Danse : C'est comme ça !, pépites et dilettantisme ministériel

Nahoua Traoré, lors de la Nuit de la danse, en clôture du festival C'est comme ça !,
à Château-Thierry, le 10 octobre 2026. Photo Jean-Marc Adolphe
Vingt éditions, et toujours l’art de faire éclore l’inattendu. À Château-Thierry et dans l’Aisne, le festival C’est comme ça ! conjugue fidélités artistiques, découvertes et hospitalité, loin des slogans sur la démocratisation culturelle. D’Alice Davazoglou à Jean-Romuald Fessin et Tatiana Gueria Nade, des parcours singuliers témoignent de ce que peut un accompagnement dans la durée. Pendant ce temps, la succession de Christophe Marquis à la tête de L’Échangeur reste suspendue à une validation ministérielle.
les humanités, ça n'est pas pareil.
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Pour un bel anniversaire, ce fut un bel anniversaire -seulement gâché, partiellement, par le dilettantisme de l’actuelle ministre de la Culture, madame Catherine Pégard, j’y reviendrai.
Du 17 septembre au 10 octobre, à Château-Thierry -mais aussi à Brasles, commune de 1 788 habitants qui s’est dotée d’un équipement culturel sur mesure, l’Espace commun, ainsi qu’à Soissons – le festival C’est comme ça ! a joyeusement déroulé sa vingtième édition (lire ICI et ICI). L’échangeur, créé en 1991, devenu Centre de développement chorégraphique en octobre 2011, porte un festival dont « le public s’est inventé peu à peu : curieux, fidèle, complice », écrit son directeur sur le départ, Christophe Marquis (photo ci-dessous).

Dire que cela allait de soi, ce serait bigrement mentir. Mais dans la durée, preuve a été apportée qu’une démarche artistique et culturelle à la fois exigeante et généreuse peut s’ancrer dans un territoire qui pouvait en sembler exclu.
Avant de pérorer sur « l’accessibilité » de certaines formes artistiques, il faudrait s’interroger sur les conditions d’accès. Cette année, au festival C’est comme ça !, le prix des places était de 6 € (tarif plein) et 3,50 € (tarif réduit). Certains festivals autrement plus ventripotents, qui ne cessent de se réclamer de la « démocratisation culturelle », feraient bien de s’en inspirer (lire par exemple "le festival d’Avignon, ça coûte Boulbon").
Est-ce que cela suffit ? Bien sûr que non. Hors festival, L’échangeur déploie tout au long de l’année de nombreux projets d’éducation artistique et culturelle. Il ne s’agit pas tant, comme le proclame souvent un vocabulaire missionnaire, de « sensibiliser les publics » que de construire avec les personnes concernées des actes de présence, des parcours, des dynamiques d’émancipation. L’ouverture du festival C’est comme ça !, avec des personnes en situation de handicap, en partenariat avec une association qui les accompagne, n’avait rien d’anodin (Lire "Que peut un corps ? Danse et inclusion").
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