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Brésil : au-delà du choc Lula-Bolsonaro, quels sont les enjeux du scrutin ?

il y a 18 heures
12 min de lecture
Des femmes manifestent pour réclamer un renforcement des lois contre la misogynie et les féminicides, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, le 2 août 2026.

Des femmes manifestent pour réclamer un renforcement des lois contre la misogynie et les féminicides,

sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, le 2 août 2026. Photo Silvia Izquierdo / AP.


Au Brésil, le duel entre Lula et le fils de Bolsonaro monopolise l'attention médiatique. Mais l’enjeu du scrutin de ce dimanche 4 octobre dépasse largement l’élection présidentielle. Dans les 26 États qui composent la fédération brésilienne, de l’Amazonas, au nord-ouest, au Rio Grande do Sul, à l’extrême sud, les électeurs renouvellent les deux tiers du Sénat et la Chambre des députés, tout en désignant leurs gouverneurs et les élus de leurs assemblées locales. C’est au Congrès comme dans les États que se jouera la marge de manœuvre du prochain président — et, pour partie, le destin concret de la démocratie brésilienne.

les humanités, ça n'est pas pareil.

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Aujourd’hui, dimanche 4 octobre, tous les regards sont tournés vers le duel qui domine les élections au Brésil. Il faut dire que les deux candidats à la présidence ont de quoi retenir l’attention. Le 16 septembre, Flávio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro – condamné à vingt‑sept ans de prison pour son rôle dans la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023 et empêché de concourir – est monté sur scène, lors d’un meeting au Cais da Alfândega, dans le centre historique de Recife, en brandissant une machette (ICI). Ce n’était pas une vraie, rassurons-nous : un sympathisant lui avait tendu un faux facão, une grande machette de démonstration. L’accessoire faisait néanmoins son effet pour illustrer la promesse de castration chimique des violeurs et des agresseurs d’enfants, l’une des propositions sécuritaires par lesquelles le candidat d’extrême droite cherche à apprivoiser, notamment, l’électorat féminin, qui représente 52,8 % des inscrits, dans un pays où la violence contre les femmes reste massive.


Pendant ce temps, le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva arpentait les quartiers populaires et, en serrant les mains, appelait à défendre les programmes sociaux, tout en mettant en garde contre le retour au pouvoir d’un clan qui a déjà montré le peu de cas qu’il faisait des règles démocratiques. Polarisée et travaillée par la désinformation, l'élection présidentielle a l’allure d’un référendum sur deux figures politiques : d’un côté, l’héritier d’un mouvement porté par des réseaux évangéliques, le ressentiment contre la justice et la promesse d’ordre ; de l’autre, un président de 80 ans, dont l’âge questionne plus d’un électeur, et qui apparaît fragilisé par un bilan économique en demi-teinte et la défiance, nourrie par les scandales, envers l’ensemble de la classe politique.


Mais cette dramaturgie de campagne masque la densité réelle du rendez-vous de ce 4 octobre. En appuyant sur les touches de l’urne électronique, les électeurs brésiliens ne choisiront pas seulement leur président : le même jour, ils éliront aussi leurs députés des États — ou, dans le District fédéral, leurs députés distritaux —, leurs députés fédéraux, deux sénateurs ainsi que le gouverneur de leur État ou du District fédéral. Si le duel Lula–Bolsonaro devait se prolonger jusqu’au second tour, le 25 octobre, les 513 sièges de la Chambre des députés, les 54 sièges du Sénat renouvelés cette année, les assemblées locales et l’essentiel des rapports de force territoriaux seront, eux, fixés dès le premier tour. Qui gouvernera réellement le Brésil, au-delà, peut-être même contre, le président vainqueur ?


Dans un quartier résidentiel de Brasilia une voiture passe devant une série de casquettes et serviettes à l'effigie des candidats aux présidentielles brésiliennes 2026, Lula et Bolsonaro

Brasília, quartier résidentiel, 11 septembre 2026. Serviettes et casquettes

à l’effigie des candidats à la présidence Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro,

proposées à la vente. Photo Sergio Lima / AFP via Getty Images.

Enjeux territoriaux

Les nouveaux sénateurs, élus aujourd’hui dans chaque État et le District fédéral, le seront pour un mandat de huit ans, qui survivra à celui du futur président. Il s’agit d’une recomposition d’une ampleur inhabituelle, destinée à peser lourd sur les lois, les amendements constitutionnels, les commissions d’enquête, les nominations au Tribunal suprême fédéral – un enjeu particulièrement sensible au regard de son rôle dans le contrôle de constitutionnalité et des recours qui peuvent toucher aux règles électorales. Dans un pays où la droite bolsonariste a brandi comme une arme de distraction de masse la prétendue « dictature judiciaire », en menaçant de futures procédures de destitution de magistrats, l’enjeu est de taille.


Les élections sénatoriales ont une valeur particulièrement stratégique. La chambre haute est en effet devenue l’un des débouchés des élites régionales qui, arrivées à la fin du mandat, tentent de s’y recycler. Parmi les 54 sénateurs dont le mandat s’achève, 32 sont en train de briguer leur réélection, alors que les 22 sièges restants changeront nécessairement d’occupant. Mais neuf sénateurs élus en 2022, censés siéger jusqu’en 2031, ont décidé de « migrer » vers des postes de gouverneur. Parmi eux, l’ancien juge anticorruption Sergio Moro, candidat au gouvernement du Paraná, Omar Aziz, ancien gouverneur d’Amazonas, ou encore Cleitinho, sénateur de l’État de Minas Gerais. Si tous ces sénateurs élus en 2022 l’emportaient aux gouvernorats, leurs suppléants leur succéderaient : au total, le scrutin pourrait donc modifier directement ou indirectement jusqu’à 63 des 81 sièges de la chambre haute. (1)


La recomposition est particulièrement visible dans le Nord : dans six États sur sept, le poste de gouverneur changera de titulaire en 2027. Seul Clécio Luís, gouverneur de l’Amapá, est autorisé à briguer un nouveau mandat ; ailleurs, les sortants achèvent leur second mandat, changent de fonction ou quittent la compétition. (2) Ce renouvellement massif est d’autant plus significatif qu’il concerne l’une des régions au cœur des conflits sur l’Amazonie : la ligne du futur président comptera, mais elle devra composer avec ces exécutifs régionaux, leurs réseaux et les intérêts économiques qui structurent les territoires, sur des terrains aussi décisifs que la protection de l’environnement, les routes et d’autres infrastructures, l’exploitation minière, l’occupation des terres et les droits autochtones.


L’imbrication entre le pouvoir local et le pouvoir fédéral explique pourquoi les candidatures aux gouvernorats ou au Sénat ne sont pas anodines. Elles apportent aux candidats présidentiels non seulement des coalitions et des relais municipaux, mais aussi, souvent, des ressources financières et médiatiques ; en retour, l’étiquette présidentielle peut renforcer les candidatures régionales et sénatoriales.


À gauche : Luiz Inácio Lula da Silva et le gouverneur de Bahia, Jerônimo Rodrigues, participent à une marche de campagne

dans la capitale de l’État, à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, à Salvador de Bahia, le 29 septembre 2026

(Photo Ricardo Stuckert / Brasil de Fato).

À droite : Flávio Bolsonaro et le gouverneur de l’État de São Paulo, Tarcísio de Freitas, lèvent les bras lors de la convention

qui a officialisé la candidature de ce dernier à sa réélection, à São Paulo, le 1er août 2026

(Photo Caiuá Maia / Valor Globo).

« Palanques »

C’est ainsi que les deux candidats à la présidence construisent des « palanques », ces puissantes coalitions locales de campagne, en tirant parti du fait que les électeurs votent simultanément pour le président, deux sénateurs et le gouverneur de leur État.


Dans l’État de Bahia, l’un des plus peuplés du pays et un bastion historique de la gauche, Lula dispose d’une configuration particulièrement favorable. Le président sortant y fait campagne aux côtés de Jerônimo Rodrigues, gouverneur de l’État et candidat du Parti des travailleurs (PT) à sa réélection, de Jaques Wagner, sénateur, ancien gouverneur de Bahia et figure dirigeante du PT, ainsi que de Rui Costa, ancien gouverneur de l’État et ancien ministre de la Maison civile, tous deux candidats au Sénat (3). Cette configuration aligne autour de la même coalition la présidentielle, le gouvernement de l’État et les deux sièges sénatoriaux à pourvoir ; elle donne à Lula l’appareil militant nécessaire pour se garantir, au-delà de la popularité nationale, un très fort ancrage territorial.


Le phénomène vaut tout autant du côté bolsonariste. À São Paulo, premier collège électoral du pays, Flávio Bolsonaro s’appuie sur Tarcísio de Freitas, gouverneur sortant et candidat à sa réélection, figure majeure de la droite bolsonariste et membre de Republicanos, parti conservateur implanté au centre droit du jeu politique brésilien. Flávio Bolsonaro y gagne l’appui d’un exécutif régional, d’élus et de réseaux municipaux, ainsi qu’une large exposition médiatique ; Tarcísio de Freitas profite de son côté de la polarisation nationale, susceptible de mobiliser l’électorat conservateur. (4)


Ces « palanques » ne sont pourtant pas de simples dispositifs électoraux : ils déterminent aussi quelles politiques pourront être financées et appliquées dans les États. Deux exemples : les politiques sécuritaires et la question amazonienne, véritables alambics où se distillera, bien au-delà de Brasília, le pouvoir concret du président vainqueur.


Vue aérienne sur la forêt amazonienne, jouxtée par des champs de soja dans l’État du Pará, au Brésil

Une portion de la forêt amazonienne jouxte des champs de soja à Belterra,

dans l’État du Pará, au Brésil, le 30 novembre 2019. Photo d’archives Leo Correa / AP.


Sécurité et enjeu climatique

Dans le domaine sécuritaire, le premier tour pourrait renforcer un mouvement déjà installé depuis l’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir : les membres de forces de police et de l’armée sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’arène politique. Selon une enquête de Ponte Jornalismo (ICI), policiers et militaires briguent neuf gouvernorats et dix-huit postes de vice-gouverneur dans quinze unités fédérées ; 26 se présentent aussi au Sénat dans seize États. La chambre haute, qui compte aujourd’hui sept sénateurs issus de ces corps, pourrait en compter jusqu’à seize après le scrutin.


Les candidatures les plus compétitives donnent une idée des politiques qui pourraient gagner du terrain. Dans le Rio Grande do Sul, Luciano Zucco, lieutenant-colonel de l’armée et député fédéral du Parti libéral (PL), promet une politique de « tolérance zéro » contre les factions criminelles, et l’isolement pour leurs chefs dans les prisons fédérales (5). Dans l’Espírito Santo, Lorenzo Pazolini, délégué de police civile et ancien maire de Vitória, propose d’étendre à tout l’État un réseau de vidéoprotection associant caméras publiques et privées, intelligence artificielle et reconnaissance en temps réel des personnes et véhicules jugés suspects (6). À São Paulo, Guilherme Derrite, ancien capitaine de la police militaire, ancien secrétaire à la sécurité de l’État et candidat au Sénat, défend la réduction de la majorité pénale de 18 à 16 ans ainsi que la suppression des audiences de contrôle judiciaire immédiat après une interpellation (7). Ces programmes ne se confondent pas, mais ils convergent vers le renforcement des appareils policiers et de l’arsenal répressif, même si parfois, comme c’est le cas pour Pazolini, ils s’accompagnent de propositions sociales et de protection des victimes.


L’Amazonie rappelle, elle aussi, que la politique climatique et la protection des territoires ne se décident pas seulement à Brasília ou dans les sommets internationaux. Elles dépendent des gouverneurs, des assemblées locales et des coalitions économiques qui structurent les États de l’Amazonie légale. Une enquête d’InfoAmazonia (ICI) établit que, depuis 2023, les cinq gouvernements régionaux dont les dirigeants cherchent à rester au pouvoir – Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso et Pará – n’ont consacré ensemble que 6,4 milliards de reais aux dépenses liées au climat, sur 475 milliards de budget : soit 1,3 %. Tous placent pourtant l’enjeu climatique dans leurs programmes.


Dans l’État d’Amazonas, vaste territoire du nord-ouest brésilien, dont Manaus est la capitale, les candidatures en présence dessinent des trajectoires opposées. Maria do Carmo, candidate du Parti libéral de Flávio Bolsonaro, défend la simplification des autorisations environnementales et l’extension de l’exploitation minière légale. Face à elle, Isael Munduruku, dirigeant autochtone et candidat de Rede Sustentabilidade, propose une « économie de la forêt sur pied », assortie d’incitations pour les entreprises de la zone franche de Manaus respectant des objectifs environnementaux (8). Entre les deux, le gouverneur sortant Roberto Cidade, d’Union Brésil, met en avant des pôles régionaux de bioéconomie (9). Le vote des gouverneurs ne déterminera pas seulement des budgets : il arbitrera entre des modèles de développement concurrents et conditionnera la portée effective des engagements fédéraux contre la déforestation, l’orpaillage illégal et les atteintes aux terres autochtones.


Ciro Gomes, candidat au gouvernorat de Ceará aux élections de 2026 au Brésil

Ciro Gomes, candidat social-démocrate au gouvernorat de Ceará aux élections de 2026. Photo Brenno Carvalho / Agência O Globo.


Brouillage de pistes

Les législatives d’aujourd’hui sont un enjeu important aussi pour une autre raison. Si la polarisation de la course présidentielle laisse très peu de marge aux candidatures « hors champ », au niveau des États et des assemblées le paysage est beaucoup plus fragmenté et les logiques de campagne sont beaucoup plus pragmatiques. Selon des sondages publiés fin septembre (ICI), sur 27 scrutins seulement huit courses semblaient clairement vouées à un second tour ; dans les autres, l’un des candidats dominait déjà, selon des logiques locales spécifiques.


Cela ne veut pas encore dire que les élections dans les territoires doivent être perçues comme étant complètement détachées de l’élection présidentielle. Plutôt, elles la travaillent, en reconfigurant les rapports de force fédéraux. Ce qui plus est : les assemblées locales sont élues sur une base proportionnelle, selon un mécanisme donc qui permet l’expression de voix moins visibles dans le contexte de la campagne présidentielle nationale, mais non moins susceptibles de faire bouger les lignes au niveau local.


Dans le Ceará, la mosaïque territoriale des stratégies présidentielles a pris une envergure presque caricaturale. Ciro Gomes, ancien gouverneur de l’État, ancien ministre et candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) au gouvernement régional, s’y présente avec l’appui du Parti libéral (PL) de Jair et Flávio Bolsonaro. Parmi ses soutiens figurent deux de ses anciens adversaires, André Fernandes, député fédéral et dirigeant bolsonariste local du PL, ainsi que Capitão Wagner, ancien policier militaire et sénateur candidat de l’Union Brésil. L’accord a d’autant plus de relief que le Parti démocratique travailliste (PDT), l’ancienne formation de Ciro Gomes, avait engagé l’action judiciaire ayant conduit à l’inéligibilité de Jair Bolsonaro. Ciro Gomes lui-même a longtemps qualifié l’ancien président de « fasciste », de « corrompu » et d’« imitateur de Trump » (10). Il continue d’ailleurs de ne pas soutenir officiellement la candidature de Flávio Bolsonaro à la présidence, au grand dam de sa belle-mère Michelle Bolsonaro, qui a publiquement déploré le rapprochement. (11) Les affinités électorales ne sont pas toujours aussi bien électives.


Au Pernambouc, ni le PT de Lula ni le PL de Flávio Bolsonaro ne présentent leur propre candidat au gouvernorat. La gouverneure sortante Raquel Lyra (PSD) affronte João Campos (PSB), ancien maire de Recife ; le dernier sondage Datafolha avant le scrutin les plaçait au coude-à-coude (ICI), avec 46 % contre 44 % des intentions de vote, dans la marge d’erreur de trois points. Lula a choisi de soutenir João Campos et de faire campagne avec lui à Recife, tandis que Raquel Lyra, quoique rivale du socialiste, s’est elle aussi rapprochée du président durant son mandat. Reste à voir ce qu’en diront les électeurs et les électrices, qui n’ont pas véritablement deux candidats issus des camps présidentiels à départager, dans une campagne largement affranchie des clivages nationaux. Une chose est sûre : au-delà des stratégies de survie et des jeux d’échiquier, les sous-représentés du Brésil sont légion.


Les sœurs autochtones Juma Mandei Juma, Mayta Juma et Borea Juma près de Canutama, dans l’État d’Amazonas, au Brésil. Elles se battent aujourd’hui pour préserver leur territoire et leur culture.

Les sœurs autochtones Juma Mandei Juma, à gauche, Mayta Juma et Borea Juma posent dans leur communauté, près de Canutama,

dans l’État d’Amazonas, au Brésil, le 9 juillet 2023. Les Juma semblaient voués à disparaître après la mort de leur père, dernier homme âgé encore vivant au sein de la communauté. Sous la direction de ses trois filles, ils ont toutefois rompu avec une tradition patriarcale

et se battent aujourd’hui pour préserver leur territoire et leur culture. Photo Andre Penner / AP.


Sous le radar

Si le premier tour distribue des milliers de mandats, les institutions appelées à les exercer ne reflètent pas encore pleinement le pays réel. Ce ne sont pas les potentiels candidats qui manquent : souvent, ce qui manque est une protection effective du droit à l’accès à la compétition politique, avec un impact direct sur la représentation.


Les candidatures autochtones atteignent cette année un record – 191 personnes se déclarant indigènes selon le recensement de l’Articulation des peuples autochtones du Brésil (APIB) – et la campagne de l’organisation rassemble 56 candidatures issues de 39 peuples, dans 19 États, dont 27 femmes. Elles portent notamment la démarcation des terres, la protection des territoires et une participation directe des peuples autochtones aux décisions publiques (12). Mais la présence sur les bulletins ne garantit ni une campagne à armes égales ni l’accès aux mandats : le 30 septembre, l’APIB a saisi le ministère public électoral, estimant que dix des 22 partis examinés avaient déclaré des versements aux candidatures autochtones inférieurs à 90 % des montants minimaux qu’elle évaluait comme dus. L’organisation précise que les comptes disponibles étaient incomplets et demande précisément que ces écarts soient vérifiés. (13)


L’État de Bahia en offre un autre révélateur. Dans cet État qui compte la plus forte proportion de femmes noires – 41 % des habitants –, leur présence dans la course électorale recule : 168 candidates noires briguent l’assemblée de l’État, contre 250 en 2022, soit une baisse de 33 %. Aucune ne se présente au poste de gouverneure. Surtout, le précédent scrutin avait montré l’écart entre candidature et pouvoir : les femmes noires représentaient 81 % des candidates à l’assemblée, mais seules quatre furent élues, autant que les candidates blanches pourtant beaucoup moins nombreuses. (14)


Ce premier tour décisif déterminera qui gouvernera le Brésil. Mais à cette première question s’en ajoute une autre, plus profonde : au-delà des duels et des reconfigurations territoriales, quels Brésils gouverneront-ils, exactement ?


Anna Never


NOTES


(1). Congresso em Foco, « Dos 54 senadores em fim de mandato, 32 tentarão se reeleger », 18 août 2026 (ICI).

(2). Congresso em Foco, « Senado, presidência e reeleição: o destino dos 27 governadores em 2026 », 6 janvier 2026 (ICI).

(3). Agência Pública, « Últimas pesquisas eleitorais marcam fim da corrida pelos votos », 28 septembre 2026 (ICI).

(4). Congresso em Foco, « Lula tem palanque em 26 unidades federativas; Flávio ainda busca oito », 29 juillet 2026) (ICI).

(5). Brasil de Fato, « Candidatos ao governo do estado têm embates sobre educação, segurança e reconstrução em debate na RBS TV », 30 septembre 2026 (ICI).

(6) A Gazeta, « Câmera em farda, prisões e IA: as propostas dos candidatos ao governo do ES para a segurança », 14 septembre 2026 (ICI).

(7) G1, « Derrite propõe redução da maioridade penal e mais recursos… », 21 septembre 2026 (ICI).

(8) G1 Amazonas, « Recuperação de rios, mineração legal e crédito de carbono: veja as propostas dos candidatos ao governo do AM para o meio ambiente », 10 septembre 2026 (ICI).

(9) Roberto Cidade, « Plano de Gestão — Projeto Amazonas 2035 », plan de gouvernement, 2026 (ICI).

(10) Agência Pública, « Na urna com o ex: rivais históricos se unem por espaço e poder nas eleições 2026 », 11 septembre 2026 (ICI).

(11) Congresso em Foco, « Impasse em MG deixa Flávio sem palanque para 51 milhões de eleitores », 29 juillet 2026 (ICI).

(12) APIB, « Bancada Indígena 2026 leva força dos territórios para a disputa eleitoral », 19 août 2026 (ICI).

(13) APIB, « APIB alerta sobre irregularidades nos repasses de recursos para candidaturas indígenas e aciona MP Eleitoral para cobrar fiscalização urgente », 2 octobre 2026 (ICI).

(14) Gênero e Número, « Candidaturas de mulheres negras à Assembleia Legislativa da Bahia caem 33% em 2026 », 19 mai 2026 (ICI).



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2 commentaires


yanitz2018
yanitz2018
il y a 14 heures

Lula, Luiz Inácio Lula da Silva, a 80 ans.

Je ne juge ici ni son état physique ni ses facultés mentales, mais ...

Son Parti, le PT, n'a-t-il pas d'autres candidats pour ce poste ?

Espérons que les forces progressistes emportent ces élections.

Super pianiste méconnu : Phineas Newborn " The Blessing " (album " The Newborn Touch ", 1966)

" https://www.youtube.com/watch?v=tt96x7SBIL8&list=RDtt96x7SBIL8&start_radio=1 "

Leroy Vinnegar Bass, Frak Butler Drums.


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Jean-Marc Adolphe
Jean-Marc Adolphe
il y a 4 heures
En réponse à

En effet, je ne connaissais pas Phineas Newborn

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