment de société.

Dès 1990 en parallèle à des collaborations dans de petites revues il échange avec des écrivains et critiques sur sa création notamment avec Jacques Darras. À partir de 1992 il entretient une correspondance plus prolongée avec Bernard Noël, commence après la lecture du Journal de Kafka la rédaction d’un journal et collabore épisodiquement aux Lettres françaises. Échanges en 1994 avec Hubert Haddad.

1994-1995 verra l’aboutissement d’un travail dirigé par Henri Meschonnic qui deviendra plusieurs années après Écrire le cri que soutiendra Pierre Bourgeade. Sous l’impulsion de Maurice Nadeau, le journal est disséminé en différents essais et carnets.

À la suite de la publication de ce premier livre, il échange avec Yves di Manno, Abdellatif Laâbi et Ernest Pignon-Ernest, rencontre les artistes Lucille Calmel et Christian Edziré Déquesnes, collabore à partir de 2002 à de nouvelles revues ou fanzines dont Passage d'encres, Ffwl, la Revue Commune, Singe.

En 2005 il publie coup sur coup un livre de poésies contemporaines (Regards hallucinés) et un poème social (la Poitrine étranglée). Il collabore ensuite au site Poezibao et à la revue Balises. En 2006, il concrétise les premiers essais d’édition en ligne (Écrivainsenligne) et d’édition confidentielle (Première impression). Collaboration à la revue Passages (2007) qui marque la rencontre avec le jongleur Vincent de Lavenère qui débouchera sur une rencontre-performance, sur la composition de poèmes et d'une bande son et sur le début de la collaboration avec le compositeur sonore Laurent Maza. Collabore à la revue Thauma

Fin 2007 et fin 2008 voient la publication de deux autres livres qui élargissent le champ par le poème sur une œuvre d'art (En regard, sur Bertrand Créac’h) et par la nouvelle (Toute une vie). Spectacle « Alain Marc lit Pierre Garnier » au Théâtre du Beauvaisis et lecture musicale de Toute une vie.

Depuis 2009 il poursuit l'alternance entre édition confidentielle ou en ligne (revue Interlope, collection « Ré-apparitions ») et publique.

2010 et 2011 voient donc la parution d'un essai sur l'œuvre de Bernard Noël auquel viennent s'ajouter deux publications aux éditions du Zaporogue, une collaboration au Tombeau pour les rares de Nicolas Rozier, le début de collaboration avec les collectifs Singularte et Kaokosmos, la diffusion d'un reportage sonore sur la poésie sur Arte radio.

2012 marque une nouvelle étape au sein du livre d'artiste avec la réalisation de livres pauvres avec Aaron Clarke et Max Partezana, de planches manuscrites pour la galerie Alain Oudin et d'un livre d'artiste avec Joël Leick. Avec en 2013 une collaboration aux Cahiers Laure, un livre d'artiste avec Sausen Mustafova, plusieurs lectures notamment avec la comédienne brésilienne Gabriella Scheer.

En 2014 sort un CD de poésies sonores enregistrées et composées par Laurent Maza (Le Grand cycle de la vie ou l'odyssée humaine). Sortie du livre En regard, sur Lino de Giuli et de l'essai Chroniques pour une poésie publique.

2016 voit une invitation pour une carte blanche au 1er festival Des mots, des rimes et des lyres de Gif-sur-Yvette, la sortie d'un deuxième numéro de revue sur son parcours, une autre lecture, la réalisation de cartes peintes et de livres d'artiste, un livre pauvre avec Ghislaine Lejard, des publications en ligne, la publication d'une préface et la sortie d'un livre audio sur Abdellatif Laâbi. En 2017 sort les Poésies non hallucinées avec des œuvres de Christian Jaccard.


Source arrangée : Wikipedia


Œuvres principales

  • Écrire le cri (l’Écarlate, 2000)

  • Regards hallucinés (Lanore, 2005)

  • la Poitrine étranglée (Le Temps des cerises, 2005)

  • Méta / mor / phose ? (Première impression, 2006)

  • En regard, sur Bertrand Créac’h (Bernard Dumerchez, 2007/2008)

  • Solitude (supplément n⁰18 de la revue Passages, 2009)

  • le Monde la vie (Les Éditions du Zaporogue, 2010)

  • Chroniques pour une poésie publique précédé de « Mais où est la poésie ? » (Les Éditions du Zaporogue, 2014)

  • Poésies non hallucinées, & rescapées, éveillées, zen (éditions du Petit Véhicule, 2017)

  • Je ne suis que le regard des autres (Z4 Éditions, 2018)

  • CD Alain Marc - Laurent Maza Le Grand cycle de la vie ou l'odyssée humaine (Première impression / Artis Facta, 2014)


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