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Odile Lahyani-Delaroche, "peintre textile"

Dernière mise à jour : 9 juin 2022


PORTFOLIO. Née en 1961, installée dans les Landes, peinte et sculpteur autodidacte, Odile Lahyani-Delaroche compose à partir de matériaux de récupération (avec une prédilection pour les bouts de tissus). Sa démarche artistique est semblable à "une proposition de voyage dans un imaginaire peuplé de personnages improbables, loufoques et burlesques libérés des dictatures esthétiques et des rigueurs de l’art contemporain."


Ce portfolio vous est offert par la rédaction des humanités,

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Une explosion de couleurs et d’yeux qui nous regardent. Pourquoi tous ces yeux ? Odile Lahyani-Delaroche répond : « Pour la beauté des regards qu’on retrouve de visage en visage, l’infinie diversité dans la façon de voir les choses, la possibilité de changer de vision suivant les moments » (1). Son travail illustre cette capacité de démultiplier les possibles en faisant de chaque œuvre « une arme de reconstruction massive » (2), loin du gâchis de la société de consommation, qu’elle recycle à l’exemple de ce guerrier dont l’armure est faite de capsules de canettes métalliques.

Glaneuse de matériaux de récupération, animée par le désir de redonner vie à ce qui a vécu, Odile Lahyani-Delaroche tisse fibres et fils à sa manière. « Peintre textile », elle prépare longuement sa palette à partir de bouts de tissus recueillis avec patience et passion. Elle les assemble, les assortit par paquets de couleurs, les découpe en bandes avant d’en faire des torsades. Elle les entortille comme on crée un aplat de couleur, jouant sur les variations de texture. Il faut de la concentration et de la force car cette matière est capricieuse, presque vivante. Un corps à corps parfois exigeant, lorsqu’elle travaille sur de très grandes surfaces.

Concentration mais aussi audace dans la diversité des formes. Oser se laisser « emporter par les couleurs, les matières, les rêves et les souvenirs universels. Naviguer sans boussole dans les continents de l’imaginaire en utilisant diverses techniques, multiplier les possibilités d’expressions » (2), voilà ce qui motive la créativité de celle qui se dit plasticienne de l’imaginaire singulier.


Texte et photographies : Isabelle Favre


(1) Entretien avec l’artiste

(2) in Odile Lahyani-Delaroche, Plasticienne de l’imaginaire singulier, catalogue de l’exposition au Centre culturel Jean-Pierre Fabrègue à Saint-Yrieix-la-Perche , 22 janvier au 26 mars 2022.


NOTA BENE. Les humanités aiment musarder sur des chemins buissonniers, un peu à l'écart des formats consacrés de l'art contemporain. Le portfolio dédié à Odile Lahyani-Delaroche fait suite à ceux précédemment publiés sur les assemblages composites du sculpteur burkinabé Sahab Koanda (24 septembre 2021, ICI), la cosmogonie de l’artiviste indigène Jaider Esbell au Brésil (4 novembre 2021, ICI), les fresques murales de la Chilienne Estefanía Leigthon, alias Stfi! (2 janvier 2022, ICI), les marionnettes dadaïstes de Sophie Taueber-Arp (en trois épisodes, à partir du 29 janvier), le théâtre de mémoires de José Froment (30 janvier, ICI), la vannerie sauvage de Laetitia Bourget (16 janvier, ICI), les alliances de fibres et de tissus de Stéphanie Cailleau (6 février, ICI), les peintures naïves de Maria Primachenko parties en fumée dans le bombardement d’un musée en Ukraine (1er mars, ICI), etc. Voir rubrique DE VISU.


PORTFOLIO









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