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Ukraine / enfants déportés : enquêter sans relâche


Vladimir Poutine en visio-réunion avec sa commissaire aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova



En mars 2023, la Cour pénale internationale délivrait des mandats d'arrêt internationaux contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova pour la déportation d'enfants ukrainiens en Russie. Comme l'indique l'association Pour l'Ukraine, pour leur Liberté et la nôtre, l'enquête des humanités a été la première en France à révéler, puis à largement documenter, ce monstrueux crime de guerre. Retour sur une enquête hors-normes.


"Depuis le début de la guerre, un journaliste précurseur, Jean-Marc Adolphe, développe l'investigation pointue qui a catalysé en France la prise de conscience de l'existence du transfert d'enfants, de sa nécessaire qualification en génocide et l'appel à l'action à un niveau médiatique, politique et humanitaire", écrit sur son site l'association Pour l'Ukraine, pour leur liberté et pour la nôtre.


Le 7 avril 2022, les humanités traduisaient en exclusivité une effrayante tribune de Timofeï Sergueïtsev, publiée quelques jours plus tôt par l'agence officielle russe RIA Novosti, que nous avions choisi de titrer : "Le Mein Kampf de Poutine". Idéologue de la soi-disant "dénazification de l'Ukraine", Timofeï Sergueïtsev écrivait notamment : "Il faut procéder à un nettoyage total. (...) Cependant, en plus des hauts gradés, une partie importante des masses populaires qui sont des nazis passifs, des collaborateurs du nazisme, sont également coupables. (...) La durée de la dénazification ne peut en aucun cas être inférieure à une génération, celle qui va naître, grandir et mûrir dans les conditions de la dénazification. La nazification de l'Ukraine dure depuis plus de 30 ans - depuis au moins 1989, lorsque le nationalisme ukrainien a acquis des formes légales et légitimes d'expression politique..." (Lire ICI).

La tribune génocidaire de Timofeï Sergueïtsev, traduite et publiée par les humanités le 7 avril 2022.


Difficile d'être plus explicite dans l'expression de l'intention génocidaire qui a guidé le programme de déportations massives d'enfants ukrainiens. Informés de cette "intention génocidaire" dès le mois d'avril 2022, nous avons suivi de près les conséquences du siège de Marioupol et des "évacuations" mises en œuvre par les Russes, au mépris des règles internationales. Nous avons été parmi les tout premier à évoquer les sinistres "camps de filtration" (article publié le 28 août, 2022, voir ICI, ou nous avons pour la première fois évoqué un "trafic d'enfants".


Dès le 10 avril 2022, nous avions tenté de suivre la piste des déportés d'Ukraine (ICI) ; puis en juin 2022, avons commencé à signaler les premier cas d'adoption "d'orphelins en Ukraine en Russie (ICI). Poursuivant sans relâche l'enquête, nous avons été les premiers, début septembre, à pointer le rôle central de Maria Lvova-Belova, la commissaire présidentielle russe que nous avons qualifiée de "Poutinasse rafleuse d'enfants" (ICI et ICI).

Quelques-unes des publications des humanités, entre septembre 2022 et mai 2024 (capture d'écran)


L'enquête est loin d'être close. L'incertitude règne toujours sur le nombre exact d'enfants ukrainiens qui se trouveraient en Russie (plus de 300.000 selon les autorités russes), et leur localisation. Si quelques cas d'adoption ont été mis à jour (malgré la pratique russe qui consiste à changer l'identité des enfants), et si d'autres enquêtes ont pu localiser certains "orphelinats" et autres "camps de rééducation", notamment en Crimée et en Biélorussie, la trace de l'immense majorité de ces enfants déportés est soigneusement cachée par la Russie de Poutine.


Pour accéder aux diverses publications issues de l'enquête des humanités sur les déportations d'enfants :


Chercher la vérité est un travail constant.

Pour soutenir la démarche d'investigation des humanités : ICI

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