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Wayne Shorter, vers l’inconnu



Un géant du jazz s’en est allé, à 89 ans. Un inlassable explorateur d’une « esthétique de l’inédit », pour qui « le vrai message du jazz n'est pas à propos de la musique en soi ; il s'agit de l'esprit humain. » Ce qu’était précisément la musique de Wayne Shorter : une ample respiration de l’esprit.


« Il est temps d'aller chercher un nouveau corps et de revenir pour continuer la mission. » Hier, à 4h du matin, « Wayne Shorter a poursuivi paisiblement son immense voyage dans l'inconnu ». Il avait 89 ans, c’était un géant du jazz.

Voici l’hommage que lui rend TSF Jazz : « Révélé dès la fin des années 50 au sein des Jazz Messengers d’Art Blakey, Wayne Shorter s’est pleinement affirmé durant la décennie suivante, comme un maître de la composition et sur son instrument, dans le second grand quintet de Miles Davis et sur une série d’albums en leader chez Blue Note, notamment Speak No Evil en 1965.

Wayne participe à la fin de années 60 à la révolution électrique du même Miles et sera l’un des chefs de file du jazz fusion, en co-fondant en 1971 le groupe Weather Report avec Joe Zawinul.

Son dernier quartet dans les années 2000 avec Danilo Perez, John Patitucci et Brian Blade repoussait encore les limites de son art, et ont fait de lui une tête chercheuse du jazz jusqu’à la fin de sa carrière. »


Mais il y aurait encore tant à dire.

Wayne Shorter en 2021, devant la partition d'Iphigenia.


Tout artiste véritable vit aux confins, cherchant à explorer-repousser les limites de son art. Saxophoniste, mais aussi compositeur (beaucoup oublient que le jazz est aussi affaire de composition – voici deux ans, Wayne Shorter avait créé avec Esperanza Spalding un opéra, Iphigenia : https://youtu.be/6FQsnpkIxKE ), Wayne Shorter était passé orfèvre dans la quête d’une « esthétique de l’inédit », selon les mots très justes d’Alex Dutilh en aout 2016 sur France Musique : « une manière de faire de chaque phrase, de chaque note, une avancée vers l’inconnu, vers le frisson des premières fois. »


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Converti au bouddhisme après la mort de sa femme dans un accident d’avion, Wayne Shorter disait : « Avant de rencontrer le bouddhisme, je ne ressentais pas ça. Avant, c'était ma performance en tant que musicien. Maintenant, c'est ma "performance en tant qu'être humain. Je pense qu'un interprète devrait se demander : « Quel est le vrai message du jazz, et comment puis-je exprimer au mieux ce que je crois vraiment ? Je pense que le vrai message du jazz n'est pas à propos de la musique en soi ; il s'agit de l'esprit humain. » Aux humanités, ces mots-là ne tombent pas dans l’oreille de sourds.


Parmi les nombreux hommages qui lui sont rendus sur Facebook, Nathalie Boissonnet : « Tu es venu jouer dans mon " petit festival " sur l'ile du Frioul , avec Herbie Hancock, Ron Carter, Tony Williams et Wallace Rooney. Ce fut une magnifique nuit de jazz sous les étoiles et une très belle rencontre que je n'ai jamais oubliée ». L'acteur Gérard Watkins : « Un des plus immenses musiciens du 20ème siècle nous a quitté. On dit qu’il pleurait à travers son saxophone. Je pense que j’ai dû écouter Infant Eyes au moins une fois par semaine pendant trente ans. C’est un air qui reconnecte immédiatement à la réalité du monde. »

Et bien sûr, son ami Herbie Hancock : « Wayne Shorter, mon meilleur ami, nous a laissé du courage dans son cœur, de l'amour et de la compassion pour tous, et un esprit de recherche pour l'avenir éternel. Il était prêt pour sa renaissance. Comme c'est le cas avec tout être humain, il est irremplaçable et a pu atteindre le sommet de l'excellence en tant que saxophoniste, compositeur, orchestrateur, et récemment, compositeur de l'opéra magistral ... Iphigénie. Ça me manque d'être près de lui et de ses Wayne-ismes spéciaux, mais je porte toujours son esprit dans mon cœur. »

Wayne Shorter dans Fotoprints, avec le Miles Davis Quintet (avec Miles Davis, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams)


Herbie Hancock et Wayne Shorter en 2014, au festival Jazz in Marciac.



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