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Florestania photographique : quand l’Amazonie invente un futur ancestral

Dernière mise à jour : 1 déc. 2025

Shai Andrade, Omi Ori, 2022


Dans la dense Amazonie guyanaise, la photographie devient vigie et laboratoire politique. Jusqu’au 24 janvier 2026, la neuvième Biennale des Rencontres Photographiques de Guyane explore la florestania – citoyenneté de la forêt – face aux dystopies écologiques mondiales. Luiz Braga et une dizaine d’artistes d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique tissent des récits visuels où humains, arbres et esprits coexistent, offrant une utopie vivante au cœur de l’Amazonie.


Florestania photographique : utopies amazoniennes contre dystopies globales. Dans l’ombre dense de l’Amazonie guyanaise, un cliché de Luiz Braga saisit des urbains en symbiose avec la forêt : un portail vers un « futur ancestral ». Depuis le 26 novembre 2025 et jusqu'au 24 janvier 2026, la neuvième Biennale des Rencontres Photographiques de Guyane, unique dans les Outre-mer, déploie dix expositions de Cayenne à Belém, avec le label de la Saison France-Brésil. Karl Joseph, directeur artistique, y oppose la florestania – citoyenneté de la forêt, née des mouvements amazoniens brésiliens – aux « repères fissurés » d’un monde en dystopie écologique (Lire ICI).


La florestina est un concept né à la fin des années 1990 dans les mouvements socio-environnementaux amazoniens. Fusion des mots floresta (forêt) et cidadania (citoyenneté), florestania appelle à reconsidérer la forêt non comme un simple espace géographique, mais comme un sujet politique à part entière. Elle propose une citoyenneté fondée non sur la loi, mais sur la relation avec les êtres vivants, les ancêtres, les esprits et les milieux. Une manière d’habiter le monde en interdépendance. Comme le rappelle le journaliste et théoricien du concept, Antônio Alves Leitão Neto, florestania porte une vision profondément politique et écologique. Elle nous invite à penser la nature en dehors des cadres extractivistes, et à envisager notre existence selon d’autres récits que ceux imposés par le capitalisme globalisé. Elle questionne nos choix économiques, nos valeurs culturelles, nos pratiques quotidiennes. Et surtout, elle ravive une force vitale : une manière d’être au monde ancrée dans le soin, la mémoire, la diversité et l’écoute.


Laboratoire visuel de résistance décoloniale. Florestania, et si on y arrive ? transforme la photographie en « vigie sensible », reliant humains, arbres et invisibles dans une interdépendance politique. La commissaire Ioana Mello évoque une « constellation de mondes » sans centre ni périphérie, inspirée d’Ailton Krenak et Eduardo Viveiros de Castro : pluralité d’existences interconnectées face à l’extractivisme global. À la MAZ naissante de Rémire-Montjoly – relais de La Tête Dans les Images depuis 2012 –, Braga capture l’Amazonie habitée, non sauvage mais vivante, tandis que le programme Foto Kontré valorise talents caraïbes et locaux.


Adeline Rapon (Martinique) scrute l’héritage afro-descendant chez les ébénistes bushinengue de Mana, tissant mémoire familiale et artisanat forestier ; Jessica Laguerre (Guadeloupe) revisite son lien viscéral à la sylve ; Thibault Cocaign (Guyane) interroge le serpent comme symbole totémique. Photographes africains et brésiliens enrichissent cette toile, opposant utopies ancestrales aux ravages climatiques : la forêt comme sujet politique, pas ressource.



PORTFOLIO


Dom Smaz. Les frères Domingos (à gauche) et Ednilson Krull de Souza, Helvécia, Bahia, Brésil, 2015.


Moara Tupinambá, Moara de Mairi, 2020


Jessica Laguerre, Rien ne reste figé


Cédrick-Isham, Calvados


Thibault Cocaign


Luiz Braga


David Uzochukwu imagine des corps en osmose avec les eaux, les plantes, les pierres...


Photo Ativa

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